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porta, avec la permission de l'évêque Walcandus et de l'empereur Louis le Débonnaire, à l'abbaye d'Andain en Ardennes, qui porte aujourd'hui son nom. C'est dans ce monastère qu'on menait ceux qui avaient été mordus des chiens enragés. Le P. Le Brun a taché de prouver que quelques pratiques observées à cet égard étaient superstitieuses ; mais le P. Roberti , jésuite , en a pris la défense. Les PP. Martenne et Durand les ont aussi justifiées dans leur Voyage littéraire, tome III , page 14-6. Du reste , plusieurs de ces observances, qui pouvaient paraître inutiles ou suspectes , ont été retranchées dans les derniers règlements donnés aux pèlerins de Saint-Hubert en 1775. (Voy. Robekti.) La ville de Liège regarde saint Hubert comme son fondateur et son premier évoque. Il y a un ordre militaire des chevaliers de Saint- Hubert , institué par Gérard V, duc de Clèves et de Gueldre, en mémoire de la victoire que ce prince remporta, en 1444, le jour de saint Hubert , sur la maison d'Egmont , qui lui disputait ses Etats. Les chevaliers portaient dans l'origine un collier d'or, orné des attributs des chasseurs, et auquel était attachée une médaille représentant saint Hubert ; mais une partie des Etats que possédaient autrefois les ducs de Clèves étant passée à l'électeur palatin du Rhin, les chevaliers portent depuis un collier d'or avec une croix et l'image de saint Hubert.
HUBERT (Matthieu), prêtre de l'Oratoire, né à Châtillon, dans le Maine, en 1640, mort à Paris en 1717 , à 77 ans , avait étudié au Mans, sous Mascaron , alors professeur au collège de celte ville. Il remplit les chaires les plus brillantes des provinces, de la capitale et de la cour , avec beaucoup de succès. Le P. Bourdaloue l'entendait lorsqu'il pouvait ; et le jésuite metlait l'oratorien au nombre des premiers prédicateurs de son temps. Le P. Hubert méritait encore son estime par sa tendre piété, et surtout par sa profonde humilité. 11 disait que « Massillon, « son confrère, devait prêcher aux maîtres , « et lui aux domestiques. » Une personne de distinction lui ayant rappelé, dans une grande compagnie , qu'ils avaient fait leurs études .ensemble : « Je n'ai garde de l'ou- « blier, lui répondit Hubert; vous aviez « alors la bonté de me fournir des livres et « de me donner vos habits. » Ses Sermons, publiés à Paris en 1725, en 6 vol. in-12, ont satisfait les gens de goût et les personnes pieuses. « Sa manière de raisonner (dit le « P. de Montreuil, éditeur de ce recueil) n'a- '< vait point cette sécheresse qui fait perdre « quelquefois l'onction du discours ; et sa « façon de s'exprimer ne tenait rien de cette '« éJocution trop étudiée qui l'affaiblit à force « de la polir. » — M. l'abbé Migne a reproduit, dans sa collection des Orateurs sacrés , les OEuvres complètes du P. Hubert : elles y forment 1 vol. in-4°.
HUBY (Vincent), né à Hennebon en Bretagne le 15 mai 1008, se lit jésuite en 1625, et mourut le 22 mai 1693 a Vannes. Son zèle' infatigable pour toutes les fonctions du saint
ministère et sa tendre piété l'ont rendu cher à ceux qui sont animés du même esprit. Il le communiquait, non-seulement par ses discours, et ses exemples , mais aussi par de petits livres de piété qu'il composait et qu'il distribuait. On estime particulièrement ses Considérations propres à faire naître et entretenir V amour divin dans nos cœurs, et sa Retraite. On a une édition de ses OEuvres, Paris, 1767, in-12. 11 avait introduit dans le diocèse de Vannes l'adoration perpétuelle du Saint-Sacrement, et établi plusieursmaisons de retraite. Sa Vie a été écrite par Pierre Phonamie, dans le recueil des Vies des fondateurs des maisons de retraite, Nantes, 1698, in-12.
HUEL (Joseph-Nicolas) , prêtre du diocèse de Toul, curé et doyen de Rouceux, près de NeufchAteau en Lorraine, naquit le 17 juin 1690 à Mattaincourt, près de Mirecourt, et fut nommé à la cure de Rouceux le 8 janvier 1726. Pendant qu'il étudiait la théologie à Paris, il avait eu pour condisciplel'abbé de Saint-Pierre, et avait pris de lui le goût des projets. Plusieursde ceux qu'il forma auraient pu être d'une grande utilité pour le pays ; ils sont consignés dans plusieurs volumes manuscrits qu'il laissa à sa sœur, religieuse à Montmartre. 11 obtint des arrêts pour faire planter d'arbres les côtés des grandes routes de la Lorraine et de Barrois, et il lit à ses frais une plantation de noyers sur la route de Neufchâteau à Nancy, dont, il destinait le produit à la dotation d'une école de filles dans la paroisse de Bouceux. Il présenta aussi, en 1762, au conseil du roi Stanislas un projet de canal de communication entre la Méditerranée et l'Océan germanique. Les mémoires publiés par Huel étendu ent sa réputation non-seulement en Erance, mais dans les cours •étrangères, et le duc de Wurtemberg, lorsqu'il se rendait à Paris, se détournait de sa route pour visiter le modeste presbytère de Rouceux. Huel, en sa qualité de doyen, porta souvent la parole dans les synodes diocésains , et il y fit arrêter des mesures salutaires contre le danger des inhumations précipitées. On a de lui un Essai sur les moyens de rendre les religieuses utiles en supprimant leurs dots, Neufchâteau, 1750, petit in-8°, sans nom d'auteur. Cet .ouvrage fut accueilli avec faveur par le public, mais il excita l'adnimadversion de la cour souveraine de Nancy, qui le supprima. L'imprimeur fut décrété; Huel se nomma, et offrit de faire à son ouvrage les changements qui seraient jugés nécessaires. On ignore ce qui causa cet orage : ce ne peut être ni le projet d'abolir les dots qui ont toujours été réprouvées par l'Eglise, ni celui de rendre toutes les religieuses utiles, qui n'a rien en soi do condamnable. Le Dictionnaire des anonymes, tom. III, p. 232, attribue encore à Huel un Essai sur la crainte de la mort, in-12 : il ne cite ni la date ni le lieu de l'impression. Huel mourut dans sa cure le 3 septembre
KUERGA (Cyprien de La) , religieux es- ;>i!g!iol de l'ordre de Citeaux, enseigna l'JS-
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criture sainte dans l'université d'Alcala, et mourut en 1560. On a de lui de savants Commentaires sur quelques livres de l'Ecriture sainte, savoir: sur Job; sur les Psaumes; sur le Cantique des cantiques, elc.
HUET (Piekre-Damei), évoque d'Avrandies, né h Caen le 8 février 1030, mort h 91 ans, le 26 janvier 1721, acheva son cours de belles-lettres à 14 ans, étudia en philosophie sous le P. Pierre M embrun, jésuite, et devint en peu de temps géomètre, mathématicien, théologien, antiquaire et poète. Il alla à Paris, en 1650, où il prit du goût pour la philosophie dans les Principes de Descartes, et pour l'érudition dans la Géographie sacrée deBochart.il accompagna ce dernier en Suède, en 1652, où Christine lui fit l'accueil dont elle honorait les savants les plus distingués. De retour dans sa pairie, il institua une académie de physique, dont il fut le chef, et a laquelle Louis XIV fit sentir les effets de sa libéralité. En 1670, le grand Bossuet ayant été nommé précepteur du Dauphin, Huet fut choisi pour sous-précepteur. C'estalors qu'il forma le [dan des éditions ad usum Delphini, éditions qu'il dirigea en partie. Ses services furent récompensés par l'abhaye d'Aunai, près de Caen, en 1678, et, en 1685, par l'évêché de Soissons, qu'il permuta avec Brûlait de Sillery, nommé à celui d'Avranches. Les travaux del'épiscopat ne purent ralentir ses travaux littéraires. Comme il se tenait continuellement enfermé dans son cabinet et dans sa bibliothèque, ses domestiques, craignant de l'interrompre, répondaient à ceux qui venaient lui parler d'affaires, qu'il étudiait : « Eh pourquoi, dirent un jour de bonnes gens, le roi ne nous a-t-il pas donné un évêque qui ait fait ses études? » Voyant que le temps qu'il voulait donner au travail l'empêchait de remplir les devoirs de l'épiscopat, il se démit de cet évêché, et obtint à la place l'abbaye de Fontenay, près de Caen. Il se retira peu de temps après chez les jésuites de la maison professe à Paris, auxquels il légua sa bibliothèque : il y vécut partageant ses jours entre l'étude et la société des savants. Il était de l'académie française. L'érudition, chez Huet, n'était ni sauvage ni rebutante. Humain, affable, Erévi nant, d'une conversation aisée et agréale, il instruisait les savants, et savait plaire aux ignorants mêmes. Sa politesse découlait de son caractère ; c'était la douceur d'un littérateur indulgent. Ce prélat a beaucoup écrit en vers et en prose, en latin et en français. Ses principaux ouvrages sont : Demonstratio evangelica, Paris, 1679, in-fol.; c'est l'époque de la première édition de cet ouvrage fameux. Elle renferme plusieurs passages que Huet retrancha dans la seconde, publiée aussi à Paris en 1690, in-fol. Celleci est cependant plus ample, malgré les retranchements, et c'est pourquoi les curieux réunissent les deux éditions. Celle de Naples, 1731, 2 vol. in-4°, a été faite sur celle de Paris, 1690. Cet ouvrage est un prodige d'érudition, et suflirait soûl pour donner l'immortalité à son auteur. Ceux qui ont dit qu'il était faible en raisonnements avaient peut-
être quelque intérêt à le trouver tel. Ils n'ont pas considéré que c'était une démonstration historique, un argument de fait, un groupe d'événements, de prophéties, de figures ; un tableau de rapports si multipliés, si visibles ; un ensemble si bien lié dans toutes ses parties, que la démonstration se forme d'ellemôui", sans qu'il soit besoin de la réduire en forme dialectique. De claris interpretibus, et de optimo génère interpretandi, La Haye, 1683, in-8°; une Edition des Commentaires d'Origène sur l'Ecriture sainte, Bouen, 1668,
2 vol. in-fol., en grec et en latin ; Cologne, 1685,
3 vol. in-fol.; un savant traité de l'Origine des romans, in-12, à la tête de celui de Zaide. Il regardait ce genre de livres, quand ils sont sagement écrits, « comme propres à tromper « l'homme par l'appât du plaisir , adoucir « la vérité des préceptes par l'agrément des « exemples , et corriger ses défauts en les « condamnant dans les autres. » Quœstiones Alnetanœ de concordia ralionis et fidei, Caen, 1690, in-i°; Traité de la faiblesse de l'esprit humain, Amsterdam, 1723, in-12 ; traduit en latin, Amsterdam, 1738, et en allemand, par Christian Grosse, Francfort, 1724, avec des notes où le commentateur prétend réfuter le texte. Ce Traité est une traduction de la première partie des Quœstiones Alnetanœ.
Quelques savants on cru y voir une espèce de plagiat des Hypothèses pyrrhoniennes de Sextus Empiricus; mais les deux ouvrages sont très-différents. Voltaire (Siècle de Louis XIV) dit que ce Traité a fait beaucoup de bruit, et a paru à quelques-uns démentir sa Démonstration évangélique ; mais un critique moderne remarque que ceux-là n'ont sans doute pas fait attention que l'on trouve les mêmes principes dans les préliminaires de la Démonstration. Le dessein de Huet est de montrer que Je système des anciens sceptiques, réduit à de certaines bornes , n'est pas si déraisonnable qu'on le croit communément, qu'il n'est point opposé aux preuves de la religion, qui resterait démontrée quand même le doute se répandrait sur la plupart des sciences humaines, et qu'enfin les démonstrations morales ne le cèdent point aux démonstrations mathématiques; De la situation du paradis terrestre, Amsterdam, 1701, in-12; Histoire du commerce et de la navigation des anciens, in-12, réimprimée à Lyon, chez Duplain, in-8°, en 1763. Ces deux ouvrages renferment une érudition immense. Le premier satisfit les curieux, et le second les bons citoyens. Commentarius de rébus ad eum pertinentibus, 1718, in-12; des Poésies latines et grecques, des Odes, des Elégies, des Eglogues, des Idylles, des Pièces héroïques, et son Voyage en Suède, Utrecht, 1700, in-12. Quelques-uns lui attribuent un Poème sur le sel, mais il est de Joseph Thoulier d'Olivet. Les vers de ce prélat respirent l'antiquité; la latinité en est aussi pure qu'élégante. Censura philosophiœ cartesianœ, in-12; critique qui suppose autant de connaissances dans la bonne physique que de justesse dans le raisonnement. L'auteur dévoile et détruit plusieurs erreurs de Descartes. Origines de
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Caen, Rouen, 1706, in-8°; Diane de Castro, 1728. in-12. Il orna de notes le Manilius ad usum Delphini, donné par du Fay. L'abbé de Tilladet fit imprimer, après la mort d'Huet, 2 vol. in-12 de Dissertations et de Lettres, presque toutes de ce prélat. Voy. son Eloge au-devant de VHuetiana, in-12, recueil qui renferme des Pensées diverses et des Poésies : il a été publié par l'abbé d'Olivet, son ami et son confrère d'académie, à qui le savant évêque l'avait confié. On trouve des détails sur sa vie dans d'autres éloges de ce prélat quisetrouventdanslerecueil del'académiede Caen pour 1766. Huet est un des trois prélats qui ont le plus honoré le siècle de Louis XIV par leurs lumières. Le mérite de Fénelon et de Bossuet balance depuis longtemps les suffrages : pourquoi ne placerait-on pas avec eux, dans cette espèce de concurrence , l'illustre évoque d'Avranches? Son savoir a peut-être moins de grâces françaises, mais il a plus de grâces grecques et latines ; il a moins d'éclat, mais peut-être plus de profondeur, et certainement plus de variété et d'étendue. L'usage modeste et sans p étention qu il en a fait, le silence et la retraite qui l'ont dérobé aux yeux des hommes , semblent ajouter encore aux titres de sa gloire.
HUFNAGEL (Guillaume-Frédéric), théologien protestant, né l'an 1754, à Hall, en Souabe, était fils du directeur du consistoire de cette ville, et comme son père il suivit la carrière ecclésiastique. Il occupa divers emplois , professa la philosophie , puis la théologie à Erlang, et devint conseiller au consistoire de Francfort-sur-le-Mein, où il mourut le 7 février 1830. Il publia de nombreux écrits théologiqu 'S et ascétiques, dont les principaux sont : Variarum lectionum e bibliis a Nisselio curatis excerptarum spécimen, Erlang, 1777; Bibliotheca nova theologica, ibid., vol. I, 1782-1783 ; Les écrits de V Ancien Testament envisagés selon leur contenu et leur but, ibid., 1784; Le Cantique de Salomon examiné, traduit et expliqué, ibid., 1784; Manuel de la théologie biblique, ibid., 1785-1791, 2 vol.; Journal pour le christianisme, la propagation des lumières et le bien de V humanité, ib d., 1785-1800, 3 vol.; Feuilles liturgiques, ibid., 1790-1796, 6 cahiers; Sermons prononcés en diverses circonstances, ibid., 1791; Projets de sermons sur les évangiles des dimanches et des fêtes, Francfort, 1792; — sur les épîlres des dimanches, ibid.,
1793 ; — sur les passages choisis du Vieux Testament, ibid., 1794-1795, 2 vol. ; — sur les épîtres des dimanches pour Vannée 1793, ibid.,
1794 ; — sur des passages choisis de l'Ancien Testament, ibid., 1795-1796, 4 vol. in-8° : ces Projets de sermons ont eu encore une suite les années ultérieures ; Leçons calégétiques des dimanches, Francfort, 1796-1799, 2 parties. Nous citerons encore, parmi les éditions qu'il a données : De Rossi de Hebraicœ typo-
,graphiœ origine, Erlang, 1778; De typogra- Jphia Hebrœo-Ferraricnsi commentatio histo-
rica, du même, ibid., 1781.
i HUGBALDUS, religieux bénédictin, floris-
sait vers l'an 880, et composa un petit poëme
latin De laude Calvorum, de 136 vers, dédié à Charles le Chauve, et dont tous les mots commençaient par un C. En voici le premier vers :
Carmina clarisouae calvis cantate Camœnae.
Parmi les éditions de ce poëme, nous citerons celles de Bâle, 1516, 1519, in-4°; 1547, in-8°. Ce pénible ouvrage acquit à son auteur moins de considération que ses connaissances théologiques, et son application à l'Ecriture sainte et à diverses sciences. Trithème en parle en ces termes : Hugbaldus, monachus elvonensis, natione Gallus, vir tam in divinis Scripturis quam in sœcularibus litteris eruditissimus, inmusica,poetica, philosophia, oratoria et cœteris artibus, nulli eo tempore secundus. Il a écrit plusieurs Traités sur la musique, et entre autres sur Y Harmonie ou Diaphonia
HUGO ou HUGON (Herman), jésuite, né à Bruxelles, en 1588, mort de la peste à Rhinberg, en 1629, est auteur d'un traité savant De militia equestri antiqua et nova, Anvers, 1630, in-fol., avec des planches en tailledouce. 11 s'est aussi distingué sur le Parnasse latin par ses Pia desideria, etc., Paris, 1654, in-32, à l'instar des Elzévirs, avec des figures d'un go H singulier, mais qui expriment des vérités saintes, et nourrissent les sentiments d'une tendre piété. Ce recueil, contenant 45 pièces, est divisé en trois livres. Le premier a pour titre : Gemitus animas pœnitentis; le deuxième, Vota animœ sanctœ ; le troisième, Suspiria animœ amantis. Ce sont divers passages de l'Ecriture mis en action, et exprimés par des emblèmes qui en rendent le sens p!us sensible et le souvenir plus durable. L'auteur commente ces passages par de longues paraphrases en vers élégiaques qui semblent contraster Un peu avec l'onction et la simplicité sublime de ses divins modèles. Il versifie assez bien, il est même souvent poëte ; mais il n'est pasinspiré de la muse de David. On a encore de lui : Obsidio Bredana ductu Ambros. Spinolœ per ■ fecta, Anvers, 1629, in-fol. Il avait été présent à ce siège formé par le célèbre Ambroise Spinola, en 1625. Cet ouvrage a été traduit en espagnol. De prima scribendi origine et universœ rei litterariœ antiquitate, Anvers, 1617, in-8°, ouvrage savant et très-bien écrit.
HUGO (Charles-Louis), Lorrain, chanoine prémontré, abbé d'Estival, docteur en théologie, évêque de Ptolémaïde in parlibus, né en 1667, à Saint-Mihiel, en Lorraine, mou -i rut à Estival le 2 août 1739, à l'âge de 72 ans. On a de lui : les Annales des Prémontrés, Nancy, 1736, en 2 vol. in-fol., en latin ; elles sont pleines de recherches. On y trouve la description et le plan des monastères, et l'histoire de l'ordre. Quelques inexactitudes font tort à cet ouvrage, dont les deux tomes se relient ordinairement en un seul vol. La Vie de saint Norbert, fondateur des Prémontrés, Luxembourg, 1704, in-4°, la meilleure que l'on ait, quoiqu'elle ait essuyé quelques critiques. Lettres à Vabbé de Lorkot , en défense de cette Vie, Nancy, 1705 ; Sacrœ anti-
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(/intntis monumcntu liistorico - dogmatica , 17-25, 2 vol. in-fol.; Traité historique et critique de lu maison de Lorraine, in-V\ Nancy, sous le titre de Berlin, 1711. Doin Hugo se cacha sous le nom de Raleicoiirt, pour donner un plus libre cours a sa plume. Cet ouvrage est plein de traits hardis, qui déplurent eu France : il l'ut flétri par arrêt du parlement tu 1712. L'année d'après, il lit imprimer un autre ouvrage sur la même matière, intitulé : lir/lrxions sur deux ouvrages concernant la maison de Lorraine, iu-8'; ces deux ouvrages Sont, l'un île Jean Musse v, l'autre du capucin Benoit Picard. On a encore de lui une Réfutation dusystnne de l'abbé Fuydit sur la Trinité, Luxembourg, 1099, in-12. Ce prélat avait de l'érudition et de la vivacité ; ses ouvrages prouvent l'une et l'autre. Pour avoir une connaissance plus étendue des ouvrages de Hugo, on peut consulter la Bibliothèque de Lorraine, de dom Calmet, col. 512 et suiv.
HUGOLIN (Barthélémy), canoniste de Lombardie, mort en 1618, est auteur de plusieurs ouvrages en latin, qui sont estimés. 11 présenta son Traité des sacrements (Rimini, 1587, in-1'olio) au pape Sixte V, qui le récompensa en pontife libéral.
HUGON (Pierre), jésuite suisse, né à Lucerne vers 1587, entra dans la société en 1606, âgé de 19 ans. Après avoir enseigné dans différents collèges, il se livra à la prédication, et continua cet utile et pieux exercice pendant 36 ans. Envoyé supérieur à Amberg dans le Haut-Palatinat, il y contribua beaucoup à la propagation de la religion catholique. Revenu dans sa patrie, il l'ut recteur du collège de Fribourg, et y mourut,.à la suite d'un catarrhe, le 19 décembre 1651. Il a laissé une Vie latine de Nicolas van der Flue (Nicolai de Rupe), ermite célèbre par une abstinence de 27 ans, Fribourg, 1636, in-12, réimprimé avec des notes par les Bollandistes, dans les Acta sanclorum, tom. III, pag. 298, pour le mois de mars; Apologie de la religion catholique romaine, en allemand, Fribourg, 1051 ; Manuel des catholiques, aussi en allemand, lngolstadt, etc.
HUGUES de GLUNY (saint) né à Semur, en Briennois, l'an 1024, était d'une maison distinguée, qui descendait des anciens ducs de Bourgogne. Ayant rejeté les vues d'ambition que sa naissance pouvait lui inspirer, il se consacra à Dieu dans l'ordre de Cl un, . Son mérite et sa piété l'en lirent élire abbé, après la mort de saint Odilon, en 10iO. 11 gouverna cette grande famille avec autant de zèle que de prudence. Une mort sainte vint terminer ses travaux en 1109, à 85 ans. A l'aide des libéralités d'Alphonse IV, roi de Casiille, il lit bâtir l'église qui subsiste encore à Cluny. Cet ordre fut de son temps au plus iiaut point de sa splendeur, mais il commença à déchoir après sa mort. Il ne nous reste de lui que sept Lettres entre un grand nombre qu'il avait écrites; des Statuts et Règlements, où l'on voit la vie que l'on menait dans le célèbre monastère dont il était le chef; et quelques ouvrages ascétiques, pleins d'onction et de piété. On trouve ces pièces dans la
Sibliotheca cluniacensis, pag. 491 et suiv.
HUGUES (saint), né en 1053, d'une famille illustre, ôvèque de Grenoble en 1080, reçut saint Bruno et ses compagnons, et les conduisit lui-môme à la Grande Chartreuse. 11 mourut en 1132, avec la joie d'avoir donné à l'Eglise une pépinière de saints. On a de mi un Cartulairc, dont on trouve des fragments dans les OEuvres posthumes de Mabillon, el dans les Mémoires du Dauphiné, d'Allard, 1711, 2 vol. in-folio.
HUGUES, né en 1065, abbé de Flavigny, au commencement du xne siècle, s'élant vu enlever son abbaye par l'évèque d'Autun, qui la lit donner à un autre, supplanta à son tour, à l'instigation de l'évoque de Verdun, saint Laurent, abbé du monastère de Saint-Vannes, dont il avait été moine, et garda celte dignité jusqu'en 1115; depuis ce temps, son existence est ignorée. 11 est auteur d'une Chronique en deux parties. La première est peu intéressante, et remplie de fautes; la seconde est très-importante pour l'histoire de l'Eglise de France de son temps. Elle est connue sous le nom de Chronique de Verdun. On la trouve dans la Bibliotheca manuscriptorum du Père Labbe.
HUGUES de FLEURY, moine de cette abbaye, vers la lin du xie siècle, a laissé : deux livres De la puissance royale et de la dignité sacerdotale. Il tache de marquer les limites des deux pouvoirs, spirituel et temporel, contre les empereurs qui se les arrogeaient tous les deux, et les papes qui semblaient quelquefois toucher au temporel. On les trouve dans le tome III des Miscellanca de Baluze. Une petite Chronique, publiée par Duchesne, depuis 669 jusqu'en 1109, Munster, 1638, in-i°. Elle est courte, mais bien digérée, et contient en peu de mots beaucoup de choses. Ce moine est encore surnommé de Sainte-Marie, du nom d'un village dont son père était seigneur. 11 mourut vers l'an 1120. Le style de cet auteur est clair, précis et plus pur que la plupart des ouvrages composés à Ja même époque.
HUGUES des P A YENS (de Paganis), de la maison des comtes de Champagne, uni avec Geolfroi de Saint-Omer et sept autres gentilshommes, institua l'ordre des Templiers, et en fut le premier grand-mailre. Ces neuf chevaliers se consacrèrent au service de la religion en 1118, entre les mains de Gormond, patriarche de Jérusalem, promettant de vivre dans la chasteté, l'obéissance et Ja pauvreté. Le premier devoir qui leur fut imposé par les évoques était de garder les chemins, pour la sûreté des pèlerins. Comme cette nouvelle milice n'avait ni église ni' logement, Baudouin II, roi de Jérusalem, leur accorda un appartement dans le palais qu'il avait auprès du temple; de là leur vint le nom de Templiers. Saint Bernard leur donna une règle approuvée par le concile de Troyes en 1128. Elle leur prescrivait l'habit blanc (l la noix rouge, la récitation de l'Office divin, l'abstinence les lundis et mercredis, et presque toutes les observances monastiques. Deux siècles après leur fonda-
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tion, ces 'chevaliers, qui faisaient vœu de combattre pour Jésus-Christ, furent accusés de le renier, et l'ordre fut aboli en 1312* !Voy. Molay.) Hugues des Payens mourut en il36J regretté de tout ce qu'il y avait de chrétiens' zélés en Palestine.
HUGUES de SAINT-VICTOR, chanoine régulier de la maison de ce nom, à Paris, y professa la théologie avec tant d'applaudissement, qu'on l'appela un second Augustin. Les uns le font saxon, et disent qu'il embrassa la vie religieuse à Hamersleben en Saxe; d'autres prétendent qu'il était d'Ypres. Il mourut à Paris le 3 février 1140, à 44 ans. Ses ouvrages, écrits avec beaucoup de force et de dignité, ont été imprimés à Cologne, en 1617,3 vol. in-fol.: c'est la bonne édition. On les a réimprimés à Rouen en 1648, 2 vol. in-fol. Ils contiennent un grand nombre de pièces qu'on lui a attribuées mal à propos , comme l'a prouvé Casimir Oudin dans son Commentaire des écrivains ecclésiastiques, tom. II. Les traités De arrha animœ et De sapientia Christi, sont certainement de Hugues. Ch. G. Derling a publié une dissertation DeHugone a Sancto-Victore, Helmstadt, 1745, in-4°.
HUGUES de FOSSE ( le bienheureux) , en latin Hugo Fossensis, parce qu'il était de Fosses, bourg et abbaye autrefois du pays de Liège, maintenant du comté de Namur, était né de parents nobles, à la fin du xie siècle, et fut le premier abbé général de Prémontré, saint Norbert n'ayant jamais pris ce titre. 11 avait été élevé et formé à la piété et aux lettres dans le monastère de Fosses. Etant entré dans l'état ecclésiastique, et ayant été promu à la prêtrise, il devint chapelain dé Burchard , évêque de Cambrai et chanoine de cette église. Saint Norbert, qui parcourait le Cambrésis et les pays voisins en missionnaire, apprit, en passant à Valenciennes, que Burchard s'.\ trouvait. Ils s'étaient vus à la cour de l'empereur, et avaient été liés. Norbert crut devoir une visite au prélat, et fut introduit près de lui par Hugues, comme un simple prêtre, qui portait même les livrées de la pauvreté. Reconnu et reçu par Burchard en présence de Hugues avec des marques de vénération, celui-ci eut la curiosité, lorsque Norbert fut sorti, de savoir qui était cet ecclésiastique qui, sous un vêtement si humble, obtenait un accueil si respectueux. « C'est, lui dit « Burchard, Norbert, parent de l'empereur, « naguère son favori, comblé alors de biens « et de richesses, qu'il a quittés pour se « vouer à Dieu; autrefois courtisan envié, « aujourd'hui modèle d'humilité, de péni- « tence et de zèle. C'est à son refus que je « dois mon évêché. » Hugues fut si touché de ce grand exemple, qu'il alla trouver le saint, et lui demanda la permission de le suivre et de s'associer à ses travaux apostoliques. Devenu disciple de Norbert, Hugues ne le quitta plus; il fut le premier des douze chanoines qui embrassèrent l'institut de Pré jnt-ré en 1120. Ce fut sur lui que saint Norbert, appelé à l'archevêché de Magde-
bourg, jeta les yeux pour lui succéder à Prémontré. Hugues, en 1128, se trouva à la tète de la nouvelle colonie, et elle prospéra tellement sous son gouvernement, qu'avant de mourir, il vit à son chapitre général plus de 100 abbés. Il assista, en 1145, à une assemblée tenue à Chartres pour la croisade de Louis le Jeune. L'évêché de cette ville étant vacant, lui fut offert. 11 le refusa. Il mourut en odeur de sainteté en 1161, et non en 1154, comme dit le Père Le Paige, et fut inhumé dans l'église de Prémontré. 11 fut question, dans le chapitre général de 1660, de procéder à sa canonisation; sa dépouille mortelle fut exhumée; mais ce projet différé, sans jamais avoir été abandonné, n'a point eu son exécution. Hugues de Fosse est auteur des ouvrages suivants : les Premières constitutions de l'ordre de Prémontré, approuvées par Innocent II, Célestin II et Eugène III; une Vie de saint Norbert, que Surius et les Bollandistes ont insérée dans leur Recueil ; le Livre des cérémonies de l'ordre de Prémontré , appelé Ordinaire, dont l'usage s'est conservé dans l'ordre avec quelques changements faits par des chapitres généraux. On lui a attribué le livre des Miracles de Notre-Dame de Soissons ; un traité intitulé : De gratia conservanda, et quelques autres ouvrages qui ne paraissent point lui appartenir.
HUGUES d'AMIENS, archevêque de Rouen, un des plus grands et des plus savants prélats de son siècle, mourut en 1164. On a de lui trois Livres pour prémunir son clergé contre les erreurs de son temps, et quelques autres ouvrages. On trouve les premiers à la fin des Œuvres de Guilbert de Nogent, publiées par dom d'Achery, et les autres dans les collections de dom Martenne et Durand.
HUGUES de SAINT-CHER, ainsi nommé parce qu'il vint au monde près de l'église de ce nom , aux environs de Vienne en Dauphiné; dominicain du xme siècle, docteur de Sorbonne, cardinal-prêtre, du titre de Sainte-Sabine, reçut la pourpre des mains d'Innocent IV en 1244. Ce pape et Alexandre IV son successeur le chargèrent des affaires les plus épineuses. Ce fut pour lui une occasion de faire éclater sa sagesse, sa modération, son esprit, sa fermeté. Il mourut à Orviette en 1263. On lui fît une épitaphe dans laquelle on disait qu'à sa mort la sagesse avait souffert une éclipse. On a de lui plusieurs ouvrages sur l'Ecriture; le plus important est une Concordance de la Bible , Cologne , 1684 , in-8°. Hugues de Saint-Cher a la gloire d'avoir imaginé le premier ce genre de travail, par le moyen duquel on trouve sans peine tel passage de l'Ecriture qu'on souhaite : en quoi il a rendu un service essentiel aux théologiens, aux prédicateurs, et à quiconque s'occupe de la lecture et de l'étude des livres saints. On a encore de lui : Spéculum Ecclesiœ , Paris, 1480, in-4° ; des Commentaires sur l'Ecriture sainte; Correct riumBibliœ, non imprimé, et dans la bibliothèque de la Sorbonne : c'ost