‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 67 sur 233 · IG · texte numérisé non relu

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(lioux, chan^f^s on gi^monios, lo monde ri*gén(^rt^ par un mort, et lo supitlicii^ devenant le Dieu des rois qui l"ont fait mourir. Tel ost en abrég*^ le niagnitique symbole de la passion du Christ; telle est là grande histoire qui rattache ses souvenirs h la moindre petite croix de bois que le pauvre vient planter sur la tombe de sa mère.

Le drame commence au jardin des Olives : là le Sauveur du monde est seul accablé du f>oids de son sacrilice, (jue personne ne comprend encore; le genre humain sommeille comme les disciples amis de Jésus, et toutes les mauvaises passions veillent et conspirent

dans l'ombre avec Judas Jésus prie et

pleure, une sueur de sang couvre ses raemiires pâles et amaigris Il cherche autour de lui personne, et il retombe la

fa(;e contre terre. Il cherche ses apôtres, mais ils se sont endormis; il les éveille, et ils se rendorment; l'homme d'avenir est seul au monde .... quehpi'un le cherche cel>eiidant... voici la uunu" rouge des torches, n Judas le traître s'est glissé jusqu'auprès de son ami qu'U a vendu, et le livre par un baiser. Jésus lui pardonne et se livre; la résistance serait inutile, et le Christ ne veut

fias qu'il se perde une seule goutte de sang, ni qui veut épuiser le sien pour le salut du monde; il est traîné devant les prêtres qui étouffent sa voix calme et sainte par des cris d'anathème : car cette voix tourmente dans leur cœur les souvenirs d'une conscience qu'ils n'ont plus. Des valets répondent par des souftiets h ses raisons divines, et lorscjue lotîtes les voix de la haine s'unissent contre l(ji, la faiblesse de ses disciples l'épouvante, et il est renié par son ami.

Les prêtres le livrent aux grands et aux rois : Pilale le renvoie h Hérode, Hérodc le n)épiise, et ses courtisans le balfouent, revêtu des livrées de la folie, mais trouvé assez sage pour mériter la haine. On le traîne de nouveau devant le préfet du prétoire, qui, pour conq)laire h une po[)ulacc égarée, le fait déchirer de coups avant de l'avoir jugé. Ainsi toutes I(.'s passions, ennemies etitre elles, s'unissent contre la justice; Hérod(» el Pilote sont réconciliés par le crime, les {)rèlres trompent et ameutent la po[iulace qu'ils méprisent; Pilate rit du peuple et des prêtres, et leur livre le sang innocent; les satellites du pouvoir inaugur(Mit sur le Christ une sanglante, dérision de la royauté; on le couronne d"é|iines et ou lui donne, nu li«u do pourpre, des haillo-is, puis on 1(! frappe avec son sceptre dérisoire, <'l on \() montre au (»euple garrotté, déchiré, insulté, en disant : Voilà l hninmr!

Oui, vodà riionnne Id (pie le faisait l'anrion monde; mais ( et honnne va mourir pour ressusciter glorieux. Chargé du poids de sa croix, le Sauveur se traîne jusqu'au r,alvaire, et les seuls gémissements qui s'érhn[)pent de sa [)oitrine sont pour la triste Jénisnlem ; on arrive sur le (iolgolha, on le di'pouilli', onrélend,on le cloue.... Le marteau rttentil. le s.ing coide .... Un cri déchirjiJl lioil dts cilraillcs de la mère; Made-

leine, échevelée et abattue sur elle-même, regarde sans voir et lixe ses yeux sans

larmes sur une machine qu'on élève

Jean, le disciple bien-aimé, se couvre lo visage et soutient Marie.... Jésus est crucifié I

La vérité lutte contre la mort, et le soleil se couvre d'un voile de sang; l'univers semble languir avec Jésus , et le monde

s'emplit dépaisses ténèbres A travers

cette imit on entend une voix qui crie douloureusement dans l'angoisse de l'agonie : Mon Père, pardonnez-leur y car ils ne savent ce qu'ils font I

Jésus confie sa mère .'i Jean, le pro[)hèto de l'avenir ; il prie pour le larron repentant,

et lui promet le ciel Il se {)laint à Dieu

d'avoir été abandonné, car il eût voulu vivre encore pour se sacrifier plus longtemps. Il pousse un grand cri, comme un cri de guerre contre le péché qui le tue, puis, laissant retomber sa tête, il expire.

Alors un voile qui cachait la vérité aux hommes, le voile du temple se déchira, la terre trembla, une révolution universelle avait commencé; les morts ressuscitèrent touchés par le sang de Jésus, et l'on vit bientôt ceux mêmes qui avaient été les bourreaux du juste s'en retourner en se frappant la poitrine et en disant : Cet homme était l'raiment le Fils de Dieu!

C'est ainsi (pie doit lutter et triompher la justice, c'est ainsi que la raison et la sagesse doivent combattre la force brutale et triomj)her d'elle en succombant à ses violences. La vérité est née dans la crèche avec l'Enfant-Dieu; la liberté fuit avec lui devant le poig'iard d'Hérode; elle parle dans lo temple par la bouche (les enfants qui crient plus haut (pie les sophismos des docteurs ; l'amour fraternel change en un vin délicieux les eaux froides de l'égoïsme; il guérit toutes maladies de l'humanité et la convie <i un banquet divin et fraternel ; l'innocence est accusée, l'amitié est trahie, la raison est calomniée, la franchise est souflletée, la vertu est flagellée , la royauté de la vertu est couronriée d'épines, et baffouéc par la royauté usurpée de l'orgueil; le faible est chargé do la croix qu'on devait réserver au coupable, et la Divinité meurt pour avoir le droit de détruire la vengeance, les supplices et la mort; car riiomme que les rois condamnent se montre Dieu en leur ('ttant le l)restige de leurs diadèmes el en leur pardonnant pour qu'ils aspirent à devenir aussi des hommes.

P(Mi[)le. ne renverse plus les croix cpii te ra|>pellent cetre croix où le Christ a vaincu;

celle du Christ est ton (ro[)héo Mais

prends garde de crucilier ton Sauveur une seconde fois! car tu ferais encore de la croix l'instrument de ceux (jui te trahissent. Mérite d'avoir un Dieu, en n'ayant plus besoin de maîtres parmi les hommes : car le Christ a dit (pie nous ne devons avoir un maître rpie dans le ciel, et c'est nour(pioi l(>s prêtres loit fait mourir : car ils l'arcusaicnt dans

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leur rage, de conspirer contre Césarl.... Qu'est-ce donc que César devant Dicul

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