GENESE
de la grande semaine. Seulement rien ne limite ni ne détermine la durée des jours de la création, lorsque Dieu seul en marquait les heures. Il est probable que chaque jour est une grande époque, et d'ailleurs nous ne pouvons rien savoir de précis sur ces âges mystérieux que les débris fossiles uous racontent exactement de la même manière que l'écrivain sacré de la Genèse.
Après les grands tableaux de la création commence le drame de la chute, drame dont l'intérêt saisissant et la profondeur ont fait toute la gloire du beau poërae de Milton. €hute inexplicable, que sa réparation nous forced'appeler bienheureuse! drame étrange, où Dieu joue le rôle d'un père dont la bonté trompée se change en indignation. Là se révèlent tous les secrets de la vie humaine dans le caractère des deux premiers époux, la femme crédule et déflante, audacieuse et faible comme le cœur ; Adam, facile à séduire et à entraîner comme la raison. L'origine du mal expliquée par l'épreuve des volontés libres, et l'initiation par la douleur et par la mort, tels sont les mystères contenus dans cette histoire, qui laisse bien loin d'elle les plus séduisantes peintures de l'.lge d'or. Dieu conversant sous une forme humaine avec ses créatures dans un jardin délicieux, et ces deux belles créatures revêtues d'innocence et de beauté, chastes au sein d'une nature vierge et parlant à Dieu comme à leur père et ci leur ami, quelle gran'ie et séduisante image I Adam et Eve, aussitôt après leur chute , se montrent pu- -sillanimes et ingrats, affaiblis qu'ilssont tout à coup par le succès de leur révolte. Ils se rachent, [)ijis ils s'excusent en accusant, comme font les enfants pris en faute. Kniin ils soit chassés du[)aradis de délices, et envoyés h la i-onquête du pardon, compjête qui remplira désormais riii>t'»ire du monde ; Ihumanité gravissant vers Dieu du fond de sa chute r;i de sa misère, et Dieu descen- •iaril et s'inclinant vers l'Iiouime h travers les cit.-ux étonnés de tant d'amrjur, ne doivent ijIus désormais se rencontrer fju*; sur il- fw'ilvaire et s'embrasser que sur la croix 1 A()res cette grande exfflicaiion de nos destinées viennerjt les deux l.y[»<'S dont les caractères Oftposés rerrqtlirfHit l'i terre df; combats et de révolutions juifju'.'i la lin des t'-rnps. Caui coneu dnns la révolte, et Abel l'etiiant du re[»(;i)tir, persriiuiilieril, l'un la :iature dér:hue et rebelle, l'autr*; la ■^v:)c(: réparatrice etsourriise, la force et l'inlebigenci!, la liberté sans frein et l'autorité obéissant a Dieu. La piété d'Abel blesse la sauvage iridépr;ii jaijce do (^'iin, car Abel demande h Dieu ce <}iie(^ain ru; demande qu'a son bras, et l'orgueilleux cultiv.ileur s irrite contre riitiini>le et doux berger. (;li»»se rernarqiiabh;, cependant, le sncritir;e d'Abel est sanglant, far il oirre i\ Dieu lis [jrémues de HO'i troupeau, tandis riue (^iin n'rjllre rnie len fruits <le la terre. Abel l'.sl prêtre, et il a druit de sacrifier cornirie poiitil'e. (wiiri, au (wMilraire, ne («eut versor h; sang que coninie a.s»n.%Airi, «lilféroneo quJ exisleia éternelle-
ment entre l'autorité légitime et l'autorité usurpée. Aussi les révolutionnaires de tous les temps refuseront-ils un glaive à la justice, et appelleront-ils sur leur tête tout le sang qu'ils feront couler avec la hache et le poignard. Marat avait écrit contre la peine de mort, et le comte Joseph de Maistre a fait l'apologie du bourreau. Gain assassine Abel, et Dieu le marque au front d'un signe terrible en le condamnant à vivre maudit, et l'excommunie de la famille humaine. Ainsi la première branche de l'arbre généalogique des hommes est deux fois maudite, et la seconde est brisée ; mais la race d'Abel se multipliera par la grâce, et celle de Gain par le sang. L'antagonisme commence et se perpétuera à jamais dans le monde. Les enfants de Gain bâtissent des villes et vont faire des rois, les enfants de Seth se retirent dans les solitudes, et forment le petit troupeau des saints ; les enfants de Dieu se distinguent ainsi des enfants des hommes.
Mais les séductions de la femme viennent encore tout mêler et tout confondre. La justice n'existe plus que dans la seule famille de Noé , et Dieu se re[)ent d'avoir créé l'homme , expression dont l'énergie épouvante. Les crimes des hommes ont forcé l'Immuable à se repentir ! La terre est lavée par le déluge, et Noé recommence l'œuvre d'Adam. Parmi les enfants de Noé il se trouve aussi un Gain, celui-là ne tue pas son frère, mais il insulte sr)n père, et mérite ainsi d'être maudit dans sa génération. Ainsi toujours le [)éché détruit ré,.,alilé naturelle h la source des races, et produit des castes impures. Jésus-Ghrist seul (,'n expiant le péché originel, a changé l'or-dio (!e la hiérarchie humaine, et a substitué les degrés de la vertu à ceux de la naissance. Les enfants de Gliam corrompenc oncore la terre, et Dieu se choisit la famille d'Abr-aham comme il avait choisi celle de Noé. Dieu fait d'Abr-aham son représentant sur la terre, et (igure le mystère de la rédemi)tiori par le sacrilice d'Lsaac. Jacob et Lsau , crd'anls d'Isaac, recommencent le mystère deGarn et d'Abel, mais cette fois c'est Abel rpii tiiomplu! par l'intelligence de la forci' brutah; (h; Gain. Jacob, h (pji son sauvage frère; a vcmdu son droit d'ainesse, devient le chr-f de la famille itatriar'caleà la place d'Ksau, comme le christianisme (l('s nations devait plus lard siip|)l;mter les enfants (h; la promesse, après rpre Judas aurait v(!ndu son maitie iionr trente deniers. L<'S douze (Mitants de Jacob deviennent les chefs de douze puissantes ir ibiis tpii se multiplient en l'igypte p.ir- sviite des événements arrivés à Joseph, Il s de llacliel et lière do IJi-njariiiri. Ici tout est plein d'allégories et du iiiystèr-es, la iM'ovidiMice faisant de tout co qui ariiv(! la ligiin; de tout ce. ipii doit êln;, juir une secrète ariaJogie (Mitre les effets et les causes. La touchanlt; histoire de Joscfili est trop populaire, troj» universellement connu(;, pour' ipi(; nous l'analysions ici. 'l'ont le mondt; a senti dans son co.'ur la beauté d(! ca cri de la iiatur(! : J(^ unis Joseph I mon jth(:inl-d vicitiil 't Dans (Cite dcslinéi! de Jo-