‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 75 sur 233 · FAL'ST · texte numérisé non relu

FAL'ST

FAIST

siez votre promesse ; et entends bien mes

rin tlimi s :

As-lu iHé, ainsi quoi ?

Tout Itieii te sera sans émoi.

As-tii cela, tiens-le bien, Le niallieur vient en un rien.

Partant, tais-toi, souflreet accorde, Nul ton malheur plaint ni recorde.

C'est ta honte, et de Dieu l'oflense.

Ton mal court toujours sans dépense.

Partant, mon Faust, il n'est pas bon de manger avec de grands seigneurs et avec le diable, des cerises, car il vous en jette les noyaux au visage, comme tu vois maintenant ; c'est pourquoi il te faut tenir loin de là. Tu eusses été assez loin de lui, mais ta superbe impétuosité l'a frappé ; tu as un art que ton Dieu t'a donn '•, tu l'as méprisé, et ne l'as pas rendu utile ; mais tu as appelé le diable au log4s, et vous êtes convenu avec lui pour vingt-quatre ans, jusqueaujourd'hui. Il t'a été tout d'or, ce que l'Esprit t'a dit : Partant, le diable t'a mis une sonnette au col comme à un chat. Vois-tu ? tu as été une très-belle créature dès ta naissance ; mais tout ainsi au'un homme |)orte une rose en sa main, elle est passée et écoulée ; il n'en demeure rien ; tu as mangé tout ton pain, tu peux biea chanter la chansonnette ; lu es venu jusqu'aii jour du carôme-prenant, lu seras bientôt à PAtpies. Toui ce que tu ai>pelles à i»^n aide ne sera p.is sans occasion ; une saucisse lôtie a deux bonis. Du diable il ne peut rien venir de bo'i ; lu as eii un mauvais métier et nature, pourtant la naiure ne laisse jamais la nature; ainsi un chai ne laisse jamais la souris. L'aigre principalement fait l'auierlume. Pendant que la cuiller est neuve, il en faut user à la cuisine ; a[>rès quand elle est vieille, le cuisinier la jette, d'autant que ce n'est plus que fer. N'est-il pas ainsi de toi?Nes-lu pas un vrai i)ot neuf, et une cuiller neuve pour le diable ? Maintenant il ne test ftoint nécessaire que le march.ind t'a|»prenne h vendre. En après, n'as-tu pas sudisamment f;iit enteniirc, [>ar ta f)réface, que Dieii t'a abandonné? De plus, mon Fausl , n'as-lu f)as abusé par une témérité grande, qu'en toutes les alfaires et en ton dé().irtem' ni tn l'es a()|)('lé l'ami du di.ible? Tu as voulu èlre a(»()<'lé le m.iilrt; Jean en tous ho'irgs ou villages; ainsi pourrait Aire un homme fou, de vouloir jouer avec les pois au l.iil ; quicon'pje veut hefiucouj) aroir aura tV*rt ()eu. Fais mainlenant celle mienne doelrine entrer dedans ton ca;ur; et mon enseignement, lerjuel tuas [lossible oublié, c'est que tu n'.'ivais [)as hi»în connu (pii est le diable, d'autant »piil est le singe (io Dieu. Aussi e«it-il un menteur et mr;urlrij;r, et la moquerie a|)[)Orte diiraiiie. Oh !si vous eussiez eu Dieu devnnt les yeux 1 mais lu t'es laissé aller. Après drjuc (lue le difible- eut assez chanté ces choses .'i Faust, il dis|i,i- Pit incofilinerjl, et rendit le docteur tout mélancolique et troublé.

La 'larrinaiion.

I^-s vingt- quatre ans du docteur Fausl

étaient terminés, quand en la dernière semaine l'Esprit lui apparut. Il le somma sur son écrit et promesse, qu'il lui mît devant les yeux, et lui dit que le diable, la seconde nuit d'après, lui eir.porterait sa i)ersonne, et qu'il en fût aveiti.

Le docteur Faust, tout efifrayé , se lamenta et pleura toute la nuit. Mais son esprit lui ayant apparu, lut dit : iMdn ami, ne sois point de si petit courage : si tu {)erds ton corps, il n'y a pas loin d'ici jusqu'à ce qu'on te fasse jugement. Néanmoins tu mourras à la fin, quand même tu vivrais cent ans : Les Turcs, les Juifs, et lesempereurs qui ne sont pas chrétiens, mourront aussi, et pourront être en pareille damnation. Ne sais-tu pas bien encore qu'il t'est ordonné ? Sois de bon courage, ne falllige pas tant, si le diable t'a ainsi appelé, il te veut donner une âme et un corps de substance spirituelle, et tu n'endureras pas comme les damnés. Il lui donna de semblables consolations, fausses cependant et contraires à l'Ecriture Sainte. Le docteur Faust, qui ne savait pas comment payer autrement sa promesse qu'avec sa peau, alla, le jour susdit que rEsjtrit lui avait prédit que le diahle l'enlèveiait, trouver ses plus lldèles compagnons, maîtres bacheliers et autres étudiants, lesquels l'avaient souvent cherché ; il les pria qu'ils voulussent venir avec lui au village de Uomlique, situé à une demi-lieue de Wittenberg, pour s'y aller promener, et puis après prendre un souper avec lui, ce qu'ils lui accordèrent. Ils allèrent là ensemble, et y prenaient un déjeuner assez ain[»le, avec beaucoup de préparatifs som|ilueux et superllus, tant en viandes qu'en vin (jue l'hùle leur présenta ; et le docteur Faust se tint avec eux forl plaisamment ; mais ce n'était pas do bon coîur. 11 les pria encore derechef (pi'il.s voulussent avoir agréable d'ètrcî avec lui, et souper avec lui au soir, et (pi'ils demeurassent avec lui toul(! la nuit, (pi'il avait à letir dire clios(; d'iiii()ortance; ils le lui promirent et f)rirenl encore un souper. Comme donc le vin du soiifter fui servi, le do"4cur Faust contenta I'IkMc, et pria les éludianl.s qu'ils voulussent aller avec lui, en un autre; poêle, et (pi'il avait là cpielipic chose à leur dire. (Jela fut fait, et le docteur Fausl parla à eux de la sorte.

Mes amis lidèles et du tout aimés du S(!igneiir, la rais(jn pourquoi je vous ni appelles est <jue je vous e(jiiriais depuis longtemps et que vous m'avez vu trailer (]•• beaucoup d'cîxpériments et iiicantalions, lescpuîls Icju- Itd'ois tn; sont piovenus d'ailleurs cpie du (baille, à laquelle volupté diabolitpie rien ne m'a attiré «pie les mauvaisits compagnies rpii m'ont ciieonveiiu, r;t lellem<'iit (pie je me suis obligé au diahle; à savoir, au dirdans d(î viiigl-(piatr(; ans, tant c-n corps (pj'en flme. Maiiil(!iianl ces vingl-(pialr(! ans-la sont h leur lin jusrpi.i cette nuit proprement, et voici à présent, l'Injure m'esl présentée devant les yeux, (pie ]('. serai emporlé : car bj temps est achevé d ■ sa course ; et il me doit enlever celte nuit, d'autant que je lui ai

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FAUST

oblig(^ mon corps el mon Ame, si sûrement que c'rst îiver mon propre sang.

Fiiialemont, et pour «conclusion, la prière iTmiable (pie je vous fais est ipie vous vouliez vous mettre au lit et dormir en repos, el ne vous mette/, pas en pei'ie si vous entendez «(iiehiuc hruit à la maison, ne vous levez point du lit, car il i:e vous arrivera aucun mal ; el je vous prie, (piand vous aurez trouvé mou corps, (pie vous le fassioz jueltre en terre ; car je meurs comme un bon ciiré.ien, et comme un mauvais tout ensemble : comme un bon clirélicMi, d'autant que j'ai «une vive repenlance dans mon cœur, avec un grand regret et douleur ; je prie Dieu de me faire grAcc, atin que mon Ame puisstî (^tie délivrée. Je meurs aussi comme un mauvais chrétien, d'autant que je veux l)ien (jue le diable ait mon cor()s, (pie je lui laisse volontiers, et que s(Miiemenl il me laisse avec mon Ame en paix. Sur cela, je. vous prie que vous vouliez vous nuîtlre au lit, el je vous désire et souhaite la bonne nuit ; mais «i moi, elle sera pénible, mauvaise et épouvantable.

Le docteur Faust lit cette déclaration «Tvec une adection cordiale, avec la(}uelle il ne se moiiti'ait |)oint autrement être atUigé, ni étonné, ni abaissé de courage. Mais les étudiants étaient bien sur|)ris de ce qu'il avait été si dévoyé, et que pour une science trompeuse, remplie d'impostures et d'illusions, il se fût ainsi mis en danger de s'être donné au diable en corps cl en Ame ; cela les alllig(,'ail beau(30ap, car ils l'aimaient tendrement. Ils lui dirent : Ah! monsieur Faust, où vous êtes-vous réduit, que vous ayez si longtemps tenu cela en secret , sans en rien dire, et ne nous ayez point révélé plus t(M cette triste alf.iire? Nous vous eussions délivré de la tyrannie du diable par le moyen des bons théologiens. Mais maintenant c'est une diffamie et une chose hontcus(! .\ votre cor|)S et à votre Auic. Le docteur Faust leur ré- |)ondit : 11 ne m'a élé nullement loisibhî de ce faire, (}uoi(iue j'en aie eu souvent la volonté. CoDime Ià-d(îssus un voisin m'avaii averti, j'eusse suivi sa doctrine, pour nu; retirer de telles illusions et me convertir ; niais alors (lue j'avais fort bien la volonté de le faire, le diable vi»it(pii lur. voulut en- .ever, comme il fera celle nuit, et me dit (pi'aussiUU (|ue je voudrais entreprendre de me convertir h Dieu, il m'emporterait avec soi dans l'abime des ciif(MS.

Comme donc ils «;nlendirent cela du docleur Faust, ils lui dirent : Puisque maintenant il n'y a [)as moyen de vous garantir, invo(iu<'Z Dieu, el le priez (pie, pour l'amour de son cher lils Jésus-Christ, il vous pardonne, et dites : Ah! mon Dieu ! soyez miséricordieux h moi, [lauvie pécheur, et ne venez |toint en jugement contre moi ; carje no puis pas subsi>UM- devant vous, el combien qu'il me faille laisser mon cor()S au diable, veuillez néanmoins garantir mon âme : s'il plaît h Dieu, il vous garantira. Il leur dit (|u'il voulait bien [)rier Dieu, el qu'il ne voulait pas so laisser aller comme Gain,

lequel dit que ses péchés étaient trop énormes pour en pouvor obtenir pardon. Il leur récita aussi connue il avait fait ordonnance par écrit do sa fosse pour son enterrement. Ces étudiants et bons seigneurs donnèrent le signe de la croix sur Faust pour se départir, pleurèrent et s'en allèrent l'un après l'autre.

Mais le docteur Faust demeura au poêle, et comme les étudiants s'allaient mettre au lit, pas un ne put dormir; car ils voulaient entendre l'issue. Mais, entre douze et une heure de nuit, il vint dans la maison un grand vent tempétueux qui rél)ranla dotons côtés, comme s'il eût voulu la faire sauter en l'air, la renverser et la détruire enlièrement : c'est pour(]uoi les étudiants pensèrent être perdus, saufèretU hors de leurs lits, -et se consolaient l'un l'autre, se disant qu'ils ne sortissent point de la chambre. L''i(jte s'encourut avec tous ses domestiques en une autre maison. Les étudiants qui reposaient auprès du poêle, où était le docteur F'aust, y entendirent des siflîemenls horribles et des hurlements épouvantables , comme si la maison eût été toute pleine do ser[)ents, couleuvres, et autres bêtes vilaines et sales : tout cela était entré par la porto du docteur Faust dans le f)oêle. Il se leva

Eour crier h l'aide et au meurtre, mais avec ien de la peine et h demi-voix ; et un mo ment après on ne l'entendit plus. Comme donc il fut jour, et (pie les étudiants, qui n'avaient [)oint dormi toute la nuit, furent entrés dans le |)oêle, où était le docteur Faust, ils ne le trouvèrent plus, el ne virent rien, sinon le poêle tout |)lein de sang répandu : le cerveau s'était attaché aux murailles, d'aulanl (pie le diable l'avait jeté de l'un à l'autre. Il y avait Ih aussi ses yeux et quehiues dents, ce (lui était un spectacle abominable et etfroya()le. Lors les étudiants commencèrent à se lamenter et à pleurer, et le cherchèrent d'un côté el d'autre. A la hn ils trouvèrent son corps gisant hors du poêle, ce qui était triste à voir ; car le diable lui avail écrasé la tôle et cassé lousies os.

Les susdits maîtres et étudiants, après (pie Faust fut ainsi mort, demeurèrent aupr(\s de lui jus(prà ce (^u'on l'eût enterré au même lieu ; après, ils s en retourivèrent à Witleiiberg, el allèrent en la maison du doct»nir Faust, où ils trouvèrent son serviteur Wagner, (pii se trouvait fort mal, h cause de son maître. Ils trouvèrent aussi riùsloire de Faust touttî dressée et décrite par lui-même, comme il a élé réciié ci-devant, mais sans la tin, laipielle a élé ajoulée des maîtres el étudiants. Semblablemcnt au même jour, Hélène enchantée avec son lils d'enchaiilemenl ne furent plus trouvés depuis, mais s'évanouiretU avec lui. Il y eut aussi, puis après dans sa maison, une telle inquiétude, (pie persoiuie depuis n'y a pu haoïter. Fausi apparut à son serviteur Wagner. en(M>n» plein de vie, en la même nuit, cl lui déclara beaucoup de choses secrètes. Kt même on l'a vu encore depuis paraître à

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la fenêtre, qui jouait avec quiconque y fût aUé.

Ainsi finit toute l'histoire de Faust, qui est pour instruire tout bon chrétien, principalement ceux qui son* d'une tête et d'un sens capricieux, superbe, fou et téméraire, à craindre Dieu et à fuir tous les enchantements et tous les charmes du diable, comme Dieu a commandé bien expressément, et non pas d'appeler le diable chez eux et lui donner consentement, comme Faust a fait; car ceci nous est un exemple effroyable. Et tâchons continuellement d'avoir en horreur telles choses et d'aimer Dieu surtout; élevons nos yeux vers lui, adorons-le et chérissons-le de tout notre cœur, de toute notre âme et de toutes nos forces : et à l'opposite, renonçons au diable et à tout ce qui en dé-

Eend; et qu'ainsi nous soyons finalement ienheureux avec Notre-Seigneur. Amen. Je souhaite cela à un chacun du profond de mon cœur. Ainsi soit-il.

Soyez vigilants, et prenez garde; car votre adversaire le diable va autour de vous, comme un lion bruyant, et cherche qui il dévorera : auquel résistez, fermes en la foi. Amen.

Cette légende, comme on le voit, n'offre aucune donnée qui se rattache à l'invention de l'imprimerie dont Faust partage l'honneur avec Guttemberg et Schœlfer : nous avons choisi la plus curieuse; mais un grand nombre d'autres constatent ce détail et supfiosent que Faust s'était donné au diable pour réparci sa fortune, perdue dans les essais de jon invention. Le plus ancien auteur qui ait [»arlé de ces documents, Conrad Durieux, (•ense que ces légendes ont été fabri(piées fiar des moines irrités de la découverte de Johann Fuxt ou Faust, qui leur enlevait les utiles fonctions de copistes de manuscrits. Klinger, l'auteur allemand du livre remarquable intitulé les Aventures de Faust, et sa descente aux enfers, a admis cette V(;rsion.

Cependant «i î.ei[)sik, où l'on voit encore la cave de Wiurrharh, illustrée par le souvenir de Faust eld<; .Méphisloi)hé]és (cfurune on le verra dans la pif^'cc], les |ieintures anciennes conservées dans l;:s arcs des voût<!S et qui vienn<'ril d'étrt; restaurées, portrait la date de l.'i2;i, et luivr-nlio') de l'iinuriiuerie (laie environ de IVVO; il faudrait donc admettre, ou fpi'il a existé deux Faust dillérents, ourpje Faust était Irés-vieux lorsqu'il fil un ((.icte avec le diable; vc (jui rentrerait du rostr;, dans la suipositirtn qu'a faite (io<*lhe, fpj'il invoqui! le diable |tour se rajeunir.

Suivant l'opinion la [dus accréditée, Faust naquit i\ Mayenec où il conuncnf.a |»ar Atre orfèvre. l'Iusieurs villes, du reste, se dis(»uleut riiotuir;ur rie, lui avr»ir dr»nrjé naissancr; »;l COriservr;fil rlr-s ol<jr-ls rpjrj sr<ri srjijvenir renrj préeirMJX ; Francfirt, Ir; pn^irurrr livrr; qu'il a im[>rinjé ; Mayericr; , sa prrMnir'irr; presse. Onrnontrr; aussi, a WiHeuiber;.?, rlr-iix luaivtriH rpii lui ont ap|iailr-iiu r;t rpj'il lé^na h »o I rlineiplr; Wa^rir-r. I/hi»toir(! du vieux l)u.H'.i\y. (Il \.n ii ini\ ui cihikt.

Paris conserve aussi des souvenirs de Faust,

3ui vint apporter à Louis XI un exemplaire e la première Bible, et qui, accusé de magie, à cause de son invention même, parvint h se soustraire au bûcher, ce que l'on attribua, comme toujours, à l'intervention du diable.

« L'histoire de Faust, populaire tant en Angleterre qu'en Allemagne, et connue même en France depuis longtemps, comme on peut le voir par la légende, a inspiré un grand nombre d'auteurs de différentes époques. L'œuvre la plus remarq uable (lui ait paru sur ce sujet, avant celle de Goethe, est un Faust du poëte anglais Marlowe, joué en 1589, et qui n'est dépourvu ni d'intérêt ni de valeur poétique. La lutte du bien et du mal dans une haute intelligence est une des grandes idées du xvi' siècle, et aussi du nôtre; seulement la forme de l'œuvre et le sens du raisonnement diffèrent, comme on peut le croire, et les deux Faust de Marlowe et de Goethe formeraient sous ce rapport un contraste intéressant à étudier. On sent dans l'un le mouvement des idées qui signalaient la naissance de la réforme; dans l'autre, la réaction religieuse et philosophique qui l'a suivie et laissée en arrière. Chez l'auteur anglais, l'idée n'est ni indépendante de la religion, ni indépendante des nouveaux princi|)es qui l'attaquent ; le poëte est à demi cnvelo|)pé encore dans les liens de l'orthodoxie chrétienne, à demi disposée les ronij)re. Goi'lhe, au contraire, n'a |)lus de préjugés à vaincre, ni de progrès philosophiques à prévoir. La religion a accom[)li soa cercle, et l'a fermé; la pliilosof)hiea accconipli de même et fermé le sien. Le doute qui en résulte pour le penseur n'est plus une lutte h soutenir, mais un choix .h f^iire; et si rpjclque symi)athie le décide h la fin pour la religion, on [)eut dire que son ciioix a éli; libre et (pi'il avait clairement apprécié les deux côtés de cette superbe (juestion.

« La négation religieuse qui s'est formulée en dernier lirMi cIkv. nous [)ar Voltaire, et chez les Anglais par Hyrr)'i, a trouvé dans (lrj('the un arbitre plutôt ([u'un adversaire. Suivant dans ses ouvrages les progrès ou du moins la dernière Iransformatirju de la |»hilosr)plii(' de sr^n pays, c(! poète a rionné .^ tous li's priiieipr-s enluite unesr)lution complètr;, rpi'ot! |ieut iir; pas aceeplr-r, mais dont il r-st iiiipr)ssible <]e nier la lr>gi(pie savante rt parfaite. Ce n'rvst ni île l'écleclisme ni de la i'usion ; l'antirpiité cl le. moyen Agr; sr; driiinent la [iiain sans sr; ronfonrlrr;, la matière r-t l'r-spi itse réconcilient r-t s'admirent; vAi rjiii (vsl dér.hu s<! re'èvr; ; (•(; (pii (!st faussé se rerlrrissr; : le mauvais principe lui-même se fr»nr| dans l'univr.'rsr'l amour. C'(!St le panthéisme mrxiruiie : Dir;u rist dans lr)ut. »

Cettr; appré(iatir)ii du Faust dr; (ior;llie est rlr; M. (îéiard dr; Nerval. M.iis ici la voix populairr; aura eneore raison r:r)nire un homme rie sr;ienr;r! (-t d'r-spril. Fil praliipie h; p.inllii''iHmr> déiruit Dir.'ii, puisipi'il roidoiid h'S nr)lioris rli; bien et du niai et ané.uil il la morale : r)r, si h'S nolions fondaiiieiilalr's de la

.•kns

FFNELON

FICTION

niornio rcf osent sur collo de Dieu, on pont ■ tire aussi que réci[)roquornent \"ul6v de iMeu est fondée sur les noiions morales, dont elle est la règle et rabstraction vivantes. T.e panthéisme spéculatif est donc l'athéisme pratique, et l'athéisme [)ratiqne doit conduire bientôt à l'athéisme spéculatif. La voix publique a donc raison lorsqu'elle accuse fioëlhe d'avoir été athée : car on nie tout aussi bien Dieu en voulant ajouter rju'en roulant retrancher (pielque chose à son être; dire ;)/i/,<! de l'infini, c'est nécessairement en dire moins, et ajouter seulement un au nombre ur)iversel, c'est retrancher tout. Voilà ce ([ue fait le panthéisme.

Mais nous n'avons pas h donner ici des reuves de notre opinion sur Goi'the, dont e drame n'appartient h la littérature religieuse que par ses emnrunts h la légende et par son magnififiue début, que nous avons rapporté aill'urs, et qui est imité de? plus belles pages du livre (Je Job.

FÉNELON. — Fénelon, qu'on pourrait appeler le Platon du christianisme, est célèbre, surtout en littérature, [)arson beau roman poétique de Télémaqicp, si mal h propos ridiculisé de nos jours h cause même de son excessive popularité. Mais le rc/</wa</u(?n'appartieiit pas à la littérature spéciale dont nous avons à nous occuper. Fénelon, comme écrivain, appartient à la philosophie beaucoup plus qu'à »a religion. Son Traité de l'existence de Dieu, celui de l'Education des filles, son Histoire des philosophes, ses Contes et ses Fables .sont des livres purement philosophiques et littéraires; mais on peut dire qu'ils contiennent la plas saine philosophie et les modèles littéraires les plus irréprochables qu'on puisse rechercher pour l'éducation de la jeunesse.

Fénelon avait autant d'esprit et de talent qu'il est possible d'en concevoir, et il réunissait la piété d'un ange à toutes les vertus d'un sage et h toutes les élégances d'un écrivain digne des plus beaux siècles; mais il était loin de pouvoir opposer au génie de Kossuet un génie aussi ennnemmeiit ecclésiastique et aussi vigoureusement créateur dans l'ordre des beautés (pii a|)[iailienneiit exclusivement à la littérature chrétienne. On trouve entre ses œuvres spirituelles et celles du grand évè(pi(î deMeaux la même ditférence (ju'on peut remanpK-r entr(> Apol- Joîiius, par exemple, l'auteur du correct et élégant [)nëme des Araonau'.rs , et le vieil Homère, qui sommeille (pielcpielbis, mais dont le réveil est toujours si lunnneux et si magniti(pie. Fénelon sera toujours cher aux femmes spiritiM,'lles ; llossuct (!st le (hx'teur des hommes (1(î génie; l'un est d'utuMualtéi rablc douceur et d'une grAce peut-être un peu itionotono, l'autre est plus ii»égfl), parce qu'il s'élère souvent plus haut. On riîprocherait presque h Fénelon d'avoir un i)eu la coquetterie du talent, et à Bossuet de mal dissimuler la rudesse du génie. C"est dans leur controverse surtout (jue ces deux illustres rivaux se montrent dans toute la diversité do leur caraclèro. Fénelon a plus de patience, Bossuet

plus diiupétuosité, et les violences mêmes decedcrnieronlune apparence de franchise nui échappe peut-être à notre appréciation dans la défense toujours mesurée et toujours prudente de son rival. Fénelon esl l'Athénien de la controverse, Bossuet a de* brusqueries de Sjjartiate, et semble être dans son tort, parce qu'il sait moins se contenir. Kn lisant Fénelon, il est impossible de ne pas aimer l'auteur de ces pages si douces et si sages; en méditant Bossuet, on est transporté de l'enthousiasme de la vérité, et l'on aime la religion qui peut inspirer d'aussi ;tdmirables choses. Aussi Fénelon est-il également vanté par les ennemis de la religion et Kar ses amis, tandis que la réputation de ossuet est plus franche et plus exclusive. Enfin, l'un semble avoir été catholique par philosophie, tandis que l'autre n'était tout ce qu'il était , et philosophe con»mo autre chose, que par principe de catholicisme et sous la garantie de la foi. Nous exprimons d'ailleurs ici notre sentiment sans juger entre ces deux gloires de l'Eglise, et nous ne prétendons préférer à l'autre aucun de ces deux prélats également illustres, l'un par sa soumission, l'autre par son zèle à défendre la vérité. Bossuet et Fénelon honorent également le siècle de Louis XIV, et si nous croyons devoir donner ici un avantage à Bossuet, c'est uniquement au point de vue du sujet de notre Dictionnaire, et par rapport à la dilférente intluenco de ces Jeux écrivains sur la littérature chrétienne.

FICTION. — Fiction, en littérature et surtout en poésie, n'est pas le synonyme do mensonge. Fiction veut dire création , du verbe latin ^n^rre, -faire. Les beaux-arts ne subsistent que par la fiction. Tous les tableaux historiques sont des liclions (juant à la mise en scène du fait représenté et quant à la disposition des personnages, laissée au libre arlùire du peintre. Il en est de même bien souvent des récils de l'histoire : on sait le mot de Vertot : Mon siège est fait. L'art de la fiction consiste» h donner aux choses vraies leurs apparences probables. ImI fiction est recommandée même |)ar les maîtres de la vie spirituelle, qui, dans leurs uK-thodes d'oraison, conseillent de faire mentalement la cofjstruction du lieu et de se représtmler le plus vivement possil>le , soit la crèche , soit le Calvaire, soit toutaiilre lieu sanctifié par ra(Com|>lissement des m\ stères, et de se représenter la seène comme si elle se passait sous nos yeux. On com|)r(>nd cpuN dans une représentation pareille, les accessoires ne jieuvent être une des fictions plus ou moins imaginaires. Celte j)uissance créatrice, qui pernïel à l'imagination de suppléer aux formes qtie l'intelligence ignore, est de l'essence de la [toésie, et c'est pourquoi la poésie, qui est une sorte de divination, était regardéi^ par les anciens comme ayant (juehiue chose de divin. {Voy. Vov.siv..)

Dans la poésie religieuse, l'immobilité de la loi doit toujours servir de règle à la fiction et la contenir dans de justes bornes. On peut distinguer trois sortes de Uclious;

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FICTION

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la Qction simple et autorisée , la fiction hardie ou douteuse , et la fiction téméraire ou blâmable. La fiction simple, et qui est autorisée par les exemples de tous les poètes sacrés, consiste dans la supposition des circonstances et des discours probables , dans la personnification des êtres métaphysiques, et dans les descriptions du monde surnaturel. Les fictions hardies sont celles qui sortent de l'usage reçu, et qui supposent des choses nouvelles "et inouïes dont on peut tout au moins contester la possibilité même poétique. Enfin, la fiction téméraire est celle qui suppose des choses directement contraire« aux vérités reçues et aux dogmes éternel.ement établis , comme , par exemple , quand Alexandre Soumet suppose, dans sa Divine Epopée, que Noire-Seigneur descend aux enfers pour y être crucifié une seconde fois, afin de sauver les damnés, et qu'il sauve en effet tous les habitants de l'enfer, y compris l'Antéchrist et Satan lui-même.

L'avantage de la fiction, en poésie, est de suppléer facilement et vivement à des dissertations métaphysiques et arides. Ainsi , j)ar exemple, dans une fiction que nous allons citer, l'auleur a voulu prouver que la vraie liberté est le prix de l'obéissance , et que l'orgueil , par sa révolte , ne pourra jamais conquérir que la servitude, et voici par quelle fiction il arrive à son but:

La chute de Lucifer.

Comme «Ile apparut grande aax yeux ravis des anges La sainte LiJ>erté, reine de leurs phalanges, Lorsqil'ouvrant ses deux bras dans un ciel c;ilinc et

[pur, {)ieu la laissa sortir de son manteau d'azur! ÏMeinede majesté dans sa grâce immortelle, Elle marchait ri;mie, immacuh-e et belle. Dieu dit : Voici ma fille ; au plus humble de vous Je la donne aujourd'hui pour qu'il en s^)it l'cpouK. Car il faut â ma (ille une chaste alliance, Kt si d'un fol amour la coupable espérance Lui donne, au lieu d époux, un téméraire amant. L'ingrat n'aura choisi qu'un éternel tourment. Comprenez sa pudeur en la voyant si belle. Quel est cdui de vous qui se croit digne d'elle? CJu'ii parle, car le ciel et l'abime infini Aujourd'hui I*; verront triomphant ou puni'

Ainsi parla le père, et la viertre mystique Au milieu des neuf chœurs du concert angélique, i'xtuiutc une lianeée attendant son époux, liaiisail modestement s<;s yeux chast<;s et duix.

0[M-ndant f.ucifer, l'ange h; plus sublime, ll'uM regarri scrulal'iir livail (l(j:i l'aliliiie. IK; l;i (lamnaiion viridarit la piolundeur. Il crut y voir descendre ime rtmbre de grand- ni. S*»n omI vertigineux, qui feint dAtre pusible. S'est relevé plus sombre; et, le front inqia»»ibl.-, Il AfMirit, il s av;in< e, et d un gest<r de roi, l'rrnaiil sa jeune reine, il (rie : Klhr esta moi! l'uis, comme eu déliant l)ieu même rie l'abs/imlre, Il »'cl;inee avec elle aussi prompt que hi foudre. Il fuit, d vole, il lomb*; !... et I aidnie béani Srmieve autour de lui les ipeelres <lii ne.mt : S^in diadème d'or traîne d.ins la nuit Hotnbn; I>es itillons liirriiniiu qui m; perdent dans Irunbre . Kt comme des vdeils déLirhés, ses regards Attirent en fuyani miebpies globes ('-pars, he l;i crénlion derniers giains de poussière, V«'agili mi faible souille lU seuil de l.i lumieic

Mais sa main les ccaric ; il ne veut qive la nuit. Il croirait que du ciel la clarté le poursuit-, Il faut la nuit immense aux tourments de sa joie, Il cherche un infini pour y cacher sa proie. Son rêve, son bonheur, sa transfuge des cieux. L'objet de ses désirs enfin victorieux, 11 la tient, il la presse, il la cache, il l'entraîne Avec des cris d'amour, de triomphe et de haine! A travers la tempête et le chaos grondant La couvant de son ombre et de son souffle ardent, Plus loin, toujours plus loin dans ses bras il l'em-

[porte.

Enfin, quand il s'arrête, il regarde... — Elle est morte. Alors, d'un rire affreux attristant l'infini. Je suis trompé, dit-il, je ne suis pas puni. Eh bien ! puisque son tour le ciel me l'a ravie. Seul et malgré le ciel je lui rendrai la vie ! Les humains le verront, ce fantôme adoré. Leur sang ranimera son front décoloré ; Les mondes, secondant ma révolte agrandie, Réchaufferont son cœur par leur vaste incendie. Tu ressusciteras. Liberté, Liberté!

Pour faire un nouveau ciel du chaos révolté. Moi, pour te réveiller cl te rendre enfin mère. J'irai jusqu'à Dieu même arracher son tonnerre.

C'est ainsi que de haine et de rébellions S'arma l'ange irrité des révolutions.

Qui promène depuis sur la terre fumante Le corps toujours glacé d'une impossible amante. Aux tremblantes lueurs de l'infernal flambeau, Pâle et sans mouvement, ce cadavre est si beau , Que l'univers entier, dans son délire, envie La gloire de mourir pour lui rendre la vie.

0 peuple, 6 Lucifer! ton bras est impuissant. Egaré par la haine et souillé dans le sang! Ton épouse vivra quand, déposant les armes. Dans tes yeux attendris tu sentiras des larmes; Ton épouse vivra lorsque, libre en tout lieu, Tu seras assez grami pour te soumettre à Dieu; Et si jamais au ciel, entre le père et l'ange. Le pardon ne doit faire un ineffable échange Toi du moins, pauvre peuple enfin ressuscité. Tu reverras au ciel vivre la Liberté!

Les pensées philosophiques cl chrétienne» de ce morceau sont assez clairement indiquées par la fiction même, {tour qu'il ne soit pas nécessaire de les expliquer davantage.

Cottf! fiction de l'angn rebelh; enlevant la Liberté qu'il nest pas digne de recevoir des mains de Diiii, l'élouiraut dans ses bras et incendiant le. monde sans pouvoir la ressusciter, [larce qu'elle ne peut vivre (pu; d'un souille du eélesU; amour, n'a rien, malgré sn grandeur, rpii ne; soit sim[)|(» (il autorisé tant par les données da la loi ipie par les exein- [)les des grands poêles.

Voici maitit(Mianl nue fiction d'un autre ordre, <pie nous ipialilierons de fiction hardie, [larce (pi'elle suppost; ce rpie Dieu lient caclié à la sciiiiice iium.iine et n'a p;is inêinu révélé h la foi, (;'ost-ii-dir(! la secr(!t de |,i plu ralilé des inondes habités et de; la dispensatioti du salut h leur égard.

Lu communion dcx monden.

Que la ri;dem|nion s'é-tende ii Ions les mondes (.on vies par le Verbe it ses ci.irles lecond(;s. Kl qu'un Sauveur nniipie et multiple à l:i fois l'arlage aii\ iiniverh sa présence et ses loi» ; Qu'il revi\(t incarne tjaiis toute la nature. i'iHir (ilTrir le saint ii loiile, creatiiie, Ksi ce dont un mirai le impossible .'t ce hit-ii

Fir.TlON

FICTION

SCO

Qiit> I lioslic il 1.1 fois mnltiplio on loiil lion. Disons donc que ilii l'ifl rnnnionsc Kut li;iii>ln* Voil «l;ins rli;)(]ne soloii sa rayonnanlc ho.-lic. I,t> (".liri>l nni\tMsol, domplanl tons les (Mil'ers, Sinnnolo Ions les jonrs dans Ions les nnivt>rs. l,florntl sacrilice ainsi remplit lt> ItMiiple On dans son divin Fils lo Père so ronlcniplo. Kl dans rliaqnc soleil, miroir de sa clarté, Il incarne un rayon de, sa divinité.

Les soleils sont de Dieu les vivants lahernar les On le conseil des saints médite ses miracles. Kl |)onr les présider le prand Verhe de Dien Dans son àme cl sa chair est présent en lont lien, r.omme on sait parmi nons qnanx paroles dn prelre, Snr mille aniels divers lont entier Dieu piMil naître. Kl vient an même instant de lanl dho'nnies divers Régénérer les cœurs, ces antres univers. K;^lise des soleils, communion des mondes, Di><ipe7. de nos cœurs les tnèhrcs profondes; Heaiix aslrcs présidés au service de Dieu Par des évèqnes d'or, à la milre de feu, Priez pour nons, priez pour la lerre assoupie, Qui se meurt dans la nuit dune ignorance ii)iple; Priez, pour que le Verbe en lui rendant le jour, Uecliauffe tons nos coîurs par ini souille damour; Pour que l'anienl soleil s'incline enlin vers elle. Kl r.ajeunisse cncor celle épouse infidèle : Qu'admise à partager le froment et le vin, VMo repreime encore place au banquet divin ; Qu'elle conii)renne enlin les douceurs fraternelles Kl de l'allraction les lois universelles^ Pour ne plus attrister de murmures pervers Le long recueillement de rimmense univers- Celte ficlion peut être appelée hardie, parce que rien n'autorise <i admettre ce (pTelle su|)pose. Elle n'est cepeiidaul pas trméraire , })ai-ce qu'elle ne suppose rien de ronlraire ni au dogme , ni aux analogies de la foi, ni h la saine raison.

Nous ne citerons pasd'exem|iles de la fiction téméraire, il nous aura sulli de les indiquer comme nous l'avons fait plus haut.

La fiction , en poésie , revêt des forinos aussi diverses que les nuances du talent et (pic les ressources de ritnaj:;ination ; elle généralise, elle abstrait, elle personnifii^ , elle symbolise; les larmes et les sanj^ilots du moTide sont |)our elle les échos de la voix qui pleure ; les hymnes et les cris de joie des enfants de Dieu sont les accents tlt; la voix rpii chante. La tiction nous montre dans la mort un f.uilome (pii passe suivi de l'espérance et de la vie pour ceux qui croient et (pii aiment ; elle nous montre toutes les grandeurs de la terre se couchant tour A lotir pour dormir leur sommeil, comme dit Bossuet, et au-dessus de tout en qui tombe, audessus de tout c(> (pii passe, elle nous fait voir celui qui est toujours debout. La lii lion ici n'est (pu; l'ouvrière de la vérité charr;(''e de lui préparer un vêtement ; [)uis , sous la li,.;ure de l'étoile et de la comète, elle personnitie riulelligenie et le génie, ces oeux sentinelles de Dieu chargées de fonctio'is (litrérenles. Ces idées , que nous jetons ici sans les déveIop[)er, parce» (|ue la place iu)us in.inque,les lecteurs les trouveront rép(''tées d.ins ipielquos esipiis-.es cpii suivent cet article. Nous sommes obligé de resserrer ici en quelques pages ce qui demanderait des volumes, cl d'expliipier mu;u\ par des essais rapides ce rpii ne pourrait être exprimé en

préceptes, ijue par de longues et ennuyeuses dissertations.

Fiunl oratnrcs , nascuntur poetœ. Nous écrivons ici pour être compris , surtout de ceux auxquels la Providence a départi le don douloureux et dangereux de la poésie , et nous invitons les hommes graves , aux yeux de ([ui la poésie n'est qu'une maladii' du cerveau , de passer ces pages et les suivantes. Du reste, his quelques esipiisses |)oétif|ues ajoutées ici sont plulùl ce qu'on ap- |)elle dans les classes des ntatières de vem que des sujets traités même en prose. Ce sont des idées, et rien de |)lus.

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