GOB
d'Autun, Talleyrand-Périgord, sur le refus de l'archevêque de Sens et de l'évêque d'Orléans. Gobel publia, en prenant possession de son siège, une lettre pastorale, dans laquelle il s'attachait à prouver que les élections populaires étaient seules conformes à l'esprit de l'Evangile et aux usages de la primitive Eglise. Le 18 septembre de la même année, il fit paraître un mandement dans lequel il félicitait Louis XVI sur son acceptation du pacte constitutionnel. Cependant, poursuivi par ses remor is, il tenta de rentrer en grâce auprès du saint-siége, et écrivit à Pie VI, qui lui répondit en lui donnant des conseils que son ambition ne lui permit pas de suivre. En 1792, il eut recouis au marquis de Spinola, ambassadeur du gouvernement de Gênes en France, auquel il promit, dit-on, de rétracter son serment, s'il lui obtenait du pape une indemnité de 100,000 écus. L'ambassadeur refusa de se charger d'une mission aussi singulière, et Gobel s'associa dès lois au mouvement révolutionnaire avec toute la véhémence d'un démagogue. Il se mit tout à coup à la tête des jacobins les plus emportés, et poussa la tolérance pour le scandale au point de permettre à des ecclésiastiques mariés de continuer les fonctions du saint ministère. Cette conduite était vivement blâmée par les constitutionnels eux-mêmes. Deux curés, Beaulieu et Brugières, ayant voulu réclamer contre l'installation d'un prêtre marié, nommé Aubert, ne furent pas même écoutés. Gobel avait choisi ses amis parmi les athées les plus déclarés, tels que Hébert, Anacharsis Gloolz, Chaumette, Péreira. Il se présenta, le 7 novembre 1793, à la barre de la Convention avec treize de ses vicaires, et osa faire entendre ces paroles : « Aujourd'hui « que la révolution marche à grands pas « vers une fin heureuse ; aujourd'hui qu'il « ne doit plus y avoir d'autre culte public et « national que celui de la liberté et de la sainte « égalité, puisque le souverain le veut ainsi : « conséquent dans mes principes , je me « soumets à sa volonté, et je viens vous dé- « clarer ici hautement que, dès aujourd'hui, « je renonce à exercer mes fonctions de mi- « nistre du culte catholique. En consé- « quence, nous vous remettons tous nos ti- « très. » Gobel déposa sa croix et son anneau sur le bureau du président. L'assemblée lui donna alors les plus grands éloges, et le bonnet rouge fut placé sur sa tête. Cet acte de démence ou d'insigne lâcheté de la part d'un prélat presque septuagénaire donna le signal à toutes les profanations et apostasies qui suivirent, et Gobel sembla prendre à tâche de favoriser partout la licence. 11 fut chargé d'une mission révolutionnaire pour Porentruy, et l'on prétendit ensuite qu'il s'était enrichi et qu'il avait pillé les meubles de l'évêque de Bâle. Cependant Robespierre, qui avait pris en aversion tous les athées, le fit arrêter avec Chaumette, le nomédien Grammont et Quelques autres. Dans la solitude de sa prison, Gobel se sentit plus fortement que jamais agité par les remords
de sa conscience, et il adressa par un inconnu à M. Lothringer, un de ses vicaires; sa confession par écrit avec le billet suivant, qui prouve qu'il était revenu sincèrement de ses erreurs, dues en partie au peu d'énergie de son caractère : « Mon cher abbé, je « suis è la veille de ma mort ; je vous envoie « ma confession par écrit. Dans peu de « jours je vais expier, par la miséricorde de « Dieu, tous mes crimes et mes scandales « contre la sainte religion. J'ai toujours ap- « plaudi dans mon cœur à vos principes. « Pardon, cher abbé, si je vous ai induit en « erreur. Je vous prie de ne point me refu « ser les derniers secours de votre minis- « 1ère, en vous transportant à la porte de la « Conciergerie, sans vouscompromett e ; et, « à ma sortie, de me donner l'absolution de « mes péchés, sans oublier le préambule : « Ab omni vinculo excommunicationis. Adieu, « mon cher abbé ; priez Dieu pour mon « âme, afin qu'elle trouve miséricorde de- « vant lui. J.-B. G. évêque de Lydda. » Gobel périt sur l'échafaud avec Chaumette, Grammont et plusieurs autres fameux révolutionnaires, le 13 avril 1794, à l'âge de 67 ans.
GOBIEN (Charles Le), jésuite, de Saint- Malo, fut secrétaire et procureur des missions, et mourut à Paris en 1708, à 55 ans. C'était un homme d'un esprit plein de ressources, d'un caractère actif, et un assez bon écrivain. Nous avons de lui : L'histoire des îles Mariannes, 1700, in-12 ; le commencement des Lettres édifiantes, dont il y a 34 recueils in-12, et dont on a. fait une nouvelle édition en 24 vol., Paris, 1781, qui offrent des détails intéressants sur l'histoire naturelle, la géographie et la politique des états que les jésuites ont parcourus. Le P. Le Gobien entra dans la trop fameuse querelle entre les missionnaires, sur le culte que les Chinois rendent à Confucius et aux morts. Les éclaircissements qu'il a donnés à ce sujet, se trouvent dans les Nouveaux mémoires sur Vétat présent de la Chine du Père Le Comte, en 3 vol. in-12 (Voxj. Tournon). Le 3' vol. de cet ouvrage est entièrement de lui. Il est composé des Lettres sur les progrès de la religion à la Chine, 1697, in-8° ; et de ïHisloire de Védit de l'empereur de la Chine, en faveur de la religion chrétienne, et éclaircissements sur les honneurs que les Chinois rendent à Confucius, Paris, 1698. in-12.
GOBINET (Charles), principal du collège Duplessis, docteur de Ja maison et société de Sorbonne, né en 1613 à Saint-Quentin, instruisit pendant quarante-trois ans la jeunesse confiée à ses soins par ses exemples et par ses ouvrages. Les principaux sont : Instruction de la jeunesse, 1655, in-12 ; trèssouvent réimprimée ; Instruction sur la pénitence et sur la sainte communion,l661 ; 8' édition, 1725, in-12 ; Instruction sur la vérité du saint sacrement, 1667, 1691, in-12; Instruction sur la religion, in-12 ; Instruction chrétienne des jeunes filles, 1682, 1709, in-12; Instruction sur la manière d'étudier^ 16S9, 1690, in-12# etc. Tous, ces ouvrages