‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 156 sur 323 · HOG · texte numérisé non relu

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par R.-M. van Goens , et dont la seconde édition parut à Ulrecht, 1774, in-8°.

HOGIJE ( Louis-Gilles de La ), né à Paris le 16 janvier 1740, fit ses études ecclésiastiques à Laon sous la direction des prêtres de Saint-Sulpice, et son cours de licence à la Sorbonne. Ordonné prêtre on 1764, il fut charge en 1767 d' nseigner l'Ecriture sainte à la Soi bonne, et il occupa avechouneur cotte chaire pendant plus de vingt ans. En 1772, il fut nommé censeur royal, et il s'acquitta de ces fonctions délicates avec zèle et fermeté; toutefois on lui reprocha de s'être laissé quelquefois surprendre par les artifices des auteurs. Ses travaux sur la Genèse et sur l'Ecriture sainte ont principalement pour but de répondre aux difticultés proposées par les incrédules relativement à l'histoire sacrée. Il combattit aussi la révolution par «es écrits, et réclama avec ses collègues, le 16 novembre 1791, contre la décision en vertu de laquelle la Sorbonne fut fermée. 11 se vit obligé, à l'époq1 ie de la terreur, de quitter la France; sa fuite précipitée et le pillage de sa maison entraînèrent la perte de ses manuscrits qui étaient le fruit de ses recherches sur les livres saints. Après avoir couru les plus grands dangers, il arriva enfin en Angleterre, où l'évèque de Saint-Pol de Léon le nomma son grand-vicaire, et le chargea de la distribution des secours aux Français que la révolution avait proscrits. Appelé en 17^8 à la chaire de dogme dans le collège royal de Maynootk, près de Dublin, il se rendit en Irlande, où il reprit ses travaux de prédilection, et acquit une certaine influence sur le clergé de cette île à qui il faisait part de ses lumières. Ses infirmités l'obligèrent en 1810 de quitter l'enseignement; il continua néanmoins d1 rester en Irlande, malgré lesinsances qui lui furent faites à plusieurs reprises pour revenir en Fiance contribuer à la réorganisation du clergé. L'abbé de La Hogne mourut le 9 mai 1827. On a de lui : Entreliens entre un curé et son paroissien, brochure in-8°, pleine de réflexions solides, qu'il publia en 1791 ; Exposé des motifs qui ont déterminé le clergé de France à se retirer en pays étrangers, qu'il publia peu après son arrivée à Londres; Sanctus Cyprianus ad martyres et confessores, ad usum confessorum Ecclesiœ gallicanœ, Londres, 1794 , in-12, dont il donna une traduction française sous ce titre : Saint Cyprien consolant les fidèles persécutés de V Eglise de France, convaincant de schisme l'Eglise constitutionnelle, et traçant, à ceux qui sont tombés, des règles de pénitence, Londres, 1797, 2e édition augmentée; une édition française revue et corrigée de Y Imitation, connue* sous le nom de Beuil, mais qui est de Le Maistre de Sacy; une édition de la Journée du Chrétien, avec un Abrégé de la doctrine chrétienne, qui est de lui, et qui depuis a été souvent réimprimé; une édition augmentée de VJntroductio ad sacram Scripturam et compendium Historiœ ecclesiasticœ, 1811, in-12, ouvrage qui avait paru vers 1750, et qui a été 'réimprimé vers 1820, avec de nouvelles additions; une suite

de Traités de théologie, qu'il rédigea en Irlande pour épargner h ses élèves la peine de transcrire ses leçons, et qui ont paru depuis 1808 jusqu'en 1813. Ils ont été adoptés par plusieurs séminaires, même au dehors de l'Irlande. Ses Traités de la Religion et de l'Eglise ont été réimprimés à Paris en 1815 et

HOLBACH (Paul ïhyry, baron n'), philosophe du xvme siècle, naquit à Heidelsheim, dans le Palatinat, au commencement de l'année 1723, et fut élevé à Paris où on l'amena dès son âge le plus tendre. Il y reçut une instruction brillante, et se livra à la culture des lettres, des sciences et d^s arts. Il se lia de bonne heure avec les philosophes, et sa maison devint leur rendez-vous. Comme il était riche, il leur donnait à dîner tous les dimanches, méritant par là le titre de « premier maître d'hôtel de la philosophie ». Il continua ainsi pendant plus de quarante ans. Le fameux abbé philosophe Gal.ani lui écrivait de Naples le 7 avril 1770 : « La plriloso- « phie, dont vous êtes le premier maître « d'hôtel, mange-t-eile toujours d'un aussi « bon appétit?...» D'Holbach ( il faudrait de Holbach, mais l'usage de ne pas aspirer les noms étrangers a prévalu en France) était, ainsi que ses convives, si franc athée, que madame Geoffrin elle-même ne voulait pas les admettre dans sa société. D'Alembert se tint éloigné du baron d'Holbach; Butfou s'en sépara, et J.-J. Rousseau rompit ouvertement avec lui. Les philosophes se déchaînaient, en général, contre le christianisme; mais d'Holbach avait le triste honneur de les surpasser en impiété. « C'est en sapant les bases des lois et de la religion de sa patrie adoptive, dit un écrivain, qu'il reconnut les bienfaits de l'éducation et de l'hospitalité. L'orgu.'il fut le mobile de toutes ses actions, comme sa richesse de la réputation qu'il acquit. Le jour de la vérité s'est levé sur cet homme, et il ne saurait y avoir que mauvaise foi à répéter les éloges que lui donnèrent pendant sa vie et après sa mort les amis intéressés qui l'environnaient. >• Parmi eux se distinguaient Diderot et Naigeon. Celui-ci, qui passa près de 25 ans dans son intimité, écrivit après sa mort au rédacteur du Journal de Paris qui publia sa lettre le 9 février 1789 : que « le baron d'Holbach « pratiquait toutes les vertus qui font le plus « d'honneur à la nature humaine...; qu'il « avait cultivé toutes les sciences et reculé « les bornes de la philosophie, de la politique « et de la morale...; qu'il contribua par ses « traductions au progrès rapide de l'histoire « naturelle et de la chimie...; qu'à une cer- « taine justesse d'esprit il joignait une sim- « plicitéde mœursantiqueetpalnarcale,etc.»

Les philosophes, ses commensaux, et surtout Naigeon, son ami passionné, citaient de lui plusieurs bons mots que nous soumettrons, en partie, au jugement du lecteur.... « Une « grande aisance, disait-il, n'est qu'un ins- « trument de plus pour rendre le bien dura- « ble et pour l'embaumer. » En parlant des ingrats, il disait : « Je me contente du rôle

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■' >ec de bienfaiteur quand on m'y réduit : « je no cours point après mon argent; mais « un peu de reconn nssanoe me fa t plaisir, « quand ee ne sérail que pour trouver les « Autres tels que e désire. » En s'adressaol à Turgot, il s"t>\.|»iim. it ainsi sur sa C m ilile pendant son ministère : «Vo s meniez trèsci bien votre charrette, mais vous iw iez oublié « votre petite buitc de saindoux pour grais- « ter les essieux j » Voyant dans le jardin la comtesse d'Houdetoi le buste de Fénel n, au bas duqm I elle voulait mettre cette inscription : Fuist méchant, Féficlon te voit, le baron lui tlit : « Madame, Fénelon ne de- « v.iit pas l'air.- fuir l ' méchant, il devait le « ramener ». Cotte pensée est très-juste : et nous regrettons <pie son auteur n'ait trouvé quoique Fénelon qui t'eût ramené de ses nombreuses méchancetés contre le christianisme. Los amis du baron d'Holbach a surent qu'il était d'une simplicité extrême, que sa crédulité éla t puérile, eu ce qu'il accu illait les nouvelles les plus absurdes comme d'incontestables vérités. C pendant cette prétendue simplicité d'esprit ne s'étendait p s sur ses mœurs; il se Livrait avec excès à sa passion pour la table et pour les femmes, et tout naïf qu'il paraissait, il eut toujours l'ambition d'être le coryphée des philosophes français. !.es acolytes du baron vantai' ! aussi son habituelle sérénité d'âme; mais < lie se démentait assez souvent, témoin Jean-Jacques Rousseau, qui se plaint de lui pour en avoir essu.é, tout philosophe qu'il ('tait, et sans motif, les grossièretés les plus brutales. Nous ajouterons à ce fait ce que dit à Rousseau, Diderot, l'intime ami de d'Holbach : « Il faut lui pardonner un ton qu'il pi end * avec tout le monde, et dont ses amis ont « plus à souffrir que personne. » D'après une note de la Correspondante de G ri m m , ce pourvoyeur du bon appétit des philosoph 3 perdit un peu de leur amitié, lorsqu'il dut mettre quelque réforme dans sa cuisine, à l'o*coasion d'autres dépenses pour l'établissement de ses enfants. Le baron d'Holbach s'était marié fort jeune ; et sa première femm ; étant morte, il en épousa la sieur (Charlotte* Suzanne d'Aine, morte en 18H), après on avoir obtenu la permission de la cour de Rome. Los ouvrages de d'Holbach excitère. t des critiques et des murmures , non-sou 6* ment de la part des personnes bien pensantes, mais, à la fin, de plusieurs philosophes eux mômes. C'est vraisemblablement la raison pour laquelle il n'en a pas avoué la plus grande partie, il voulut anéantir ie principe fondamental de toutes les croyances, l'existence d'un Dieu qui se manifeste dans toutes les œuvres de la création. Qui pourrait dire, avec Naigeon, qu'il a reculé les bornes des sciences politiques, philosophiques et morales, celui qui a écrit ces deux blasphèmes : « Un Dieu immat rie], infini, immense, e.st •t une chimère composée par la théologie... « L'athéisme est le seul système qui pu sse « conduire l'homme à la liberté, an bonheur, « à la vertu. » Dans plusieurs de ses ouv. ges, il avait pour collaborateur Diderot, et

pour éternel panégyriste Naigeon, qui l'aimait (c'est lui-même qui le dit), le respectait et le pleura comme un père. CI aucun doses ouvra os n'atteste cette justesse d'esprit et dejug ment que ses amis ont vantée. Il mourut. In 21 janvier 1789, âgé de 66 ans, persua é, du moins en a parence, qu' I allait i ober 'ans h- i éaut comme le plus vil d i a imaux. Voici la liste des ouvrages dont il est reconnu être l'auteur : Arrêt rendu à philhéâtre contre la musique française, 1752, in-8°j Lettre à une dame dan certain âge sur l'état présent de l'Opéra, 1 l'y2, in-i2; Chimie métallurgique, dans laquelle »n trouvera la théorie et la pratique 'le cet art, Ira I. de l'allemand de G llert, Paris, 7{J8, 2 vol. in-12; Minéralogie, ou Description générale d s substances ou règne minéral, traduit de l'allemand de Wallerius, Paris, l7o;), 2 vol. in-12; & Antiquité dévoilée, refaite surl'écrit original, FiO-j, in-'i°, ei :J vo'. in-12; Le Christianisme dévoilé, ou Examen des principes et des effets de la relit/ion cJirétirnue, Londres, (Nancy, Le Cl rc), 17G7, in-12. Cet ouvrage parut sous 1. nom emprunté de Boulanger ; La Harj e l'attribua à Damilaville, mais il est prouvé maintenant que d'Holbach en est l'auteur. Dénoncé au roi, en 1770, ce livre fut prohibé par le gouvernement. C'est une diatribe remplie d'imprécations et do raisonnements aussi absurdes que rebutante contre la religion de Jésus-Christ. Ofl y prêche la tolérance, d'un ton d'intolérance que le fanatisme n'a jamais poité si loin. Bergier, dans son Apolog e de la religion chrétienne, l'a victorieusement réfutée. La Contagion sacrée, ou Histoire naturelle de la superstition, Londres, 1767, in-12, traduite de l'anglais de Jean Trenchard et de Thomas Gordon. Cet écrit fut coidamné par airèt du parlëmei I le 8 août 1770. L'auteur fait tous ses efforts pour y combattre la révélation, qu'il appelle un instrument fatal, mis en usige par l'ambition, afin d'opprimer la terre. Cependant les ar, umenls que le baron d'Holbach emploie pour combattre la révélation sont bien moins forts e convaincants que ceux que présente Newton pour la défendre et en prouver la réalité; et cela, quoique le mathématicien anglais ne f'U qu'un protestant, < t que d'Holbach fût né au sein du oathol cisme. La Contagion sucrée n été n imprimée en 1777, ii:-8", et insérée dans le premier volume d'une Hibliothêque philosophique, dont le second volume es1 < !;core <à paraître, ce qui prouve le peu de succès qu'obtint le premiei ; Esprit du clergé, ou Le Christianisme primitifvengé des entre/irises et des excèi de nos prêtres modernes, traduit de l'anglais de Trenchard et de Gordon, et refait en grande partie par d'Holbach, Londres; 1707, in-12. On aurait de la peine à faire la moindre analyse de cet ouvrage, fondé sur les calomnies les plus impudentes et les plus absurdes. On peut en di. e autant du suivant : De l'imposture sacerdotale, ou liecucil (/t. pièces sur le clergé, tradu t de l'anglais, et augmenté par le tradiif lewr,Lonures, 1757, in-12; David, oul'llis toire de l'homme selon le cœur de Dieu, tra-

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duit de l'anglais, 1768, in-12; Dernier chapitre du militaire philosophe, ou Difficultés sur la religion proposées ou Père Malebranche, 17G8, in-12; Examen critique des prophéties qui servent de fondement à la religion chrétictme,tr<\di'û(]v l'anglais de Col] ins, Londres, 1768, in-12; Histoire ancienne de la Russie, par Lomonosow, traduite en allemand et en français par Eidous, 1768, in-8°; Lettre 'à Eugénie, on Préservatifs contre les préjugés, 1768, 2 vol. in-12. Ces let res avaient été faussement attribuées à Frérot, elles sont d'une impiété pm commune, et d'autant plus dangereuse qu'elle est ma ic;eusement mise à la portée des lecteurs les moins éclairés. L'avertissement et les notes sont de Naigeon. Lettres philosophiques sur l'origine des préjugés, du dogm", de l'immortalité de lame, de tidolâtrie, iraduites de l'anglais de Tolan I, avec des notes de Naigeon, Amsterdam et Paris, 17159, in-12; Les prêtres démasqués ou Les intriques du clergé chrétien, ouvrage traduit de l'anglais et refait en grande partie, 1768, in-12; Théologie portative, ou Dictionnaire abrégé de la religion chrétienne, publié sous le nom de l'abbé Bannier, 1763, in-12; De la cruauté religieuse, traduit de l'anglais, Londres, 1769, in-8°. On aurait pu deœ an 1er à l'auteur où l'on pourrait trouver de cruauté plus raffinée que celle qui veut nous priver, dans les malheurs de la vie3des secours d'une religion aussi sublime que consolante. L'enfer détruit ou Examen raisonné du dogme de l'éternité des peines, Ira lui t de l'anglais. Londres, 1769. Rassurez-vous, hommes vicieux et méchants : si vous en croyez le baron d'Holbach, éludez les poursuites de la justice humaine, et vous n'avez plus à craindre de châtiment; et vous, hommes justes, victimes du méchant, livrez-vous au désespoir, vous ne trouverez pas dans une autre vie le prix de vas longues souffrances. L'Intolérance convaincue de crime et de folie, traduit de' l'ang'ais, Londres, 1769. Si l'intolérance est une folie et un crime, assurément les philosophes méritent mieux que personne d'être traités de fous et de criminels. Blessez-les tant soit peu dans leurs opinions ou leur amour-propre, et vous verrez de quoi leur irascibilité est capable. Qu'on s'en rapporte à Rousseau lui-même, à l'égard du baron d'Holbach. L'Esprit du Judaïsme, ou Examen raisonné de la loi de Moïse et de son influence sur la religion chrétienne , traduit de l'anglais, de Col lins 1770, in-12; Essai sur les préjugés, ou de l'Influence des opinions sur les mœurs et le bonheur des hommes, par M. de M., Londres, 1770. Cet essai avec des notes de Naigeon, et autres écrits irréligieux, fut inséré dans les OEuvres de Dumarsais, publiées en 17.7, par MM. Dachosal et Millon. Cependant La Harpe assura (dan* la Quotidienne) que ce célèbre grammairien n'avait pas vomi de pareds blasphèmes. Examen critique de la vie et des ouvrages de saint Paul, Londres, 1770; Histoire critique de Jésus-Christ, ou Analyse raisonnée des évangiles, 177... petit in-8°. Ces deux ouvrages distillent à longs traits le poison de l'im-

piété. Recueil philosophique, ou Mélange de pièces sur la religion et la morale, par différents auteurs , publié par Naigeon , Londres, 1770, 2 vol. in- 12. Dans le premier volume, d'Holbach a fourni des réflexions sur les craintes de lamort, et dans le d iuxième, les articles suivants : 1e Problème important : La Religion est-elle nécessaire à la morale et utile à la politique ? par Mirabaud ; 2° Dissertation sur l'immortalité de Vdme, Induite de l'anglais de Hume ; 3" Dissertation sur le suicide, traduite du même ; k" Extrait d'un livr i intitulé : Le Christianisme aussi ancien que le monde , traduit de l'anglais de Tiiidal ; Système de la nature ou Des lois du monde physique et moral, par Mirabaud, secrétaire perpétuel et l'un des quarante de l'académe française , Londres , 1770, 2 vol. in-8°. L'Avis de l'éditeur est de Naig on. Le nom de Mirabaud est supposé, et ce n'est pas la première fois que d'Holbach fait parler ainsi les autres, auxquels il presses opinions. « Puisque les philosophes « eux-munes, dit La Harpe, n'ont pas cru « d 'voir rendre authentiquement cet infâme « livre à son auteur, je me crois obligé à la « même retenue, par respect pour ia famille « que j'honore. » Mais Crimm (Correspondance, avril 1789) parle plus clairement et s'exprime en ces termes : « 11 n'y a plus « d'indiscréuon a dire que M. d'Holbach est « l'auteur du fameux Système de la nature, « livre qui fit tant de bruit en Europe. » Voltaire s'éleva contre cet ouvrage , non moins paradoxal qu'irréligieux, et qui renferme les principes du matérialisme le {dus révoltant ; il en combat dans son Dictionnaire philosophique , articles Dieu et Style , les maximes exécrables en morale et absurdes en physique, la diction faible, diffuse ; et il remarque dans ce livre confus quatre fois trop de paroles. Le roi Frédéric li , malgré son philosophisme , reconnaissant dans le Système de la nature des principes qui menaçaient les sociétés, le réfuta énergiquement, et revint un peu de son amour pour la philosophie, comme le prouvent ses œuvres posthumes. Athée dans le fond de l'âme, inconséquent dans ses opinions, d'Holbach contredit l'expérience, qu'il invoque sans cesse ; il en appelle à la raison qu'il méconnaît en présentant comme des faits et des axiomes les suppositions et les assertions les plus fausses. Le fiel, l'arrogance lui tiennent lieu de dialectique et de talents. Il confond tout, le vice et la vertu, la vérité et le mensonge. Dieu, qu'il dit avoir été inventé parles théologens, n'est pour lui qu'un être idéal, et il met à sa place la matière, une aveugle néces site, la nature enfin, qu'il appelle un assemblage de tous les êtres et de leurs différents mouvements, ne s'apercevant pas que sans une cause première il n'y a d'assemblage ni d'êtres , ni de mouvements. Tous ces principes, plus erronés les uns que les autres, sont offerts du ton le plus pédantesque, et dans un style inégal, lourd, plein de déclamations et de contradictions, qui prouvent un grand dérèglement d'esprit que la

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haine dirige. Outre Voltaire, Bergier réfuta v ctorieusement le Système delà nature, dans V Examen du matérialisme, 1771, 2 vol. iii- 12. Duvoisin, Holland, Rochefort, le réfutèrent également. Saint-Hardi) le combat aussi dans son livre Des Erreurs et de la Vérité, 1775, in-8°, livre qu'il ne foui pas confondre avec l'ouvrage intitulé : La suite des Erreur» et de (a Vérité, lequel est sorti de l'école de d'Holbach. Tableau des Saints, OU Examen de l'esprit et det personnages que le christianisme propose pour modèles, Londres , 1770, 2 volumes in-12; De la fit/are humaine, ou Exposition des facultés, des actions et des /tassions de l'âme, et de leurs causes, traduit de l'anglais de Hobbes ; Le Bon sens, ou Idées naturelles opposées aux idées surnaturelles, Londres, 1772, in-12. Ce Bon sens n'est qu'un abrégé du Système de la Nature, présenté d'une manière plus claire et plus précise , afin que l'esprit le plus borné puisse y apprendre les principes du matérialisme. Système social , ou Principes naturels de la morale et de la politique , avec un examen de l'influence du gouvernement sur les mœurs. Londres. 1773, 2 Vol. in-8°, et3 vol. in-12; Morale universelle, ou Les devoirs de l'homme fondés sur la nature, Amsterdam, 1776, in-i°, ou 3 vol. in- 8°. Dans cet ouvrage où l'auteur suppose à la nature une per ectibilité dont elle n'est pas susceptible , ainsi que dans 1 Essai sur les préjugés, le Système social, et deux autres écrits intitulés la Politique naturelle et YEtocratie, etc., d'Holbach, ve ;t établir que, sans l'appui d'aucun culte, les empires peuvent exister longtemps heureux, par le seul moyen des lois et des lumières. Ce pitoyable sophisme prouve combien d'Holbach connaissait peu l'homme et ses passions. Il s'est plu à franchir les bornes que Hobbes et Spinosa eux-mêmes ont respectées, car ils sont contraints d'avouer « q^e la morale « de l'athéisme n'a i as d'autres règles que la « force et la cupidité. » Eléments de la morale universelle, ou Catéchisme de la nature, ouvrage posthume, Paris, 1710. C'est presque les^ul ouvrage où l'auteur ne se livre pas à ses invectives accoutumées contre la religion et ses ministres. 11 est plus que probable que ce livre, avant de paraître, a été soumis à de grandes corrections. Le baron d'Holbach a publié encore de nombreux ouvrages sur différentes matières d'agriculture, etc. Cette fécondité et la différence des pièces qu'on y remarque viennent à l'appui de l'opinion générale, qu'il avait des auteurs complaisants pour lui aider à composer ses ouvrages. 11 les confiait à son ami Naigeon, qui les fa sait passer en Hollande, et les adressait à Marie-Michel Rey, lequel les renvoyait en France imprimés. La haine du baron contre les prêtres était telle qu'au dire de Grimm, lorsqu'il en entendait parler, il entrait dans une fureur inexprimable. Il devait principalement cette haine aux conversations de Dideiot, qui lui ouvrit le premier la roule au philosophisme. La plupart de ses ouvrages ont été condamnés ou par

les évoques ou par le parlement ; mais celui qui lit le plus de sensation fut son Syjihne de ta nature. Voici comme s'exprimait, d un Ion vraiment prophétique, l'avocat-général Séguier, dans- son réquisitoire contre ce. te infime production: « L'impie é, disait-il, ne « borne pas ses projets d'innovation à do- « miner sur les esprits et àarraclu r de nos « cœurs tout sentiment de h» Divinité: son « génie inquiet , entreprenant , ennemi de « toute dépendance, aspire à bouleverser « toutes les constitutions politiqi es. Ses « vœux, ne seront remplis que lorsqu'elle « aura détruit celte inégalité nécessaire de « rang et de condition, lorsqu'elle aura a\ili « la majesté des rois, rendu leur autorité « précaire et subordonnée aux cap icesd'une « foule aveu.de, et lorsqu'enfin, à la faveur « de ces étranges changements, elle aura « précipité le monde entier dans f anarchie et « dans tous les maux qui en seront insépa- « râbles. Peut-être même, dans le trouide et « la confusion où ils auront jeté les nations, « ces prétendus philosophes se proposent- « ils de s'élever au-dessus du vulgaire, et « de dire aux peuples que ceux qui ont su « les éclairer sont seuls en état de les gou- « verner. »

HOLCOLN , HOCOTZ ou HOLKOT (Robert), dominicain, natif de Noithampton , mourut en 1349. On a de lui un Commentaire sur le Maître des Sentences, 14-97 , in-folio.

HOLDA, femme de Sellum, prophélesse à Jérusalem , fut consultée par le roi Josias sur le livre de la loi, trouvé dans le trésor du temple, en travail aut aux réparations de cet édifice. La prophélesse annonça aux envoyés du roi tous les maux que la colère de Dieu allait faire fondre sur le peuple; mais elle ajouta que, puisque Josias s'était humilié devant le Seigneur, ces maux n'arriveraient point sous son règne.

HOLDEN (Henri), théologien anglais, né dans le comté de Lancastre, l'an 1576, d'une famille honnête et considérée, après avoir enseigné ;a théi logie dans plusieurs universités, vint recevoir le bonnet de docteur en Sorbonne à Paris, en 1646, et y mourut vers 1665, aussi regretté pour son exacte probité que pour sa profonde érudition. On lui doit : Divinœ fidei analysis, Paris, 1652, in-8°, petit ouvrage réimprimé par Baibou en 1767, in-8° : il a été traduit en anglais en 1658, in-4°. Il comprend toute l'économie de la religion , les principes et les motifs de la loi , et l'application de ces principes aux questions de controverse. Ce théologien raisonnait plus qu'il ne compilait. Ses définitions et ses divisions sont nettes, exactes, précises, et n'ont rien de la barbarie scolastique. Il se peut que l'auteur, en voulant trop se resserrer, ait été quelquefois un peu obscur, et qu'il ait donné lieu à des objections raisonnables : et c'est ce qui lui est arrivé, en particulier , dans la maniée dont il traite la nature et les mo'ifs de la foi, où M. Grandi.o docteur et syndic de Sorbonne, a trouvé nielques assertions peu exactes. La critique de M. Grandin se trouve

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à la page 413 de cette édition de V Analyse. « On ne peut disconvenir, dit un théo'ogien, « qu'elle ne soit fondée , sans qu'on en « puisse rien conclure contre les sentiments « de Holden. Tous ceux qui ont voulu ana- « lyser la foi selon les règles de la logi- « que humaine sont tombés dans les mômes « inconvénients. En perdant de vue la déti- « nition de la foi, qui est Domim Dei ac lu- « men quo illustratus homo fir miter assenti- « ter, etc., en ne songeant pas que la foi « fait croire non-seulement à la révélation, « ma;s la révélation môme, ils se sont en- '( vironnés de difficultés dont ils ne se sont « pas tirés sans paralogisme. » On peut voir cet objet saisi sous le vrai point de vue, dans le Catéchisme philosophique, de Feller, édit. Migne, n" 383 et suivants. Cet ouvrage de Holden a été traduit en français; des Notes marginales, très-claires, quoiqu'un peu courtes, sur le Nouveau-Tes'ament. 11 les publia en 166:), 2 vol. in- 12, etc.; des Lettres théologiques insérées dans la dernière édition de YÀnalysis.

HOLL (François-Xavieu), jésuite, né à Schwandorf, dans le Hat.t-Palalinat , après avoir enseigné les bellcs-lettros, se consacra entièrement à 1'étuoe du droit ecclésiastique de l'Allemagne, et fut professeur pendant 26 ans dans les plus célèbres un versités de l'empire. Il mourul à Heideiberg, le 6 mars 1784, à l'Age de 64 ans. On a de lui plusieurs ouvrages, entre autres : Siatistica Ecclesiœ germanicœ, Heideiberg, 1779, in-8", plein de recherches sur la discipline ancienne et moderne <ie l'Eglise, sur ses usages et ses lois, avec des obs. rvations utiles et intéressâmes. Il était occupé h mettre en ordre les matériaux pour le second volume, lorsque la mort l'enleva.

HOLOPHERNE, général des armées de Nabuchodonosor Ier, roi d'Assyrie, marcha avec une armée de 120,000 hommes d'infanlerie et 12,000 de cavalerie, contre les Ismaélites, les Madianites, elles autres peu- )les circonvoisins. Après les avoir réduits par a terreurdeson nom et la force de ses a> mes, il se disposa à attaquer Béthulie, vers l'an 656 avant J.-C. La situation avantageuse de cette ville ne lui permit pas d'en faire le siège. Il voulut l'obliger de se rendre en coupant l'aqueduc qui fournissait, de l'eau à ses habitants. Les assiégés étaient réduits à la dernière extrémité, lorsque Dieu suscita une jeune veuve très-riche, très-belle et très-vertueuse pour les délivrer. Voy. Judith. Suivie d'une seule esclave, et parée de ses plus beaux habits, elle passa dans le camp d'Holopherne , qui , charmé de sa beauté et de son esprit, la reçut avec transport, et lui permit de faire tout ce qu'elle voudrait. Quatre jours après, le général assyrien fit un grand festin, et y invita Judith. Tous les officiers s'étant retirés, et Judith se trouvant seule avec Holoplierne profondément endormi par le vin qu'il avait bu, elle lui coupa la tète, et retourna à Béthulic, aux muraiiles de laquelle on suspendit la tète d'Holopherne. Les assiégés profitent de la

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frayeur que cet événement avait jeté dans le camp des assiégeants , les poursuivent, les tail.ent en pièces , et s'enrichissent de leurs dépouilles. Le grand prêtre de Jérusalem vint pour voir Judith ; il la bénit, et lui donna la dépouille d'Holopherne. Cette sainte veuve célébra sa victoire par un cantique. (Voy. l'article déjà cité , pour les objections que l'histoire de Judith pourrait faire naître.)

HOLSTENIUS (Luc), dont le nom allemand était Holstr, naquit <» Hambourg en 1596, et fit ses études à Leyde. Etant venu en France, il s'y fit un nom par son érudition : il voyagea ensuite en Italie, en Sicile, en Angleterre. Ayant embrassé en 1625 le catholicisme, il .se rendit à Rome, auprès du cardinal Barberini. Il obtint, par le crédit de son prolecteur, un canouicat de Saint-Pierre, et la place de garde de la bibliothèque du Vatican. On l'envoya, en 1655, à Inspruck, pour y recevoir la profession de foi de la reine Christine de Suède, lorsqu'après avoir abdiqué la couronne, elle embrassa la religion catholique. Un jugement solide, un savoir profond, une critique judicieuse, un style pur et net, voilà les qualités des écrits de ce savant, qui réunissait beaucoup de modestie à un mérite reconnu. La plupart ne consistent qu'en Notes et en Dissertations, répandues dans les ouvrages de ses amis. 11 mourul en 1661, à 65 ans. Le cardinal Barberini lui fit élever un tombeau. On a imprimé de lui : Codex regularum monasticarum et canonicarum, Augsbourg, 1759, en 6 vol. in-fol. Bickius tiouva dans les papiers de Holstenius des notes et de3 corrections savantes et considérables sur la Géographie d'Etienne de Byzance. 11 en orna l'édition qu'il donna de cet ancien géographe, en Hollande, in-fol., 1684. Holstenius traduisit aussi la Vie de Pythagorc, écrite par Porphyre, Rome, 1630, grec et latin, in-8°, l'orna de notes, et d'une Dissertation assez curieuse sur la vie et les écrits de ce dernier, et corrigea le livre d'Eusèbe contre Hiéroclès. M. Boissonade, professeur de littérature grecque à Paris, a publié (à Paris, 18 i 7, in-8°) un recueil assez considérable de lettres de Holstenius, adressées à Peiresc, Doni, Sirmond, etc. Elles sont au nombre de 114, dont 48 étaient inédites, et contiennent sur la vie de ce savant des détails très-curieux, et qu'on ne trouve pas ailleurs.

HOLZHAUSER (Barthélemi), né l'an 1613 à Langnau près d'Augsbourg, était fils d'un pauvre cordonnier chargé de onze enfants, et dut aux secours de la charité de pouvoir faire ses études. En 1639, il fut fait prêtre, et il forma dès lors le projet de rétablir pour les ministres de la religion la vie commune des temps apostoliques. Le but de l'institution qu'il voulait créer était de faire des pasteurs, et il fonda en effet cet utile établissement, de concert avec quelques ecclésias'iques b. Tiltmoningen, près de Saltzbourg. Holzhauser fut successivement chargé de la cure de Tittmoningen, de celle de Léoggen- •thal dans le Tvrol, et enfin de celle de Bin-

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gen, près de Mayence, où il courut en 1658. a US ans. il aimait la vie contemplative, eut

des visioi^ et des révélations, el lit, dit-on, des prophéties remarquables. Parmi ses ouvrages gui sont assez nombreux, nous citerons : Constitutions çum exercitiis <lrii<<>rum sœculqrium in communi viventium, imprimées à Colo ;ne en 1662, puis à s Itzbourg, à Home, à Mayence, etc. Ces ponstitul o s furent confirmées par le pape Innocent XI, en 1680; un Traite de l'amour de Dieu, en allemand, composa lorsque l'auteur étudiait ta théologie au collège des jésuites d'Ingolstadt, el un .mire de ffumilitate, du môme temps* publié en 1G'»3 par [[ordre de rarch< . de Mayence, elsouvenl réimprimé; Opuscu* îum visionnai variarum. Il a paru en France un opuscule, publié par l'abbé Viguier, sous ce titre : Véritable prophétie du vénérable Holzhauser, Pars, 1815, in-12, où l'éditeur cherche dans les faits de la révolution et de la restauration l'explication et l'accomplissement des prédictions qu'il reproduit.

HOME (David), ou plutôt Hume, comme son nom latin le marque quo qu'il ne t'aille pas le confondre avec le fam ux David Hume), ministre protestant, d'une famille listinguee d'Ecosse, tut d'abord attaché à l'église ré-; formée de Duras, dans la Basse Guieiuie, puis à celle de Gergeau, dans l'Orléanais. Jacques l", roi d'Angleterre, le chargea de pacifier les différen is entre Tilenus et Dumoulin, touchant la justification ; et même, s'il était possible, de réunir tous les théologiens protestants de l'Europe en une seule et même doctrine, sous une unique confession de foi : comme si des gens qui avaient secoué une autorité infaillible, établie par Dieu même, pouvaient professer une croyance, invariable et uniforme Voy. Lentulus (Scipionj. On a de Home divers ouvrages. L,e plus considérable est : Davidis Ilumii apologiq oasilica, seu Machiavclli ingenium examinutum, 1626, in-i°. On lui attribue deux satir s atroces contre les jésuites, le pape et 1 Eglise romaine. Le contre-assassin, ou Réponse à l'apologie des jésuites, Genève, Î012, in-8°; l'Assassinat du roi, ou Maximes du Vieil de la Montagne vaticane et de ses assassins, pratiquées en la personne de défunt Henri le Grand, 1617, in-8°. Ces deux, libelles, fruit d'une méchanceté grossière et dégoûtante , sont devenus rares. On a aussi de lui plusieurs pièces de poésie latine, dans les Deliciœ poetarnm scotorum d'Artus Jobnston, Amstt rdam, 1637, 2 vol. in-12.

HOMMEY (Jacques), religieux de l'ordre de Saint-Augustin, néàSeez, mort à Angers l'an 1713, Agé de 6'J ans, était très-instruit dans les langues latine, grecque et hébraïque. On a d lui : Milloquium sancli Gregorii, Eyon, 1683, in-folio; Supplementum Patrum, Paris, 168i, in-8". Ces d ux ouvrages furent bien reçus; Diarium Europœum, compilation de gazettes de ce qui s'est passé au commencement <lu xvur siècle, peu goûtée, et qui fil exiler son auteur. Ce religieux job guait à un caractère obligeant une grande régularité dans tous ses uevoirs.

HONERT ou HONAERT (Jean van den), né Tan 1693 dans un village près de Dordrofiht, devint pasteur ei professeur de théologie, d'histoire ecclésiasl que et d'éloquence saei e, a l.eyde, où d mourut en 1758. On a de lui mi iiv -ut-nid nombre d'ouvrages, la plu-' part polémiques, remplis des j réiugés de la secte qu'il professait, Ce qu'il a éiït contre la préseï ce réelle a été supérieurement relu! • par P ■ Verhulst, dans un ouvrage écri en [lama id, intitulé : Les vrais principes de la foi catholique, touchant le Saint- Sacrement de l'autel, Gand, 17 Vu, 6 vol. in-8°. Il y a un se| tiôme vo1., eu réponse aux sublerfu eh le Honert, Gand, 1762. Ce Verhulst se cac ail sous le nom de Zeelander,

HONESTIS (Pieerb pe , que quelques au teurs ont n al h propos confondu avec le cardinal Pierre de Dam en, était abbé de Sainteri • du Port, près d' Ra venue- H écrivit les R'gles de celte abbaye, et mourut en 1 119, regardé comme un homme aussi pieu* que savant.

HONIGER (Nicolas), philologue allemand, né dans le xvr siècle à Kouigshoven, petite ville de Franconie, fut un écrivain laborieux, ce qui n'a pas empêc é son nom de tomber dans l'oubli. Outre une édition du Dictionnuire grec de Rude, Bàbî, 1585, in-folio, avec d s corrections, on a de lui des traductions en allemand) savoir : une Description de l'empire ottoman, avec {'Histoire des Turcs, B le, 1573-1583, 3 vol. in-folio; une Hisloire abrégée des papes [Spéculum papœ romani), ibid., 1586, in-k°; Examen du concile de Trente, par Innocent Gentillet, ibid., 15/7, \n-k°; Histoire du nouveau monde, de Jérôme Benzoni. La version d'Honige.- fait partie de la Collection allemande des grands voyages, publiée parlsaac et Théodore de Bry. Enfin Honiger est auteur d'un livre rare et recherché, intitulé : Propugnaculum castitatis ac pudicitiœ, fortiludinis constanliœque tam rirginum quum uxorum, Raie, 155V ou 1575, in-8°.

HONORAT (saint), treizième archevêque d'Arles, et fondateur du monastère de Lérins, d'une famille illustre des Gaules, sans qu'on sache précisément de quel pays j naquit peu après la première moitié du i\' siècle. Son père était païen : il voulut inspirera son fils le goût du monde, mais il ne put y réussir. Honorât embrassa le christianisme, et passa dans la Grèce, où il se consacra à la solitude et aux bonnes œuvres. Saint Venance, son frère, le compagnon de son voyage et de sa retraite, étant mort à Méthone (aujourd'hui Modon dans la Morée) , Honorât retourna en France. Il choisit l'ile de Lérins, pour y vivre loin des créatures, et unique meut occupé du Créateur. Ses vertus ne purenî reste, longtemps cachées; une foule de pers unies vinrent se mettre sous sa conduite. Il leur lit bâtir un monastère vers l'an 4(J0 ou \ '0, les édilia, les instruisit, et les quitta maigre lui pour occuper le siège d'Arles en ' 6. il s'y distingua autant par ses vertus vraiment épiscopales que par ses lumières, et y mourut en 429. Il avait écrit plusieurs Lettre*, dont on doit regretter la porte, après

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l'éloge qu'en fait saint Hilaire d'Arles, son disciple. L'Eglise célèbre sa fôte le 1G jan-

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HONORAT (saint), septième évoque de Marseille, né vers l'an 420 ou 425, était disciple de s;iint Hilaire d'Arles, et f t étêque depuis l'an 483 jusque vers l'an 494. il a écrit la Viéàe ce prélat. On la trouve «.ans le Saint Léon du père Quesnel, avec le Saint Prosper, im\r\mé h Rome, 1752, in-S". 11 avait aussi ôoflaposë des Homélies et plusieurs \ tes de saints, qui ne sont point parvenues jusqu'à no s.

HONORÉ, ou Ho\ORius,le Solitaire ?ou d'Autan, parce qu'il était théologal d l'église u'Autun, se rendit célèbre par ses ouvrages, sous le fègne de l'empereur Henri V, vers l'an 1120. No lis avons de lui : De prœdcstinatione et gratia, dont l'édition là plus exacte est d'Anvers, 1020; De laminaribus Ecelesiœ : c'est un recueil d'écrivains ecclésiastiques; un traité de l'office et des cérémonies de la messe intitulé : Gemma animœ, Libellas de hœresibus ; Séries romanorum ponlifkum usque ad lnnocentium II ; Synopsis mundi , autrefois attribué à saint Anselme. La plupart ont é'é imprimés séparément; il s'en trouve quelques-uns dans la Bibliothèque des Pères.

HONORÉ, de Cannes, petite ville de Provence, auprès d'Antibes, capucin du xvir siècle, prêcha avec succès à la cour et à la ville. Sou éloquence était celle d'un apôtre, sans vains ornements, et sans tout ce fard sous lequel plusieurs prédicateurs co vient l'Evangile. Le Père Rourdaloue était un de ses admirateurs : il disait que le père Honoré faisait rendre à ses sermons ce que l'on avait volé aux siens.

HONORÉ de SAINTE -MARIE ( Blaise Vauxelle , plus connu sous le nom de Pire), né à Limoges en 1651, piit l'habit de carme déchaussé en 1671, et mourut à Lille en 1729, après avoir occupé toutes les places de son ordre. Ce religieux, aussi vertueux que savant, a publié plusieurs écrits, dont les principaux sont, : Réflexions sur les règles et sur l'usage de la critique, touchant l'histoire de l'Eglise, les ouvrages des Pères, les Actes des anciens martyrs, la vie des saints, etc., avec des Notes historiques, chronologiques, Paris, 1712 et 1720, en 3 vol. in-4"; traduites en latin, Venise, 1768, in-fol. Cet ouvrage est l'empli de recherches et de dissertations curieuses, sa van es, et la plupart sur des points importants; mais I auteur manque quelquefois lui-même de criti ne, quoiqV 1 en donne d ■ bouées lègleé, principalement dans son premier volume, qui et le plus estimé. La Tradition des Pères et des auteurs ecclésiastiques sur la contemplation, Paris, 1-08, 2 vol. in-8" ; Des motifs et de la pratique de V amour de Dieu, Paiis, 17LJ, in-8". Ce traité fait suite à l'ouvrage précédent qui à été traduit ou italien et en espagnol. Un Traité des indulgences et du jubilé, in-12 ; des Dissertations historiques cl critiques sur la chevalerie ancienne et moderne, séculière et régulièr-e, avec ligures, Paris, 1718, in-4°; une

Apologie de la constitution Unigenitus, 1720» 4 vol. in-12, sans nom d'auteur, ni de lieu de l'impression ; Observations dogmatiques. historiques, critiques, des œuvres de Jansénius , Saint-Cyran , Arnauld , Quesnel, etc., Ypres, 1724, in-4° ; Dissertations sur la constitution Unigenitus, Bruxelles, J7-27, in-4°; Vie de saint Jean de la Croix, Tournay, 1727; Observations sur l'histoire ecclésiastique de Fleury, Malines, 1726 27-29, in-12. Sa critique concerne principalement ce que Fleury a dit de l'Eglise romaine, de l'autorité et de la dignité des papes, de la dépQxition des évoques, de l'érection et translation des sièges épiscopaux, des appels au souverain pontife, de la sou mis- ion due aux canons, de la discipline, des croisades, de la juridiction des évèques. Yoy. Housta. On trouve ta liste de ses ouvrages dans la Bibliothèque des Carmes.

HONORIUS I", né dans la Campagne de Rome, pape après Roniface V, en 625, mort en 0:8, était fils du consul Pétrone; il lit cesser le schisme des évêqtie? d'Istrie, engagés à la défense des Trois Chapitres depuis plus de 70 ans. (Voy lB\set Vigile.) Il prit un soin particulier des églises «J'Ang;eierre et d'Ecosse, et gouverna l'Eglise univei selle avec autant de zèle que de prudence. Sa gloire eût été sans tache, s'il ne s'était laissé surprendre par l'artificieux Ser^ius , patriarche de Constantinople,chefduiuonothélisme.

Cet hérétique lui écrivit une lettre pleine de déguisement,- dans laquelle Llui disait qu'on était convenu de garder le silène sur la dispute des deux opérations en Jésus-Christ. 11 lui insinuait en môme temps que quelques Pères avaient enseigné une seule opération. Honorius, ne se défiant pas de ces ruses, lui écrivit une Lettre d;\ns laquelle il lui disait : « Nous confessons une seule volonté en Jé- « sus-Christ, parce que la Divinité a pris, « non pas notre péché, mais note nature, « telle qu'elle à été créée, avant que le péché « l'eût corrompue. » Et plus bas : « Nous « devons rejeter ces mots nouveaux qui « scandalisent les églises, de peur que les sim- « pies, choqués de l'expression des deux « Oj érations, ne nous croient nestoriens ou « eutychiens, si nous ne reconnaissons en « Jésus-Christ qu'une seule opération. » Cette lettre, qui favorisait les vues de Sergius, n'est point adressée a tous les fidèles, comme le sont la plupart des lettres dogmatiques es papes; mais seulement à ce patriarche de Coiistantino. le. .1 ne paraît pas qu'Honorius, quoique capable de négligence et rie précipitation, puisse être regardé comme partisan du monothélismé.On peut voir sur ce jet la Dissertation très-ap; rofondie du Père Merlin, qui le j stdie victorieusement par des raisons solides et des autor.tés respectai.le .. 9a dissertation est intitulée : Examen exact et détaillé du fait d'Honorius,ïl'S8, in-12. Beil u-inin et Raronius ont juslitié le sens personnel d'Homrius , et non pas le sens naturel et grammatical de son assertion : d'où il ne s'ensuit rien contré, l'infaillibilité de l'Eglise dans les faits dogmatiques, comme

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l'a prouvé M. Havelange, dans son savant et orthodoxe ouvrage : Ecclesiœ infallibilitas in factis dogmaticis. iYoy. le Journ. hi>t. et litt., i" avril 1790, p. 530.) On trouve le nom d'Honorius à la lin du sixième concile général, parmi ceux des hérétiques qui y ont. été condamnés; mais François .Marché- ius, prêtre de 1 Oratoire, dans son ouvrage intitulé Clvpeus fortium, 1080, a prouvé d'une manière assez satisfaisante, que le nom d'Honorius y a été ajouté par un conciliabule des Grecs, après que les actes du concile avaient été approuvés par le pape Agathon. On a d'Honorius des Lettres dans les Conciles du Père Labbe, et une Epigramme dans la Bibliothèque des Pères.

HONOIUUS II , de Bologne, appelé auparavant le cardinal Lambert ( son nom de famille était Lambert de Fagnan ) , évoque d'Ostie, fut créé pape le 21 décembre 1124 d'une manière assez extraordinaire. Après la mort de Calixte II, les cardinaux élurent Thibaud, cardinal du titre de Sah.t-Anas.ase, qui pi it le nom de Céleslin; mais tandis qu'on chantait le Te Deum en action de grâces de cette éleciion, Lambert fut proclamé par le parti de Robert Frangipani, qui était extrêmement puissant. Céleslin, pour épargner un schisme à l'Eglise , renonça volontairement du pontificat. Honorius , connaissant l'irrégularité de son élection, voulut en faire autant sej.t jours après; mais les cardinaux et les prélats romains la confirmèrent. 11 confirma à son tour l'élection de Lothaire à l'empire, et condamna les abbés de Cluny et du Mont-Cassin, accusés de diverses fautes, il mourut au monastère de Saint-André le 14 février 1130. On a de lui quelques Lettres qui ne cont.ennent rien de remarquable, et qui sont insérées dans la Collection des conciles. C'est ce pape qui affecta la couleur blanche aux chevaliers uu Temple. Innocent II lui siicr^fl/i

HONORIUS III (Cencio Savelli) , romain de naissance, lut pape après Innocent III en 1210.11 confirma l'ordre de Saint-Dominique, et fit prêcher inutilement des croisades pour le recouvrement de la terre sainte. 11 couronna empereur d'Orient Pierre de Courtenai que détrôna peu de temps après Théodore Comnène , et parvint à éloigner du trône d'Angleterre le prince Louis, fils de Philippe- Auguste , appelé à Londres à la place de Jean-sai.s-Terre, puis de son fds Henri III. Konorius int< rvint encore activement dans tout s les querelles qui agitaient à cette époque la Sicile et le mini de ia France. Ce pape mort en 12i7, éta-.t savant pour son siècle, il a laissé plusieurs ouvrages. C'est le premier pontife qui ait accordé des indulgences dans la canonisation des saints. C'est lui aussi qui, vers l'an 1220, défendit d'enseigner le droit civil à Paris, défense qui subsis:a jusqu'en 1079, époque où l'on y établit une chaire pour cette faculté. On a publié sous son nom : Conjurationes adversus principem tenebrarurn "t angelos ejus, Rome, 1029, in-8°; peu commun. Ce pontife eut pour successeur Grégoire IX. Innocent Ciron a publié les

lettres de Honorius III, sous le titre de Quinta compilatio decretalium , Toulouse, i&k'o, un volume in-folio.

HONOIUUS IV (Jacques Savelli), romain , monta sur le .trône pontifical le 2 avril 1 £85, , succédant à Martin IV, et mourut en 12S7, après avoir purgé l'Etat de l'Eglise des voleurs qui l'infestaient. Il se signala par son zèle pour les droits de l'Eglise romaine et pour le recouvrement de la terre sainte. Il conçut l'idée de quelques établissements utiles pour accélérer le progrès des lettres, très-négligées dans son siècle. Il avait voulu fonder a Paris un collège, où l'on pût apprendre les langues orientales, mais cette fondation n'eut pas lieu. Il éla't très-incomniOiié de la goutte. Il disait que quoique ses membres fussent malades, son esprit se portait bien. 11 a laissé quelques lettres qui ont été insérées dans les Annales de Wading et dans VJtalia d'Ughelli. Nicolas IV lui succéda.

HONORIUS, antipape. Voy. Cadalous.

HONORIUS d'Autun. Voy Honoivé.

HONTHEIM (Jean-Nicolas de], né à Trêves le 27 janv. 1701, doyen du chapitre de. Saint- Siméôn , évoque de Myriophite in partibus, et suffragant de l'archevêque-élecleur, mort le 2 sept. 1790, dans son château de Mont- Quintin, au duché de Luxembourg, s'est fait connaître par son goût pour l'érudition, et a publié plusieurs ouvrages dans ce genre : Decas legum illustrium , etc., Trêves, 1730, in-fol., et Uistoria trevirensis diplomatica et pragmatica, exhibens origines gallo-belgicas, romanas, francicas, etc.; Jus publicum particulare archiepiscopatus et clectoratus trevirensis, sed et historiam civilem et ecclesiaslicam, ab anno 418 adannum 17i5, Weitheim, 1750, 3 vol. in-fol.; Augsbourg, 1757, 2 vol. in-fol. Ce dernier ouvrage est un recueil de diplômes et de divers écrits relatifs au droit public, civil et ecclésiastique du pays de Trêves, avec des observations et des notes p eines de recherches , mais écrites d'un style dur, embirrassé et incorrect, et empreintes d'une critique peu équitable envers ceux dont il avait recueilli le plus de lumière. Toutefois cet ouvrage est le plus complet qui existe sur l'histoire de l'évêché de Trêves. Mais le plus fameux de ses ouvrages est la compilation qui a paru sous le nom de Justinus Febronius, a,>ant pour titre : Deprœsenli statu Ecclesiœ liber singularis, et porté successivement à 5 gros vol. in-4°, dont un cénobite a publié un abrégé en français en 2 vol. in-12. On en fit paraître à Venise une traduction italienne, el il y en eut aussi une traduction française, qui portait le titre de Venise, 1707. L'auteur a donné, en 1778, une Rétractation de cet ouvrage , divisée en trois parties , dont la première contient les erreurs, la seconde la réfutation, la troisième le langage catholique : elle est en général très-bien rédigée; cependant il mêle quelquefois des maiières peu importantes à celtes qui le sont infiniment. Mais quelque temps après il donna un Commentaire de cette Rétractation , qui fit croire qu'elle n'avait pas été bien sincère. Quoi qu'il en soit , le Liber

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singularis, dont il est parlé dans d'autres articles [Voy. Isidore Mercator, Marc-Ant. de Dominis, Marsile de Padoue, Sarpi, Housta, Falkemberg, Neller, etc.), que le pape Clément XIII et la plupa't des évoques d'Allemagne ont anathématisé dès qu'il parut, a fait tant de bruit dans le monde , les ignorants l'ont tint prôné, les ennemis de l'Eglise l'ont si avidement accueilli, il a servi à autoriser tant d'opéralions funestes a la foi, à la hiérarchie et à la discipline de l'Eglise catholique , qu'il est essentiel d'en parler avec quelque détail, et de détromper surtout ceux qui ont paru croire que les principes de Febronius , si tou'efois il en a, étaient ceux de l'Eglise gallicane. La manière dont le clergé de l'Eglise de France parle de cet ouvrage, de cette Eglise qu'on regarde comme la plus libre , la plus affranchie des prétentions ullramontaines , doit être , en ce point, de la plus grande importance. Voici ce que disent les Mémoires du clergé , année 1775, p. 870. Dénonciation du samedi 18 novembre 1775, à 9 heures du matin, cxw' séance; Mgr le cardinal de La Roche-Aymon , président. « Mgr l'archevêque de Par s a dit qu'il avait « reçu une lettre de Mgr l'archevêque-élec- « leur de Trêves, concernant un livre connu « depuis quelques années dans ses Etats, et « qui a pour titre : Justini Febronii , juris- « consulti, de statu Ecclesiœ , et légitima po- « testate Romani pontificis, liber singularis; « qu'il paraissait par cette lettre que l'auteur « de cet ouvrage s'étayait du suffrage du « clergé de France dans plusieurs opinions « contraires à l'enseignement de l'Eglise gal- « licane; que si l'asseaiblée l'agréait, on en «ferait la lecture. — Après la lecture de « cette lettre, Mgr l'archevêque de Paris a « dit que pour répondre aux vœux de Mgr « l'électeur, et mettre l'assemblée, qui tou- « che à la fin de ses séances , à portée de « prendre , à cet égard, un parti digne de sa « sagesse , il avait fait faire un extrait de « quelques assertions de cet auteur; qu'il « remettait cet extrait sur le bureau avec un « exemplaire de l'ouvrage. — Sur quoi, rnes- ;< seigneurs et messieurs du bureau de la « Religion et de la juridiction ont été priés « d'examiner avec soin la doctrine contenue (. dans ces assertions, et de faire part à l'as- « semblée de leurs vues à cet égard. » — Rapport et délibérât ion, jeudi 7 décembre 1775, à 9 heures du matin , cxlc séance. « Messei- « gneurs et messieurs les commissaires pour « la Religion et la juridiction ont pris le bu- « reau , et Mgr l'archevêque de Toulouse a « dit qu : la commission s'étant occupée, con- « formément aux ordres de rassemblée, de « la lettre écrite par Mgr l'arche vèqie-élec- « teur de Trêves à Mgr l'archevêque de Pa- « ris , sur le livre de Febronius , avait ap- « pla.idi , comme elle le devait, au zèle de « Mgr l'électeur de Trêves, et que, partageant « ses justes alarmes, elle se serait empressée « de chercher tous les moyens de lui donner « la satisfaction qu'il désirait; mais que la « tin prochaine des séances ne permettant « pas de se livrer à un examen approfondi

« de cet ouvrage, elle croyait devoir se bor- « ner à proposer à l'assemblée de prier Mgr « le cardinal de La Roche-Aymon de faire « connaître à Mgr l'électeur, les sentiments « dont elle est pénétrée pour sa personne, et « de lui marquer : 1° Que l'assemblée , tou- « chée comme elle doit l'être, de la confiance « que lui témoigne Mgr l'électeur, aurait dé- « siré seconder de tout son pouvoir le zèle « qui l'anime, pour repousser loin de son « diocèse tout ce qui peut altérer la pureté « ce la foi et l'intégrité de la doctrine; mais « que, touchant h la fin de ses séances lors- « que la lettre de Mgr l'électeur lui a été « communiquée, elle n'a pu se livrer à l'exa- « men approfondi du livre de Febronius. « 2° Que cet ouvrage est à peine connu en « Fiance d'un petit nombre de théolog ens, « et que loin d'y avoir aucune autorité , il « passe, parmi ceux qui le connaissent, pour « favoriser les opinions nouvelles, pour être « inexact sur les objets de la plus haute im- « portance, et surtout pour s'écarter du lan- « gage dont le clergé s'est toujours fait une « loi . lorsqu'il a été dans Je cas de s'expli- « quer sur la primauté d'honneur et de juri- « diction, qui appartient au successeur de « saint Pierre, et sur l'autorité de l'Eglise de « Rome, centre de l unité et mère et maîtresse « de toutes les Eglises. 3° Que la doctrine du « clergé de France sur tous ces objets, con- « signée dans les déclarations et expositions « de ses assemblées , est le désaveu le plus « formel qu'il soit possible d'opposer à ceux « qui oseï t , sans fondement, s'appuyer de « son autorité; qu'il faudrait, pour s'en préce va'oir, tenir le même langage que lui, d'a- « près la doctrine des Pères et des anciens « canons; et que, pour tirer avantage du siée lencede l'Eglise de France, il faudrait que « l'ouvrage de Febronius y fût assez connu « et répandu pour avoir mérité de fixer son « attention. — L'avis de la commission a été « approuvé , et son éminence a dit qu'elle « se conformerait incessamment aux désirs « de l'assemblée. » — On voit, par cet extrait, quelle est l'étrange erreur de ceux qui confondent les libeités de l'Eglise gallicane, avec le traité de l'anarchie ecclésiastique de Febronius. Zaccaria , Mamachi , Trautwein, l'abbé Pey , dans le traiié de Y Autorité des deux puissances , et d'autres savants ont poursuivi le tortueux sophiste dans t .us ses détours : je ne puis rendre compte de ces réfutations diverses, mais je joindrai ici une lettre du célèbre apologiste de la religion, l'atibé Rergier, qui , par l'éru lition , la force de raisonnement, la lumineuse critique avec lesquelles il a confondu les ennemis du christianisme , avait acquis un droit particulier dédire son sentiment sur toutes so. tes d'erreurs religieuses et de mauvaises productions. Cette lettre donne du livre et de l'auteur une idée claire et vraie, telle qu'elle résulte de la lecture réfléchie de l'informe compilation. Voici ce qu'il écrivait, en 1775, à un des plus sages princes ue l'Allemagne. « Il est assez étonnant que le Traité du gou- « vernement de l'Eglise et de la puissance

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« du pape par Febronius, fasse <Iu bruit dans « quelques Etats de I Allcm gne;soil pour « le tond , soil pour la Forme, ce livre ne « m'a jamais paru capable de faire impres- « sion sur des hommes instruits 1 1 <} ii se « piquenl de raisonner. Ce que l'auteur a dit « de vrai esl emonm é des t léologiens fran- « çais, particulièrement de M. Bossuet, dans « sa Défense de la déclaration du clergé de « France de KiH-2: ce qu'il a dit de faux el «d'erronées! tiré des protestants, des j n- « sénistes ou ^> canomstes, qui che chaient « à chagriner la cour de Rome dans des « temps de troubles. Ces divers matériaux, « qui n'étaient pas faits pour aller ensemble, « uni été* compilés assez maladroitement par « Febronius; il a rapproché des lambeaux « qui s'entre-détruisent; comme il ne part ja- « mais de principes universellement avoués, « il tombe continuellement en contradiction j « il nie dans un endroit ce qu'il affirme dans « un autre; il soutient une opinion dans le « temps même qu'il l'ait profession de la re- « jeter : ce serait assez de comparer seule- « ment les litres des chapitres ei des sec- « lions de son ouvrage, pourvoir ou qu'il no « s'entend pas, ou qu'il n'est pas d'accord « avec lui-môme. — Après avoir d'abord un « peu biaisé , il avoue que le pouvoir des « clefs donné par Jésus-Christ à saint Pierre « (Matth., xvi, 18) doit s'entendre de lapri- « /liante de saint Pierre et de ses successeurs « dans le siège de Rome (tom. Ier, p. 28). Il « convient (pie celte primauté est prouvée « par l'Ecriture et par la tradition (p. 145). « Ensuite il soutient que Jésus-Christ a donné « ce pouvoir des clefs à toute l'Eglise et non « à saint Pierre (p. 54). Qu'a-t-il donc donné « à saint Pierre par les paroles citées dans « saint Matthieu? Nous n'en savons rien. — « Selon Febronius, la primauté aéé donnée « à saint Pierre et à ses successeurs par ces « paroles de Jésus-Christ : Je vous donnerai « les clefs du royaume des deux (p. 28). Et « selon lui-même , dans le chapitre suivant, « elle a été accordée à l'évêque de l'Eglise « de Rome, non par Jésus-Christ, mais par « saint Pierre et par l'Eglise (p. 154). Mais « si les évoques de l'Eglise de Rome sont les « successeurs de saint Pierre, ont-ils eu be- « soin de recevoir de l'Eglise ce qu'ils avaient « déjà reçu de Jésus-Christ? Ces droits de « saint l'ierre leur ont passé par succi ssion, « comme les droits des apôtres ont i assé aux «autres évèques. En suivant Febronius, « nous ne savons plus ni par quelle personne « la primauté a été accordée , ni à qui el e a « été dohnée. — Nous savons epeore moins « en quoi elle consiste. Selon la section 2 « du enap. 2 (t. Ier, p. loi;, le bien d • l'unité « il fallait diiO la nécessité de l'unité), est le « fondement de cette primauté, voilà pour- « quoi elle est perpétuelle; c la est vrai , et « c'est ce qui prouve q .'elle vient de Jésus- « Christ. Selon la sect. 4, p. 169. quoique le « pape puisse faire des lois, elles ne sont « obligatoires que par l'accession de Yunani- .( mité du consentement; quoique ses déci- « sions sur la foi et sur les mœurs soient

« d'un grand poids , elles ne sont pas irré- « formâmes. Ailleurs il compare |i primauté « du pape entre les évèques à celle du pre- « mier président d'un parlement. Dans le « chap. 2, sect. Il (t. II, p. 2:58 , et dans lé « chap. 5, Sect. 4 (t. II , p. 149j , il soutient « que lé souverain pontife a une grande au- « t irité sur toutes les Eglises, mais point de « juridiction proprement dite. — Il n'est pas « aisé de levilier en quoi consiste une grande « autorité sans juridiction; comment une « autorité qui n'est pas obligatoire peut . ser- « vir a maint nir l'unité de l'Eglise; de quel « poids peut être une décision qui n'oblige « point ; en quoi la prééminence d'un premier « présid nt peut contribuer à maintenir l'u- « nanimité de sentiment dans sa compagnie. « Pour que son avis fasse loi, il suflit que la « pluralité l'embrasse ; pour donner la même « force à la décision du pape , il faut l'u- « nanimité du consentement; le pape est « donc fort au-dessous d'un premier prési- « dent. — Cette doctrine n'est pas celle des « théologiens catholiques. Tous soutiennent « que le successeur de saint Pierre a sur « toute l'Eglise non-seulement la primauté, « mais la juridiction; que ce privilège est de <:< droit divin, puisque Jésus-Christ l'a donné « à saint Pierre el à ses successeurs; que « l'Eglise ne peut le transporter à un autre « siège, et qu'il ne peut être transmis que par « succession. L'opinion contraire de rebr - « nius (tom. Ier, pag. 15'* et 163) est donc une er- « reur et une contradiction. — Il a fait plus : il « dit (tom. 1er, pag 168) que Jésus-Christ, en « donnant les clefs à toute l'Église en corps, « a voulu que le droit de ces clefs fût exercé « sous le bon plaisir de l'Eglise, par les évô- « ques et les pasteurs. Selon cette décision, « les évoques ne tiennent point de Jésusce Christ leur autorité et leur juridiction sur « les tidèles, ils l'ont reçue des tidèles mê- « mes et ne peuvent l'exercer que sous le « bon plaisir de ceux-ci. C'est la doctrine de « Wiclef et de Jean Hus ; doctrine (pie Fête bronius fait cependant profession de re- « je'er au commencern nt de cette même « section (p. 165). — Son grand dessein est de « prouver que le gouvernement de l'Eglise « n'e.-t point monarchique. Qu'est-il donc? « aristocratique ou dém cratique? Selon les « principes e Febronius < n doit di e qu'il « est démocratique, puisque 1 s évèques, les « pasteurs, les gouverneurs de l'Eglise, re- « çoivent leur juridiction o ! le pouvoir des « de s, n n de Jés is-Christ, mais <iu corps « de l'Église ou des fidèles, et ne peuvent « l'exercer que sous le bon plaisir de ceux- « ci. Le- théologiens catholiques, même « les Français, remettent relie «.oc rine com- « ni • hérétique et condamnée au couci e de « Constance; ils disent que le gouverne- « ment de lliglise n'est pas purement monar- « chique, mais, tempéré par l'aristocratie ; ils « soutiennent que la juridiction des évê- « ques, ou le pouvoir des clefs, est de dioit « divin, qu'ils l'ont hérité des apôtres, qu'il « a été donné à ceux-ci par Jésus-Christ et « non à l'Eglise ou au corps des fidèles. -

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« Febronius l'a reconnu iui-môme (chap. 7, « seot. 1", tom. III, p. 1 et suiv.) en se con- « tredisant toujours. Il dit, d'après l'Evan- « gile, que Jésus-Christ a envoyé les apô- « très , comme il avait été envoyé lui- « môme par son Père; qu'un successeur « cotre dans les droits de son prédécesseur, « à moins qu'on ne puisse montrer que ces « droits ont été légitimemeni restreints ; que « chacun des apùtres, dont les évêques sont « les successeurs, a reçu du Seigneur son « apostolat par une vocation immédiate avec « tous les droits qui y sont adhérents, etc. « Febronius devait donc prouver que ces « droits ont été légitimement restreints pour « les successeurs en dépit de l'ordre de Jé- « sus-Christ, puisque ces successeurs ont « besoin de recevoir le pouvoir des clefs du « corps de l'Eglise. — Chap. G, sect. 3 (tom. « 11, p. 368), il rejette comme peu solide l'o- « pinion de ceux qui pensent que la plus « grande partie des évoques adhérant à « une décision du pape hors du concile, « établit un jugement irréfragable et en der- « nier ressort; d prétend montrer le con- « traire par l'histoire des jansénistes (pi 378) ; « c'est-à-dire qu'il canonise la résistance de « ces réfractaires, et soutient qu'on ne peut « les regarder comme hérétiques, tant qu'ils « n'auront pas été condamnés par un con- « cile général. Ici il fait profession d'aban- « donner l'opinion de M. Bossuet, donne la « torture aux passages de saint Augustin et « des autres Pères, met hardiment son sen- « timent particulier en opposition avec la « croyance générale de 1 Eglise. — Pour « couronner ce chef-d'œuvie, il nous ensei- « gne gravement la méthode de faire un « schisme en règle (chap. 9, sect. 4, tom. III, « p. 285j. 11 dit que si un pape s'opposait « aux décrets d'un concile national et sépa- « r. it un royaume de sa communion, i! fau- « drait pourvoir cette Eglise nationale d'un « chef extraordinaire et pour un temps, en « agir envers un pape canoniquemeut élu et « reconnu comme on fit à ['égard de B?- « noit KHI pendant le grand schisme d'Oc- « cidenl. En effet, cela suit évidemmeftl des « princips de Febronius. Si le chef e l'Eglise « a reçu son autorité de l'Eglise elle-même, « etnom.eJé.Mis-Curistjilest clair que l'Eglise « peut la lui ôterquand elle le jugera à propos. « — Je p nse, mon [(rince, que c'en est assez « pour mettre cet ouvrage absurde à sa juste « valeur ; il ne peut a^oir échappé à la censuré « que par le mépris qu'on en a l'ait. Un auteur « qui se réfut : lui-même, n'a pas besoin « d'autre condamnation. 11 n'est pas une « seule section dans laquelle on ne puL-.se « mo.trer des erreurs, des conlrad ctio s et « des sopliismes. C'est une compilation sans « ordre, sans jusles-e, sans 1 gique, aussi « mai arrangée que mal écrite ; l'auteur, « quel qu'il suit, ne s'est pas entendu 1 ni— « même. Il ne peut plaire qu'à ceux qui ont « sucé des principes d'anarchie et de révolte « contre l'Eglise, dans les leçons ou dans « les écrits des protestants. Ceux qui s'iin u binent que ce sont là les sentiments du

« clergé de France, n'ont jamais lu d'autres « théologiens français que les jansénh'es ; « ils ne connaissent pas seulement la Lé- « fense de la déclaration du clergé par « M. Bossuet. » Cette lettre écrite au duc Louis-Eugène de Wurtemberg est datée de Paris, le 1*2 octobre 1775. Ce que Bergier y dit des contradictions de Febronius, et de sa réfutation par lui-même, est vrai à un point qui passe toute vraisemblance pour quiconque n'a pas eu le temps de s'ennuyer en feuilletant cette lourde rapsodie. L'on y rencontre à chaque page le oui et le non prononcés delà m nièrela plus tranchante (1). Le lecteur attentif qui voit tout cela, ne sait que penser, il craint l'illusion et se défie de ses yeux : il finit par déplorer l'aveuglement où les passions précipitent le cœur de l'homme. — Si à cet amas de conlradio tions on ajoute une mauvaise foi dans les citations qui passe toute crédibilité (2), un ton d'injure et de grossièreté que le vrai savoir et mens conscia recti n'emploient ja mais, et enfin un style et un latin tels quo le plus scolaslique écrivain n'a jamais employés, on ne pourra comprendre comment dans la bonne Cermanie, ce Liber réellement sin<)iil-iris a pu causer un engouement qui a persuadé aux gens d'Ems qu'ils pouvaient, sans lien risquer, se livrer à un tel guide. Mais ce phénomène n'a rien d'étonnant pour quiconque connaît comment se font les réputations, et que le meilleur moyen de s'en l'ai e une sûrement et promptement, est de s'attacher à quelque faction puissante et bavarde : or c'est ce qu'a fait Febronius, en flattant la nombreuse cohorte des ennemis du saint-siége et particulièrement les jansénistes. « Parmi les esprits factieux, dit le « plus grand orateur de la France, être leur « adhérent, c'est le souverain mérite, n'en « être pas, c'est le souverain décri. Si vous « êtes dévoué à leur parti, ne vous mettez « pas en peine d acquérir de la capacité et

(1) Pour ne pas donner trop d'étendue à cet article, nous renvoyons pour ces nombreuses contradictions, au Jugement d'un protestant, pag. 15 et suiv. ; au Coup il œil sur le congrès d'Ems, pag. 1 1 ! ; mi Joui n. Iiist. et litlér., 15 décembre 1790, pag. 052 et suivantes, où tous les passages sont rapportés tout au long, avec l'imiicaiion précise des tomes et des pages.

(-2) Il faudrait un livre entier pour apprécier toutes ses dilations; je dirai seulement que lui-même ne savait ce qu'il était, quels auteurs, quels livres il produisait sur la scène. Cela est si vr.i, que ei tarit s lis cessë"Psaff, PuÉfendorf, Fra-Paolo, des écrivains de toutes les sectes et de. iuu.es les factions, il proteste, avec une contenance qui prèle à rire, qu'il a mis loine son alten ion à ne jamais citer de protestants, ni d'auteurs que tous les chrétiens ne reconnaissent pas pour des hommes graves et pieux. J\on fuerunt in aciem deducti nisi viri graves et pii quos omncsecdesiœpro tulibusugnoscutit, (oui. Iir, Append. 5, pag. 80. Studio absiinui a scriporibus prolestantibas,\\\u\., page 41. On voit quHl oublie lui-même ëe moment à autre le contenu de son livre. Clément X.il dit dans soi'. -bref du 14 mais 1704, au prince Clément de Saxe, alors éveque de Ralisboime :0»iHi«ea; #»«•reltcorum et sanctas sedi infestissimorum liotninitm libris conquisivit, abswditsinia queevis de suo adiecit

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« do l.i probité. Votrs dévouement vous tien- « dra lieu de tout lo reste. Caractère parti- « culier de l'hérésie, dont le propre a tou- • jours été d'élever jusqu'au ciel ses fau- « teurs et ses sectateurs, et d'abaisser jus- « qu'au néant ceux (jui osaient l'attaquer « et la combattre. La manière des hérétiques « était de s'ériger eux-mêmes prcmière- « ment, et puis leurs partisans et leurs assort ciés en hommes rares et extraordinaires. « Tout ce qui s'attachait à eux devenait « grand, et ce seul titre, d'être dans leurs in- « tirets était un éloge achevé (1). » — Mais puisque Febroniusa solennellement rétracté ses erreurs, pourquoi en rappeler le souvenir et approfondir ses torts ? Pourquoi ? parce que, malgré sa rétractation, les ennemis de l'Eglise en font leur guide et leur garant; parce que malgré sa rétractation, les perturbateurs du repos de l'église d'Allemagne ne cessent de copier, et de se régler sur ses plus répréhensibles assertions; parce que sur sa rétractation, il a fait un Commentaire qui, à la vérité, la conlirme quant au fond, et devrait ôter à des écrivains de bonne foi l'envie de se prévaloir de ses égarements, mais qui, par des explications tortueuses et

(i) On a varié beaucoup sur les motifs qui peuvent avoir déterminé Febronius à se dévouer à celle pénible et rebutante compilation. Les uns ont cru qu'il y avait clé poussé par un mécontentement particulier reçu de la cour de Kome ; d'autres ont pensé qu'ayant toujours eu une très-lorte envie d'obtenir mi évéebé dans les Pays-Bas autriebiens, il avait cru se ménager la protection du gouvernement, en détruisant la hiérarchie ecclésiastique, pour mettre l'Eglise sous le pouvoir temporel (ce qui ne peut manquer d'arriver quand une fois la puissance pontificale sera anéantie). Quoi qu'il en soit, l'amour de la vérité nous oblige de dire que nous avons trouvé dans les Pays-Bas des lettres circulaires adressées pai Febronius à des chanoines de différentes calhédrales, qui, comme l'on sait, donnent leurs suffrages pour la nomination des éveques. Celle que nous avons sous les yeux, et qui est signée de la main de Febronius est conçue en ces termes : « Monsieur, les c assurances que son altesse royale le duc de Lor- « raine, et son excellence le comte de Cobenzel , ont « eu la bonté de me donner, eu considération des i services que j'ai eu autrefois l'occasion de rendre t à l'augusie maison d'Aulriche, de vouloir appuyer « ma tres-humble requête pour un des évèc'ues desi dits pays, m'ont détermine a me meure au nombre i des compétiteurs pour l'évècbé d'Anvers. Je ne « peux y parvenir que moyennant les suffrages de « messieurs les chanoines de la calbédrale. J'ose,

< monsieur, vous prier de m'accorder le vôtre, malgré

< que je n'aie pas l'avantage de vous être connu.

< J'espère que 1' piscop t, dont depuis dix ans je

< remplis toutes les parties dans un des plus vastes

< diocèses de l'Europe, me servira de témoignage de « la capacité requise pour l'evecbé que je demande

< par votre suffrage, monsieur. Je connais tout le « poids du bien que vous pouvez me faire dans celle

< recberebe, et je vous prie de compter sur retendue t de ma reconnaissance, qui ne sera pas inférieure au « service que, j'espère, vous ne me refuserez pas en t celte occasion. Je ne désire rien tant que de faire « votre connaissance, et de vous convaincre de la c plus parfaite considération, avec laquelle je suis, » monsieur, votre très-humble et très-obéissant sert viteur, de Hostheim, évèque de Myriophite, suf- « fragant de Trêves. » Trêves, le 12 juillet 1758.

un combat pénible entre l'égoïsme et la franchise de la confession, a donné lieu de croire qu'il y avait dans son cœur autant d'inconstance que dans son esprit (1). Quoi qu'il en soit, je unirai ce qui regarde Pau-, teur par une lettre de son souverain spiri- ' tuel et temporel, qui dès l'an 1765 s'était déjà déclaré franchement sur la nature de la maussade compilation (2); qui parait même par ses bons et sérieux avis avoir contribué à la rétractation de l'auteur, et qui, sans prévoir sans doute qu'un de ses envoyés signerait un jour à Ems le résultat de l'ouvrage rétracté, s'exprimait ainsi en 1781 sur le Commentaire de la rétractation, en écrivant au pape Pie VI : « Très-saint « Père, j'ai reçu avec la vénération qui leur « est due les lettres pleines de bien vei. lance « qu'il a plu à Votre Sainteté de m'adresser « en date du 13 octobre, et j'ai vu avec la « plus grande satisfaction que son jugement « sur le Commentaire de Febronius était « parfaitement conforme à celui qup j'en « avais porté. Quant aux ordres qu'il lui a « plu de m'inlimer par les mômes lettres, je « les aurais certainement remplis avec au- « tant de promp.itude que de bonne volonté, « si je n'avais craint (crainte, à mon avis, « bien fond e ) que la réprimande ou l'aver- « tissement dont elle me chargeait envers «M. de Hontheim ne devînt plus nuisible « qu'utile à la religion. Car il me paraît in-

(1) Quel que soit ce Commentaire, il ô'e tout subterfuge :i ceux qui, après la rélraciation, voudraient encore défendre les erreurs de 1 auteur, puisque l'aveu de ces erreurs subsiste dans le Commentaire, quoique d'une manière faible el tergiversante. L'épigraphe, prise de Sénèque, suffit pour leur l'acre sentir la mauvaise foi de leur procède : Rectum iler quod sero cognovi, et tassus errando, cœteris monstro.

(2) Le prince Clément de Saxe, alors évèque de Ratisbonne et de Freysingen, plus tard archevêque-électeur de Trêves, en instruisant le peuple que Dieu avait confié à sa sollicitude pastorale, parlait de Febronius comme d'un homme qui visait à saper par le fondement l'Eglise catholique, el particulièrement le siège de son premier pontife, lieatissimi Pétri apostolicam sedem penitus everlere el petram, supra quant Cliristus Dominus œdificavil Kcclesiam suam, omni adliibito conalu, tentulsuffodere. Le même prélat ne fait point difficulté d'appeler le livre de Febronius une production diabolique, paktus Satanée, el le range avec les livres les plus dé:eslables qui lendeni à anéantir la piété et à détruire toute religion. Teterrimi libri inundant aqrum Domini, suffocant sementem Evangetii, verœ pielatis et relu gionis sensu exslinguunt. L'expérience a fait voir qu'il n'y avait rien de trop dans ce passage ; la décadence presque générale de la religion en Allemagne, doit cire particulièrement attribuée à la secousse que Febronius a donnée à la hiérarchie, au mtpris qu'il a insp ré pour le chef de l'Eglise, à ses calomnies contre le siège de Borne, à ses efforts pour ourdir un schisme, e.c. Dans le même temps, en parlant du même auteur, s'exprimaient de la même façon l'éveque et prince de Constance, l'evèque et prince d'Augsbourg, l'éveque et prince de Liège, l'arc! evêque-élecU ur de Cologne, et autres prélats allemands, parfaitement d'accord sur ce point avec le pape Clément Xlll, avec l'Eglise gallicane (comme nous l'avons fait voir), et avec tout l'univers catholique.

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* dubitable, ou que la rétractation que M. de « Hontheim a faite des erreurs n'était qu'une «feinte, ou qu'il s'est repenti aussitôt de « l'avoir faite. Et en effet, s'il avait agi avec « cette sincérité germanique dont il se vante « dans la formule même de sa rétractation , «se serait -il vivement affligé devoir ses « nouveaux sentiments communiqués au « sacré collège des cardinaux , et même à « l'univers entier? Aurait-il négligé dans la « lettre circulaire qu'il a mise à la tête des « actes consistoriaux publiés par mon ordre « dans ce diocèse , les observations que je « lui avais faites , et qui ne pouvaient dé- « plaire ni paraître déplacées à. un homme « sincèrement repentant ? Aurait-il débité « faussement qu'il avait été atterré par les « menaces de Votre Sainteté , et fait passer « cette calomnie jusqu'à la cour impériale? « Aurait-if gardé un silence perfide sur les « bruits malicieusement répandus touchant « l'acte de sa rétractation; bruits cependant « bien flétrissants pour sa réputation, puis- « qu'ils le dénonçaient , ou comme un lâche « déserteur de la vérité , ou comme un im- « bécile? Aurait-il fait imprimer, à mon insu, « sous le prétendu titre de Commentaire , « une production plus abominable encore « que mal désignée ? Je dis mal désignée, car « qui donnerait la dénomination de Commen- « taire sur une rétractation à un ouvrage qui « ne paraît entrepris que pour énerver la ré- « tractation même ; à un ouvrage qui, au lieu « de lumières, répand de nouvelles ténèbres « sur l'esprit du rétractant, et qui, bien loin « d'établir par des arguments solides les vé- « rites catholiques , opposées aux erreurs « abjurées, si solennellement reconnues dans « l'acte d'abjuration , en réduit de nouveau « plusieurs dansla catégorie des propositions « douteuses , l'auteur s'appuyant , selon sa « coutume, sur l'autorité des autres, parce « qu'il sentait toute l'ignominie dont il se « serait couvert en les combattant en son « propre nom ; à un ouvrage enfin si différent « de la rétractation, que, tandis que celle-ci « a été bien reçue de tous ceux qui aiment « sincèrement l'Eglise, l'autre n'a pu mériter « que les éloges des hérétiques ? Je n'ai pas « manqué néanmoins de témoigner à mon « suffragant combien une pareille conduite « était peu digne d'un homme de bien ; de « plus, je l'ai souvent et sérieusement averti « de son devoir , et j'ai fait tous mes efforts « pour le ramener dans le droit chemin ; « mais j'ai cru qu'il serait dangereux avec « un homme d'un esprit vain et artificieux , « comme sont ordinairement les novateurs , « de pousser les choses trop loin , surtout « dans un temps où il voyait Jes puissances « mêmes favoriser ouvertement un système « qu'il avait abjuré du moins extérieurement. « Au reste , abstraction faite de ma conduite « envers M. de Hontheim , je crois que, vu le « caractère de son esprit et les circonstances « de ces temps malheureux, il est plus sûr « de ne pas exiger de lui des déclarations « ultérieures. Car , outre qu'il est incertain 4 r,vec quelle attention , quelle sincérité et

DlGT. DE BlOGlUPHiE REL1G. II.

« quelle constance il obéira aux ordres de « Votre Sainteté , les explications , quelque « orthodoxes qu'elles puissent être , ne pa- « raîtront dans la bouche de Fébronius , « esprit versatile et toujours opposé à lui- « même , qu'une contradiction nouvelle, « tandis que d'autres, répandant la calomnie « à leur gré, publieront qu'elles ont été arra- « chées par force et par cra nte à un vieil- « lard faible et déraisonnant. Cependant « Votre Sainteté ne pouvant dissimuler la «publicité du Commentaire , je crois que, « crainte que son silence ne soit pris pour « une approbation tacite, il conviendrait, « peut-être même serait-il nécessa're de le « condamner ouvertement, et d'y ajouter une « exhortation paternelle, pour que (vu qu'il « a perdu par ses variations perpétuelles la « confiance publique , et le moyen de per- « suaderqueses sentiments sont orthodoxes, « quand même ils le seraient), il ne cesse « de déplorer , avec les larmes amères de la « pénitence , les troubles excités dans l'E- « glise, qu'il ne peut apaiser, et les scandales « qu'il ne peut réparer. J'ai cru , très-saint « Père, devoir vous exposer ces choses dans « la simplicité de mon cœur ; mais que ce « soit sauf le jugement plus éclairé de Votre « Sainteté , et sans préjudice de l'obéissance « filiale que je lui porte ; car mon intention « n'a été nullement de censurer ses ordres « ou de chercher un prétexte spécieux pour « les éluder ; mais seulement de lui faire « connaître des détails qui, n'étant connus à « personne comme à moi , demanderaient « peut-être une manière d'agir différente de « celle que votre sagesse et votre prudence « vous indiquent pour la meilleure. 11 me « reste maintenant à attendre ce qu'il vous « plaira de m'ordonner , recommandant et « ma personne et les peuples commis à mes « soins à votre faveur paternelle, et deman- « dant, avec la {dus profonde vénération la « bénédiction apostolique de Votre Sainteté, « etc. Ehrenbreitstein, le 17 novembre 1781. » — En même temps le même archevêque électeur écrivit à Mgr Bellisomi , archevêque de Thyane, nonce apostolique à Cologne, la lettre suivante. « Vous verrez par la co- « pie de la lettre que je vous prie de fa;re « passer à Sa Sainteté, que je trouve du dan- « ger à faire barbouiller de nouveau du pa- « pier à M. de Hontheim, qui, par ses conti- « nuelles contradictions, s'est mis dans l'im- « possibilité de faire à l'avenir aucun bien, « quelque chose qu'il écrive , quoiqu'il soit « encore dans le cas de faire du mal , sur- « tout dans les temps critiques où nous vi- « vons. Si vous voulez, monsieur, renforcer « de vos réflexions celles que j'ai l'honneur « de faire à Sa Sainteté , je ne doute point « qu'elle ne se borne à lui témoigner son « mécontentement au sujet du Commen- « taire, et cela pour des raisons générales, « et sans entier dans le détail des proposi- « tions répréhensibles , qu'il ne manquerait «pas de vouloir justifier , ou qu'il soutien- « drait au moins sous main, lois même qu'il « les désapprouverait par écrit , comme il a

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« fait pour .os changements que Sa Sainteté « lui a ordonne" de fa i ro à sa profession do « loi. Au surplus, monsieur, (|uello que <« puisse 6tM) sa déférence aux avis du saint « Pure, comptez qu'on dira toujours (et il « sera peut-être le premier aie dire) que <( cette déférence est l'effet des menaces dont « on aura usé envers lui, une pareille ealom- « nie d'ït-rlle do nouveau le faire passer pour « un 1 uhc ou pour un imbécile. Il faut donc, « à mon avis, traiter M. de Hontlieim comme « on traite un homme qui s'est m s dans « l'impossibilité de réparer ses scandales. « On lui met devant les yeux les mau\ qu'il ■ a faits, on lin prêche d'en faire pénitence, « on le recommande a la miséricorde divine. « Il parait «lu reste que le Commentaire est « tombé dans un parfait oubli. Puisse-t-il y « reposer à jamais ! Je suis avec la plus parti faite estime , monsieur le nonce , etc. « Ehrenèrèilstèin , le 17 novembre 1781. » — A ces divers témoignages nous en joindrons un particulièrement recommandable ; c'est celui d'un protestant, d'un philosophe, qui rapporte particulièrement au livre de Fébronius la séduction et la corruption du clergé autrichien. « Le clergé, dit-il dans ses obser- « vations sur Vienne, porte dans son sein « un serpent qui lui causera la mort : ce ser- « peut est la philosophie , qui , sous l'appa- « rence de la théologie , s'est glissée même «jusqu'au trône épiscopal. Un grand nom- « hre de jeunes ecclésiastiques sont in- « fectés du poison de ce serpent , dans « les universités. Ils savent tous qu'il y a « un Fébronius dans le monde , et quel- « ques-uns seulement le connaissent comme « un hérétique; cependant, comme la cour « le favorise évidemment, ils sont très-por- « tés à se réconcilier avec lui. Les bellarmi- « nistes, qui possèdent tous les grands béné- « lices, forment encore, il est vi ai, Je plus « grand nombre; mais s'ils se voient une fois « en danger de perdre leurs bénéfices, ou si « les 25.000 avocats des Etats impériaux, qui « ont fait depuis longtemps leur provision « d'arguments, ont ordre daller à la charge, o ils ne feront vraisemblablement que fort « peu de résistance. » [Voyage en Allemagne, pur le baron de Riesbeck, traduit de l'anglais, tort il, pag. 107.) Après le compte aussi détaillé que véridique et impartial, que nous avons rendu de cet ouvrage informe et anticatholique, l'équité demande que nous rendions, à plusieurs égards, justice aux bonnes qualités de l'auteur : poli, honnête, préveuan*, officieux, d'un commerce agréable et intéressant ; prêtre, évoque, recommandable pat ses mœurs et par son exactitude à remplir son ministère, il était personnellement un contraste sensible et frappant de son livre ave lui-même. Il se peut que sa Rétractation ait été en partie l'effet d'une influence étrangère et impérieuse ; mais dans le Commentaire, qui est si souvent, à quelques égards, une espèce de létractation de cette même rétractation, on voit qu • la vérité le presse, et q i'il voudrait y tenir, sans trop paraître Opposé à ce qu'il a écrit contre elle.

Quelques années avant sa mort, disant la messe lejour de Saint-Pierre, dans son château de Mont-Ouintin, arrivé à l'évangile et lisant ces paroles : Tu es Petrus, et super liane petram a'dificabo Ecclesiam meam, etc., il se trouva mal, et fut obligé de quiltef l'autel ; effet sans doute d'une réminiscence cruelle, mais salutaire, qui fait supposer arec raison que son c<eur ne s'était pas entièrement fermé a l'affection que tout enfant de L'Eglise catholique porte à ce grand siège, centre de l'union et de l'unité, où l'autorité de Jésus-Christ se dépluie par l'organe de son vicaire, d'une manière si imposante et si magnilique, si consolante pour les vrais lideles, et si nécessaire pour étouffer dès leur naissance les hérésies et les schismes.

HONT1VEROS (dom Bernard), bénédictin espagnol, professeur de théologie dans L'université d'Oviédo , puis général de sa congrégation en Espagne, et enfin évèque de Calahorra, mourut en 1002. On a de lui un Traité contre les casuisles relâchés, intitulé : Lacrymœ militantis Ecdesiœ.

HOOGSTRAATEN. Voy. Hochstrat.

HOOKE (Luce-JosephJ, docteur en Sorbonne, né l'an 1716 à Dublin, était fils de Nathaniel Hooke, auteur d'ouvrages d'histoire estimés. A l'exemple de plusieurs Irlandais, il vint faire ses études à Paris, suivit ses cours au séminaire de Saint-Nicolasdu-lmardonnet, y prit sa licence, et fut reçu docteur de Sorbonne en 1736. Quatre ans après, il fut nommé professeur de théologie dans cette maison célèbre ; et, le 18 novembre 1751 i il présida la fameuse thèse de l'abbé de Piades. Il l'avait déjà signée, apparemment sans la lire, conjointement avec le syndic et le grand maître des études. Elle fut soutenue en présence de toute la licence, de huit docteurs, en qualité de censeurs, et de Hooke qui présidait. On en attaqua et on en défendit plusieurs points ; mais personne ne parut s'apercevoir du rentable esprit de la thèse. Hooke prit même la parole dans la proposition relative aux miracles, sur laquelle le répondant était demeuré court ; il défendit en outre et sur ce point la doctrine de la thèse. Ce fait est rapporté par les Nouvelles ecclésiastiques de 1752, pag. 35. Hooke revint bientôt de son erreur, et la thèse, mieux examinée, fut déférée à l'assemblée de prima mensis de décembre. Le syndic Dugard essaya d'abord de l'excuser ; mais Hooke déclara positivement qu'il rétractait sa signature ; ce furent les docteurs Lelarge et Lerouge qui , les premiers, déférèrent la thèse. Les députés chargés de l'examiner firent leur rapport le 15 décembre, et la faculté jugea la thèse condamnable, suspeudit de Prades , tandis que les députés furent chargés de noter les diverses propositions. Au prima mensis de janvier, et qui eut lieu le i, Hooke et De- Jangle, grand maître des études, tout en condamnant la thèse, avouèrent leur négligence, et déposèrent chacun leur décla tion par écrit : celle de riooke était en latin ; elle es: imprimée dan» sa lettre à i'archevè-

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I que de Pans, en 1763. II y avouait aussi sa négligence, cherchait à s'excuser, et faisait sa profession de foi en 17 articles sur les points condamnés dans la thèse, et il renvoyait en même temps à son ouvrage des Principes de la religion naturelle et révélée, pour s'assurer de sa doctrine. Après quelques discussions, la faculté décida que les trois signataires de la thèse, savoir : le syndic, le grand maître des études et Hooke, seraient repris publiquement dans l'assemblée du 5 avril. Ils le furent en effet, et ils reçurent cette admonition avec des marques de repentir : un plus sévère châtiment les attendait. Le cardinal de Tencin, proviseur de Sorbonne, provoqua une lettre de cachet du 3 mai 1752, par laquelle et par son ordre l'abbé Hooke fut destitué de sa chaire de théologie et remplacé par le docteur Lecorgne de Launay. Ce fut en vain que le syndic de la faculté de théologie, les autres docteurs, les professeurs de Navarre, écrivirent au cardinal en sa faveur. Hooke reçut, en outre, Tordre de quitter la Sorbonne. Cette mesure ne semblera pas trop rigoureuse si l'on considère que la thèse en question, admise a'abord par négligence, et puis révoquée, était un sujet de scandale, non-seulement à Paris, mais dans toute la France ; et que cette malheureuse affaire prêta des armes aux philosophes, si nombreux et si actifs à cette époque, pour tourner en ridicule la Sorbonne et la religion. Cependant, deux ans après, de Prades fut rétabli. Alors le docteur Hooke s'empressa d'écrire au cardinal Valenti , ministre d'Etat de Benoît XIV, ainsi qu'au cardinal de Tencin, et il obtint la révocation de la lettre de cachet, mais il ne recouvra pas sa chaire; le roi lui accorda néanmoins une pension. Le docteur Hooke s'empressa de publier sa déclaration du fr janvier 1752, qu'il avait lue à l'assemblée de la faculté, et qui se trouve à la suite de l'extrait des conclusions de la faculté de théologie sur le même sujet ; cette édition pourtant n'est pas la même que celle que publia la faculté, et qui a pour titre : Acla sacrœ facullatis Parisiensis circa Joannem Martinum de Prades adjunctis instrumentis, Paris, Garnier, 175i, in-4°. Eu attendant, Hooke se mit sur les rangs pour succéder au docteur Lefèvre, professeur de Sorbonne, et, le 22 avril, eut lieu l'élection présidée par M. de Beaumont, archevêque de Paris. L'archevêque portait à la chaire le docteur François Petit- Jean. Au troisième tour de scrutin, Hooke eut une voix de plus que son compétiteur ; mais M. de Beaumont refusa de conclure pour Hooke, qui se fit installer pat le docteur, Lefèvre. Non content de cela, il s'adressa au parlement, qui admit sa requête et confirma l'élection par un arrêt du 6 mai 1762. La Sorbonne se déclara aussi en faveur de Hooke, et nomma députés, poursuivre cette r.tfaire, les docteurs Villevieille, Riballicr et Ladvocat. Ils appelèrent comme d'abus contre l'archevêque : une consultation de soixante-quatre pages lut signée le 5 juillet, en faveur de Hooke, par les avo-

cats Mey, Lherminier, Cellier, de La Mon noyé, Piales et Gerbier ; d'autres avocats en signèrent une autre contre, le h décembre ; on y répondit, au nom de la Sorbonne, par un Mémoire de vingt pages. De semblables procédés no pouvaient que blesser sensiblement l'archevêque; la Sorbonne tint donc une nouvelle assemblée pour délibérer sur l'appel comme d'abus, que les trois docteurs avaient interjeté en faveur de Hooke : la majorité fut d'avis qu'on les désavouât ; mais Hooke* qui jamais ne s'était montré si actif, appela le lendemain comme d'abus en son propre nom, ce qui provoqua un nouvel arrêt, du 12 août 1763, qui le maintenait dans sa place. M. de Beaumont fit alors défendre dans les séminaires de suivre les leçons de Hooke, et son écolo se trouva déserte. 11 adressa à l'archevêque, le 27 décembre 1763, une lettre de dix-sept pages* qu'il publia, et dans laquelle il disait en substance : « Qu'on « n'avait à lui reprocher qu'une négligence « dans l'affaire de de Prades, mais qu'il l'ace vait expiée par tout ce qui s'était passé; « et que, puisqu'on usait d'indulgence en- « vers le principal coupable, on ne devait « pas se montrer sévère envers celui que « l'on ne pouvait taxer que d'impru- « dence... » Hooke y accusait ensuite l'archevêque d'humilier et do tourmenter la Sorbonne, à cause de l'estime qu'elle lui avait témoignée. A la suite de cette lettre, on trouve des pièces justificatives, qui sont à peu près les mêmes que Hooke avait déjà produites. Le parlement fit mention de cette affaire dans ses fameuses Remontrances contre l'archevêque du 29 février 1764. Cette discussion entre la Sorbonne et l'archevêque de Paris produisit un nouveau scandale, ou, pour mieux dire, il y avait douze ans que ce scandale durait. Sur ces entrefaites, Hooke fut un des commissaires nommés par la faculté de théologie pour examiner YEmile de Rousseau ; les autres docteurs étaient Legrand, de Nans de Saint-Sulpice, et le P. Bonhomme, cordelier : tous firent un projet de censure contre le livre indiqué. On lut le projet au prima mensis d'août 1762, et on le discuta les jours suivants. Le travail de Hooke fut loué dans les Nouvelles ecclésiastiques, mais on prétend qu'il fut altéré par ses collègues. Quoi qu'il en soit, l'abbé Ladvocat, qui occupait, en Sorbonne, la chaire d'hébreu, fondée par le feu duc d'Orléans, étant mort en 1765, Hooke obtint cette place, heureux de quitter la chaire de théologie, qui ne lui causait que des désagréments. Il n'occupa sa nouvelle chaire que peu d'années, et il fut nommé, en 1760, conservateur à la bibliothèque Mazarine. Lors de la révolution, en 1791, Hooke ayant refusé le serment civique, perdit sa place. Il se retira à Saint-Cloud, et y mourut le 12 avril 1796, âgé de 80 ans. « La faculté de théologie, dit « un écrivain, lui confia les plus importantes « commissions en matière de doctrine, t « elle adopta plus d'une t'ois, dans la prépa- « ration de ses censures, le travail et les re- « cherches de ce; habile théoïo » On a

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<lo lui : Religionis naturalis et revelatœ prineipia, Paris", 1754, 3 vol. in-8°, réimprimés en I77'i, avec des augmentations et par les soins de dom Rrewcr, bénédictin anglais. Le premier volume contient la théologie naturelle et des éléments de morale et de jurisprudence; le second traite de la religion révélée, soit mosaïque, soit chrétienne; le troisième renferme les principes de la religion catholique, qui sont plutôt un traité de ITglise. Au commencement du premier volume, on trouve une le tre de Hooke, du 1" mars 1773, à son ami dom Brewer ; et à la fin de l'ouvrage on lit la Règle de la Foi, par Véron ; Mémoires du maréchal de lierte ici;, avec des notes, Paris, 1778, 2 vol. in-12. Hooke a traduit en français l'ouvrage de sou père Nalbaniel, qui a pour titre : Discours et réflexions critiques sur Vhistoire et le gouvernement de l'ancienne Rome, Paris, 1784, 3 vol. in-12. On lit dans le tome XXXII, page 169, de Y Ami de larcliqion : « Celui qui « remplaça Hooke dans la place de bibliofné- « caire fut Gaspard Michel, plus connu sous « le nom de l'abbé Leblond, qui est mort à « Laigle en Normandie le 17 juin 1809. Le- « blond était ami de Dupuis, et eut beaucoup « de part à la publication du livre de YOri- « gine. de tous les cultes; c'est dire assez « quels étaient les sentiments de cet abbé, « un des plus ardents à abandonner son état, « habitué des clubs, et que l'on croit au- « teur de recueils licencieux. »

HOOKER (Richard), théologien anglais, né l'an 1554 h Heavy-Trée, près d'Exeter, fut recteur de Drayton-Beauchamp , dans le comté de Buckingham, ensuite de Bishop's- Bourne au comté de Kent. 11 est connu par un ouvrage int.tulé la Politique ecclésiastique, dans lequel il défend les droits de l'Eglise anglicane. Il mourut en 1600, Agé de 46 ans. On a de lui des Sermons et d'autres écrits es-

timés en Angleterre.

Ses ouvrages ont été

recueillis sous le titre d'OEuvres (Hookersworks), 1662, in-fol., avec la Vie de l'auteur.

HOOPER (Georges), ecclésiastique et écrivain anglais, né à Gnmley, dans le comté de Worcester, en 1640, habile dans les mathématiques, dans les langues et les sciences orientales, devint évoque de Bath et de Wells, et refusa l'archevêché de Londres. Il était chapelain du roi Charles II en 1685, et mourut en 1727. Son Traité du carême, en anglais, in-8°, est curieux. Celui des mesures des anciens, Londres, 1721, in-8°, ne l'est pas moins; et l'un et l'autre sont remplis d'érudition. Le receuil de ses OEuvres a paru à Oxford, 1757, in-fol., par les soins du docteur Hunt.

HOORNEBEEK (Jean), professeur de théologie dans îes universités d'Utrecht et de Leyde, né à Harlem en 1617, et mort en 1666, a laissé plusieurs ouvrages de théologie, et des traités contre les soutiens, les Juifs et les idolâtres. Moréri les divise en cinq classes; mais il en rapporte les titres d'une manière aussi peu exac'e que le nom même de l'auteur qu'il appelle Hoornbec. Ses principaux ouvrages sont : une Réfutation du

socinianisme (Socinianorum confutatio), 1650 à 1664, en 3 vol. in-4°. Il aurait pu se passer d'y attaquer les catholiques, qui ont des principes infiniment plus sûrs et mieux fondés que les protestants pour combattre les sotiniens avec avantage; car dès qu'on rejette une fois l'autorité de l'Eglise et la tradition, il est impossible de confondre quelque hérésie que ce soit. (Voy. Lentulus Scipion.) Disputationes X antijudaicœ, Leyde, 1644, in-4°; un Traité pour la conviction des Juifs {De convertendis et convincendis Judceis), Leyde, 1655, in-8°. Sa haine contre les catholiques lui fait faire encore contre eux des sorties qui ['éloignent de son but. Un Traité contre les infidèles, les hérétiques (entre lesquels il a soin de placer les catholiques) , (Summacontroversiarumcum infidclibus , etc.), Utrecht, 1658, in-8°. Il fut atiaqué par Arnold de Poelenburg, remontrant. Union des calvinistes et de ceux de la confession d'Augsbourg, Amsterdam, 1663, in-4°; qui fut réfuté par Abraham Calovius, ministre de Wittenberg. Théologie pratique, Leyde, 1663, 2 vol. in-4°; compilation de quelques auteurs anglicans. Ces ouvrages sont en latin, d'un style obscur et diffus.

HORATI (Charles), religieux observantin, missionnaire à la Chine depuis 1698 jusqu'en 1733, est connu par les ouvrages suivants : une Relation de ses voyages, Rome, 1759, en italien, estimée; Grammaire et Dictionnaire de la langue chinoise, avec une Relation des coutumes et des cérémonies chinoises ; Explication de la philosophie et des livres sacrés des Chinois, Rome, 1759. Ce dernier ouvrage offre beaucoup d'érudition; on peut même dire qu'elle est quelquefois prodiguée pour expliquer des choses qui ne méritent pas qu'on y emploie tant de science.

HORBIUS (Jean-Henri), natif de Cclmar en Alsace, fut fait ministre à Hambourg en 1685. Ayant donné dans les rêveries de Bourignon et de Poiret, il fut chassé de Hambourg en 1693, et mourut près de cette ville le 28 janvier 1695, après avoir publié : Historia origeniana, des Sermons, etc.

HORBORCH (Guillaume de), canoniste do la fin du xive siècle, né dans la petite ville de Weslphalie dont il porte le nom, fut longtemps attaché comme avocat ou comme greffier au tribunal de la Rote à Rome, et forma un recueil des décisions de ce tribunal, qui a été publié sous ce titre : Decisiones novœ Rotœ Romance, Rome, Udahich Gallus (vers 1470], in-fol.; ibid., 1472 et 1475, grand infolio; plusieurs fois réimpr. depuis, avec des augmentions par divers canonistes.

HORMAN (Guillaume), né à Salisbury vers 1460, devint principal du collège d'Eaton en 1485, et y mourut avec le titre de vice-prévôt le 12 avril 1535. 11 passait pour être versé dans la théologie, et il a laissé entre autres ouvrages : Anti-Bossicon ad Gulielmum Lilium (Lily), 1521, in-4°; Compendium historiée Gulielmi Malmesburiensis ; Apologeticon contra Roberti Whittington, prolo-vatis Angliœ, incivilem indoctamque criminationem , 1521, in-4°; Epitome historiœ Johannis Pici

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