‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 168 sur 194 · PERE · texte numérisé non relu

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et qui est arrivé sous le règne de Constance : Car un homme de cette sorte ayant été mené vivant à Alexandrie « fut vu avec admiration de tout le peuple, et étant mort, son corps, après avoir été salé, de crainte mie la cha- Jour de Télé ne le corrompit , fut porté à Anlioche pour le faire voir a Tempereur.

« Mais, pour revenir à mon discours, Antoine , continuant à marcher dans le chemin où il s*était engagé , ne considérait autre chose que la piste des bètes sauvages et la vaste solitude de ce désert, sans savoir ce qu'il devait faire, ni de quel côté il devait tourner.

« Déjà le second jour était passé depuis qu*il était parti, et il en restait encore un troisième, aCn qu'il acquit par cette épreuve une entière conQance de ne pouvoir être abandonné de Jésus-Christ. Il employa toute cette seconde nuit en oraison, et à peine le jour commençait à poindre, qu'il aperçut de loin une louve qui , tout haletante de soif, se coulait le long du pied de la montagne; il la suivit des yeux, et, lorsqu'elle fut fort éloignée, s'étant approché de la caverne et voulant regarder dedans, sa curiosité lui fut inutile , à cause que son obscurité était si grande, que ses yeux ne la pouvaient pénétrer ; mais, comme dit l'Ecriture, le parfait amour bannissant la crainte (/ Joan. iv), après s'être un peu arrêté et avoir repris haleine, ce saint et habile espion entra dans cet antre en s'avançant peu à peu et en s'arrétant souvent pour écouter s il n'entendrait point de bruit. Enfin, à travers l'horreur de ces épaisses ténèbres, il aperçut de la lumière assez loin de là ; alors, redoublant ses pas et marchant sur des cailloux , il fit du bruit , lequel Paul ayant- entendu, il lira sur lui sa porte qui était ouverte et la ferma au verrou.

« Antoine, se jetant contre terre sur le seuil de la porte , y demeura jusqu'à 1 heure de Sexte et davanta^^e, le coniurani toujours de lui ouvrir et lui disant : Vous savez qui je suis, d où je viens et le sujet qui m'amène ; j'avoue que je ne suis pas digne de vous voir, mais je ne partirai néanmoins jamais d'ici jusqu'à ce que j'aie reçu ce bonheur. Est-il possible que, ne refusant pas aux botes l'entrée de votre caverne, vous la refusiez aux hommes? Je vous ai cherché, je vous ai trouvé, et je frappe à votre porte aun qu'elle me soit ouverte. Que si je ne puis obtenir cette grâce , je suis résolu de mourir en la demandant, et j'espère qu'au moins vous aurez assez do charité pour m'ensevelir.

il par!:iit de la sorte, et sa douleur sensible Dans ce juste désir le rendait inflexible; Lors d'au ion grave et doux, ce grand et saint héros l^our calnier son espril répond en peu de mots :

« Personne ne supplie eu menaçant et ne mêle des iniures avec des larmes ; vous étonnez-vous uonc si je ne veux pas vous recevoir, puisque vous dites n'être venu ici qu$ pour mourir? Ainsi Paul en souriant lui ouvrit la porte , et lors , s'étant embrassés di-

verses fois, ils so saluèrent et se nommèrent tous deux par leurs propres noms; ils rendirent ensemole grilces à Dieu, et après s'être donné le saint baiser, Paul, s'étant assis auprès d'Antoine , lui parla en cette sorte :

« Voici celui que vous avez cherché «vee tant de peine, et dont le corps flétri de vieillesse est couvert par des cheveux blancs tout pleins de crasse ; voici cet homme qui est sur le point d'être réduit en poussière; mais puisque la charité ne trouve rien de difficile (/ Cor. xiu), dites-moi, je vous supplie, comment va le monde : fait-on de nouveaux bâtiments dans les anciennes villes? Qui est celui qui règne aujourd'hui? et se Irouve-t-il encore des hommes si aveuglés d'erreur que d'adorer les démons ?

« Comme ils s'entretenaient de la sorte, ils virent un corbeau qui, après s'être reposé sur une branche d arbre, vint de là en volant tout doucement apjporter à terre devant eux un pain tout entier. Aussitèt qu'il fut pani, Paul commença à dire : Voyez, je vous supplie , comme Dieu , véritablement tout bon et tout miséricordieux, nous a envoyé à dîner. 11 y a déjà soixante ans que je rt'çois chaque jour en cette sorte une moitié de pain ; mais depuis que vous êtes arrivé, Jésus-Christ a redoublé ma portion , pour faire voir par là le soin qu'il daigne prendre de ceux qui, en qualité de ses soldats, combattent pour son service.

« Ensuite ayant tous deux rendu srices i Dieu, ils s'assirent sur le bord d'une fontaine aussi claire que du cristal, et, voulant se déférer l'un à l'autre l'honneur de rompre le pain, cette dispute dura quasi jusqu'à vêpres, Paul insistant sur ce que l'hospitalité et II coutume l'obligeaient a cette civilité, et Antoine la refusant à cause de l'avantage que l'âge de Paul lui donnait sur lui ; enfin ils résolurent ciue chacun dé son côté, prenant le pain et le tirant à soi, en retiendrait la |K)rtion qui lui demeurerait outre les mains; après, en se baissant sur la fontaine et mettant leur bouche sur l'eau, ils en burent cha* cun un peu, et puis, offrant à Dieu un sacrifice de louange, ils passèrent toute la nuit en prières.

« Le jour étant venu , Paul parla ainsi à Antoine : 11 y a longtemps, mou frère, que ie savais votre séjour en ce désert; il y a jongleuips que Dieu m'avait promis que vous eniployeriez comme moi votre vie à son service ; mais parce que l'heure de mon heureux sommeil est arrivée , et qu'ayant toujours désiré avec ardeur d'être délivré de ce corps mortel pour m'unir à Jésus-Christ, il ne me reste nlus , après avoir achevé ma course, que de recevoir la couronne de justice , Notre-Seigneur vous a envoyé |)Our couvrir de terre ce pauvre corps , ou , pour mieux dire, pour rendre la terre à la terre.

« A ces paroles, Antoine, fondant en pleurs et jetant mille soupirs, le coigura de ne le poirU abandonner, et de demander à Dieu quil lui tint compagnie en ce voyage; à quoi il lui répondit : Vous ne devez {las «li^

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sirer ce qui vous e«st plus amnlageuxt mais ce qui est plus utile à votre prochain. II D*y a point de doute que ce ne vous fût un extrême bonheur d*étre déchargé du fardeau ennuyeux de cette chair pour suivre l'Agneau sans tache; mais il importe au bien de vos frères d'être encore instruits par votre exemple. Ainsi, si ce ne vous est point trop d'incommodité , je vous supplie d'aller quérir le manteau que Tévêque Athanase vous donna, et de me l'apporter pour m'ensevelir. Or , ce que le bienheureux Paul lui faisait cette prière n'était pas pour ce qu'il se souciât beaucoup que son corps fût plutôt enseveli que de demeurer nu, puisqu'il devait être réauit en pourriture , lui qui depuis tant d'années n était revêtu que de feuilles de palmier entrelacées , mais afin qu'étant ë/oigné de lui , il ressentit avec moins de violence l'extrême douleur qu'il recevrait de sa mort.

« Antoine fut rempli d'un merveilleux élonnement de ce qu'il lui venait de dire de saint Athanase et du manteau qu'il lui avait donné, et comme s'il eût vu jésus-Ghrist dans Paul, et adorant Dieu résidant dans son cœur, il n'osa plus lui rien répliquer ; mais pleurant sans dire une seule parole, fliprès lui avoir baisé les yeux et les mains, il partit pour s'en retourner h son monastère, qui fut depuis occuf)é par les Sarrasins, et bien que son esprit lît faire à son corps affaibli de jeûnes et cassé de vieillesse une diligence beaucoup plus g;rande que son Age ne le pouvait permettre, il s'accusait néanmoins de marcher trop lentement ; enfin, après avoir achevé ce long cheinio, il arriva tout fatigué et tout hors d'haleine à son monastère.

^ Deux de ses disciples , qui le servaient depuis plusieurs années, étant courus audevant de lui, et lui disant : Mon père, où avez-vous demeuré si longtemps? il leur répondit : Malheur à moi misérable pécheur, qui porte si indignement le nom de solitaire I Jai vu Elle , j'ai vu Jean dans le désert , et ]>our parler selon la vérité, j*ai vu Paul dans 11 1 paradis. Sans en dire davantage et en se frappant la poitrine, il tira le manteau de sa cellule, et ses disciples le suppliant de les infiirmer plus particulièrement de ce que c'était, il leur répondit : Il y a temps depar- 1er ei temps de se taire {Eccï. m) ; et sortant ainsi de la maison sans prendre aucune nourriture, il s'en retourna par le même chemin qu'il était venu , ayant le cœur tout rempli de Paul, brûlant d'ardeur de le voir, et Tayaut toujours devant les yeux et dans I*esprit» parce qu'il craignait, ainsi qu*il arrir^t ou'il ne rendit son àme à Dieu pendant son aosence.

« Le lendemain, au point du jour, lorsq u'il y avait déjà trois heures qu'il était en cliemiUf il vit au milieu des troupes des an- ^os et entre les chœurs des prophètes et ci os apôtres , Paul tout éclatant d'une blanolieur pure et lumineuse monter dans le r-i«îl; soudain, se jetant le visage contre torre, il se couvrit la tète de sable i'I s'écria

en pleurant: Paul, pourquoi m'abandonnezvous ainsi ? pourouoi partez-vous sans me donner le loisir ae vous dire adieu ? Vous ayant connu si tard , faut-il que vous me quittiez si tôt ?

Le bienheureux Antoine contait depuis, qu*il acheva avec tant de vitesse son chemin, qu'il semblait qu'il eût des ailes, et non sans sujet, puisque étant entré dans la caverne, il y vit le corps mort du saint qui avait les genonx en terre, la tête levée , et les mains étendues vers le ciel. Il crut d'abord qu'il était vivant et qu'il priait , et se mit de son côté en prières ; mais ne l'entendant point soupirer, ainsi qu*il avait accoutumé de faire en priant, il s'alla jeter à son cou pour lui donner un triste baiser, et reconnut que par une posture si dévote le corps de ce saint homme, tout mort qu'il était, priait encore Dieu auquel toutes cnoses sont vivantes.

«r Avant roulé et tiré ce corps dehors , et chanté des hvmnes et des psaumes selon la tradition de l'Eglise cathohque , il était fort fâché de n'avoir rien pour fouiller la terre, et pensant et repensant à cela avec inquiétude d'esprit, il disait : Si je retourne au monastère, il me faut trois jours pour revenir ; et si je demeure ici, je n'avancerai rien ; 11 vaut donc beaucoup mieux que ie meure, et que , suivant notre vaillant soldat , ô Jésus-Christ, mon cher maître, je rende auprès de lui les derniers soupirs.

« Comme il parlait ainsi en lui-même, il vit deux lions, qui , sortant en courant du fond du désert, faisaient flotter leurs longs crins dessus leur cou. Ils lui donnèrent d'abord de la frayeur ; mais , élevant son esprit è Dieu, il demeura aussi tranquille que si c'eussent été des colombes. Ils vinrent où était le corps du bienheureux vieillard, et s'arrêtant là et le flattant avec leurs queues, ils se couchèrent à ses pieds, puis jetèrent de grands rugissements, pour lui témoigner qu'Us le pleuraient en la manière qu'ils le pouvaient. Ils commencèrent ensuite à gratter la terre avec leurs ongles en un lieu assez proche de là, et, jetant à l'envi le sable de côté et d'autre , firent une fosse capable de recevoir le corps d'un homme ; aussitôt après, comme s'ils eussent demandé récompense de leur travail, ils vinrent en remuant les oreilles et la tête basse, vers Antoine, et lui léchaient les pieds et les mains. 11 reconnut qu'ils lui demandaient sa bénédiction, et soudain, rendant des louanges infinies à Jésus-Christ de ce que même les animaux irraisonnables avaient quelque sentiment de la divinité, il dit: Seigneur, sans la volonté duquel il ne tombe pas même une seule feuille des arbres, ni le moindre oiseau ne perd la vie, donnez à ces lions ce que vous savez leur être nécessaire; et après, leur faisant signe de la main, il leur commanda de s'en aller.

« Lorsqu'ils furent partis, il courba ses épaules affaiblies par la vieillesse sous le fardeau de ce saint corps , et l'ayant porté dans la fosse, jeta do sable dessus pour l'eu-

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terrer selon la coutume de rE^lise. Le jour suivant étant venu, ce pieui héritier ne voulant rien perdre de la succession de celui qui était mort sans faire de testament, prit pour soi la tunique quHl avait tissue de ses propres mains avec des feuilles de palmier en la môme sorte que Ton fait des paniers d*osier ; et retournant ainsi à son monastère , il conta particulièrement à ses disciples tout ce qui lui était arrivé, et aux jours solennels de Pâques et de la PenteciMe, ne manquait jamais de se revêtir de la tunique du bienheureux Paul.

« Je ne saurais m'empècher, sur la fin de cette histoire, de demander à ceux qui ont tant de biens qu'ils n*ea savent pas le compte, qui bâtissent des palais de marbre, qui enferment dans un seul collier de diamants ou de perles le prix de plusieurs riches héritages, ce qui a jamais manqué à ce vieillard tout nu. Vous buvez dans des coupes de pierres précieuses , et lui avec le creux de sa main satisfait au besoin de la nature. Vous vous parez avec des robes tissues d*or, et lui n'a pas eu le plus vil habit qu*cût pu porter le moindre de vos esclaves. Mais par un changement étran{i;e, le paradis a été ouvert à cet homme si pauvre, et vous avec votre magoiQcence serez précipités dans les flammes éternelles ; tout nu qu*il était, il a conservé celte robe blanche dont Jésus-^lhrist l'avait revêtu au baptême ; et vous avec ces habits somptueux , vous l'avez perdue. Paul n^étaul couvert que d'une vile poussière, se relèvera un jour pour ressusciter eu gloire ; et ces tombeaux si ^n-bouréê et si superbes qui vous enferment aujourd'hui, ne vous empêcheront }>as de brûler misérablement avec toutes vos ri* cbesses. Ayez pitié de vous-mêmes , je vous prie, et épargnez au moins ces biens que vous aimez tant. Pourquoi ensevelissez-vous vos morts dans des draps dor ei de soie ? Pourquoi votre vanité ne cesse-t-elle pas même au milieu de vos soupirs et de vos larmes? Est-ce que vous croyez que les corps des riches ne sauraient pourrir que dans des étoffes précieuses 7

« Qui que voas soyez qui lirez ceci, je vous conjure de vous souvenir du nécheur Jérôme, lequel, si Dieu lui en avait donné le choix, aimerait incomparablement mieux la tunique de Paul avec ses mérites, que la pourpre des rois avec toute leur puissance. » Terminons et complétons ces citations par la Vie de saint Abraham , ce cheM'œuvre de saint Ephrem. Il y a, comme nous l'avons (léjk dit, dans cette histoire, le sujet d'une belle action dramatique dont les situations et les scènes sont toutes tracées. Le dialogue delà scène principale est d'une simplicité touchante qui rappelle la parabole de l'enfant prodigue et qui tire les larmes des yeux ; le commencement de la Vie de saint Abraham est comme le prologue de ce mystère, et nous le donnons ici pour ne rien 6ter à ce bel ouvrage, qui est, selon n<uis, une des pages les plus touchantes de la littérature du désert.

PERES ËM Hc ém BÊâmi

▲VAUT-PBOPOS.

Je désire, mes frères, de vous raconter quelle a été la sainte manière de vivre du parfait et de l'admirable Abraham, qui a commencé et fini de telle sorte qu'il s*c$( rendu digne d'une gloire per|>étuelle. Mais lorsque je me représente toutes ses vertus, l'extrême disproportion que je trouve entre les excellentes qualités d'une personne si aecomplie et l'insuOisance d'un homme grossier et imparfait comme je suis, me fait appréhender d'écrire une histoire si pleine de merveilles et si féconde en perfections ; car comment peut-on représenter, avec d'aussi mauvaises couleurs que sont les miennes, l'image d'une sainteté aussi extraordina.ro et aussi éclatante qu'était la sienne? Mais,

Quelque incapable que je sois, je m'efforcerai e faire en partie ce que je ne saurais (aire entièrement, et tâcherai, selon mon peu de pouvoir, de parler d'une homme qui, ajant mérité d*être surnommé le second Abraham, ne saurait être assez dignement loué par les paroles des hommes. Il a vécu de notre temps: il a mené sur la terre une vie tout angéilque ; il a mérité par sa patience la gloire du ciet, en souffrant comme un diamant toutes les épreuves imaginables; et d'autantquedès sa jeunesse il a conservé sa virginité et, comme un vaisseau sanctifié, s'est oITert à Dieu avec une pureté extrême ; il est devenu le temple du Saint-Esprit, et s'est rendu digne ae le loger dans son âme.

Chapitrb paEViER. — Le pire éTAhrohm rayant marié contre son gré^ parce quil avait deêiein de vivre dans la conlmrncf, il quitte sa femme par inspiration dirise le jour de ses noces^ et s^enferme dans nm cellule, où il vivait avec une trisH/rande ptrfection.

Le bienheureux Abraham eut pour père et j)Our mère des personnes fort riches, qoii Taunant avec une tendresse si extraordinaire

Qu'elle allait audelii de toutes bornes, Taccorèrent, lorsqu'il n'était encore qu'un enfaiii, à une jeune fillfi, et avaient une iropatieoo? extrême de le voir élevé à quelque dignité séculière. Mais ses sentiments étant fort éloignés des leurs, aussitôt qu'il entra dans la jeunesse, il fréquentait avec assiduité les assemblées qui se faisaient aux églises, où il écoutait avec joie et attention toat ce que l'on y récitait de l'Ecriture sainte, et le conservait de telle sorte en son coeur, que lors- Îu'il était de retour il le repassait sans cess^ ans son esprit par une méditation coutinuelle.

Quand ses parents jugèrent qu il ^^^^ temps d'accomplir ses noces et le çressèreul de s*engager dans les liens du mariage, il " refusa au commencement ; mais enfin, i^ pouvant résister k leurs violentes et continuelles instances, il fut contraint de s*J JJf."' dre, par la honte qu'il avait de leur désobéir. Ainsi les noces furent célébrées, et aprf$

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i\^ festins qui durèrent sept jours entiers^ la mariée a>'ant été mise dans le lit, il sentit reluire en son cœur un rayon de la grftce de Dieu semblable à un rayon de lumière, lequel considérant comme un guide qui le devait conduire dans Texécution de son désir, il se leva aussitôt pour le suivre, sortit de la ville, et trouvant à deux milles de là une cellule où il n'y avait personne, il s'y arrêta et y loua Dieu avec une joie nonpareille.

Ses parents et ses voisins étant extraordin-iirement surpris de cette retraite, l'allèrent chercher de tous côlés, et au bout de dixsenl jours le trouvèrent en oraison dans cette cellule. Le bienhoureux Abraham, les voyant dans un merveilleux étonnement, leur dit : Pourquoi me regardez-vous avec tant d'adroiration? Rendez plutôt çrftces à Dieu de son inGuie miséricorde, qui m*a retiré de la fange de mes iniquités, et priez-le pour moi afin Qu'il me donne la force de porter jusqu'à la mort ce joug si doux qu u a daigné mettre sur mes epaub^s encore que j'en sois très-indigne, et que je puisse, en accomplissant sa sainte volonté, me conduire de telle sorte que je lui sois agréable en toutes choses. Après l'avoir ai'isi entendu parler, ils consentirent tous à son désir, et il les supplia de ne l'incommoder pas souvent sous piétexte de le venir voir. Lorsqu'ils furent (Miitis, il boucha l'entrée do sa cellule, et s'enfv-rraa ainsi dedans, ne laissant qu*u*?e très-petite fenêtre par où. on lui apportait à manger à certains jours.

Ainsi son esprit étant éloigné de toutes les distractions et de tous les troubles du siècle, la grâce de Dieu y répandait sa lumière. Il s\-ivançait de jour en jour dans une vie sainte : la continence servait comme de fondement à toutes ses autres vertus: il s'exerçait à l'humilité et à la charité, et ses veilles et ses oraisons étaient accompagnées de ses larmes.

Le bruit de sa sainteté^ s'étant répandu dans tous les lieux proches, ceux qui en entendaient parler venaient de tous côtés pour le voir et profiter de ses discours, et Dieu lui donnait avec abondance la parole de sagesse, de science et de consolation, laquel.e, comme un flambeau lumineux, éclairait les esprits des personnes qui l'écoutaient.

Cn âMTBE IL — Son pire et $a mire iêwiU moru et lui ayant laisse beaucoup de èien , U te fit donner aux pauvres senu sortir de sa solitude f où il vivait dans une extrême pauvreté accompagnée deplusiem's grandes vertus.

Douze ans après qu'il eut en cette manière quitté le monde , son père et sa mère iDOururent, et lui ayant laissé quantité a'ar^ gest et d'héritages , il pria un intime ami qu'il avait de distribuer tout aux pauvres et aux orphelins, se reposant sur lui de cet office de piréié , atin de ne se poîBl diveitir de la prière , comme il y aurait été contraint s'il ^*en fût acquitté lai-môme. Après qu'il se iul décharge de ce soin, il demeura dans une

Îleine tranquillité d'e.sprit, et ne Iravailiaui rien tant qu'à dégager son cœur de toutes les affaires temporelles , il ne possédait sur la terre qu'une saie, une tunique de poil de chèvre, un pot à boire et une natte de jonc pour se coucher.

Son humilité était tout extraordinaire, et il avait une égale charité pour tout le monde , ne préférant point les riches aux pauvres, les princes à leurs suijets, ni les nobles à ceux de basse condition ; mais il les aimait et les honorait tous d*une môme sorte, sans faire aucune acceptation de personnes. Il ne reprenait jamais avec aigreur, mais ses paroles étaient accompagnées de douceur et de charité. Et qui est celui qui en l'entendant a pu être rassasié de ses discours? ou qui, ea considéant la sainteté 3ui reluisait sur son visage , n'a pas désiré e le revoir fort souvent? Il ne se départit jamais de cette rude pénitence qu'il avait embrassée» et ayant ]>assé cinquante ans avec joie dans les règles qu'il s était prescrites à lui-même , iWour dont il brûlait pour Jésus-Christ était si grand qu'il considérait tout ce long temps couimepeu de jours, et ne comptait pour rien la rigueur dune vie si austère.

CflAnTRE IIL — Saint Àbrahamy quelque ré^ sistanee quel y pût apporter ^ est fait prétre par son évéque , qui l'envoie dans un bourg plein de païens pour les convertir.

II y avait proche de la vitle un grand bourg dont tous les habitants étaient païens, et les plus cruels du monde. Personne n'avait eu te pouvoir de les détourner de l'adorat'on des idoles, et quelques prêtres et diacres y ayant été envoyés par l'évêque , revinrent sans y avoir pu faire aucun fruit, et ne rapportèrent que de la douleur pour récompense de leur travail , d'aufant que l'esprit farouche de ce peuple, au lieu de se laisser fléchir par les discours de ceux qui les exhortaient , les portait à les persécuter et à exciter contre eux des séditions très-violentes : ce qui n'ayant pas empêché plusieurs solitaires de tâcher de les persuader, ils ne fiurcnt gagner chose quelconque sur eux pour les convertir.

Un jour l'évêque étant assemblé avec son clergé, et se souvenant de ce saint personnage, leur dit : « Je n'ai jamais pu voir aucun homme si consumé en toutes sortes de bonnes œuvres, et si ac-compli en toutes les vertus qu*est maintenant, à ce que l'on in'n rapporte, le très-saint Abraham ; » sur quoi lui ayant tous répondu que c'était un véritable serviteur de Dieu et un parfait solitaire : ir Je veux, dit-il, l'ordonner prêtre pour aller en ce bourg de païens, qu'il {lourra convertir par sa patience et par le grand amour qu'il a pour Dieu: » et se levant à l'heure même il s'en alla avec son clergé en la cellule du saint homme. Après l'avoir salué, il flt aussitôt tomber le discours sur le sujet de ces païens, et le pria d'v vouloir aller pour procurer leur salut. Abraham, ibrt surpris et fort triste, répondit :

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« Je Yous supplie, très-sainl père, de me permettre de pleurer ici mes péchés, et de ne commander pas à un homme aussi imparfait et aussi incapable que je suis d'entreprendre une affaire si importante. »

L'evéquo lui répliqua : « La grâce de Dieu vous donnera le pouvoir de l'eiécuter, et ainsi ne refusez pas d*obéir pour accomplir une si bonne œuvre. » Ce bienheureux homme reprit encore la parole et lui dit : « Je conjure votre sainteté de me permettre de

«leurer ici mes péchés. » L'évèque repartit : ous avez abandonné le monde et toutes les choses du monde ; vous avez embrassé une vie crucifiée ; mais il faut que vous reconnaissiez qu'après avoir tant fait pour l'amour de Dieu, vous manquez de la plus grande de toutes les vertus, qui est l'obéissance. » A ces paroles, Abraham se mit à pleurer amèrement, et répondit : « Que suis-je, sinon un chien mort ? Et quelles sont mes actions pour vous avoir fait concevoir, 6 très-saint père ! une si grande opinion de moi ? » L'évèque lui répliqua ; « En ne bougeant d'ici vous travaillez seulement pour votre salut; mais allant en ce lieu-là, et la grâce de Dieu opérant par vous, vous sauverez aussi plusieurs personnes que vous convertirez à lui. Considérez donc lequel vous fera recevoir une plus grande récompense, ou de vous sauver tout seul» ou de sauver plusieurs autres avec vous. » Alors cet homme de Dieu dit en pleurant : « La volonté du Seigneur soit faite, je suis prêt à aller par obéissance en tel lieu qu*il vous plaira de me commander. »

Ainsi TEvéque le mena de sa cellule dans la ville, où il le fit prêtre en lui imposant les mains, et renvoya aussitôt en ce bourg rempli de païens.

Chapitre IV. — Saint Abraham souffre du-rani troU ans dans ce bourg des outrages et des persécutions étranges.

Saint Abraham priait Dieu en chemin disaul : « 0 Dieu tout bon et tout misé, icordieux ! considérez ma faiblesse et assistezmoi de votre grâce, afin que votre saint nom soit glorifié. Lorsqu'il fut arrivé au bourg et vit ce peuple passionné pour la folie de Tidolâtrie, il^eta du fond du cœur de grands soutpirs, et tondant en larmes et levant les yeux au ciel , dit : « Vous , mon Dieu , qui seul êtes sans péché, ne méprisez pas les ouvra-

f;es de vos mains. » Ensuite il manda en diigence à cet ami intime qu'il avait dans la ville de lui apporter l'argent de ce qui lui pouvait rester de patrimoine. L'ayant reçu, il fit enpeu de jours bâtir une église, laquelle considérant comme sa chère épouse, il l'enrichit de plusieurs ornements fort magnitiques.

Durant (ju'on la bâtissait, il passait souvent au milieu des idoles des païens sans dire un seul mot; mais il priait dans son cœur et lançait vers Dieu des soupirs mêlés dj pleurs. Lorsque l'église fut achevée, il rolTril à Dieu avec ses larmes comme un présent qu'il lui faisait, et mettant les ge-

noux en terre il lui adressa celte tr<^s-humble prière : « Fils du Dieu vivant, dont la puissance est infinie, vous qui, par voire présence sur la terre, avez amené à la connaissance de votre lumière les nations ensevelies dans les ténèbres de Terreur, assemblez aussi dans le sein de votre E'^\hi) ce peuple égaré dans les ténèbres, maisqii esta vous, et illuminez les yeux de leurs esprits, afin crue, rejetant avec déijoûl ei avec horreur l'adoralioi de leurs idoles, ils connaissent que vous êtes le seul Dieu plein d'amour et lie bontë pour les hommis. • Aussitôt qu'il eut achevé cette prière, il sortit de réglise et s'en alla au temple d.-s païens, où il renversa et mit en pièces leurs autels et leurs idoles. Tous ceux qui se trouvèrent présents se jetèrent sur lui comoie des bêtes farouches, et le chassèrent aj)rès l'avoir déchiré de coups. Ayant été traité de la sorte, il revint do nuit en secret dans l'église, où il s'assit sans se soucier de tant de £ laies, et n'ayant autre soin que de prier •ieu avec larmes et avec soupirs de vouloir sauver ce peuple. Le matin, les païens entrant en 1 église, où ils venaient tous les jours, non pas pour prier, mais parce qu'ils prenaient plaisir à en voir la beauté et les ornements, trouvèrent ce saint homme eo oraison, dont ils furent si étonnés, que quelques-uns en demeurèrent comme immobiles.

Un jour, le bienheureux Abraham commença à les conjurer de reconnalire le vrai Dieu : sur quoi, étant devenus plus cruels que jamais, ils le fouettèrent avec des escourgées comme sll eût été de pierre , el le mirent en tel état qu'il semblait être mort, puis le traînèrent avec une corde par les pieds au dehors du bourg, où, après i'ivoir accablé de coups de pierre et le crojanl expiré, ils le laissèrent quasi sans vie.

Etant revenu à lui sur le minuit, il commença à dire avec grande abondance de larmes : « Pourquoi, mon maître, dédaignezvous ma bassesse ? Pourquoi détournez-vous votre visage de moi ? Pourquoi rejetez-vous les désirs de mon âme ? Et pourquoi méprisez-vous les ouvrages de vos mains? Jetez les yeux, mon Dieu, sur votre serviteur, exaucez ma prière, fortifiez ma faiblesse; rompez les liens qui engagent ces pauvres misérables dans la servitude du diable, et faites-leur la grâce de connaître que vou.< êtes le seul Dieu et qu'il n'y en a poinl d'autre que vous. » Cette prière achevée il se leva, entra dans le bourg, et puis dao5 l'église, où il chantait des psaumes. Les païens y étant venus au point du jour et le voyant, furent remplis d'un étonoemeot étrange ; mais leurs cœurs étant incapables de compassion, ils furent transportés d'une SI extrême fureur, qu'après l'avoir cruelle ment accablé de coups, ils le traînèrent bon du bourg avec des cordes, ainsi qu'ils avaient déjà fait.

Etant traité de la sorte durant trois aanées entières, il résistait comme uo véritable diamant à toutes ces épreuves et à c«

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souffrances, sans que jamais, quelque grandes qu elles fussent, elles lui fissent perdre murage : car, encore qu*on le battit, qu'on le tralnAl par les pieds, qu*on le lapidât, qu*on le laissât mourir de faim et de soif, et qu'on le persécutât en toutes manières, jamais rien ne le mit en colère ni ne lui fit concevoir la moindre haine contre eux, et son esprit ne se laissa jamais abattre par le découragement, ni accabler d'ennui et de chagrin; mais plus ils le tourmentaient avec des mhumanités étranges, et plus son amour et sa charité {K>ur euis^augmentaient. Tantôt il les eibortait avec force, tantôt il leur parlait avec de grands témoignages de tendresse, et tantôt il s'etforçait de gagner leurs esprits par la douceur ses discours, qui étaient pleins d'attrait etdecharmes.il traitait avec les vieillards comme avec ses pères, avec les moins âgés comme avec ses frères, et avec les jeunes comme avec ses enfants, bien qu'il ne re^ût d'eux que des mépris et des iryures.

CuAPiTRB V. — Tous les habiiants de ce bourg^ admirani h vertu dé ioini Abraham^ se converiireni à ta religion chrétienne.

Enfin tous les habitants de ce bour^j étant un jour assemblés, ils se trouvèrent rem- )lis d'un tel étonnement de le voir vivre de a sorte, qu'ils se disaient les uns aux autres : « Vous voyez quelle est l'extrême patience do cet homme; vous voyez son incroyable charité p«>ur nous, et comme, nonobstant tous les maux que nous lut avons faits, il n^est jamais parti d'ici, il n'a jamais dit à qui que ce soit la moindre mauvaise parole, il n'a conçu aucune aversion contre nous, mais a supporté toutes nos persécutions avec une extrême joie. Or quelle apparence y a-t-i] que, si le Dieu qu'il nous prêche n'était le Dieu véritable, et s'il n'y avait un paradis où les gens de bien régneront avec lui, et un enfer où les méchants seront châtiés de leurs crimes, il eût voulu souffrir inutilement d'être traité d'une manière si cruelle ? N'est-ce pas aussi une chose étrange qu'étant seul il ait renversé toutes les statues de nos dieux, sans qu'ils aient pu lui faire le moindre mal pour s'en venger? Cet homme est sans doute un- vrai serviteur de Dieu, et toutes les choses qu'on publie de lui sont véritables. Allons donc, croyons au Dieu quMI nous prêche. » Parlant ainsi les uns aux autres, ils allèrent tous ensemble à l'église en criant à haute voix : « Gloire soit au Dieu du ciel, qui a envoyé son serviteur pour nous sauver en nous tirant de l'errc^ur où nous étions. »

Le saint homme fut rempli d'une si extrême joie, qu'il parut le même changement sur son visage que l'on en voit sur les fleurs lorsçiu'elies ont été nourries de la rosée du matin, et son cœur, parlant par sa bouche, il leur dit : « Venez, mes pères, mes frères et mes enfants, rendons tous ensemble grâces à Dieu de ce qu'il lui a plu d'éclairer les yeux de vos esprits pour vous donner moyen de le connaître ; recevez le sceau et la marque de la vie qui vous purifiera de Tabo-

mination des idoles ; et croyez de tout votre cœur et de toute votre âme qu'iln'y a qu'un seul Dieu du ciel, de la terre et de toutes les choses qu'ils contiennent ; qu'il est de toute éternité ; que sa grandeur est ineffable et incompréhensible; qu'il est la source de toutes les lumières; qu'il a aimé et racheté les hommes, et qu'il est terrible et doux tout ensemble. Croyez aussi en son Fils unique, qui est sa sagesse, et au Saint-Esprit, lequel vivifie toutes choses, afin que de terrestres que vous êtes mainteuani, vous deveniez tout célestes."^ Ils répondirent: « Oui, notre Père, oui, notre conducteur, pour le reste de notre vie, nous croyons et nous observerons ce que vous venez de nous dire et de nous enseigner. » Incontinent après saint Abraham les baptisa tous au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit; et ils étaient bien mille personnes.il leur lisait tous les jours l'Ec^i turc-sainte, et les instruisait du royaume de Dieu, des félicités du paradis, des supplices de l'enfer, de la justice, de la foi et de la charité ; f*t comme une bonne terre qui, après avoir été semée, apporte du fruit, et pour un grain qu'elle reçoit en rend trente, soixante et jusques à cent, ainsi les koï^è de ces nouveaux fidèles l'écoutant avec très-grande joie, et s'avancant dans la crainte de Dieu, portaient des fruits en grande abondance ; et ce saint homme leur paraissait comme un ange venu du ciel, et comme la liaison de tout cet édia«;e spirituel. Car la douceur de ses paroles dans les instructions qu'il leur donnait leur faisait concevoir tant d'amour pour lui, qu'il aurait semblé que lui seul était cause de la créance qu'ils avaient on lui.

CuAPmiB VI. — Saint Abraham^ royant re peuple confirmé dans la foi^ se retire secri* tement au bout d'un an; et^ après s'être ea^ ehi quelaue temps^ retourne dans son an^ eienne cellule.

Saint Abraham continua ainsi, depuis leur conversion, à leur prêcher l'Evangile durant une année entière; mais les voyant pleins d'amour pour Dieu et très -fermes en la foi, et connaissant d'un autre côté qu'ils avaient une excessive affection pour lui et lui rendaient de très-grands honneurs, l'appréhension qu' il eut que, sous prétexte de les assister, il ne fût contraint de renoncer à ses anciennes austérités et de s'engager en quelque sorte dans les soins du siècle, fit qu'il se leva au milieu de la nuit et pria Dieu en cette manière : « Seigneur, qui seul êtes sans péché, et qui étant tout saint vous reposez dans les âmes saintes, vous qui aimez tant les hommes et avez tant de bonté pour eux ; vous qui avez éclairé les yeux de l'âme de tout ce peuple ; vous qui avez brisé les fers qui les retenaient dans l'esclavage des démons, et qui, les retirant de l'erreur de l'idolâtrie, les avez convertis à vous et leur avez fait la grâce de vous connaître, veuillez, mon Dieu, les conduire et les assister jusqu'à la fin : ne refusez

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