‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 211 sur 233 · PROSPER M · texte numérisé non relu

PROSPER M

tait malheureusement entêté des tristes idées de Porl-Royal. V(n(i d'ailleurs le jtigement (pic porte de saint Pro->|(er l'auteur (pielqtK! peu janséniste d'un Dictionnaire des écrivains ecclésiastiques imprimé en 17G7 :

« Saint Prospi'r fut un illustre défenseur de la grAce, dans le V siècle. Quoiqu'il ne fût engagé dans aucun degré du ministère ecclésiasti(pie , il rendit h l'Eglise les plus importants services. La niédit.ition des livres saints et la lecture des écrits des saints Pères qui l'avaient |)récédé, faisaient ses délices. Il étudia surtout les livres (1(3 saint Augustin, et se les rendit tellement propres, (juc ce grand docteur n'eut [»oint de disciple plus hahile ni |)Ius fidèle que saint Prosper.

« Il était né au commencement du v* siècle, et vivait encore ci V63 ; mais on ignore en quelle année il mourut. Les écrits qui nous restent de saint Prosper sont , 1° une lettre h saint .\ugustin; 2" une <t Rutin ; 3" un poème contre les Ingrats ; i" deux épigraiTunes contre un censeur jaloux de la gloire de saint Augustin; 5° l'épilajihe des hérésies de Ncstorius et de Pelage ; G" Cint seize autres é()igrammes avec une préface ; 7" la réponse aux ohjections de Vincent ; 8" la réponse ;\ ceux de tiennes ; 9° le livre du libre Arbitre et de la GrAce contre le Collateur, c'es'.-h-dire Cassien ; 10" fe Commentaire sur les psaumes; 11" le recueil de 392 sentences tirées des ouvrages de saint Augustin ; 12" la Chronique , divisée en deux parties, dont la première tinit en 398 , et la seconde en 455. On a attrihué .^ saint Prosper plusi(!urs écrits qui ne sont pas de lui. Cet illustre déft>nseur de la grAce a réuni le rare talent d'écrire avec élégance en vers et en prose. Ses poésies ont de la douceur, de l'onction et du l'eu ; la diction en est pure et le tour aisé. S'il n'y a point répandu certains agréments, comme les jioi'tes profanes , c'est (]u'il ne cherchait qu'.^ défendre la vérité et h édifier, et non h plaire i)ar des saillies d'imagination ; sa matière , d'ailletirs , ne le permettait pas. Mais , (piehpie épineuse (ju'elle paraisse, il a su allirer son lecteur par la i)eauté d(; ses vers , [lar la force (h; ses expressions , par rél(^vation et la nohlesse do ses pensées. Ses ouvrages en prose sont d'un style concis, nerveux, nature;!, sans alfectation ni de termes ni de ligures. Dans l'un et l'autre gein'e d'('crire, il traite son sujet avec l>eauc()U|) d(> force et de netteté , songeant moins à orner son dis( ours qu'à le rendr»; utile. Son éhxpience est mAle ; elle a pour fondement des raisonnements très-forts et liien suivis, des expressions nohies, une érudition profonde dans les lettres divines et humaines, un excellent jugement et une p(''« iK'lralion d'esprit à la(pielle rien n'échappe. N(nis avons une traduction française, en vers el en [irose, du pficme de saint Pios|)er faite par le celèhre M. de Sacy. 11 est intitulé : Contre les ingrats. Le but de saint Prosper, en ( f)miiosant cet ouvrage, éiait uni(piement de répandre dans le C(eur des fidèles une sainte ardeur pour la vérité , el d'empêcher qu'ils ne fussent séduits par les ennemis de

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