‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 99 sur 194 · LEGENDES · texte numérisé non relu

LEGENDES

tionuaire de la révolation, cl un plaidoyer en faveur des victimes qui conclut en faveur des bourreaux. Ce contre-sens historique a été l'occasion d'Une révolution, qui a Clé elle-roftmo un autre contre-sens historique dont M. de Lamartine a été le paradoxe vivent. .

On pourrait dire de ce poôte au génie ma- Indo, en imitant son style : M- de Lamartine est un enfant gâté de la gloire, qni s'adore vaguement lui-m6n>e. Dédaigneux des complaisances de la terre qui lui prodigue toutes ses séductions, il se mirecontinuellemeol dans le ciel comme dans un lac d'azur sans rivages. Sa propre image, qu'il croit voir se refléter dans l'inAni, aspire continuellement et attire k elle toute la sève de son génie, qui s'étiole et maigrit sous l'action de ce vampirisme imaginaire, mais céleste !..• Lorsque sa tige se sera desséchée ici-bas, cette belle plante exotique revivra sans doute dans le ciel vague des rêves romantiques, sous la forme d'une fleur de lumière ayant la corolle d'un narcisse et le diadème d une étoile.

LÉON (saint), — Le pape saint Léon, surnommé le Grand, résuma dans sa personne toute la sainteté, toute la science et toute l'éloquence de l'Eglise au V siècle. Ce fut lui que Dieu opposa au débordement des barbares comme cette marque de son doigt qui dil aux vagues de la mer : Cest jusqu'ici que vous viendrez. Léon osa marcher seul au-devant d'Attila , et le Fléau de Dieu eut peur devant la majesté du prêtre. 11 crut voir les saints apôtres marcher, répée nue, aux côtés du pape; il baissa la tête et tourna bride. Cette magnifique violoire de l'influence morale sur la force physique a fourni à Raphaël le sujet d'un de ses plus beaux tableaux, et pourrait être le plus bel ornement d'un beau poëmc.

Saint Léon est le premier pape qui nous ait laissé un corps d'ouvrages ; nous avons de lui 96 sermons, 1(^1 lettres et un liviH3 0ur la vocation des gentils. Le style de saint Léon est facile et élégant; on sent partout qu'il avait fait d'excellentes études ; mais ce qui fait le principal mérite de son style, c'est 1 énergie ue la foi qu'il y manifeste et les sentiments d'une véritable piété.

LÉGENDES. — Les légendes sont Thistoire poétique du christianisme. On peut les partager en trois classes : 1* les légendes nuthentiques et liturgiques adoptées pour )e Mviaire; 8" les légendes allégoriques; 3* lidtf légendes traditionnelles et populaires.

Le protestantisme a fait la guerre aux légendes, comme aux images, comme aux cérémonies, comme aux costumes religieux, l^ooune à tout ce qui charmait l'imagination et parlait au cœur. Une raison sèche et jalouse a dépouillé, dans toutes les régions frappées du souille aride de la réforme, les autels de leurs flambeaux et de leurs fleurs, le lit des pauvn s 4e ses images bénites, et I^s veillées de Noël de leurs mei-veilleuses hist/>ires. On a fait des crimes à l'Eçlise de a^/n in lulgeoce maternelle, de son luxe de

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