‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 85 sur 233 · GENESE · texte numérisé non relu

GENESE

rhaire ytl^9, in-1-2). Voici le jugement (lu'eii a porté le célùhre ablté Uesfontainos :

« Il sornit diflicilo tlo rassoinblor on moins (le mots et avec autant de f^oiU cl de discernonuMit tout ce (}ui srrt h bien connaître l'art de pr<V.hcr. L'autour a recueilli avec soin les préceptes les plus importants sur cette matière, et (pioiiiuc distingués par des chiffres, ils ne laissent pas di; former un tissu délicat et ingénieux. On voit fout d'un coup qu'il n'a observé cette méthode que (>our les rendre plus vifs et plus aisés à retenir. Il y a un art admirable h avoir ainsi fondu ses idées, et à les avoir exprimées avec un laconisme dont l'énergie ne nuit point à la clarté. On peut dire sans flatterie (ju'un ouvrage si bien digéré, et dont toutes les parties tiennent par un (il presque iu>perceptil)le, suppose la méditation la [)lus profonde, la plus parfaite coiuiaissance des vraies beautés de l'éloquence, et l'attention la plus sérieuse aux i)rmcipes et aux conséquences qui en résultent. Rien n'y sent la sécheresse didaclitiuc ; le style est toujours plein d'agrément et de noblesse. Un grand éloge de ses Maximes, plusieurs fois réimprimées, c'est que dans une édition faite à Toulouse, on les attribua, sur un bruit assez ré[)andu, au P. Massillon ; mais on se trompait, et le célèbre orateur déclara qu'il n'en était pas l'auteur, en manjuant en môme temps toute l'estime qu'il en faisait. »

f>c P. (iaichiez a laissé quelques discours (pii ne sont pas indignes de l'auteur des Maximes. On y voit qu'il a profité |)0ur luimême des conseils qu'il donne aux autres. Ce savant oralorien, après avoir été théologal de Soissons, mourut à la maison de la rue Saint-Honoré, le o mai 1731.

fiKNÈSE. — De tous les livres de la Bible, la Genèse est celui qui contient les scènes les plus riantes et les plus terribles, les images les plus imposantes, les paroles les plus sublimes. Ce livre est le commencement de toutes chose?, et la genèse du monde est aussi celle de la littérature et des arts. Ce livre est comme l'ombilic du génie humain : c'est un signe mystérieux laissé à l'humanité en mémoire de sa génération divine. In prinripio: Au commencement, Dieu créa, tels sont les trois premiers mots do la <ienèse , mots (jui embrassent l'éternité et i\\\\ expriment toute la divinité, la principio creavil Drus, (ju'e5t-C(> (pU' le commcnceuicnt ou le principe, et (pii nous donnera lecouimenlaire de cette première |)arole d(> la Bil>le ? — Kcoulez l'aigle de Pathmos : In principin erat Verlnim. « Dans 1(> principe était le Verbe. » Le conuuencement c'est le \ erbe éternel, (pii dit, en parlant de luiniènie ; Je suis l Alpha et l'Oméipt, le comtnencement et la fin. N'oilà donc Dieu et son \'erbe ((ni se contemph'nt dans ces detix mots placés en regard l'un do l'autre; puis entre doux, le verbe du Verbe même et do Dieu, leur fécondité, lein- jmissiuice, leur otlion, crearil, artion égale aux de>i\ persofjnes du Père et du Verbe, amour actif ijui procède de l'ii'i el de l'autre. 0'i''''l"""'

critiques ont pensé que Moïse devait avoir écrit une théogonie maintenant perdue, et qui précédait la Genèse, où ils no voient (lu'une cosmogonie. Ils se trompent : la théogonie est tout entière dans les trois premiers mots de la Genèse. Que dire avant cela, et connncnt remonter plus haut ? Au commencement, dans le principe, Dieu créa, voilh toute la Divinité. Et que créa-t-il ? le ciel et la terre, voilh toute la création, voilà l'idée de l'artisan céleste complétée par celle de son œuvre. Qu'on trouve un dernier mot de toute science et de toute philosophie plus profond que celui-là ; qu'on invente une raison plus satisfaisante de tout ce qui est, et dans l'étornilé et dans le temps : qu'on dise en métaphysi(iue, en physique, en poésie, quelque chose qui ne rentre pas et ne se résume pas dans celle phrase, si simple et si primitive : « Au commencement. Dieu créa le ciel et la terre ! »

Le génie humain a ses bornes comme l'Océan. Dieu les a tracées de son doigt divin, el a dit aux pensées de l'homme, connue aux flots de la mer : « Vous viendrez jusqu'ici et vous n'irez pas plus loin ; ici vous briserez l'cnllure de vos vagues. » Or cette limite, celle barrière éternelle au-dessus de lacpielle ne s'élèvera jamais notre orgueil, la voici écrite à la première page et à la première ligne du livre sacré : Inprincipio creavit Deiis cœlum et terram.

Celte première phrase de la Genèse, c'est l'absolu , c'est la révélation tout entière , c'est le manifeste de l'élernilé el tout ce qu'il nous est donné d'en comprendre. Entre cette première j)hraseet la suivante il peut y avoir des abîmes et des siècles, ce sont les secrets de l'Eternel ; mais à l'endroit où notre histoire commence, la terre était nue et dépeuplée, et l'esprit de Dieu était porté sur les eaux, ou, suivant une autre traduction, le souffle du Sriijneur se portait 9ur les eaux.

ht Dieu dit : Que la lumière soit, el la lumière fut. Paroles dont la sublimité ressort d'elle-même saris connnentaire. Quel poète de l'antifpiité eût trouvé ini trait pareil pour agrandir ses dieux ? Le Jupiter d'Homère fait tremider le ciel d'un froncement de ses sourcils, mais sa parole a-t-elle jamais enfanté la lumière, simplement, sans effort et connue la respiraliim de sa bouche? // dit, el la luntirre fut ; il y a de l'intini dans cette parole, el la toute-puissance s'y manifeste si naturellement cl sans efforts, (pie Dieu seul [hmiI avoir pensé ctMpi'elle exprime. La révélation ici se prouve par elle-même. L'homme n'est jias assez graïul pour in venter de ces choses-là.

On a beaucoup parlé de géologie à propos des six jours de la création, (lont le récit commence aussil(M après renfantcmenl (h; la lumière. I>es demi-savants du xvm* siècle ont fait rage de lrouv(>r des fossiles dénientant le ré(Mt de Moïse. Les monuments (l(^ l'antique Egypte ont été explorés ; on a exhumé de vieux zodiaipies, et le résultat de tout cela a été la pleine et entière jusiilication, par In science, de r(»r(lre adopté dans la (ienè>e jtour la classilicaliuii des œuvres

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