QUE ET LYRIQUE
IRÉNÉE (saint). — Saint Irénée, évoque de Lyon au ii* siècle de Tère chrétienne , est presque un écrivain des temps apostoliques; ses écrits intéressent plus la théologie que la littérature religieuse: son style , toutefois , a cette force et cette grandeur divine qui caractérisent les docleurs ilont la tête était toujours sous la hache et Vhme préparée au martyre. Il s'est appliqué surtout à réfuter les rêveries des gnostiques, et Ton voit par ses écrits que le nom de gnostiques, usurpé par des sectaires impies , était alors un nom honorable dans l'Eglise, car saint Irénée donne les caractères du vrai gnostique, qui n*est autre que le parfait chrétien. {Voy. Mysticisme.)
Saint Irénée enseigne les doctrines dos millénaires, qui n'étaient pas condamnées à l'époque où ii vivait et qu'il tenait de Papias, disciple de saint Jean. Il parait uue ce Papias était un homme simple et ue peu de jugement, qui avait nris à la lettre et dans un sens tout matériel ce qui ne doit être en* tendu ({u'allégoriqucmcnt et dans un sens tout spirituel.
ISAIE. — Isaïe, llls d*Amos, est sans contredit le plus éloquent et le plus sublime de tous les pmphètes. On Ta appelé le cinquième évangéliste, tant il décrit fidèlement tour à tour les souffrances et les triomphes du Sauveur. Sa |)oésie est plus correcte et son élocution plus pure que celle de tous les autres ; il y a dans sa diction une sorte de ro«yesté royale : on croit entendre un prince de la cour du Messie ; sa parole tombe do haut sur les têtes coupables, et il ne ménage nas |)lus les maîtres que les esclaves, pas plus les prêtres que les rois. Mais sa crdère est calme et patiente comme celle de Dieu ; car il est consolé des alHictions du présent par les visions de l'avenir : le crime et la rédemption toujours présents à ses yeux égalisent son Ame comme les plateaux d'une balance, et l'imprécation s'échappe de ses lèvres sans y laisser de traces de colère ; il menace, puis il console, et la consolation est aussi douce que la menace était terrible. Uu seal poète dans notre langue eût été ca- «ble de bien traduire Isaïe et Ta heureuse-
une preuve qu'on puisse opposer h notre système de traduction I (Koy. OmcEs. Liturgie, Proses.)
ment imité. Tous ceux qui savent par cœur la célèbre prophétie de Joad dans Athalie. comprennent déjà que nous voulons parler de Racine.
Le début du prophète est plein d'enthousiasme ; rempli du Verbe divin dont il sent h toute-puissance, il ose interpeller le ciel el la terre et letir ordonne de l'écouler. Ce n'est pas lui en effet qui parle, c'est Dieu qui se plaint de son peuple , et tout le premier chapitre dlsaïe, qui sert commede prologue à sa prophétie, est plein de reproches el do menaces. C'esl la haute satire avec une sanction divine, c'est une éloquence donl Juvénal et les autres anciens n'apnrochenl pas. Ce chapitre a été traduit avec ddélité el bonheur par M. Victor de Perrodil, que nous avons déjà cité à Tarticle saint Grégoire do Nazianze.
Prophéties d'haïe.
Ciciix et terre, écoulez ! Dieu parle cl Toiisapprile ; Senrez-lui de léinoios contre un peuple rebelle :
^ ra choisi des enfants el je les al nourris; J*ai marché devant eux contre leurs ennemis; Je leur ai partagé des campagnes fertiles, «i*ai bAU leurs maisons, fortifié leurs villes; Kl ces enfants ingrats, réîoltés contre moi. Ont blasphémé mon nom et déserté ma ioi! Peuple sans souvenir et sans intelligence. Ils ont entre eux et mol rompu toute alliance. Malheur ^ cette race impie et sans remor^ Dans le crime plongée et voisine des morts; Â ces enfants iogmts détoaniés de na voie, Sur qui mon bras vengeur vaineinent se déploit* ! De quel nouveau fléau puisse enoor les frapper? Un seul de ces pervers a4-il pu in*échapper? Non, tout cœur est tremblant, tonte lèle abaltue; Celte terre recèle un venin qui la tue. L.cur corps u*estqu*uDe^ plaie; ils n'ont, pns Je ,.,. .. [mourir,
Ni lin pour la sécher, ni vin pour radouor.
Vos champs sont dévastés, vos villes sont désir-
Vos voisins triomphants insultent k vos pertes; Un maître tmpiioyable asservit vos maisons ;
I ™®"?® *<*"* ^^ y«wx le pain de vos moissons,
II récolte ?os fniits, H vendange vos vignes; Vous pâlissez de crainte aux moindres de ses siçnrs. Triste Jérusalem! Ui n*as plus dliabitants;
Telle que, pour un jour, dans le milieu des ch nip>,
S'élève du liergcr.la cabane isolée.
Telle sur des débris tu ^asseois désolée ,
El, sans Tespoir du juste enfermé dans Ion seiii.
Le destin de Sodome eût été ton destin.
Rois pervers, écoulez l écoute, peuple impie! Avez-voiis assez loin poussé Thypocrisie? Au pied de mes autels que venez-vous cliercbe rf Les mains teintes de sang, osez-vous m^auproclirr ' Pensez-vous que la graisse et le sang îles viciim(n> Effacent devant moi le moindre de vus cnnK^:>? Vous ai-jc demandé ces prêscnfs oilieux Qui bouillent mes autels cl fatiguent mes jenif
ISÂIE