‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 59 sur 194 · V. La fuite en Egypte · texte numérisé non relu

V. La fuite en Egypte

L'Enfant-Dieu avait reçu, avec le nom qui signiGe Sauveur , la marque symbolique do la génération purifiée sous le couteau de la circoncision ; il avait été offert à Dieu dans le temple selon le précepte de Moïse , et la religion de Jéhovah, représentée par le vieillard Siméon et par Anne la prophétesse, avait salué, avant c[ue de mourir, le Verbe de vie qui renaissait pour l'avenir plus puissant encore , mais plus doux. L'agueau innocent était venu se dévouer pour le salut du inonde entre les bras de sa mère, dont l'Ame pressentit déjà alors le glaive do douleur qui devait plus tard la traverser. Ici commencent les douleurs de la mère et les travaux du fils : le nouveau-né est ou butte à la colère des rois, et le voilà qui s'eafuit exilé dans le désert.

Une tradition touchante nous raconte que, près de périr dans ce périlleux voyage à travers de vastes et mornes solitudes, la sainte famille fut sauvée par un brigand qui lui donna asile dans sa caverne , bienfait que Jésus devait reconnaître plus tard en pardonnant au voleur sur la croix. Ainsi , dès ses premiers jours , Jésus est confondu avec les proscrits qu'il vient sauver. Les pouvoirs et les lois du monde qu'il vient détruire so brisent en frappant sur la justice elle-même,

3ui nous est représentée vivante et incarnée ans cet enfant mystérieux, et il souffre, quoique innocent , toutes les peines du péché , pour avoir droit de pardonner à ceux qui sont coupables , et de les couvrir de sa propre innocence pour en faire les juges des dieux avilis et des rois corrompus.

On dit qu'à l'arrivée du saint Enfant sur la terre antique de la servitude, les vieux teni* pies de Memphis frémirent sur leurs fondements ébranlés, les sphinx gigantesques tressaillirent comme s'ils pressentaient la solution de leur énigme séculaire , et les dieux monstrueux du culte hiéroglyphique tombèrent de leurs autels et se brisèrent devant le résumé vivant de tous les svmboles antiques. Cependant Marie et Joseph s'asseyaient, voyageurs obscurs et fatigués, à Tombredcs vieilles pyramides, et la mère regardait dormir entre ses bras un enfant destiné k être véritablement plus grand que le monde.

A quelque temps de là Hérode mourut, et le pauvre charpentier, qui faisait peur à ce puissant monarque d*Orient , revint de sou exil avec Marie et son enfant Jésus.

VL Venfani au milieu des docteurs Lorsque les doctrines du judaïsme eurent

ETANGlUr

EVANGILE

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TaU leur temps, les vieillards s^étonoaieut de fes voir se perdre dans la nuft du passé, et ils reculaient à leur poursuite ; alors ils s'aveuglaient pour ne pas voir la route oCl s*avancait rhumanité, ei ils espéraient follement farréter par Teurs gémissements et leurs clameurs. Cependant Fhomme d*avenîr, oui ouvre les yeux et voit à TOrient une lumière nouvelle , s*étonne de l'obstination de ces prêtres, de la nuit ; encore enfant , il balbutie des mots qui confondent toute la science des Tieillards, et il surprend les docteurs insensés par son ignorante sagesse.

Cest ainsi que nous voyons apparaître dans le temple , au milieu des vieiix inter-

Srètes de l'ancienne loi, Jésus enfant, Tange u siècle à venir , le pontife de la I(M nouvelle. Les révélations les plus profondes, en s^échappant de sa bouche, semblent, tant elles lui sont naturelles, des naïvetés de son âge^ et les savants qui veulent Tembarrasser par des questions artiGcieuses, sont étourdis ue fa simplicité divine de ses réponses.

Cependant sa mère le cherche avec angoisses depuis trois jours, et lui adresse, en le retrouvant , quelques reproches pleins de douceur. Pourquoi me cherchiez^ous f répond Tenfant sublime. Avant de vous appartenir, eêt'Ce V^ie n^appartiens pas à Dieu , qui est mon père r Dans cette parole, la nouvelle loi^ la loi de liberté et aamour,.se déclare tout entière ; Tautorité la plus sainte , celle de la famille , FaiTection kk plus sacrée, celle d'une mère, n'ont aucun droit sur la liberté de l'enfant de Dieu , qui fait le bien. I«es [larents ne peuvent rien commander à leurs enfants qu'au nom de la justice, et dans l'autorité paternelle, l'autorité royale est modérée dans sa source. On sent ici qu'un nouveau monde moral a commencé : l'enfant et le sujet sont appelés à connaître la vérité suprême , et peuvent répondre , l'un à ses parents : Dieu est mon père, et l'éternelle justice est ma mère ; Fautre , à ses maîtres : Dieu seul est mon maiire et mon roi.

Cependant,, après avoir ainsi protesté de sa dirine indépendance, reniant Jésus , qui ne venait pas rompre , mais sanctifier et resserrer tous les liens du saint amour entre les hommes , revient à Nazareth avec Joseph et Marie, et l*EvangiIe nous dit simplement qu^il leur était soumis.

U leur était soumis par amour et parce qu'ils étaient justes ; il leur était soumis, parce que c'est la volonté du Père céleste que tout père de famille représente Dieu à ses enfants ; mais si , pour la gloire du Seigneur, il' eût fallu les quitter et les inquiéter encore , Jésus leur aurait répondu , comme la première fois : Pourquoi me cherchiez^ tous? Ne faut-U donc pas^ avan$ de vous obéir ^ que j* obéisse à Dieu mon pire f

VU. Le baptême de Jean,

En ce temps-là un prophète prêchait dans le désert. C'était Jean le précurseur qui faisait entendre à tout le peuple sa voix triste et menaçante , et qui annonçait la colère i

venir. Noé construisait l'arehe en prophétisant le déluge , et les hommes de ce tempslà se moquèrent de lui et périrent dans là granae inondation. Jérdmie se lamenta vainement sur la ruine de Jérusalem , que ses avertissements n'avaient pu prévenir. Jean- Baptiste prêcha dans le désert, et paya d^ so: tète la hardiesse de ses discours. Race de ripires, cliaii le prophète du Jourdain , qui donc vous a inspire la crainte de la colère à venir? Produisez donc les fruits de la péni-^ tence et du repentir ; car déjà la cognée est à la racine de larbre^ et tout arbre qui ne pro*^ duit pas de bons fruits sera coupe et jeté au feu.

A ces menaces terribles làfoule frémissait,, et quelques voix ellravées criaient : Que faut-il aànc faire f * — Que celui qui a deux vêtements en aonne un à' celui qui n'en a pas^ et que cefiiî qui a di$pain le partcfge avec son frère qui a faim t Voilà , sefon saint Jean , te premier précepte de la justice , et cela nous rappelle qu'au dernier jugement le Rédempteur doit dire aux impies : Xai eu faim , et vousi ne m*aieev pa$ donné à manger ; j*ai eu soif^ et vous ne m'avez pas donné à boire ;fai été nu^ et vous ne m'avez pas couvert ; /ai été malade et en prison , et vous ne m'avez point visité : ouvriers d'iniquité , retirez-i>out dû moi l

Jean était donc bien véritablemMl le précurseul^du maître qui allait enseisnerla cha^ rite au monde. Aussi , lorsque le Sauveue se présente à son baptême, lui dit-il en s'inclinant devant lui : Cest moi qui dois être baptisé par vous^ et vous venez à moi l

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