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sont augmentées dans cette dernière édition, l'abbé d'Olivet à qui l'auteur les avait con-
et es paradoxes v sont un peu moins mul- liés. En 1760 , il a paru à Londres un volume
linliés L'ouvrase est exécuté d'ailleurs avec in-8% intitulé : /. Hardutm , ad censuram
hMiirouD de sagacité et d'exactitude. La velerum scnptorum, Prolegomena. Il fortifie
Chronologie rétablie par les médailles, en 2 vol. dans cet ouvrage son système sur les a.i-
in-V, Paris, 1697, en latin. C'est dans ce li- ciens, maigre la rétractation quil avait été
vre , supprimé dès qu'il parut , que l'auteur contraint d en taire en 1707 On ne saurait
débite son système insensé sur la supposi- prendre le travers plus ingénieusement ni
.. ?__ ,___./ , i, „.:„.. ;t.< tt — /,j;ii.n,iÛC nlii*; snvnmment. On neut . pour plus de de-
une pension. Il est d'autant plu~
que l'auteur se fût chargé de cette entre- ont mérité cette épitaphe , qui peint assez
prise, qu'il pensait que tous les conciles te- bien cet homme à la fois dévot et pyrrho-
hus avant celui de Trente étaient tout au- men, adorateur et destructeur de 1 antiquité,
tant de chimères. Si cela est , mon Père , dit prodige d'érudition, en anéantissant tous les
un iour le P. Le Brun de l'Oratoire au je- monuments des connaissances humaines.
suite, d'où vient que vous avez donné une Elle est de Vernet, professeur de théologie
édition des Conciles ? — Il n'y a que Dieu et à Genève :
moi qui le sachions, répondit Hardouin. Cette In expectatione Judicii,
édition imprimée au Louvre en 1715 , à Homin.nn.Soxotatos,
grands frais, en 12 VOl. în-tol. , et dont On Nalione Gallus, religione Romanus,
estime la table, est une réimpression aug- Orbis liuerati portemum :
méritée de l'édition précédente du Louvre , Venerand* aatiquitaiàs cuttor ei destructor,
1644 , 37 vol. in-fol. Le débit en fut arrêté goumia el |nJK«5ïïeISv.ig«»ii. edidit,
par le parlement, sur le rapport des doc- scepticum pie egit.
teurs Witasse , Pirot, Dupin , Anquetil, Le Credulitate puer, audaciajuvenis.deliriissenex.
Mené, nommés pour l'examiner. Le résultat qu pa traduite ainsi en français :
de cet examen fut que cette compilation paus l'aUente du jugement.
renfermait plusieurs maximes contraires a Ci-sdt un prodige étonnant,
celles de l'église gallicane, et que" le compi- Enfantée fÈgttee romaine,
lateur avait écarté plusieurs pièces essen- t^ffiS^^ffl^
tielles et authentiques , pour mettre a leur soutieni ei détruit tour à tour,
place des pièces futiles et fausses. L'auteur Dans les accès de sa docte folie ,
fut obligé de faire beaucoup de change- La vénérable antiquité :
ments, qui produisirent plusieurs cartons LeHa^s f. uu/de s^ iL«
qu'on ne trouve pas facilement. Cette col- Sur le ton de la \ériié.
lectioil est moins estimée que celle du P. Par des nœuds secrets il allie Labbe, quoiqu'elle renferme plus de 23 coii- Le ^^mot^è^Sfdire : ctles qui n avaient pas encore été imprimés. Enfalll par sa crédulité, La raison en est que le P. Hardouin en a Dans l'âge bouillonnant par sa témérité, écarté beaucoup de pièces qui se trouvent Vieillard par son délire, dans celle du P. Labbe. Un Commentaire sur Quelle qu'ait été la manie du P. Hardouin, le Nouveau Testament, in-fol., publié à Ams- on reconnaît toujours qu'il eut un mérite des terdam et à La Haye en 1741, ouvrage rem- plus distingués; les paradoxes qu'il a soutepli devisions et d'érudition, comme tous nus n'ont pu faire nier l'étendue de ses conceux de l'auteur. 11 y soutient que Jésus- naissances. Son édition de Pline fait encore Christ et les apôtres prêchaient en latin, la base de tous les travaux dont ce grand Une savante édition des Harangues de Thé- naturaliste est l'objet; et le texte de cette mistius; Opuscula selecta, imprimés en Hol- édition, ri connu pour le meilleur, a servi à lande en 1709 , in-fol. ; Opuscula varia, jjIus l'édition des Classiques latins publiés par recherchés que les précédents. Ils lurent Lemaire. Il faisait, on ne peut le méconnaipubliés après sa mort eu 1733, in-fol., à Ams- tre , un grand abus de sa science; mais elle terdam , chez du Sauzet , par un littérateur était si vaste et si solide, en un sens, que, setrès-connu, à qui le P. Hardouin, son ami, Ion l'expression du docte Huet , « il a traavait contié plusieurs manuscrits. L'écrit le « vaille quarante ans à ruiner sa réputation, plus considérable de ce recueil , tant par sa « sans pouvoir en venir à bout. » singularité que par sa longueur, a pour ti- HARDT (Hermann von der), orientaliste tre : Athei detecti. Ces athées sont des hom- distingué, né en 1G60, à Melle en Westphames célèbres, la plupart bien chrétiens, qui lie , étudia dans les universités d'Iéna et de ont osé dire non-seulement que Dieu était Leipzig , et professa les langues orientales la vérité , mais que la vérité était Dieu : ce à celle d'Helmstadt. Il fut recteur du gymqui, suivant le P. Hardouin, est une preuve nase de Marienbourg , en 1709, et mourut sans réplique de leur impiété. Quelques au- dans cette ville le 28 février 1746 Parmi ses très ouvrages imprimés sur la dernière Pâ- ouvrages on remarque : Autographa Lutheri que de Jésus-Christ, 1693, in-4° ; contre la aliorumque celebrium virorum ab anno 1517 Validité des ordinations anglicanes , par Le ad annum 154G,etc, Brunswick, 1690-1691, Courayer, 2vol.in-12; et plusieurs manus- Helmstadt, 1693, 3 vol. in-8° ; Mag. Conscrits déposés à la bibliothèque du roi par tantiense concil. de universali Ecclesiœ re-
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formatione, unione, et fuie , Francfort , 1697, 3 vol. in-folio, 1700-1742, 0 vol. in-folio; llistoria litteraria rrformalionis , Francfort , 1717, 5 parties in-folio qui se relient en nu volume; Enigmata prisci orbis, etc., Helmstadt, 17-23, in-folio; Tom. primus in Jobum, historiam populi Israelis m assyriaco exilio, Saniaria eversa et regno extincto illustrons , Helmstadt, 1728, in-folio, etc. — Richard von ilcr Hakdt, son frère, est connu par des Lettres latines, 1703- 1707 , in-4"; et par une Holmia litterata,'-!' édition, Stockholm, 1707, in-4°.
HAREL ( Marie - Maximilieh ), né le V février 17'i9 à Rouen , prit de bonne heure l'habit des pénitents du tiers-ordre de Saint- François , et y prononça ses vœux sous le nom de Père Èlie. Après avoir reçu le grade de docteur en théologie , il devint gardien du couvent de Notre-Dame de Nazareth, près le Temple à Paris, se lit connaître avantageusement par son talent dans la chaire, et publia en faveur de la religion plusieurs ouvrages. La révolution l'ayant obligé d'émigrer, il desservit une petite paroisse dans les Alpes pen laut plusieurs années. Après le concordat, l'abbé Harel devint vicaire de Saint-Germain des Prés , et prêcha dans la plupart des églises de Paris. Il mourut le 29 octobre 1823 , laissant : Voltaire , particularités curieuses de sa vie et de sa mort, Porentruy , 1781, in-8° ; réimprimé avec des Réflexions sur le mandement de MM. les vicaires-généraux , administrateurs du diocèse de Paris , contre une nouvelle édition des OEuvres de Voltaire, Paris, 1817, in-8°, et traduit en allemand ; La vraie philosophie, Strasbourg et Paris , 1783, in-8° ; ce livre est divisé en trois parties , savoir : de Dieu , de l'Eglise , de l'incrédulité ; Les causes du désordre public , par un vrai citoyen, Paris , 1784, in-12; 4e édition, 1789 : l'auteur n'y mit pas son nom ; Histoire de rémigration des religieuses supprimées dans les Pays-Bas, et conduites en France par M. l'abbé de Saint- Sulpice , rédigée d'après les mémoires de cet abbé , Bruxelles, 1784-, in-12 , anonyme ; Vie de Benoît- Joseph Labre, mort à Rome en odeur de sainteté , trad.de l'italien de Marconi, Paris, 178V, in-12, anonyme; L'esprit du sacerdoce , ou Recueil de réflexions sur les devoirs des prêtres, Paris, 18i8, 182V , 2 vol. in-12. L'abbé Harel était .membre de l'académie des Arcades de Rome.
HARENBERG ( Jean-Chuisto.he) , orientaliste et théologien protestant , naquit en 1G96 à Langeuholzen , près d'Hildesheim. Il montra dès son enfance de grandes dispositions pour les sciences; et après avoir étudié la théologie , l'histoire et les belles-lettres, il professa les éléments des langues orientales à l'université d'Uelmstadt. 11 fut nommé en 1720 recteur de l'école du chapitre de Gandersheim, et en 1733 inspecteurgénéral des écoles dans le duché de Wolfenbuttel. En 1745 il enseigna l'histoire ecclésiastique et la géographie pratique au collège Carohnum de Brunswick. Harenberg était ,depuis plusieurs années prévôt du monas-
tère de Saint-Laurent, près de Schœningen, lorsqu'il y mourut le 12 novembre 177V. Il mit en ordre les titres du chapitre de Gandersheim , lorsqu'il était recteur de l'école qui y est établie. On lui doit un grand nombre d'ouvrages sur lesquels on peut consulter le cinquième volume de l'histoire des auteurs virants par Ralhlef, p. 9V et 144, et Y Histoire de l'érudition, parStrodmann, t. V, page 230-253, etc. Nous ne citerons de ses ouvrages que les principaux qui sont:/n~ troduclion succincte à la théologie ancienne et moderne de l'Ethiopie, et surtout de l'Abyssinie , publiée en allemand, sous le nom d'AdolpheWindhornt Helmstadt, 1719, in-4°; De lenitate frigoris hiberni in Ger mania sensim crcsccnte, Goslar, 1721 , in-4"; De globi crucigeri imperialis origine et falis prœcipuis, Hildesheim, 1721, in-4"; Jura îsraeVtarum in Palœstina, Hildesheim, 1724, in-4°; Jlistoria ccclesiœ Gundersheimensis cathedralis ac collegiatœ diplomatica, Hanovre , 1734 , in-fol., avec 43 planches. Haï enberg répondit aux critiques qu'on fit de cet ouvrage en publiant : Vindiciœ Harcnbergiuiiœ, Francfort et Leipzig, 1733, in-V"; Histoire pragmatique de l'ordre des jésuites , depuis leur origine jusqu'au temps actuel, Halle et Helmstadt, 1760, 2 vol. in-8° ; Explication de Y Apocalypse, Brunswick, 1759, in-8°.
HARLAY (François de ), naquit à Paris en 1625, d'Achille de Harlay , marquis de Champvaion. Son zèle pour la conversion des protestants, ses succès, ses sermons, la prudence avec laquelle il gouverna l'archevêché de Rouen, lui valurent en 1671 celui de Paris. Il tint des conférences de morale, convoqua des synodes, donna des règlements salutaires, publia des mandements, et présida en chef à plus de dix assemblées du clergé. Louis XIV lui préparait un chapeau de cardinal, lorsqu'il mourut d'apoplexie en 1695, à 70 ans. Son éloge fut prononcé dans l'assemblée du clergé de cette année. L'abbé Le Gendre, chanoine de Notre- Dame, a écrit sa Vie, Paris, 1720, in-4°, en latin. On trouve le portrait de ce prélat, tracé avec autant de justesse que de mesure dans ['Histoire de Fénelon, par M. de Bausset , 2e édition, tome Ier, [.âge 51, 55 et 327; tome II, p. 444. Il avait succédé dans le siège de Rouen à François de Harlay, son oncle , qui mourut en 1653, et de qui on a : des Observations sur l'Epître aux Romains , en latin, qu'il lit imprimer au château de Gaillon , en 16V1 , in-8" ; Ecclesiasticœ historiée liber, Pans, 1629, in-4", peu estimé; Manière de bien entendre la messe de paroisse, 2e édi— t.on , Paris , 1635 ; une Apologie , en latin , pour les catholiques, co.itre Jacques 1er, composée par l'oidre de Louis Xlli , Paris, 1625; Catéchi me des controverses , plusieurs fois réimprimé; Actaecclesiœ Rothomagensis, insérés dans les conciles de Normandie, etc.
HARLES (Théophile-Chjiistopue), savant philologue allemand, né àCulmbach en 1738, fut professeur de littérature grecque et orientale au gymnase de Gobourg ; il enseigna la philosophie et l'éloquence àErlang, devint
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bibliothécaire du séminaire théologique de cette dernière ville, et mourut en 1815, laissant de nombreux ouvrages parmi lesquels on cite : De prœcomim apud Grœcos officio , 1774; De pedantismo philologico, de galantismo œsthetico et philologico , Cobourg , 1765-68 ; les Vies latines des philologues , seconde édition, Brème, 1770-1772, sont estimées. Cet ouvrage offre un intérêt véritable: on y trouve des biographies , en général exactes et soignées des professeurs les plus distingués de cette époque ; Opuscula varii argument i , Halle, 1773; une édition fort estimée de la Bibliothèque grecque de Fabricius , Hambourg, 1790-1812; une Anthologie grecque poétique; neuf Dissertations sur la bibliothèque académique d'Erlang, Erlang, 1800-1809. On a encore de Ha ries des éditions de Cornélius Nepos ; de Coluthus joint au Plut us d'Aristophane; de Valérius Plaçons, des Verrines de Cicéron , et de ses dialogues De oratore; de Moschus, de Dion et de Théocrite. On trouve dans ce dernier quelques notes de botanique qui sont assez utiles; plusieurs Dissertations insérées dans la Bibliotheca Bremensis , où il explique divers passages difficiles de l'Ecriture sainte.
HARMENOPULE ( Constantin ) , savant jurisconsulte grec du Bas-Empire , naquit à Constantinople en 1320 , et était parent par sa mère, de l'empereur Jean Cantacuzène. Il occupa successivement plusieurs places importantes à la cour de ce monarque, futnréfet de Thessalonique et grand chancelier (nomophylaque ) sous le rè'^ne de Jean Paléologue , et mourut en 1383 , laissant les ouvrages suivants , écrits en grec , et dont nous donnous les titres d'après les traductions latines : Promptuarium juris civilis , seu manuale legum dictum exabiblos , publié d'abord en grée par Adamœus , Paris, 1539 , in-4° , sous le titre de npô/juov Nôuuv ; traduit en latin par Bernard Rey, Cologne, 1547, in-8°, et par S. Mercier, Lyon , 1556, in-4° ; Epitome divinorum et sacrorum canonum , publié en grec avec la traduction latine de Leunclavius, dans le Jus grœco-romanum de Marquard Freher , Francfort , 1596, in-fol. ; De opinionibus hœrcticorum qui singulis temporibus exstiterunt, traduit en latin par le même, et inséré, texte et traduction, également dans le Jus grœco-romanum. De fîde orthodoxa libellus , qu'on joint ordinairement à l'ouvrage précédent. On a encore d'Harmenopule plusieurs autres ouvrages qui n'ont pas été publiés, et sur lesquels on peut consulter Lambecius.
^ H ARMER (Thomas), théologien anglais, né l'an 17J5 àNorwich, mort en 1788, ministre de Waterfield, dans le comté de Suffolk, appartenait à une secte de dissidents. Il laissa plusieurs ouvrages dont les théologiens anglicans vantent l'érudition , entre autres des Notes sur le Cantique de Salomon ; et des Observations sur divers passages de l'Ecriture, 1764; revues et augm., 1776,2 vol. in-8° ; souvent réimprimées depuis.
HARNEY (Martin), né à Amsterdam, le G mai 1634, étudia en philosophie à Lou-»
vain, et entra chez les dominicains en 1650 Il enseigna dans son ordre avec beaucoup de distinction, y occupa les emplois les plus importants, fit trois fois le voyage, de Rome, et mourut a Louvain le 22 avril 1704. Il jouit de l'estime des papes et des cardinaux, et de la confiance du célèbre Humbert de Précipiano, archevêque de Malines. Profondément instruit dans les sciences théologiques, il se servit de ses connaissances pour combattre l'hérésie jansénienne qui troublait alors l'église belge, et composa différents ouvrages en faveur des décrets émanés du saint-siége. Un des plus connus est son traité àc-T Obéissance raisonnable des catholiques des Pays-Bas, par rapport à la lecture de l'Ecriture sainte en langue vulgaire, examinée à fond, et démontrée, contre monsieur A. A. (Antoine Arnaul I) dans son Traité de la lecture de VEcriture sainte , avec quelques pièces authentiques, relatives à la matière, en flamand, Anvers, 1686, in-12. Les défenseurs d'Arnauld lui opposèrent 12 lettres. Mais il établit son sentiment avec une nouvelle force dans sa dissertation : De lectione gallicœ translations Novi Testamenti, Montibus impressa, etc. , et publia en latin son traité flamand, sous le titre : De sacra Scriptura linguis vulqaribus legenda, rationabile obsequium Belgii catholici , 1692, in-12. Les jansénistes continuèrent à l'attaquer, mais les gens sensés jugèrent que cette controverse était déci !ée en sa faveur par la raison , l'autorité et une multitude d'événements que présente l'histoire ecclésiastique. Les phi'osophes mêmes et les protestants conviennent aujourd'hui de la sagesse des règles établies à ce sujet chez les catholiques. « Je trouve très-sage, dit « J.-J. Rousseau, la circonspection de l'E- « glise romaine sur les traductions de l'E- « crituro en langue vulgaire ; et comme il « n'est pas nécessaire de proposer toujours « au peuple les images a'iégoriques du Can- « tique des cantiques, ni les malédictions de « David contre ses ennemis , ni les rai- « sormements de saint Paul sur la grâce, il « est dangereux de lui proposer la sublime « morale de l'Evangile dans des termes qui « ne rendent pas exactement la pensée de « l'auteur : car, pour peu qu'on s'en écarte, « on prend une autre route, on va très-loin. » David Hume nous apprend qu'en Angleterre, après la naissance de la prétendue réforme, on fut obligé d'ôter au peuple les traductions vulgaires de l'Ecriture sainte, à cause des conséquences qui en résultaient, et du fanatisme que cette lecture entretenait. « Dans aucune école de philosophie, dit un « auteur judicieux, on ne s'est avisé d'in- « struire les élèves en leur mettant seule- « ment à la main Jes écrits du fondateur de « la secte ; on n'espéra jamais former des ju « risconsultes par la simple inspection des « lois , des médecins par la seule lecture « d'Hippocrate, ni des géomètres sans autres « secours que les éléments d'Euclide. On « sent que tout livre quelconque a besoin « d'explication, surtout pour les comnien-
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« çants ; que les insu u cl ions de vivo voix « aplanissent le chemin, et préviennent les « méprises, si quelques génies supérieurs
« se sont instruits par les livres sans le se- « cours d'aucuns maiire.s, ces exemples très- « rares ne font pas règle pour tous Les hoino mes. » Voy. Bustochium.
Il \BPH1FS (IIkmu), écrivain mystique, né au bourg de Herp ou Erp dans la Campine , fut provincial des franciscains de Flandre, et supérieur delà maison de cet ordre à Matines, et mourut dans cette ville eu 1478. Plusieurs grands maîtres de la vie spirituelle, entre autres le cardinal Bona et dom Mabillon, le citent avec honneur, et il occupe en ell'et une place distinguée à côté des Busbrœek et des Taulère. Son principal ouvrage est sa Théologie mystique, divisée en trois livres, qui parut en llamaud, o Anvers, 1502, et en latin à Cologne, 1538 et 1553. Comme plusieurs passages de ce livre auraient pu donner o'-casion à des interprétations fâcheuses, ils furent supprimés dans les éditions qui parurent à Rome, en 1585, à Brescia, en 1601, à Cologne, en 1611, etc., ainsi que dans la version française qu'en lit J.-B. de Machault, sieur de La Mothe-Bomaincoui f, Paris, 1617, in-4°.
HABPSF1ELD (Nicolas), historien et controversiste anglais, étudia les belles-lettres et plus particulièrement le droit canon dans le Nouveau Collège d'Oxford, fut nommé en 1544 principal de l'école de droit appelée Whitehall, et devint deux ans après professeur de grec dans l'université. Après avoir pris le grade de docteur en théologie, il devint archidiacre de Cantorbéry. Le refus qu'd lit de se conformer aux changements apportés dans la religion, au commencement du règne d'Elisabeth, fut cause qu'il fut privé de ses places et de ses bénéfices, et enfermé à la Tour de Londres, où il mourut après vingt ans de captivité, en 1583. Pendant sa longue détention, il écrivit plusieurs ouvrages, savoir : Dialogi sex contra summi pontificatus, monasticœ vitœy sanctorum, sacrarum imaginum oppugnatores et pseudomartyres, publié sous le nom d'Alan Cope, Anvers, 1566, in-4" ; Historia anglic nia ecclesiastica, a primis gentis susceptœ fidei incunabulis ad nostra fere tempora deducta, publiée par le P. Bichard Gibbon, Doirai, 1622, in-fol. Le manuscrit autographe ue ce savant et intéressant ouvrage se conserve dans la bibliothèque Cottonienne ; Historia hœresis Wicklefianœ, jointe à l'ouvrage précédent ; Chronicon a diluvio Noe ad annum 1555, en vers latins ; lmpugnatio contra bullam Honorii papœ primi ad Cantabrigenscs ; Traité sur le mariage, composé à l'occasion du prétendu divorce entre le roi Henri VIII et la reine Catherine, en 3 livres. Cet ouvrage resté manuscrit, se conserve dans la bibliothèque du Nouveau Collège d'Oxford ; une Vie de Cranmer. — Son frère, Jean Hakpsfield, docteur d'Oxford, fut successivement chapelain de l'évoque Bonner, archidiacre de Saint-Paul de Londres, doyen de Norwich, et mourut en 1578. Comme son frère,
et pour la même cause, il fut mis en prison, mais |,i liberté lui fut rendue au bout d'un an, sous caution. On a de Jean : Concio ad clerum in ecelesittSancliPauli, 16 OCt. 1553; Homélies, pour être lues dans les églises du diocèse de Londres, imprimées a la suite du catéchisme de l'évêque Bonner, en 155V ; Thèses soutenues pour recevoir le degré de docleur en théologie, en 1554; des Disputes, des Discussions et des Lettres, imprimées dans le recueil des Actes et des Monuments de Jc;m Fox.
HARRINGTON (JteAw), poëte anglais sous Elisabeth et Jacques 1", naquit vers 1561, à Kelston dans le comté de Somerset. 11 s'esi fait un nom par son livre tVLpigrammes, et par une bonne traduction en anglais du Roland le Furieux de l'Ariosle. Thomas Park a donné en 1804, en 2 vol. in-8", une nouvelle édition des OEuvres de, Jean Harrington, considérablement augmentée et enrichie ;e notes et de mémoires biographiques sur l'auteur. Harrington écrivit aussi un livre contre le mariage des évéques, qui parut à Londres, 1653, et qui excita de violentes clameurs parmi les anglicans. L'auteur était mort en 1612.
HABTKNOCH (Christophe), savant historien allemand, fut professeur à Thorn, puisa Kumigsberg, et mourut en 1687. On a de lui De republica Polonica , libri II, Francfort, 1687, 2 vol. in-8°. Il traite, dans le premier livre, de l'histoire de Pologne : dans le second, du droit public de ce royaume. Cet ouvrage est estimé, quoiqu'il soit sans ornement et sans grâce. Description et histoire de la Prusse, enallem., Francfort, 178V, in-fol., avec fig. ; Histoire ecclésiastique de la Prusse, Francfort, 1«J86, in-4°, en allemand; De originibus Pomeranicis ; Chronicon Prussiœ, de Durbourg, enrichies de notes savantes, lén;i, 1779, iu-4°.
HABTMAN (Jean-Adolphe), naquît à Munster en 1680, de parents catholiques. Après avoir été jésuite pendant plusieurs années, il se fit calviniste à Cassel en 1715, et devint peu après professeur de piulosophie et de poésie. 11 fut fait en 1722 professeur d'histoire et d'éloquence à Marburg, où il mourut en 1744. Ses ouvrages les plus connus sont : Historia Hœssiaca, 1741-46, 3 vol.; Etat des sciences dans la Hesse, en allemand; les Vies de quelques papes, en latin. On comprend qu'un apostat ne les a pas traités de la Meilleure manière possible. Prœcepta eloquentiœ rationalis, etc.
HABTZHEIM (Jos;;ph), vertueux et savant jésuite, né à Cologne en 16 J4, d'une famille patricienne, après avoir enseigné les bellesettres, passa à }ùiian j our y étudier la théoogie, et eut en même temps la chaire de grec et d'hébreu. Durant le séjour qu'il fit à Borne, et dans les principales villes d'Italie, il lia amitié avec des savants célèbres , et particulièrement avec Muratori. De retour dans sa patrie , il enseigna la philosophie et la théologie, et fut 10 ans interprète de l'Ecriture, sur laquelle il donna chaque année des dissertations estimées et recherchées de
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