C.RÉGOIRE DE NAZIANZE
UOS
1,0 vice f\ la vertu, l'un «io laiiln' nincmis, l'ar lin Irislc aroi.icnl en mon sein n-iinis, Tour à lotir do mon co'iir sf ilis|iilcnt ri'm|»iio, loin à lonr (•"est le liioii on le mal qui m'inspire; ISIoii esprit vers le eiel est souvent appel»* , riiis souvent sur la lerrc il relomlie aecalilc. Je chtrche le lioniieiir, la Iritrsse nie ronge, l,a vt>ril»> me plail . et je eole an nieiisoiii;e. Souvent je erois siisir le hien que je poursuis, Japproelie, et loiil à loiip à mes yeux oliscnreis l.ni-nit'ine il se dcrolie et laisse tiaiis mon àmc I)*iin (K'sir impiiiss;\iil la iloiiloiireiise flamme. Toiirquoi me fny</.-voiis? KsI-ct afin que mon cirnr, 0 mon Dieu! vlins reeherelie avec pins do ferveur ; Car telle e>l des iiio;lels la naliire fraiçile. Ils poiiisnivenl pins loin nii but pins dillii ilc. Ksl-ce alin (jiie te hien rlièremciil aciieli; Me soil daiitanl plus cher qu'il m'aura plus coùl«i?
Souvent mon ennemi par une adroite ruse, Vous le savez, mon Hien! nie sc'diiil et m'abuse. Il donne au vice impur un ornement trompeur, r.o'ivre la vérit(' des voiles de l'erreur, El riionime ainsi perdu dans un déilale soinlre doit suivre le vrai bien, dont il ne siiil ipie l'ombre.
Ln chair m'exeilc au mal, la loi me Tinterdit; Mais les sens rêvollés Iriompbaiit de l'esprit, 1/abiino esl devant moi, je le vois et j'y loinbe, llonlonx de siiceoinbcr, cepondanl je succombe, lîientot ma erainte meurt et ma rai>on s'endorl , El je marebe en riaiil vers l'i-lcrnelle morl. Sur le seuil de l'iMifcr dont je deviens la proie, J avance en temoignanl une cffroyaide joie.
Toujours Ic.^er el vain , faible et capricieux , Aujourd'lmi je suis hiimlile, el demain ori^ueilleux. Je elian^e à cha'|iie instant de mœurs et de langages, El selon divers temps je prends ilivers visaijes : Toi on Mtil le polype aux nieni! res Iransparenls Uenéter des coiileiiis les divers cléments. Mes larmes en eoiilanl n'emportonl poiiil mes crimes, Je pleure el bnile encor d'ardeurs ilirgitiines. Je suis viorg' de corps. Ee suis je aussi d'esprit? Je ne sais. De |)udoiir mon visig-- roui^il, .Mais mou cinir le ili'ineiil el ne seul point dt; lionlc. De mes nombreux di faiits je ne fais aiicim coniplc ; Tout éclatants qu'ils sont à |)eiiie je les voi , M os j'altborre on auiriii ce que j'excuse on moi. Cbaipii' jour plus avant plonj;é dans la matière, Mon disionrs liMid au (ici, ma p-iiseo à la terre; Et la f.iiblo vertu dont je m'enor^'neilli Ne trouve en rllo-momo aucun solide appui Eo moindre cboe rcbranl' et la cbang»^ on orages, Mon cioiir, dans un jour |»ur, se coinro do nuagi'S , Va ]>' n'ai n,il |)eiisor si lenne en mon espiil Ou d ne soit par un autre en un inomcnl détruit. <.iiie dis-je? à l'instant incme on nioii ;'i me épurée Moule pleine d'espoir et loiicbe à renipyrée, Dans mon vol vcrtnonx par le dcmon saisi, Elus bas que je n'étais io rolombo avec lui. .Si'mbl.iMe au vityagonr qui debonlsiir larène Soiil le s;iblo < ciior sous sa niircbe incertaine, J • me rolé\e encore, el ces: pDiir retomber, l II moment me voit vainc ro, un iiio;iieiil siucomber; D'aulant plus inalbeureux que ces chiites noinbreii-
I ses .
Koinplissenl mon cspril di' terreurs donlnurenses, El que perdant l'espoir de reternelle paix , Je ne sais on je suis el j'ignore où je vais. l'Iiis mes jours se font vieux , jilus mes crimes aiig-
( menloiit.
Où rherelier un muèdc aux maux qui me loiirmon-
I lent; Je le rhorrhe eu un dogme auguste el que l'on crai.il.
Dipii seul esl juste cl lion, p'TC. filf*, espril saint, Tiiplo iiiiilo d'.inioiir, seule snbslauco pure D oiith-muie toiil bien sur loule nealurc.
E'ange est auprès de Dieu , Ibomine eu esl éloigné; E'un joiiil du boiilieur dans leipiel il esl né. L'autre a perdu le sien pir sa folle conduite, El pour le recouvrer il laiil qu'il le mérite. Tel est l'ordie du Cbiist. .Mais (|uel est le mortel Dont l'olTort verlnoux se rouvrira le ciel? E'esl celui cpii , parmi ces malbeureux sans nombre Delaissaiil le vr.ii bien pimr en poursuivre l'onibre , Eominol le moins ilo m;il , sans cesse a iIonmiiI lui La piésiuice de Dieu pour frein el pour appui, El dans le malboiir iiionie adorant sa justice, Aime et cliercbe le bien, céiesle el fuit U' vice; Dont la vertu puisante enlraii e dans son cours Tout le mal dont rciilor a pu noircir ses jours. Comme on voit un grand llcuve absorber dans ses
[ ondes, Sans en être souillé, des souillures immondes. Telle esl notre vertu ; rien de plus. Ici-bas Etre entièremonl bon , riiommo ne le pi-nl pas. Ce n'est (piapros sa mort qu'il est simiiM ible à l'ange, El jouit avec lui d'un bonheur sans nichinge. Autrefois, il esl vrai, des mortels vorlueux Moine avant de mourir sont entrés dans les eienx , Mais ee rare bienfait de la bonté ct'lesie. Loin d'all'aiblir la loi, la maintient el l'atteste.
Pouvons-nous ici-bas par de pieux labours D'une venu sans tache atteindre les banteiirs, V;iincre el foui r aux pie !s les crimes de la Icrro? Non , trop d'obscurilo s'allie à la matière, Ee mal a trop avant p iiélré notre corps , Trop de iiolri" nature afl'aibli les ressorts; El c'est assez pour moi si . qiiiltanl ma di-pouille, Je (piille en même temps le sice ipii la souille. La vertu ne m'est point accordée eu pur don ; C'est mon œuvre ihitloiihlre à sa possession, Eld'ollenir de Dieu colle puissante grâce Qui rend vrai notre amour cl notre leiivrc cllicace. Trop borné pour atleinlrc ;» la |»orféetioii , Ma force esl tout enlièro on sa proloclion; Car ainsi que notre cvil ne voit point sans lumière Notre esprit est avoigle à moins qu'il ne l'oclairo. C/est de lui i|u'en mou cour lout bien est descendu D'abiud il ma créé capable de vertu.
Et puis s'oilianl à moi pour guide el pour modèle Il donne à ma fai! l.sse une fort e ieimorlello. Tout succès \ienl de lui. Mo prète-t-il smi bras? Je marche, el vers le bien je m'avam e à grands pas !>e ses divins secours di"vioiil-il plus avare? Je m'airole incertain , je me Iroulle el m'égare.
Otez l'ondi' au poisson , il cesse d'exister. Ole/, le Cbrisl à l'himime, il ne peut mériter.
Craignez donc que l'orgueil ne vous ren le coupa-
I ble ; N'allez point à vous seul vous croire redevable Des vertus que le Christ inspire à votre cieir; Ne vous croyez pas bon , el vous serez meilleur ; Surtout en conteiii|ilanl les mortolbs misères Ne vous élevez pas au-dessus de vos frères. Vertueux jusqu'ici soyez-le jusqu'au boni, ("lanle/ cliaque partie, on xoiis perdrez le tout. Contre rboinme ainoiiroiix d'une vaine fumée La cidèro de Dieu sans cesse est allumée. Sovez biimbli» de i o-iir, doux et sim|de «l'esprit; L'orgueil ferme le ci. I , la douceur y cou liiil. ,\iloioz le en ses dons, croyez-eii sa promesse; El courbant devant lui votre vaine s;ige>se, Uo( omiaissez le terme où linil le chemin Qu'il ouvre à la raison el ferme de sa main.
Mais en fiiyanl l'orgueil et ses folles pensées, Craignez du désespoir les terreurs insenst'os; Dans Inn et raiitio excès vous Iroiiveiiez la morl. Sur ses prec pies saints n-glez donc votre cHorl Sonvonl i\c la vcilii i'ardi'iir iiniuoderoi- Se cbaiigo en un orniioil dont elle esl devoicie. Au deli» de la lui garilcz-vuus d'avaiKxr,
GRÉGOIRE DE NAZIANZE
CRÉGCIUE DE NAZIANZE
CAO
Cir c'est m:iiu|ii('r le but que de le dépasser. Si parfois col or^ioil sollicite volro àiue , r/esl à riiiimililé d'en éleiiulie la naninic. Uappelez->ous alors comment vous êtes iié, Dans un corps faille et nu pauvre esclave encliaîné, El sorti pour souffrir du sein de votre mère, Ne sachant que pleurer et ramper sur la lerre. Kappelez-vous alors que vous devez mourir, Nourriture des vers et cendre devenir, El que dans le sépulcre où sont etitrés vos pères , Vous entrerez seinblalde au moindre de vos frères. Si ce n'est point l'orgueil qui (rouble votre esprit, Si c'est le désespoir et sa terrible nuit. Songez, songez que Dieu vous lit à son image. De la création le plus parfait fjuvrage; Que de ses propres mains votre corps fut formé, El d'un souîfle immoriel de sa bouche animé, Que par un vil péché , lombes d;:ns sa disgrâce, il nous a lanl aimés qu'il a pris noire place, Souffrant jus(|u'à la ii'orl des lourmenls infinis l'our nous rouvrir le ciel d'où nous étions bannis.
Combattez donc la ch;iir, et n'aimez sur la terre Rien qui puisse du Chri>t un moment vous distraire. Elevez à sa gloire un lemple en votie cœur D'où s'exhale sans cese une agréable odeur De saintes actions, de discours salutaires, Sacrifice d'amour, de vœux et de prières. Sur celle mer du mon le où d('-j.à sous vos yeux Tanl d'hommes oistpéri dans les (lois orageux, Ne vous einbaniuez point sur des v;iisseaux fragiles Que l'orgueil ail [>arés d'oriiemeuts inutiles; Que le voire soil simple et d'ailleurs dépourvu De toute autre be;Hilé qiie de voire vertu ; Car sous les yeux pir«;ants de voire auguste maître Vous devez êlre sainîs, et non point le |)arailrc. Je ne vous défends pas la sainte andtition D'envier l'un à l'autre une bonne action , Pour>u que rie lorgU'il |,i pensée hypociilc N'en affjiiMis^e p:is la gloire et le merile; Kt que, de loiil le bien dont vou<> serez l'auteur. Vous ne rendiez qu'a Dieu la gloire en voire c<cur. Moi, surloul, qui, choisi de Dieu pour vous ini>-
[ Iruirc, En aspirant au ciel cherche à vous y conduire. Moi de qui le devrijr, plus auguste el plus saint, Apparnll à mes yeu\ [dus terrible et plus craint, (iar par <lel.i l:i tomi e ou lenil notre nature Bien pour bien, mal pour mal, mesure pour mesure.
Ceux que f#s senlimenls n'abandonneront pas. Même d:ins le malbenr sonl heureux iri-bas; Et lors<|uils (piilleroiil biir <lfpoiiille mortelle. Le ciel leur ouvrirai sa splendeur étern<;lle.
Nous corn|)I(;lfToris ces ciffilioris, (pio nous n« voulons p.'is tiiiilli|)ii(;r f>ulr(! lucisurc, par l<i discours sur |;i n.'ilurc <J(; i'homnK;, suivi •l'uru; t'-A&,^i(i sur les misères de la condition liuni'iino.
N'ilurr. de Vhommc.
[>anH IcH riants delonnt d'un vallon soliLirre (cherchant de mes douleurs le renn-de ordinaire, l<e Hilenn; des ImiIh, le murmure des eaux , !/<;« VMipirs de la brise el le ciianl des oi>.e:iui; {'>irmi les fleurs, les fruits d'une campagne heureuse, Je promenais hier ma llisle^se reveus»! , M;iis de tous ces objets l'iMinionienx iMinheur Ne (Hiuvail cell« fois jM-nélrer dans mon c«iMir.
Qii'ai-je d'al»ord été? que suis-je? que doi»-je Htv. , Test en v;«in que mon ciMir bnib- de b; connailie? I>i>ais-j« ; «elle eln '.e est un nnulfre sans fond ; En vain je le dem;inde a m:i faitile raison , Je le deniindi- en v;iin aux sa^^es d«r la tern; , Hien ne |h>uI inexplupier ci;l elfniyant mystère, Kt ifX ard«nl dékir que j'.ii ite te savoir, ToujMirit iii.ikVMJvi, s«; cliiuijje en dibC poir.
Hélas ! tel est le sort de la nature humaine, Tant ([u'elle esl ici-bas allacliéc :i sa chain(!! Et s:ins douie il vaut mieux , pour vivre satisfait, Se croire à ton savant (pie de I êiie en effet.
Déjà s'est écoulée une part de ma vie. D'une auire inressamment et d'une autre suivie; Ce que j'étais hier aujourd'hui n'est plus rien. Ce qu'aujourd'hui je suis ne 'cra plus demain. Jj'un par l'autre pressés, mes jours vontcomme l'onde Qu'un fleuve impétueux porte à la mer profonde. Deux fois le même Ilot ne m'e^t point apparu. Le même homme deux fois ne sera point revu. Des trois modes de temps dont l'èlre se compose.
En est-il vraiment un, un qui soit ([uelipie chose':'
Eh bien! prouvez-le-moi, saisissez-moi soudain, Halez-vous ; mais déjà j'échappe à voire main.
Quels bizarres ressorts ! suis-je esprit ou matière ! Ma mère dans son sein me reçoit de mon père; Ma chair, informe encor, sans voix ni sentiment, De la chair de tous deux s'y forme lentement. Et je vois plein d'horreur, aux deux bouts de mon
[ être , L'effroyable néant comme un spectre apparaître. Chaque jour de ma vie est un pas vers la mort. Et sorti du loiubeau j'y redescends d'abord.
.Vais ipioi ! s'il était vrai que celte courte vie Fût éternellemeiil par une autre suivie! Non , non , riiomme n'est rien. El pourtant quel far-
[ deau Pèse sans le briser sur ce f ihle roseau ! Que d'horiildes douleurs, qui jamais ne vieillissent, Qii«> d'effroyables maux sur lui s'appesantissent! De toiiruienls desirucleurs quel cercle dévorant! Il vieil! à la lumière, il la quille en pleurant. Et sa |)laintive voix, sur le seuil de la vie, E t de ces tristes maux la tri>le prophétie.
Il esl, dit-on , des bords dont les peuples heureux Ne voienl ni loups cruel.i , ni serpents \enimeux ; Il en est où jamais l'hiver <pii nous assiège N'ensevelit les champs siais des monceaux de neige. Mais en est-il aii< un où rhonime avant sa mort N'ail sujet mille f.ùs de maudire s(ui sort? Parmi l;int de |)érils (juVii vivant il Iraversc, S'il échappe aux premiers , le dernier le renverse. Oui, tel esl son destin, de; iiis le jour fatal ( u'Ailam a sii<'C(UiiIh' sous le pié'ge iidériial. Depuis ce jour, sa chair cornuiipiie el rebelle Lui livre lll(es^aInlllenl une guerre cruelle!, El soit dans la douleur, soil dans la volupté. Exerce ««nr s(ui ànii; un empire indom|»lé. li'amc dut commander, et le coriis est le maître.
Qu'es-lii donc, o mon àine! el (|ui t'a doiuié l'élre? Quel habile ouvrier a trempi; ces ressorts Dont la chaiiie le presse et le lie à mon coriis? L'un de l'autre eniieinis quelle m:iiii vous rassemble. Vous f;'il vivre, mou\oir, soiillrii, jouir ensemble'.' Oroirai-ji; ipie mou ciups , par loi seule aniiiM>, Te forme el le produise idiisi ipi'il s'est formé; Qui; tout en:i> r sorti i!(s flancs de la niatien;, J'y doive tout eiiti(;r reloiiiiier en poussière'/ El que de ma raison le ILuiiiieau lumineux Naisse et H'é'|taiiouisse eu un jilaisir liruiteiix? Non; mais \iens-tu du «ici? es lu, comme je pense, I II pur souille émané de la divine essi xnv.'i Ah! lorsfpie repoussant le crime loin d(; loi, Tu le iilais dans le bi«;n , j(! t'adminî et le croi ; 1)011 vient donc qui* malgn- ta céleste oiigine lin luaii liMiibieiix si souvent le domine? Cfuiibien doit être lourd le f:irde:iii de les b-rs, Puisipie veii:iiil du ciel In fiids mus les enfers! Mais si'iliiil par Toigiieil jr m aveugle jieiil-èlre, El le souille de Dieu ne l':i point donne l'être peut (>. le un f.iiix <;qioir é|;;,ire mon esprit : Non , non, de t(Mitcs parts la Nériié me luil;
nii GUÉr.oiuK m: nazian/.k
1,0 inomlo, a'iivro (h* I>ioii, rKdni, st'joiir de l'Iiomnic ;
l,';i>liico «le Snl.iii (M \{ f.iU\\o |)oiniiie
1,0 il»>liigt' (oiivranl If cinipiililc univers,
Lt«, f«'ii (In «ici lonilx' snr des ptMipios poncrs,
I,a gliiiiv lin Très-llanl dans S'S (rnvros é(;iili',
La loi de siècle en sièiie assnranl ma rondnile,
Hien Ini-nièine fail lionnne. cl pour me seronrir
Comme nii inimble p<'('lienr (lnif,MiaiU vivre el nionrir.
^)ne fanl-il à mon cdMir, si son sanj; ne, It; louche?
Kl ponrlanl je ne sais qnelle lorre l'aronelic
Mail,'!!' n)oi dans le mal me fait pn'cipiler.
Kl le (Ihiisl me rlierchanl mCxcite a l'éviter;
Pour snreroil di- mis«^re un donte alTienx nrol»sè<lo.
Je n'ai rien qu'avec moi le mi'cliant ne possè !e.
^>ne dis-ji'? Tourmenté par ce do\ile fatal,
l'Ini an ciel qu'avec lui j'eusse un partage cp:al !
Mais il se rit des maux dont mon àme est atieinle,
Kt tandis que saisi d'une elfroyahle crainte.
De l'enfer >ous mes pieds je sens le goidl'ro ardent ,
S.ins craindre l'avenir il jouit du présent.
Mais «pn>i ! suis-je le seul que la douleur atteigne?
Non , il n'est ici-bas rien où le mal ne règne ,
Ka terre même soufl're, et sur ses fondements
Trendile au choc réuni de la foudre et des vents ;
Lt-s saisons l'une à l'autre à rejçret enchaînées
Se disputent les jours, les mois et les années.
La lune errante croit et décroit tour à tour,
El le soleil enlin père éclatant du jour.
Le soleil dont la flamme ol.scurcil les étoiles ,
Dans r<^rage pâlit sous d'effroyahles voiles.
Le mal même a souillé les célestes palais;
lu arclianj^e orgueilleux en a troublé la paix,
K>t loinhé sans retour ('es voùles éternelles.
Il a perdu son nom , son amour et ses ailes.
(^)ne dirai-je de plus? Dieu mente est insulté.
Lh('réln|ue insolent, contre lui révolté.
Le lilasphèn)c ou le nie en sa triple puissance :
Mais jusipi'on de ma |)lainte ira la violence?
.le rétracte un discours imp e el furieux.
Dieu m) m'a point ( réé pour être malheurei.x.
Ces secrets redouU's, pleins de noires u'-nèhres,
Où mon àme s'égare en des pensers fmn bres ,
Ces secrets à ma mort me seront découverts
Dans les pal lis du ciel... ou le feu des enfers.
Misrre de rhotnmc.
Qii'ai-je d'al)ord ét(''? que suis-je? el tout à l'iieurc ^,)iie serai je enfermé dans ma froide demeure? ^,)ue feras-lu , grand Dieu! de l'œuvn* de tes mains, De cetle (eiivre admirable on les dons souverains Urillent, (|Uoi(pn' caches, d'une clarté si pure Qu'ils laissent loin de moi toute autre créature? L'esprit mysl(>rieu\ dont j*; suis animé Dans la londie avec moi ser.-t-il ctmsnnK'? Ah ! s'il en est ainsi , (piel être est sur la lerrc , Dont je puisse à la mienne égaler la misère!
Comparez en cITel riiomme et les animaux Kl s'il meurt tout entier, dil(>î. s'ils sont égaux. Voyez le bd'nf docile ; à piine il vient de nailre (Jue sa f(Hce promet d'être mile à son majtrc. Kl son robu>t(> front n'a pas encor trois ans (,)u'il traîne sons le joug des ch iriots pesants. Le f.ion dans les for.ls. aussi prompt que sa mèie. Kvite du chasseur l'alteinle meurtrière; Le tigre el le lion, l'ours et le h'opard , Menacent en naissant de l'ongle et du regaul ; Nés |M)ur vivre d(î sang, de (arnage et de proie, A l'aspect du |MMil ils liondissciit de j )ie. I^'s ades de l'aiglon, invisibles d'abord, l(ienl('>l justpi'.iu s >leil le portent sans ciïori ; L'alM-ille, dans un antre ou dans le creux d'un ( lH''iie, Amasse un doux Iroor pour la saison procbaint*. C e*l Id-iiNre d'un piinleiups. La n.ttnre (!'adl(<urs Kournit à leurs besoins s.ms peine el sans labeurs; lu ne cidtiviMit point un s(d dur et rein Ile , lis ne luverM^'ul point une mer inlidilc;
(.UKGOUIK DE NAZIANZE
(ili
Leurs d(''sirs sont bonn-s; peu de cliose y suflil; Les bois sont leurs palais; et le ga/on I -nr lit; Les noires passions, sources de maladie. N'allèrent point en eux les douceurs dt; la vie. Ils vivent sans remords et meurent sans frayeur, Cond)icn le sort de l'nomme est différent du l.-ur! Il nait faible el soullrant , doux fardeau de sa mère, Il ne pMil sans pcjril s'appuyer sur la terre, Kl plus lard devant lui ce n'est pas sans cfTorls Oii'il étend ses deux bras pour soutenir son C(ups , Pour voix , il a des cris; pour paroles, des larmes; Un sourin! ou des pleurs, voilà ses seules armes. La force vient eidin ; mais avec elle aussi Les noires pissions dont il est assailli; Cha<pie âge dans son c(eur apjmrte une tourmente. Kl toujours le démon le pour.-.nil el le tente. L" llenve de la vie est, comme l'océan , Im-essammenl trctublé par l'horrible ouragan ; Nul n'en descend en paix les rives incerlaines. Vonle/.-vous , comparant vos plaisirs el vos peines. Dans la même balance avec les mêmes imids Que nous pesions le bien et le mal a la fois. Vous verrez à l'instant ce «pie vaut celle vie. Dont la triste durée excite votre envie.
Aux chagrins naturels nous avons ajouté Les chagrins bien plus vifs de la société; Et les simples plaisirs ofl'erls par la nature. Nous les avons changés en une joie impure. Oue sert de vous en faire un détail doidourenx? Le bonheur se mesure aux maux les moins afficiix.
Telles sont los poésies de saint (Irt'goire (le Nnziaiizo, (lotit nott'c faible traduclion, ni même relie plus exacte et plus snvan'edo M. Victor de Perrodil ne peuvent donner encore (jii'une idée assez iiu|)arfaile. Il y a en effet dans la langue grercpie des eiiplionisines et des richesses (i"expression qu'on peut dilliciletnent transporter dans la n(')tre. et bien que le grec de saint (Irégoire de Nazianze ne soit plus celui d'Homère et do Platon, on v trouve, pour cela même pent- Atre, plus (Tidiotismes et d'éléga'ices relatives. Son style d'ailleurs est aussi pur qu'il pouvait l'entre dans un idiome déjh corrompu, et son ijoiU est toujours celui d'un écrivain de l'école d'Athènes.
N(uis nous sommes étendu assez longuement sur les pot^ies de saint (irégnire de Nazian/.e, parce qu'elles sont généralement peu connues et mériteraient piMirtant dt! l'être davantage. Ceux qui se livrent h la poésie re'igieusc devraient non-seulement les lire, les taduire et les méditer, mais encore les apprendre par ((vur; ils y troiiveiaiCMt du moins divs idées sainement el l'oitement |)hilosoplii(pies, de hautes et (»nis- .snnles inspirations, un lang;»g(> digne des sujels les plus élevés etui e sensilnliié grave el virile.
La lecture de saint Grégoire de Nazianze est d'autant plus r(>command.<l)l(^ aux amis des saillies lettres (pie cet illuslre Péri» do l'Kglise a toujours été l'ami (h»s vraies lumières de la science, el ne voulait pasipiOii retranchât de l'enseignement quoi (pie ro li1t d'utile h la cultnr<» de l'esprit. Voici les rèf;l(»s (pi'il présent ?i un jeune homme sur la lecture des ailleurs piolanes : « Appliquez-vous-y, lui dit-il, avec priid<>nce et précautiiMi, in faisant, dife part, un choix s.tgi' el un discernciiieiil judicieux de tout co
ILVnACLC
IIABACUC
<(ui peut vous ètro utilo, et fuyant, de Tau- Ire, tout ce qui est pernicieux. Imitez en cela la prudence de l'abeille qui, sans autres leçons que celles de la nature, apprend d'élle-môme à bien choisir les tleurs où elle se ])Ose, et à n'y recueillir ([ue ce qui lui est nécessaire avec un merveilleux instinct.
Puisque vous avez la raison pour vous conseiller, prenez de lalectui-e des livres profanes ce qui vous est avantageux, et quand vous y trouverez (juelque suc dangereux, faites comme labeille : volez ailleurs, o
Les œuvres théologiqups et les sermons de saint Grégoire de Nazianze ne sont pas inférieurs à ses poésies, et l'on y trouve amplement de quoi justifier la haute réputation de sainteté, de science et d'éloquence qu'il s'est acquise. Ses lettres sont des chefsd'œuv: e de charité, d'élégance et d'urbanité, surtout dans sa correspondance avec saint Basile le Grand.
Aux charmes d'un esprit cultivé saint Grégoire savait unir l'austérité des doctrines les plus sév«'»res. Toute sa vie ne fut qu'une longue pénitence et dans son épitre canonique à Aléthius, évêquo do Mélitymne en Arménie, il f)Ose des règles de pénitence qui etfrayeraient même les personnes les plus vertueuses de notre époqu '. Pour la simple fornication, par exemple, il im[)Ose une pénitence de neuf ans. Trois ans à être entièrement exclus de la f>rière. trois nns à être auditeur, trois ans prosterné. Pour l'adultère le double avec la môme distribution; pour l'homicide, vingt-sept ans. La sainte virginité était la vertu préférée lu chaste ami de saint Bnsile, et il en c écrit un traité oij l'on trouve toutes les qualités aimables
et sérieuses qui distinguent sa manière. Vers la tin de sa vie saint (^-égoire se démit de l'évôché de Coiistantinople auquel on l'avait j)romu malgré lui, et se retira dans la solitude d'Arian/e, où il ne s'occu|)a plus que de son éternité. Une de ses plus grandes douleurs avait été de survivre h son ami saint Basile ; et il exprime vivement ce regret dans une éh'gie que lui inspira la mort du saint évèque de Césarée.
«O Atliènes! ô doux souvenirs de nos premières études! combien de fois n'avionsnous pas promis de ne nous séparer jamais? Tout était commun entre nous, et l'un ne pouvait être heureux sans l'autre. Pourquoi donc suis-je seul à souffrir? Pourquoi Basile a-t-il pris pour lui le ciel et ne m'a-t-il laissé ici-bas que la tristesse et que les larmes! »
Dieu exauça enfin les prières de son apôtre et de son poëte. Saint Grégoire mourut à Arianze en 390, âgé de soixante ans.
GRÉGOIRE de Tours (saint). — Chroniqueur et légendaire. La Chronique etle< Miracles de saint Grégoire de Tours appartiennent à la poésie encore plus qu'à l'histoire. Ces ouvragtîs contiennent i)Ourtanl des renseignements importants : on y trouve une foi ardente, un grand cœur et peu do critique, mais d'admirables traditions et do merv(nlleuses histoires. On a pensé avec raison que les oîuvres choisies de saint Grégoire de Tours pourraicnit fournir au |»r(;mier Age une lecture utile et amusante, et l'on a arrangé une traduction des Chroniques pour 1.1 bibliothèipie (ies enfants. Saint (irégoirc de Touis vivait dans les v" et vi* sièchs.
HABACCC. — S'il était permis déconsidérer les prophètes comme fie siinfiles |»0(!tes irjs()irés de Dieu, (>n pourrait dire ipi'Habacuc est un des [treiniers lyriques de la Bible.
En effet, si l'e ithousiasmc de la conception, la granrieur des idées, la majesté (les images et la hardiesse de rex[)ression constituent la (u-rfeclion du genre lyrique , on ne peut en refuser la [talme au [trophèle, ou pour mieux 'lire, on ne peut s'empêcher de reconnaître que le Saint-Ksprit lui a dicté, pour transinettrr; ses inspirations, les formes ies plus magnifiques, et l'élocutio.i la plus fM')rrq)euse.
L'.irne opf)ressée du si»eclaclc de la [irosfj/îrilé de l'impie, Hibacuc di-Kiandt! au Seigneur: «Juxques hquarifl durera l'épreuve f;l se (»rr. longera le scuidahî ? ./ I,a gloire des Chaldéens lui n()pnrait corri:rie un sinistre météore. Di<;u les n hissés .s'élever pour le f:li/1timent dr- son ()euple : celte racecrur-lle, n\ix coriquètf.'S rapidr-s,. s'étend irisolr-iiimerit sur foule la surf.ice de In terre, et s'empare des liabilatioris rpij ne lui appart(Miai<'nl pa.s. Mais ell" porle e i elIe-mèiiK- les causes de
sa nerte [irochaine, sa ruine h venir la travaille comme un mal rongcnir.
" Ses chevaux sont h'gers comme des léo- (lards, ils s'élancent comme les loups du soir : SCS cavaliers fianchisse?it l'«'space, ils volent comme des aigles (pii ont faim.
« Ils courent tous où les attire la [iroie ; leur faf:e est comme le vent (pii brûle, et ils rass(!ml)lenl les esclaves comiiu! le Simouiu rassemble dfs amas de sable.
» Mlle Irioiiiphera des rois, et les maîlres du mimikIi; seiont ses bouH'oiis: elh; rira d(^ touti'S les murailles, elle empoit(;ra les forteresses et prendra les villes.
" Puis le vent changera : elle [)assera, (dio lombcra comme la l<niipèt(! (iiii s'apaise. r(;lle est toute la force de son Dieu! »
C(;ll<' magiiiriipu; iiuag(! de la force avrnigle se lrouv(;dius h; prcniiier cha[)ilre. Nous ne chcrclMnons pas fi «vi faire ressortir la Iteauté. Cf.'Ite nalion comparée au vent du désert, rasseiid)lant des esclaves comme do la poussière, renversanl les rcnnparts, r(nn- |tlissant les villes, puis tombant tout h coup comimr le vi'ut nui changes préscnile une do CCS images (|ii on clM-rcherail vainounnit
dis
IIADAflC
IIARDOLIN
dans les auteurs profanes. Il faul iMre élevé bien haul par Tiiispiration |>our voir tourbillonner et mourir ainsi les j^ranJs agitateurs iK- la terre!
Dès le premier verseï du sercid chapitre nous vovons en elT t ijue l'esprit du piophète se plare sur des hauteurs et que Ih, comme une sentin< Me , il écoute les ordres de son Dieu. Du haut de celte élévalitn, il laisse tomber sur ks oppresseurs de son peuple les sentences ijue lui dirle la justice suprême. « Non! linjustice ne triomphera [VIS Ji jamais sur la terre. La Vî^rilé qu'on s'etTorce de tenir captive se fera jour et jwrlera |>ar toutes les voi\ de la nature. I>a pierre des murailles criera, et le bois qui compose la charpe ife des édiiiees répondra au\ clameurs de la pierre. Midheur à ceui qui cimentent avec du sang réditiee de leur orgueil 1 Les nalions conjurées rontre 1 juslice s'épuisent en vains elforts; elks travaillent dans le vide et le néant sera la polmede leur triomphe... • Que de grandeur et de vérité dans ces imajjesl
Mais écoutons comment le prophète com-
Eaie h vanité des idoles à la grandeur du ieu vivant : * Malheur à celui qui dit au bois : Réveil'e-loi, et qui dit, lève-toi, à la pierre muette! Est-ce que la pierre pourra lui enseigner qu«'!que chose? Vojez ce simulacre: il est tout couvert d'or el d'argent, mais dans ses entrailles, pas un souflle de vie! Cependant le Seigneur est i.ai.s son saint temple : que devant sa face se taise l'univers entier! «11 semble que l'enthousiasme Ivriqnc ne puisse s'élever plus I aut et cependant il reste un chapitre encore.
Ce chapitre est intitulé dans la Vuigale Oratio Habacuc prophettp pro ignorantiis ; prière du prophète Habncuc |K»ur les péchés d'ignorance. C'e^l un chanta la manière des psaumes, composé en grands vers et sur le nifKlt tvrien. Là se trouvent peut-être les plus grandes hardiesses de langage qui soient dans la Bible tout entière. On y voit le Tout-Puissant «jui se lève comme le soleil dans toute sa splendeur; il tient sa force cachée dans ses mains, la mort fuiî devant lui. et l'esprit du mal est chassé devant sis pieds. Il s'arrête et il mesure la terre, l' regarde et il dissout l'S nations; les montagnes du siècle sont . les collines du monde s'inclinent - ^ de son é.crnité!... Les (leures <Ji l.i ic;re se «léchirenl el séparent leurs eau\: les nioiitagnes le voient el sont en travail... le gouifre d -s
Mu\ se dessèche et tarit L'abime fait
entendre sa voix : l'immensité éteniJ s s mains. ...\rn*ton>-nous ici : de pareille* b.aulés ne s'analysent |»as, et il fju Jr.nt bk^n se fcarder surtout de les pr<»p<»scr pour mod»-les. I-e stiblirae se trouve el no s'imi^e j^as ; el d'ailleurs la jeun- se est as>i'z f»orir>i' à admirer surtout l'éirang 1/' ! •«
et ce qu'il y a d'niattendu ■; prochements. Mais vouloir paii r aiiiM >.jns u le ins iration pareille, qu'd sera t bien téméraire d'esp'rer, ce serait I-t ' ' l'eiiflure et |>ar suite d-in* toutes 1
lions du mauvais goût. C'est du roste contre cet écueil que sont venus se Iwurler tant de jeunes écrivains de l'école dite romantique, et qui ont vou u par e gouement ponr le Géuir ilu rhristiftniiine de .M. de Châteaub.iand imiter la littérature delà Bible. {Voy.
CH4TE*1 BKI*>D. )
Il faul lire en entier la prophétie d'Hahacuc, en suivie toutes les pensées, en étudier toutes les images, pour admirer dans loutp sa pompe la r chesse du langage que l'esprit de Dieu lU't dans la bouch»-de ses propliètes. C'est un éblouissement d'images, grandes, terribles, ravissantes. On entend le f émisseinent des peuples que le pie«l du Seigneur écrase, le soleil el la lune s'arrêtent et se cachent dans le ciel conjiiiedans leur lente; ils sont illuminés par les éclaiis des tlèches du guerrier éternel, ils marchent à la splendeur de sa lance, les coursiers céle>tes se font une voie à travers les (lots de la mer, leurs pieJs labourent le fond de l'Océan et en p< Irisse il le limon comme dp la fange : on reste éloijné devant des traits aussi gigantesques el le luonip j>araîl bien petit dans I immensité de ( elte lumière.
Le but de la prophétie d Habacuc paiait avoir élé ue fare rentrer les Juifs en cu\mêmes et d'humilier l'orgueil des Chaldéens. Il an lOn.e la déli\rance pnxhaine des Juifs par C\rus, cl c^lie du monde entier par Cet l.umbie lils d'une Vierge qui sera plus grand que lous les rois el que dans la Vuigale il nomme déjà par son nom en l'apjiclant son Dieu : Ego autrm m Domino gaudrhn : et fxultabo m Deo Jtsu tnro !
HAKDOlIN. — Le P. Hardouin, savant jésuite du ivii' siècle, s'est rendu célèbre par son érudition et ses [paradoxes liiiéraires. 11 avait cru découvrir que lous les auteurs anciens dont n«ms possédons bs ouvrages n'étaient que des |>oeudonymes , el que leurs prétendus écrits avaient été forges au XIII' siècle |»ar une scK-iété se» rèln d'aliiées, qui se pmp saient par là d'anéantir le chri>tianisme.. Il n'exceptail de cet étrange jug nu ni que les ouvrages de Cicéron , rH;>loire. Naturelle de Pline, les Georgiques de Virgile , les Satires el les Epiires d'Horace, el quelijues autres du iiièiiie genre. Il «rovjiii avoir InMivé me clil de tous - «gcs prélendas su;>-
|M»sés, et les ; à sa manière fiar
d'in. loyablcsaïuc. Il >. .\inM dans IKiH ide. Troie aurait été Je usalem , el rétablissement d'Enée dans l'Italie, représenterait le triomphe de la religion chrétienne. Je ne sais Irop ce qu'il en concluait dans l'iiitéiêt des al ées , auteurs de celle supi»<isitioii. M- - ne trouverait-on |»as dans n'im-
1 livre a.eo un système pareil d'm-
lerprciation ♦ On aurait pu facilement s^us doute, an moyen des mêmes preuves el de similitudes tout aii>»i concluantes, lui prouver à lui-même qu'il était un P. Hardouin .1 que les athées avaient inventé » lie poiir arriver adroitement à la
• 1 de l'authenticité des livres saints. I ihées éldicnl l'idée tixe de ce pauvre
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