‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 85 sur 194 · ADORO TE, SUPPLEX · texte numérisé non relu

ADORO TE, SUPPLEX

Je Yoos adore, 6 Dieu caché dans ce mystère ! Vous dont la majesté remplit toute la terre. Mais dérobe à nos yeux Teclat qui l'investit. Mon cœur brûle pour vous d'une ardeur ineffable» Mon esprit confondu, que tant de gloire accable. Vous contemple et s'anéantit.

Soumettons à la foi nos sens vains et frivoles. Mais l'oreille d*un Dieu recueillant les paroles, Seule a droit d'exiger notre docilité.

La raison subjuguée applaudit au miracle Le Fils de Dieu Ta dit ; je crois ce grand oracle Proclamé par la vérité.

Le Dieu seul se cachait, mourant sur le Calvaire ; Mais, voilés par l'amour au fond du sanctuaire, C'esl riionime, c'est le Dieu que j'adore et je crois. An pied des saints autels, qu'avec larmes j'embrasse, Humblement prosterné, je demande la grâce Qu'obtint le larron sur la croix.

Moins heureux que Thomas, et sans voir vos bles-

[sures.

Mon Sauveur, comme lui, sous ces humlles ligures J? reconnais un Dieu qui s'immole pour nous. Poissé-je, en attendant le jour de votre gloire. Sous ces voiles sacrés vous honorer, vous croire, • N'espérer et n'aimer que vous !

Monument de la mort qu^une sainte victime

Voulut souffrir pour nous ! pain vivant ! mets sa-

[blime, Qtn nous rend du Très-Haut les heureux posses-

[seurs !

Fuiic&qu*en ce banquet ma foi se fortifie; Hi que mon cœur souvent, en y puisant la vie, £n goâte les chastes douceurs.

S;)urce de pureté que les anges adorent,

^i coulez pas en vain pour ceux qui vous implo-

[rcnt ; Dans nos sens épurés faites régner la paix ; Sang que l'amour répand, dont l'amour nous inonde, boni une seule goutte, en rachetant le monde. Peut expier tous nos forfaits!

û Jésus! que ma foi découvre sous ces voiles î Pnissé-je un jour, voyant à mes pieds les étoiles, Pws du Dieii dont les cieux praclament la grandeur Jouir de votre gloire et jouir de vous-même. Contempler tel qu'il est celui que mon cœur aime, Ëtm'cnivrer de sa splendeur !

Le seul reproche qu'on puisse faire à Tauleur de ces traductions, c'est d'avoir été préoccupé en les faisant de l'idée des poésies classiques de Coflin et de Santeuii, et qu'il a trop cherché à donner quoique chose (le leur manière aux belles hymnes de saint Thomas. Nous ne prétendons pourtant en Aucune manière nier le mérite poétique de Coflin et de Santeuil; leurs hymnes sont souvent belles et toujours dignes de la cravité et de la décence des offices divins. Nous sommes disposé à leur savoir gré d'avoir comblé plus d'une lacune, tant dans le Bréviaire quedans l'Eucologe ; mais ce que nous ne leur pardonnons pas, c'est d'avoir substitué leur latin de collège et leurs strophes luratiennes è la majestueuse antiquité des uyuines rimécs et de la liturgie gothique.

HYM^E

Comment n'ont-ils pas senti le respect de cette auguste vieillesse, la piété de ces formes naïves, la sainteté de cette rouille même? Ne sentaient-ils pas en eux la religion des reliques? Ne trouvaient-ils rien de touchant dans ces rimes empreintes de je ne sais quelle harmonie toute particulière à la foi? N'avaient-ils jamais pleuré en chantant les anciennes proses ou les hymnes à la sainte Vierge? L'Ave^maris Stella, par exemple, que par bonheur ils n'ont pas essayé do nous traduire en vers de Catulle.

Ave, marié itelloy Dei mater aima Ataue iemper virgo, Félix coRli porta.

Otez cette simplicité, ôtez ces rimes si harmonieuses qui rappellent à la fin de chaque vers le nom si douxde Maria, et l'hymne aura perdu tout son charme.

Sumens illud ave Cabrielii ore, Funda nos in pace Mutans Evœ nomen»

Salve vincla reis^ Profer lumen eœcis^ Mata nostra pelle, Bona cuncta posée,

Monstra te esse matrem, Snmat per te preces Qui pro nobis natus Tulit esse tuus.

Virgo singularis Jnter omnes mitis, Noi culpis solutos Mites fue et castes !

Yitam prœsta puram^ lier para tutum.

Ut videntes Jesum Semper collœtemur!

Salut, étoile de la mer.

Du Créateur mère féconde.

Toujours vierge, malgré l'enfer Porte du ciel ouverte au monde !

Gabriel est à vos genoux Pour vous offrir notre prière ; Changez en votre nom si doux Le nom d'une coupable mère !

Des captifs brisez les liens, Âui aveugles rendez la vue :

Eloignez le mal qui nous tue.

Obtenez pour nous tous les biens.

Montrez-nous une vous êtes mère.

(iClui qui fut T nom me pour nous Se donna d'abord tout à vous ; II recevra votre prière.

0 Vierge unique en pureté Et douce entre toutes les femmes.

Rendez Tinnocence à nos âmes, La douceur et la chasteté !

Soyez notre guide ûdèle.

Gardez nos pas et notre amour :

El nous verrons Jésus un jour \u sein de la joie éternelle !

.Cette traduction est un essai que nous donnousà nos lecteurs seulement comuie un exemple de la rigoureuse fidélité et de la

KAIE

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