PRUDENCE
PRUDENCL
la grâce. Ce poëme est, h proprement parler, l'abrégé de tous les écrits de saint Augusti!i sur la grâce. Il est divisé en quatre parties, qui sont précédées d'une petite préface. Il contient mille vers tous hexamètres , outre l'exorde , qui est comme une seconde préface. Les ouvrages de saint Prosper ont été imprimés à Paris, 1711 in-fol. , par les soins de M. Maujeant , prêtre, et da is le Patrologiœ Cursus complétas (tom. LI) publié par M. l'abbé Migne. Les critiques conviennent que les trois livres de la vie contemplative, qu' on a attribués à saint Prosper, sont de Julien Pomère. Ils soutiennent aussi que les deux livres de la Vocation des gentils , que quelques-uns lui ont attribués, .sontdePiosper, Africain, qui, fuyant la persécution des Vandales, vint en Italie.
PRUDENCE. — Aurelius Clemens Prudentius, poète chrétien, florissait dans le iV siècle, sous l'empire de Théodose. Après avoir été successivement avocat , juge, nomme de guerre et courtisan , il se lassa du monde, qu'il avait trop connu , et consacra tous ses loisirs aux belles-lettres. Quelques historiens en font, à tort , un personnage consulaire ; mais il est certain qu'il avait exercé «les emplois considérables. 11 mit en vers l'abrégé de l'Ancien et du NouveauTestament, à la suite d'un grand poème de la Création , qui n'est point parvenu jusqu'à nous. Celte œuvre capitale de Prudence a été répétée et renouvelée sur un nouveau plan, à l'époque de la Renaissance, par le sieur (juillaume do Salluste, seigneur du Brirtas, qui a intitulé soi poérne de la Création : La première Semaine, et son abrégé de l'Ancien Testament : La seconde Semaine, ouvraf^Qsqm eurcDt le ftius grand succès dans leur tera[)S. Prudence a aussi comjtosé un po«'me du Comhal di Vesprit. Ce pouvnit être le sujet d'u'ie grande et magnifique épo[)ée , trop belle peut-être et d'un sentiment trop élevé ftourêtre facilement comprise du plus grand nombre. Les triomphes des marfyrs étaient alors tout récents , et la Thébaide commençait à «e peupler de solitaires ; mais on chante toujours imparf;iitfmcnt un combat qui (Jrjre encore , et Prudrmce n'a pu saisir qu'imparfaitemeiil le v.istc ensemble de son sujet. .Ses hymn<'S f)Our tous les jours sont '<uelquefoi.s plus heureuses, et toute l'Eglise admire encore «a belle bynnie des saints liinr)cen Is: Silrrtr, flores mnrti/rumi Voy. H v m x i;s.) Les Couronnes des mnrlifrs contieinent la légende de plusieurs saints, entre lesquelles l'histoire rju martyre de saint Laurent nf)ns 1 paru parliciiliArernent remarquable. Nous avons regretté seuleirienl d'y trouver parff)is le lo'i déclam.iloire dr!s poètes de la déf;adenee, et nous [(référons de beaneouf), ,'i ee stylo amfioulé de la latinité corrompue, l.-i naïveté gothique des léj,'endnires du nifjyen Ai^c. Le traité de In hivinité couiTC les hérétiques, et celui de t'Orit/ine des pélitfs se rr-sf.onleiii (in ce goi'il d(!> disputes lhér»logifpies qui signala les f»rogres rapides de In rléea- • lenee vnjn le r«'gnr; de* successeurs i\i'. Théf»ilmc Quoi qu'il en soit, Prudence n'él/iji I)ikii((«N. uv f.rrrfnritfu; eur.C.r.
pas un homme sans talents, et malgié io mauvais goût de l'époque où il écrivait, il a trouvé plus d'une fois des inspirations qui révèlent chez lui un goût en quelque sorte instinctif des véiitablcs beautés littéraires. Son œuvre poétique avait un plan qui dénote du génie chez son auteur. C'était une conception encyclopédique, à laquelle devaient s > rattacher non-seulement toutes les notions religieuses , mais encore toutes les connaissances humair.es d(î son temps. Dieu et ses œuvres , la sainte Bible et les annales du christianisme naissant, la théologie et la philosophie étudiées dans les faits , soit divins, soit humains, les plus remarquables , tel était le plan de Prudence. Mais pour remplir ce cadre il lui restait trop à faire. Le christianisme n'avait pas encore sa littérature formée , et la poésie surtout , trop pleine encore des souvenirs imjmissaits du paganisme , manquait à cette époque de caractère et de chaleur.
En lisant le poëme de la Création du monde, de du Bartas, qui est comme une épopée des sciences naturelles au xvi' siècle, on peut juger de ce que pouvait ètro celui de Prudence, qui écrivait douze siècles auj^aravant. Il est vrai que, dans l'histoire de la science , ces douze siècles peuvent à peine compter pour douze jours ; mais ce quo le monde avait manqué ou négligé d'acquérir en savoir, il y avait sup|)léé par beaucoup de cette véritable poésie qui vient de la foi et des espérances éternelles ; puis était venu le siècle de la prétendue réforme : l'vs idées païennes avaient eu leur renaissance, et le crépuscule du soir avait reproduit les douteuses lueurs de celui du matin.
Nous avons diverses éditions des ouvrages de Prudence, entre autres celle de 1G67, h Amsterdam, avec des notes de Nicolas Heinsius, celle de 1G87 , à Paris , à l'usage du Dauphin, par les soins du P. Chamillard, jésuit(;, et celle publiée par M. r.d)l)é iMigiin d.ins le tome LIX du Patrolof/iœ Cursus cornplelus, qui peuvent passer pour 1(!S plus belles. La dernière surtout est précédée de magriifirpies prolégomènes sur la vie et les ouvr-.iges de Prudence.
PRUDENCE (Lk .iktnk). —Prudence le Jeune, autrement apjx-lé (lalindon, élail un savant espagnf)l du ix" siè(rle, ([ui, s'élant rcîtiré en France pour se soustraire à la tyrannie des Maun.'s, fut élevé sur le siégr; ih» 'Yroycs, ]\ cause dc' sa science et de soi mérite. On le consultait d(! toutes [)arts .ni cr»iumencement de son épisco|)al, ot il passait pour uiu; des luiriières de l'Eglisc! g.illicane. il coilribna [Miissammenl à conservei- ot h transrnetlre en France h; goût de l'Ecrituro sainte r-l des Pères, dr)nt 'il faisait sa lecture et sa médilatif(ti habitindles. Il s'oppo<.,'j avf;e énergie aux subtilités de Jean Scol, et contribua h conserver inlaclcss, au mdieii des orages dr; la scolasli(pie, les dogmes iniiiosanls et les form(!S anciennes de la Ihùologie [»osiliv(.. Il /ivait recinilli les maximes des |)iiiicipau\ Pér(!s sur la gr.ice, et, joignaril les (pi/ilité^ d'un liislfMien consciuii-
ps\i;mf,s
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ri«Hi\ h celles d'un docleiir (Vlairr, il composa une Clironi(itio <lt'S cinq [irciiiitM's sicclfs (le la inonarchie françaisi», qui a élc reti'ouvi't' dans ral)l)aye de Sainl-Borliti, ot (jiii, h causi' do cela, est comme, dans la litti'iraluro liisloii(|iiL', sous le tilre d'Annales de Snint-Iicrlin. Une lotlre d'Hincinar nous apprend que saint Prudence de Troyes était l'auteur de cet ouvra^^e.
Saint Prudence n'avait pas moins de zèlo pour la discipline que [)Our la doctrine. Il cOt voulu voir autant de chrétiens parfaits (lu'il voyait (riiommcs; et tous les abus ([u'il pouvait réformer étaient pour lui une occasion d'exercer son zèle. Il en donna des preuves toutes particulières dans la commission que Charles le Chauve lui donna de réformer, avec saint Loup, abbé de Ferrières, tous les monastères de France. Cette réforme, en rappelant les moines h des habitudes de travail et d'étude, contribua beaucou[) h la conservation des lumières intellectuelles qui dans ces époques n'eurent, comme on sait, que les monastères pour refuges. Le nom de saint Pruilencc doit donc être cher aux amis de la civilisation et de la littérature chrétienne, non moins qu'aux défenseurs des saines doctrines de l'ortho- «loxic catholique.
Cet homnu) vénérable mourut le 6 avril 8GI. Ses œuvres théologiques, imprimées à Paris en 1G50, dans le recueil des auteurs du XI' siècle (pii ont écrit sur les questions controversées de la prédestination et de la grAce, seront prochainement reproduites (1851 ) dans le Palrologia' Cursus complétas de M. l'abbé Migne.
PSAUMES. — a Les psaumes, dit saint Ambroise, sont le langage de tous les lidèles; c'est la voix de IKglise, c'est la [)rofession de foi la |)lus distincte, c'est le cri de joie et d'allégresse des enfants de Dieu. Ils chassent la colère, ils nous délivrent de nos in(}uiétudes, ils (lissipent nos chagrins, ils nous défendent, la nuit, contre l'ennemi de notre salut; ils nous enseignent [)cndant le jour la loi du Seigneur; ils sont pour nous un bouclier impénétrable quand nous sommes dans la crainte, et un canti(pie de joie quand nous sommes dans la paix. Dès le commenceuuMit du joiu- on chanliî des psaunu'S, on en chante do même (juand le jour tinit. L'A|)ôlre ordonne aux femmes de se taire dans l'église, mais elles peuvent rompre le silence [tour clianter un psaume. Les jisaumes conviennent à tout Age, h tout sexe. Les vieillaids fjuith'nl, pour les chanter, cet iiir grave et sérieux (pii accompagne la vieillesse; ceux qui sont dans l'Age le plus tendre les clianteiit sans appréhender (pie leur chant les porte h la molhisse; on les chante dans un Age plus avancé sans ressentir les alleinles (le la volupté. Les jeunes lilles ne courent aucun ris(pie pour leur jjudeur, (piand, d'un • voix teiulre et délicate, elles «hantcfit ces saints cantiipies ; et, cpioiquo les enfanis aient ordinairement de la répugnance h apprendre, ils apprennent néanmoins un "saumt.' avec plaisir. L'incarnatio i
de Jésus-Christ, sa naissance, «a pnssion, sa résurrection , son ascension sont prédites dans les psaumes. On y apprend A éviter lo péché, h ne pas rougir de la pénitence. L'exemple d'un si grand roi et d'un si grand prophète me retient et m'empêche de tomber ; si j ai eu le malheur de pécher, il m'anime à le confesser et à me relever de mes chutes.»
Nous ne pouvions mieux commencer notre étude littéraire sur les psaumes nue par ce beau passage du plus docte et du plus éloquent des Pères de l'Hglise latine. Les psaumes, en effet, sont la grande poésie lyri(]ue de l'Eglise, et rien de plus beau n'a jamais paru dans le monde. On trouve dans le livre des psaumes des modèles pour tous les genres lyriques, des hymnes d'abord, puis de grandes odes d'enthousiasme, des odes historiques, des odes morales et dogmatiques, des élégies nationales, des é[»ithalames, des chants de triomphe et de deuil , des actions de grAces et des prières. Le livre des psaumes est donc le véritable manuel des littérateurs , et surtout des poètes chrétiens : c'est là qu'ils doivent chercher toujours des inspirations et des modèles.
Les |)saumes sont un dialogue sublime entre Dieu et l'humanité. C'est la grande physiologie de l'Ame, et rien n'en prouve d'une manière plus évidente l'immortalité et les destinées divines. C'est une théologie mystique et une philosophie poétique auxquelles rien ne ressemble dans aucune littérature. On appelle le Sauveur du monde fils de David, et il l'était selon la nature; mais on peut dire en vérité que David a été le père du Messie selon la grAce; car toutes les tendres inspirations de l'Evangile se font pressentir dans les hymnes du roi-propnète.
Quel amour des [)etits et des faibles dans ce prince si longtemps fugitif et persécuté I Quelle mélancolie pénitente et quel sentiment ex(|uis de la divine miséricorde dans le cieur de cet homme si passionné, si coupable, mais si soumis h la main (|ui le cliAtie 1 On a |)U dire de David au'^si, comme do la Madeleine : Beaucoup de pt'chés lui sont remis parce qu'il a beaucoup aimé; et aussi, parce (pi'il lui a été pardonné b(\aucoup, il aime encore davantage 1 Si David n'avait jamais péché, sa gloire serait tro|> grandis mais sa vie serait moins instructive et moins touchant(>. Quelle légende évangéli(pi(\ en (>tfet, (pie rhistoir(> du roi David 1 Jus(iu*au péché cxcliisivenKMit on la prendrait |>our une parabole (pii représente le Sauveur du monde. Cet enfant délicat (pii frappe le géant blasi>hémnteiir et le tue averses projires armes, ce libérateur salué par les enlanis et par les femmes, symbole des Ames simples (>t tendres, r(Mid jaloux le roi du vieux monde, rHérod(> de ce temps-lA, le réprouvé Saul, que David régénère et soulage pourtant lians ses fureurs par l'harmonie de sa harpe et de ses canli(pies. Si Saul eût voulu a lopter David comme il Je bii avait promis, David ei'it protégé l"s (Irnières années du vieux roi, et le salut d'Israël se fût accom« pli sans secousses cl sans clfort. Mais l'or-
PSAUMES
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gueil humain ne transige pas avec la grAce divine. Saûl veut tuer David, et le royaume légitime s'en va errer dans le désert. Quelles analogies avec l'Iiistoire du Sauveur d'abord, fuyant en Egypte, puis du christianisme persécuté à son tour au berceau et fuyant dans les solitudes ! David est poursuivi comme un chef de bandits, et il épargne deux fois la vie de son persécuteur. Jésus-C[irist se cache, on le surprend par trahison, on le condamne à mourir en^re deux voleurs, et sur la croix il s'écrie : Mon Père, pardonnez- leur, car ils ne savent ce quils font. David, dans son exil, se nourrit des pains sacrés du temple ; Jésus mange avec ses disciples des épis le jour du sabbat, et proclame au nom de David que la loi est faite pour l'homme plutôt que l'homme pour la loi, tant sa divinité se fait humaine pour rendre l'humanité divine ! David est toute une synthèse religieuse, et il allie dans son caractère les traditions du judaïsme à des pressentiments chrétiens. Il s'irrite comme Jéhova, mais il pardonne comme Jésus. ^6salom! mon fils Absalom l puissé-je mourir pour te rendre la vie ! A ce cri, dont le vieux judaïsme se scandalise, on reconnaît l'inspiration plus que paternelle du Rédempteur. L'ne mère aurait-p|le plus de miséricorde et de tendresse? David a recouvré son trône, mais il a perdu son fils, son fils le rel)elle et le parricide, son fils le violateur sacrilège du Jit nuptial de son i)ère, son fils l'incestueux vengeur d'un inceste, son fils le meurtrier de ses frères ! Mais plus Absalom est coupable, plus amèrement David le pleure : car plus il était méchant, plus il avait besoin de wjiséncorde et d'amour! yl6«a/o;n, mon filsy à mon fils Absnlom!
Le ^énie évangélirpie de David éclate tout entier dans les [)saumcs : aussi l'Kgiise place-t-elle dans la bouche de Jésus-Christ les plus belles paroles du psalmiste; le génie du christianisme res[)iie dans ces hymnes sublimes, dans ces prières si Ifndrcs, dans (tfi entretienssi intirnfs de l'Ame avec Dieu. De plus, on y retrouve toute l'histoire d(î la f'Iigion, r-l la Bible lr>ut entière s'y résume depuis la (ienèse jusqu'à l'Ajtocalypsc.CommerKjons (jar le (isaurne cm, fpii est l'hyi/me de la création ; ajoulo'is-le au.\ deux premiers chapitres de la (ienèse, et nous verrons s'il ri en est [tas le corn[»lémMit riéces- .viire. Ce (»saume cormncnce par un ci*i d'ndniiralion et d'enthousiasme : « Mon Ame, bénis le S/îigneur. Seigneur mon Dieu, vous avez révélé votre grandeur aver; une in'iinii; pui^sancf î vous vous êtes revêtu de gltjire ot de beauté, vous vous couvre/, de i/i lumi/îrecofntfK! d'un vèletnent.
• Vous étende/, le ci»| comme une lente, vous .ni donne/ [)Ourtoil b-s «•.nix supérici»res ; vous abaissez la nuée fif»iir monter sur elle, vous marchez sur /es ailes des vents.»
VoiUi If; Créatr-iir qui Se uiel en marche ol qui vu conimenrrr son ouvre : il a jeté h bjrnière comme uti voilebl.inc sursesér»aubs; il monte et descend sur une échrtl/e de liu.lK'"', et le- sounic qui fd.ine sur les eau»
prête sa l'apidité aux pas immenses de celui qui mesure l'étendue. Il passe, et les tempêtes l'écoutent ; les tonnerres sont ses messagers. Qui facis angclos tuas spiritus, et 7ninistros tuos ignemurentem.
La création commence : la terre s'est as- S'se sur son immobilité, et le torrent des siècles ne l'ébrardera même pas. La mer profonde l'enveloppe comme un manteau, les flots couvrent la cime des montagnes : Dieu parle, et la mer s'enfuit, les vagues ontjieur du tonnerre de sa voix, les montagnes surgissent et les vallées s'abaissent à leur place prédestinée.
David colore vigoureusement la grande esquisse de Moïse, et décrit en poète ce que le patriarche du Sinaï annonçait en révélateur. La mer mugit enchaînée dans ses limites, les sources s'infiltrent à travers les rochers, et vont sourdre dans les vallons pleins de fraîcheur et de verdure; mille formes d'animaux gracieuses et étranges, tout un peuple bigarré d'oiseaux animent la terre et le ciel, et renvoient de rochers en rochers la voix répétée de leurs cris et de leurs chansons ; l'homme enfin apparaît dans cette solitude, et y vient comme un maître. La terre obéit à son travail et lui donne le pain de la force, le vin de la joie et l'huile de la réjouissance. Le Liban fait chanter ses grands cèdres, dont les branches sont des cités pour les passereaux ; le cerf bondit h travers les sinuosités de la montagne, le hérisson se cache d ms les trous de la [)ierre, l'univers entier reconnaît son maître. Dieu assigne à la lune ses jours et ses heures, et montre au soleil la place où il doit se coucher h l'horizon. Il met les ténèbres dans le ciel, et la nuit est faite ; les bri;.;a ids des forêts j)assent dans l'ombre, hs lions avec leurs lionceaux rugissent leur prière et demandent leur ()Ature. Le joiir (/ni renaît les chasse dans leur tanièrtî, riiomiiie reparaît el conlinue ses conquêtes imr le travail depuis l(! matin jusqii'au soir. « Oh ! que vos (jjuvres sont grand(!s. Seigneur! s'éciic; [c. prophète exalté par le tableau rju'il vient d(i neindre. Vous ave/ t<uit fait avecsagesse, et la terre est comme un domaine que vous reiujjlisse/ de votre pouvoir ! Qu(; la mer est grande lorsqu'elle déploie» ses bras imniensr-s, le sein pi ujilé d'iiuiombrablcs poissons el silloiui'; par bîs vaisseaux! Là se nmllifilie et s'agite toute une création nouvfdle : c'est rem))ir(; du dragon (pii joue avec l'orgueil des vagu(!S. 'J'ous les êlres attendiiul de vous leur nourriture el la reeoivenl à riieur»! de leur besoin ; vous ouvrez la inairi, et ils Sf)nt combh-s de; bienlails. Si vous fb'touriK;/ vos icgards, tout se confondra, l.i vit; maïKpnna tout à coup, et les êtres vivants retombe, oui dans leur poussière! Mais laisse-/ érliapper un soulil(!, et voilà loiile une création nouvelle, la face do l/i terre est cbangéi! 1
« Que la gir)irc du Seigneur soil éternelle, el rpi'il Iri.Miijdie rlans sesfeuvresl II r<'gai'le la leire, el elle tremble ; il IoucIk; bl moiilagne.s el elles fument J
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PSAUMES
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« Ma vio cnticM-e sora un canticiue au Soigneur ; tout mon rire svn un hyuino .'i sa louange. Paisse ma parole lui nlaire I car il est toules mes délices... Que les pécheurs disparaissent île la terre et qu'ils ne soient plus !.. Mon Ame, bénis le Seigneur ! »
L'cnllionsiasmc est ici à son comhle : ce ne sont plus des phrases poétiques, ce sont des cris d'adoration , d'ailiniration et de prière. Quelle poésie a jamais approché de cellc-lh? Les puissances du ciel ont-elles pu, le jour où la création fut achevée, trouver un cantiaue plus sublime? Ne voit-on pas le temps eclore au sein de l'éternité, dont le cercle commence et se ferme, dans la pensée du prophète, par une bénédiction répétée par un vl>>»6! toujours nouveau et toujours le môme, |)ar un Alpha et un Omc'fjn de louange et d'amour ! N'avons-nous j)as tiaversé les fraîches vallées d'Eden? N'avonsnous pas assisté à la première aurore et entendu les innombrables concerts des solitudes du monde? Venez donc maintenant nous parler de Pindare et des coursiers d'Hiéron, de Ju|)iter et de son aigle qui s'endorment au son de la lyre ! Taisez-vous : écoutez les oiseaux qui cliantent, les cèdres qui murmurent connne les grandes eaux, la voix du premier homme «pii prie. Mais quoi ! déjîi les chants joveux ont cessé... Pounjuoi ces larmes, et quel est donc celui qui pleure ?
« Ayez i)ilié de moi, mon Dieu I selon votre immense miséricorde, et selon la grandeur de votre clémence ell'acez mon iniquité.
« Du j)rorond de l'abîme j'ai crié vers vous. Seigneur; Seigneur, entendez ma voix.
« Seigneur, ne me chi1ti(.>z pas dans votre fureur,"et ne me i)unissez [las dans votre colère.
« Je suis devenu malheureux, et je m'incline vers la mort... Mon cœur est troublé, raa force m'a abandonné, la lumière a délaissé mes yeux. Je suis connne um^ victin)c l)répirée aux coups de votre coièi-e, et la douleur assiste à cha([uc insîant de mes jours. »
Kst-ce David ou l'humanité tout entière (jui se lamente? Kst-ce le péihé du roi d'Israël ou le péolié d'Adam (jui coille tant de pleurs et di' soupirs ?
La race d'Adam est exilée, et la postérité de (la n 0|)priine les enfants d'Abel. « Pour- (pioi te glorilier dans ta malice, loi (pii es puissant en iiii(pnlé? I-nfants de Nenn-od, lace des géants, vous vous i)aitagezlalerre... Liscnsés ! Dieu dans le ciel vient de couronner roi éternel celui (jui doit sauver le monde !
« Lf Seigneur a dit à mon Maître : Assiodstoi h ma droite et attends ; car je donnerai pour escabeau à les pieds les superbes cpii le font la guerre.
« Je t'ai en'anlé avant l'aurore du premier jour : lu es 1 aîné de Lucifer, et il n'usurpera pas ton empire.
« Pourquoi les nations ont-elles frémi, et les peufiles ont-ils médité de vains conq)lols? Diuii regarde du haut du ciel ; il voit tous le» enfants des hommes ; le monarque ne se
s;\uvfr.\ point par si puissance, ni le géant pai- la grandeur de sa ff)r(e... ^■os chevaux no serviront pas pour la fuite. Dieu tient les eaux de la mer renfermées connne dans une outre, et cache l'abime dans les trésors de sa colère. Le déluge gronde déjà dans les profondeurs du ciel et de la terre. »
Kniin il éclate, et le psaume xvii nous en retrace l'elfrayant tableau (v. 8-17).
La terre s'est agitée et tremble : les fondements des montagnes ont tressailli et se ronnient ; les vapeurs montent comme d s coloimes de fumée devant le visage de Dieu, qui étincelle de foudres et d'éclairs ; la détonation des volcans annonce le cataclysme universel ; une pluie de feu se mèlè aux pierres calcinées et à la grêle. Le vengeur abaisse le ciel et descend, il presse sous ses pieds une nuit pleine de tempêtes, il s'environne des masses d'eau qui flottent dans l'air, et s'en fait une retraite d'où il lance les tlèches de son tonnerre. La terre montre h nu ses abîmes et les sources de ses neuves d'où l'eau se précipite comme le san^ç d'une artère blessée. La colère de Dieu agile en tout sens cette mer, et cependant il se penche encore pour chercher le dernier des justes; i-1 lui tend la main et le porte suspendu sur l'elfrayant abîme des eaux !
Mais le déluge est passé ; les princes de li terre se rassemblent : Astiterunt rcgrs terrœ^ et principes cunvenentnt in umim advcr.tns Domiiïum et adversits Clirislum cjus. La lour de Babel s'élève... Dieu sourit et se mo(pie d'eux : Qui habitat in cœlis irridcbil eos, et Dominas subsannahit eos.
« C'est moi, dit le Verbe éternel, que Dieu a fait roi sur la montagne sainte pour annoncer aux peu{)les sa volonté.
« Le Seigneur m'a dit : Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui au grand jour de l'éternité. Demande-moi la terre, et je t'en doiuierai toutes les nations pour héritage. » [Psat. II.)
A celle voix les Titans sedisnorsent, et la confusion de leurs langages n arrive mèn\u pas jusipi'à nos oreilles; mais voici Abraham (pii [)rie et fait entendre sur celte terre niauuilo une parole aimée du Seigneur.
( Psal. xxM. ) 0 C'est le Seigneur qui nio conduit, et rien ne pourra nu' mamiuer.
'< Il m'a établi au milieu des p.llurages. il m'a conduit aux sources (jui désaltèrent, il a tourné mon Ame vers lui seul...
« Quand je marcherais au milieu de l'ombre de la mort, je ne ciaindrais aucun mal, ô mon Dieu ! i)arce (pie vous êtes avec moi ! »
r>ientot David fait entendre les plaintes do J,)seph trahi par ses frères, et d'Israël dans la servitude; ce n'est ])lus un honnne, c'e-^l un ver d • terre ([u'on foule aux |)ieds, l'opprobre des hoiumos et l'al)jecli(jn de la pop\dai"e. « Que Dieu se lève donc, et (pie ses e;inemis soient dissipés ; ({uc ceux (pii \o liaissent di>paraisscnl devant sa face ( Psal.