RAIS031 OU
Abrouvé de lait et de miel , Bercé par la reine du dd , Je vois dormir TAgneau sans tarim Soos son voik et près de son cœur ; En fermant les yeux il se cache
Comme on boaum , Comme wi boattm , soos nae fleur.
Les soupirs qn^il fait en dormant Vont et nennent si doucement Aoloar de ses lèvres vermeilles , Que les anges poar Tembrasser Voliigent oomme des abeilles ,
Mais n^osent pas.
Mais D^osent pas, le caresser.
Croisant ses denx petites mains.
Il rêve ao salut des bomains.
Et son sommeil a lant de charme, Qu*attcntive k le surveiller, La Vierge retient une larme.
Tant die a penr.
Tant elle a peur, de réveiller.
Ces trois couplets forme* t un véritable petit tableau et expriment des choses qu'il serait difficile de bien rendre par la peinture.
Quelques Noëls sont distribués par personnages et peuvent être joués comme d(*$ mystères. Tel est celui où l'on voit Joseph et Marie cherchant un asile da*)s Bethléem, et ne trouvant partout que des refus ; un hôtelier leur ré|>ond :
Pour des gens de mérite J*ai des appartements ; Point de cnambre petite Pour vous, mes bonnes gens.
Une femme s*amusc un instant h la porte do chez elle à jitaindrc la sainte Vierffe avec une compassion toute banale , mais le mari de ceac femme lui crie du fond de son lit :
Vienslra^u , baliillarde?
As-tu uni ton bruit?
Fautril te meUre en garde A la porte à minuit !
LA FEMXE.
C*est mon mari qui crie , Il faut nous séparer :
Adieu, j*eu suis marrie, Je ne puis vous loger.
Nous avons des Noëls dans toutes les langues et dans tous les patois. Les Noëls boui^uignons de Lamonnoye (gui Barozaï) ont acquis une assez grande célébrité pour que les éditeurs delà bibliothèque Charpentier les aient publiés dans leur collection. Nous n*en citerons rien parce que les iioésies patiHses perdent toujours toute leur grâce à la traduction.(Foy. Ca?itiqubs.)
ODE. (Fojf. Poésie lyriqub.) OFFICES. (Pour les offices en général, Voy. ilknkuoyiEs, Mes^e» Hymnes» Pkuses»
Psaumes. Pour les offices particuliers» Foy. Propre du temps.) OKAISON. {Voy. Mystiques.)
OllIGENE
OSEE
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ORAISON FUNÈBRE. (Foy. Bossu et.) ORATEUR. {Yoy. Eloquence dblàcbaire.) ORATORIO, pocme musical dont le sujet est ordinairement religieux, et qui appartient moins à la littérature qu*à la musique.
ORIGÈNE. — Célèbre dans l'Eglise par sa grande science et ses vertus , Origènc « l6 plus grand homme de Técole d'Alexandrie, mérite d*étre cité comme un des plus éloquents apologistes de la religion chrétienne pour son livre contre Celsus. Le çénie d'Origène était essentiellement synthétique, et le porta à exprimer des opinions beaucoup trop avancées pour son temps. Nous ne parlons pas ici, comme on doit bien Tentcndre , de ses opinions condamnées, d'autant plus qu'il est resté toujours soumis à l'autorité catholique, et que, suivant ses disciples les plus zélés, des propositions hétérodoxes ont été intercalées dans ses livres après sa mort. Origène ne pouvait croire que, parle seul bon plaisir de sa volonté absolue, Dieu laissât, même après le sacrifice de son Fils, languir et mourir dans la réprobation la plus grande partie des hommes, Cour ne donner sa grâce qu'à un petit nomre d'élus, et en cela il s^'éloignait avec raison des abominables erreurs du jansénisme 3ui commençaient dès lors à germer comme e l'ivraie dfans le champ de l'Eglise. Mais Origène allait tro|) loin dans la doctrine contraire, et détruisait la sanction de la morale en anéantissant toute idée de pénalité pour ne laisser subsister que la médication et
I épreuve. Selon lui Dieu, étant le bien absolu, détruisait essentiellement l'être du mai, et ne pouvait permettre que le bien : doctrine dangereuse qui eût absorbé bientôt le culte tout entier dans un panthéisme passif et eût énervé dans les hommes touto activité morale. A quoi bon, en effet, tant d'efforts pour nous sauver, si nous sommes assurés que, déûnitivemen t. Dieu nous sauvera ? Le mensonge de ces théories si séduisantes en spéculation se révèle donc par la pratique, mais leur danger frappe moins vi vendent les grandes Ames, qui n'ont pas besoin de la crainte pour aimer le bien, ce qui explique pourquoi Origène a pu se laisser séduire par ces belles illusions. Les erreurs
3u'on reproche à Origène étaient contenues ans son livre des Principeif dont il ne nous reste plus (|ue la traduction extrêmement libre de Ruhn. Son ouvrage contre Celsus est plus orthodoxe et moins affecté de platonisme, il V fait ressortir le grand fait accoinpli de la régénération du monde par le christianisme, la chute providentielle ae ces idoles protégées par toutes les forces et tous les intérêts d'un grand empire , et l'abandon où le judaïsme a été laissé pour avoir méconnu f'osprit et la transfiguration de son propre dogme. La conversion de l'humanité tout entière est aux yeux d'Origène le plus éclatant de tous les miracles, car la Providence n'est jamais étrangère aux mouvements universels de la pensée humaine.
II montre combien sont impuissants ceux qui veulent éterniser ce qui passé et cu-
t aver la marche de Dieu; il leur est aussi ' impossible de tenir la vérité captive, qu'il a été impossible aux Juifs de garder le Sau- . veur dans son sépulcre. A l'heure où ceux mêmes qui y croient le moins protègent un dogme auquel ils ont appuyé leur puissance injuste, ce dogme est mort et l'esprit de vie lui échappe. C'est ce qui est arrivé au doçrae étroit et resserré de la Synagogue rabbini-
3ue, qui dans les temps anciens a été cepenant la tête et l'autorité visible de l'Eglise universelle.
Origène fait voir comment une autorité nouvelle et indéfectible a succédé à l'autorité ancienne on s'appuyant sur les deux grandes colonnes de fa révélation, les prophéties et les miracles, qui sont les preuves du double pouvoir de la foi. Je n'ai ni or ni argent j mais ce que fai je te le donne : au nom de Jésus-Chrtst^ leve-toi et marche,,. Et le boiteux a marché. Voilà l'autorité confirméeparle fait, et Dieu est avec les hommes à qui la nature obéit.
Mais il faut bien reconnaître aussi l'existence des faux miracles et la réaction d'une puissance occulte contre l'autorité divine. Tel est le résultat de la liberté, cette ombre de divinité que la magnificence de Dieu abandonne à ses créatures. Qui sait jusqu'où s'étend le pouvoir d'une volonté rebelle et quels désordres peut occasionner dans le monde le génie révolté soit chez les hommes, soit chez les anges, qui sont peut-être des hommes d'un ordre supérieur I Origène examine cette question, et traite assez longuement des miracles diaboliques. Ce qu'il veut établir surtout, c'est que la puissance des démons ne saurait entraver les volontés de Dieu, ni interrompre la marche de la Pro* vidence, qui n'abandonnera jamais le monde à une erreur universelle. 11 y a d'ailleurs une preuve de la sainteté des miracles, c'est la sainteté de sa vie. Les abstinences extraordinaires, la patience surhumaine des premiers chrétiens n'ont pu être l'ouvrage des démons ; il faut donc croire aussi que les merveilles opérées par les apêtrcs, par les saints et par les martyrs, ont été l'ouvrage de Dieu.
Nous travaux
des égarements de son zèle pour la chasteté. La mémoire de cet illustre Père est restée honorable et honorée dans l'Eglise, et il est certain qu'il se fût soumis complètement à tout jugement canonique qui eût condamné ses opinions ou ses œuvres. Origène mourut à Tyr l'an 253, et le soixante-neuvième de son âge.
OSÉE. — - Le prophète Osée contient peu de beautés qui ne lui soient communes avec les autres prophètes , dont il répète les menaces. Il parle pair sentences, et l'on ne trouve pas dans sa prophétie ces grands mouvements lyriques ni ces éloquentes invectives qui colorent si puissamment les belles pages d'Ezéchiel, a'isaie, ou même d'Habacuc et de Nahum. Il prophétise en actions comme Ezéchiel, et semble répéter
n'avons pas à parler ici des grands d'Origène sur l'Ecriture sainte, ni
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PÂUNGENESiE
PALINCENESIl
le» symboles d'Oolla ou d'Oolîba pour reprocher à Jérusalem ses fornicallons et ses adultères. Mais Osée montre aux Tilles coupables leurs images viTantes dans les personnes de deux femmes, l'une prostituée, ei l'autre adultère, vers lesquelles le prophète est enYOyé pour accomplir sa mystérieuse missic»n. Osée convertit et rachète la femme adultère , aQn que Jérusalem ne perde pas toute espérance de repentir.
« O Ephraïm 1 pourquoi as-tu mis ta confiance dans Assùr ? Ce n'est pas lui qui sauvera le peuple du Seigneur, car Dieu se ven- Î5era des oppresseurs de son peuple ; il s'éancera comme une lionne à travers le chemin des Assyriens, et il déchirera les entrailles de Babylone. O mort t je serai ta mort. O enfer qui dévores mes créatures I je te dévorerai à mon tour, et ma morsure te fera une plaie incurable. O Israël I reviens à ton Dieu, puisque tu vois bien mainte» nant que ton crime a été ta chute.
« Vois, Seiçneur, Ion peuple est devenu orphelin ; tu 1 as brisé quand il marchait superbe et oublieux de ton obéissance. Sauve-le maintenant, car il ne mérite plus que ta |)itiéIOui, tu auras pitié dotes enfants. Oui, dit le Seigneur, je nanserai leurs blessures ; je les aimerai désormais , parce que je le veux ainsi, et ma colère s'est éloigaée d'eux.
« Je serai comme la rosée , et Israël germera comme un lis qui rcQeurit sur sa tige coupée, et ses racines s'étendront sur la surface de la terre comme celles des cèdres du Liban. Ses rameaux avanceront loi^ours en grandissant ; sa gloire sera comme celle de
Tolive, et ses parfums comme ceux du Liban.
«r Tous reviendront s'asseoir sous son ombre et le pur froment sera leur nourriture; ils germeront comme la vigne, et leur souvenir fermentera comme le vin du Liban.
Ephraïm , aue ferai-je encore de tes idoles? Pourquoi aes simulacres entre mes enfants et moi 7 C'est moi qui les entends, c'est moi gui les exaucerai. O mon serviteur fidèle) je soutiendrai ta tige et je la rendrai droite comme celle du sapin vert ; tes fruits abonderont entre mes mains.
« Qui est sage ? il comprendra- ce que j'annonce. Qui est intelligent 7 et il n'ignore pas ces choses, car la voix du Seigneur est droite et les justes la suivent sans chanceler; mais elle a dds pierres d*achoppeinen( pour les impies, et ils tomberont lorsqu'ils voudront marcher !»
Cette dernière page est la plus ornée el la plus éloquente de la prophétie d'Osée, qui contient des ima{{es et des pensées mystérieuses dont la littérature ne saurait donner la clef. Les œuvres de ce (irophète sont plutôt du ressort de la théologie et de l'exégèse. Comme certaines figures employées {)ar le prophète au commencement de son ivre semblent faire supposer des actions coupables accomplies par l'ordre de Dieu» on doit croire qu Osée s'exnrime alors dans un langage tout à fait symbolique et ^u'it faut attacher un sens purement mvstiquo aux images qu*il emploie. Or la décisioi d'une question si grave appartient aux maîtres de la science, et non à de pauvres étudiants en belles-lettres.
PAUNGÉNÉSIB. — Les œuvres assez obscures de M. Ballanche , et ses efforts pour ressusciter de nos jours l'école néo-platoni<^ cienne d'Alexandrie, ont formé de racines grecques et donné à notre littérature ce mot nouveau , avec lequel il faudra bien se faniilinriser.
PalingénéiU donc veut dire fin et commencement ; et , selon les philosophes qui s'en servent, il exprime le mystère de la renaissance nar la mort, soit dans Tordre religieux et philosophique, soit dans Tordre social, sait enfin dans Tordre physique et na* turd.
Les anciens avaient figuré Tidée palingé^ néiiaqtêe par Timage du serpent qui se mord la queue, et ei primaient par là que le commencement et la fin de toutes choses se produisent et se succèdent mutuellement et naturellement. La grande question philosophicjue est de savoir si la palingénésie est toujours progressive, ou si elle tourne sur ellemême comme le serpent allégorique. Ainsit selon certains philosophes , Tesprit humain aurait un mouvement semblable à celui d'une roue dont tous les points s'abaissent et s'é*
lèvent tour h tour. Des cultes successivement spirilualistes et sensuels se seraient succédé dans le monde , et* la littérature aurait suivi les mêmes phases. Llnde et Tantique Egypte auraient été, selon eux, beaucoup plus loin que nous dans le symbolisme, oui est la science de ipiriimaliger la forme, selon eux, donc, le génie humain tourne sur lui-même , mais avec un mouvement toujours plus lent et une force décroissante. Selon d'autres, chaque pas de Thumanité a été un progrès. Comment les accorder ensemble 7 En les invitant k se soumettre purement et simplement à la révélation chrétienne et aux décisions de l'autorité catholique.
fiotre-Seigneur dit dans TApocalypse : Je êuii Falpha et Voméga^ le commencement H la fin. Tout a commencé par le Verbe de Dieu, qui s'est manifesté au milieu des temps, dit le prophète ; à Tâge de la virilité humaine, dit saint Paul , et il est venu absorber et consommer toutes choses en lui , détruire les dominations et les puissances du ))éché pour remettre Tempire universel entre les mains de son Père il l'époque du jugement
PAUNGBNESIR
PALR^GENSSifi
suprême qui sera la On du temps et le commencempnt de l'éternité pour les hommes.
L'Ancien-Testament était la flgure du Nouveau ; et lorsque ces figures se sont réalisées , il y a eu une véritable paiingénésie , c'est-h-dire un commencement de la loi de grâce dans la fin même de la loi de crainte. La terre alors a changé comme le ciel ; mais les anciens vices et les abus du vieux monde n'ont pas été radicalement détruits, puisque la chair et ses appétits brutaux devaient toujours s'opposer a l'esprit pour faire triompher la vertu dans le léc^itime usa^e de la liberté humaine. La chair donc résista à l'esprit, et la lutte entre les deux principes coa^titutiis de la nature humaine eut ses alternatives providentielles. Le spiritualisme exclusif eût été la mort de la chair, comme le sensualisme absolu serait la mort de l'Ame. Dieu veut que l'esprit soumette les sens, et que les sens soient les serviteurs de l'esprit ; c'est pourquoi il a laissé tant de force i la révolte, qui doit se ftitiguer et s'épuiser par ses propres efforts. Aussitôt que l'édifice catholique fut terminé, le déluge insurrectionnel se déchaîna , la chair eut sa renaissance et crut à une nouvelle po/tn;^ nésie; mais l'esprit aussi aura la sienne, et la chair sera soumise de nouveau. Les révolutions qui travaillent le monde ne servi* ront qu*à préparer les voies pour rattacher de nouveau toutes les nations au centre de 1 unité catholique, et faire prévaloir sur toutes les rêveries systématiques le seul dogme invariable et éternel.
La littérature a suivi et doit suivre encore le mouvement des idées. Rabelais et Ron- ^rd l'avaient rendue sceptique et païenne ; Dubartas et Théophile voulaient la soustraire à toute espèce d'autorité , et il est h remarquer que Théophile surtout avait dans ses opinions révolutionnaires, en poésie, tout le fanatisme d'un sectaire. Il crojrait , dans le sens le plus matériellement fouriériste qui se puisse maintenant imaginer , que les at» tractions sont proportionnelles aux destinées , et qu'il faut donner aux attraits poasionneU leur ex|)ansion intégrale. Il faut le voir professer hardiment , dans une de ses satires, cette doctrine excessivement excentrique pour son époque :
ie croy que les destins ne font venir personne
En Télre des morlels qui n*ait Fàme assez tx>iuie ;
Mais on la vient corrompre, et le céleste feu
Qui luit k la raison ne iious diire que peu :
t;ar rimitation rompt notre bonne trame
Et toiyoars chez autrui fait demeurer notre 4me.
Je pense que chacun aurait assez d*esprit
Suivant le libre train ^ue nature prescrit.
A qui ne sait farder m le cœur, ni la face ,
LUmpertinence même a souvent bonne grice*
Ailleurs* il dit, en parlant d'un père de famille qui enseigne la morale à ses enfants :
Tel est grave et pesant qui fut jadis volage, El sa mas»e caduque, esclave du repos, N*aime plus nii*à rcver, hait les joyeux propos. Une s:ile vieillesse en déplaisirs conllte , Qui toujours se chagrine et tonjeurs se d^te,
Voit l»ut à conire-cœur, et ses membres casaés Se rongent du regret de ses plaisirs passes. Veut traiiier notre enfance a la fin de sa vie. De notre sang bouillant veut étouffer l'envie. Un vieux père rêveur aux nerfs tout refroidis Sans plus se souvenir quel il était jadis. Alors que rimpuissanoe éteint sa convoitise. Veut que notre Imn sens révère sa sottise , Que le sang généreux étouffe sa vigueur Et qu^un esprit bien né se plaise à la rigueur. H nous veut arracher nos passions humaines. Que son malade esprit ne juge pas bien saines. Soit par rébellion , ou soit par une erreur. Ces repreneurs Acheux me sont tous en horreor. J'approuve que chacun sirive en tout la nature. Son empire est plaisant et sa loi n*est pas dure : Ne suivant une son train jusqu'au dernier moment. Même dans les malheurs on passe heureusement. Jamais mon jugement ne tcouvcra U&nialJe Celui-là qui s'attache à ce qu'il trouve aimable. Qui dans l'état mortel Ueni tout Indifférent. Aussi bien même An à TAchéron nous rend : La barque de Caron, à tous inévitable.
Non plus que le méchant n'épargne l'équitable. Injuste nautonnier, hélas! pourquoi sers-tu Avec même aviron le vice et la vertu T
if était impossible de prêcher plus ouver-. tement la liberté absolue de la ctiairt et par conséquent la légitimité de tous les vices. Théophile avait du moins le mérite de la franciiise et d'une logique rigoureuse. La philosophie , qui nie le péché originel , doit arriver à cette conclusion , qui est la ruine de toute morale , de toute société et de toute existence humaine ; car tout le monde sait qu'il ^ a au fond de toutes les passions un principe de mort que la répression annulle • et que la licence développe avec une rapidité effrayante. La libre eipansion avait produit le monde romain de Tibère, et elle eut ses incarnations dans Caligula , dans Néron et dans Héliogabale. Voilà ce que les philosophes de l'école de Théophile aspirent à re* commencer.
Malherbe vint réfréner , du moins dans la forme littéraire, tout ce dévergondage de réminiscences païennes du Bas-Empire. En rappelant la poésie au culte exclusif du beau, il la rapprocna de Dieu , qui est la beauté suprême , et la soumit à l'autorilé qui produit l'ordre et l'harmonie. La muse païenne, ainsi morigénée par la grammaire et la me* sure, perdit bientôt cette force factice qu'elle devait à un moment d'ivresse, et tout le monde put voir qu'elle avait irréparablement vieilli. Elle put a peine se traîner jusqu'au xvui' siècle , où elle mourut en enfance en radotant les maximes de Voltaire , k tort et à travers , parmi les nauséabondes bergeries de Dorât.
La vraie poésie était trouvée ; car la pensée chrétienne et la forme châtiée de M:dherbc avaient produit leur synthèse. Corneille avait fait PolyeucU^ et Racine avait fait AthalU. Nos poètes modernes ont beau maintenant recommencer Théophile et copier Ronsard , les dieux du vieux Parnasse sont passés, les cauchemars Scandinaves |ia»seront de môme. Il faut subir l'inspiration chrétienne, ou se débattre dans le vide ; il faut en revenir è Corneille et k Racine , ou
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