‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 180 sur 323 · JE A · texte numérisé non relu

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« l'âme; afin que Dion, la voyant abattue el « humiliée, en ail compassion et la secoure. »

Saint Jean le Nain avait aussi coutume de dire que « la sûreté du moine est de garder

« sa cellule, de veiller sur soi, et d'avoir « toujours Dieu présent à l'esprit. » Il mourut vers le commencement du \' siècle.

JEAN le SILENCIEUX saint), ainsi nommé à cause de son amour pour la retraite el le silence, naquitè Ni co polis, ville d'Arménie, en V5i, d'une famille illustre. Quand il fut maître de son bien, il bâtit un monastère, ! où il se retira avec dix autres personnes. {L'archevêque de Sebaste l'ordonna ensuite ! évoque de Coloni. Cette dignité n'apporta aucun changement à sa façon de vivre. 11 continua toujours de pratiquer la vie monastique. Neuf ans après, il uuitla secrètement son évêché, el se retira dans le monastère (ie Saint-Sabas, dont il devint économe. Il mourut veis 55S, âgé de 10V ans.

JEAN CLIMAQUE saint), surnommé aussi le Scolattique et le Sinaïte, naquit dans la Palestine vers 5:25, et l'ut disciple de saint Grégoire de Nazianze. À 1 âge de 10 ans il se retira dans la solitude, et, malgré sa résistance, il fut élu abbé du mont Sinai vers l'an 580. Dans cette place, il fit paraître tant de piété et de sagesse, qu'il fut aimé et admiré de tous les religieux : mais il retourna dans sa cellule l'an 58V, quelque instance qu'on fit pour le retenir. Il mourut l'an 605, âgé de 80 ans. Nous avons de lui un livre intitulé : Climacc, ou Echelle du ciel, titre qui lui ût donner le nom de Climaque. Il le cemposa pour la perfection des solitaires, et il peut servir à celle des gens du monde. Cet ouvrage, plein d'excellents principes de piété, renferme quelques histoires édifiantes qui donnent de la force à ses principes. L'échelle est composée de 30 degrés, dont chacun comprend une vertu. Ambroise le Camaldule, l'abbé Jacques de Billi et le P. Radcr, l'ont traduit du grec en latin. Nous en avons une version eu français, avec la Vie du saint, par Arnaud d'Andilly, 1 vol. in-12. La meilleure édition de l'original est celle de Paris en 1633, in-folio, avec la traduction latine de Rader.

JEAN [Saint), dit l'Aumônier, à cause de ses charités extraordinaires, était de l'Ile de Chypre, dont son père avait été gouverneur. Il fut élevé l'an 610 sur le siège patriarcal d'Alexandrie, après Théodore. Sa tendresse compatissante pour les misérables éclata surtout dans la famine qui désola son peuple en 615, et dans la mortalité qui la suivit. L'invasion des Perses en Egypte le lit résoudre à quitter sa vide épiscopale pour se, retirer eu Chypre. 11 inouï ut à Limisso, que l'on appelait alors Amathonte, lieu de sa naissance, l'an 619, à 6i ans. Son testament fut aussi édifiant que court; le voici :« Je « vous rends grâces, mon Dieu, de ce que * vous avez exaucé ma prière, et qu'il ne me « reste qu'un tiers de sou, quoiqu'à mon « ordination j'aie trouvé dans la maison épis- « copale d'Alexandrie environ V000 livres « d'or, outre îes sommes innombrables que

«j'ai reçues des amis de Jésus-Christ. C'est « pourquoi j'ordonne que ce peu qui reste « soit donné à vos serv leurs. » Ce testament nous fait voir quelles étaient les richesses de l'Eglise d'Alexandrie, et rend plus vraisemblable ce qu'on dit des aumônes immenses du patriarche Jean. L'ordre dit de Saint- Jean <!<■ Jérusalem toc son nom de ce saint.

JEAN DAMASCENE (saint) ou de Damas, savant prêtre, fut instruit dans les sciences par un religieux italien, nommé Côme, qui avait été fait prisonnier par les Sarrasins. Le calife le prit pour son premier ministre; mais il quitta cet emploi et se retira au monastère de Saint-Sabas, près de Jérusalem, y pratiqua toutes sortes de vertus, y mourut vers l'an 760, et selon quelques-uns l'an 780, à 8'+ ans. Nous avons de lui : Quatre livres de la foi orthodoxe, dans lesquels il a renfermé toute la théologie, d'une manière scolastique et méthodique ; ce qui lui a donné chez les Grecs le même rang que Pierre Lombard et saint Thomas parmi nous. On y voit qu'il croyait que le Saint-Esprit procédait du Père seulement, et non du Eils ; article sur lequel l'Eglise n'avait pas encore définitivement prononcé. Plusieurs Traités théologiques; des Hymnes ; une Dialectique et une Physique; Dispute entre un chrétien et un sarrasin. On lui attribue, mais sans fondement, Liber Barlaam et Josaphat, Indice régis, sans date ni lieu d'impression, mais imprimé vers 1V70, in-fol., rare; il y en a plusieurs traductions françaises, anciennes et peu recherchées. Sa critique n'éiait pas assez forte ni assez éclairée pour l'empêcher d'adopter quelquefois de pieuses fables, telles que la délivrance de Trajan par les prières du pape saint Grégoire le Grand, et que Jean de Jérusalem, qui vécut dans le x" siècle, ôla prudemment des ouvrages de Jean Damascène. Quelques critiques protestants disent que ce Père n'a pas fait scrupule d'employer le mensonge pour défendre la vérité. C'est une calomnie. On ne doit point taxer de mensonge un écrivain qui est quelquefois mal servi par sa mémoire, ou qui cite de bonne loi des faits apocryphes, mais communément reçus comme vrais ; il peut pécher par défaut d'exactitude sans manquer pour cela de sincérité. On comprend que c'est la défense des saintes images qui attira à saint Damascène ces politesses de la part des protestants : cependant les plus distingués parmi eux ont rendujustice à l'érudition, à la science de la théologie, à la netteté et à la précision qui se font remarquer dans les ouvrages de ce Père. Le reproche de pélagianisme que lui fait Basnage ne montre que la mauvaise humeur ou le peu de réflexion de ce caustique censeur. La meilleure édition de ses ouvrages est cell ■ du P. Le Quien, 1712, in-fol., 2 vol. grec et latin. Cette édition a reparu àA'éroue en 17i8, avec des améliorations.

JEAN, surnommé Malala, était d'Antioche.

11 écrivit au commencement du xe siècle une Chronique depuis le commencement du inonde jusqu'au temps de Justinien. Elle a

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été imprimée à Oxford, en latin et en grec, Mathurin, nommée auparavant YAumônerte

Tan 1691, in-8", avec des notes par Edmond de Saint-Benoît, qui leur fut donnée par le

Chilmead. chapitre de l'Eglise de Paris. C'est de cette

JEAN (saint), archidiacre de Capoue, né maison que leur est venu, en France, le

d'une famille noble de cette ville, se distin- nom de Mathurins. Voy. les Annales de cet

tingua par sa piété et par ses mœurs exem- ordre, publiées h Rome, en 1685, in-fol.

plaires. Les moines du Mont-Cassin, ré.'u- JEAN de MEDA (saint), né à Méda, au-

giés h Teano, parce que leur monastère avait près de Côme en Italie, devint supérieur de

été brûlé par les Sarrasins , élurent Jean l'ordre des Humiliés, qui n'était alors com-

pour leur abbé. 11 prit l'habit monastique, posé que de laïques, et y introduisit des

car c'était l'usage que quand on prenait un ecclésiastiques et des prêtres. Il mourut

séculier pour abbé, il commençait par se saintement en 1159. L'ordre des Humiliés

faire moine, et fut béni par le pape Jean X. ne subsiste plus.

Il attira ses moines de Teano dans la ville JKAN COLOMBINI (saint). Voy. Colombini. de Capoue, où il leur bâtit un vaste monas- JEAN de DIEU (saint), naquit en 14-95 à tère, acheva aussi d • rebâtir celui du Mont- Montemajor-el-Novo, petite ville de Portu- Cassin, et y mourut l'an 93k. On a de lui gai, d'une famille si pauvre, qu'il fut obligé une Chronique des dévastations et des mal- de servir de domestique, pour pourvoir à heurs qu*a soufferts le Mont-Cassin, et des sa subsistance. Un sermon du bienheureux prodiges qui y ont été opérés. On le cr dt Je;m d'Avila (Voy. Avila) le toucha telleaussi auteur d'une Chronique des derniers ment, qu'il résolut de consacrer le reste de comtes de Capoue, publiée par Camille Pé- sa vie au service de Dieu et des malades. Le régrin, dans son Histoire des princes de la zèle du saint homme suppléa à tout, et Lombardie. vainquit tous les obstacles qu'on lui opposa. JEAN (saint), dit de Bergame, fut placé II acheta une maison à Grenade ; et du sein sur le siège épiscopal de cette ville vers de la pauvreté, on vit sortir cette magnil'an 656, pour sa science et sa vertu consom- tique maison d'hospitalité, qui subsiste enmées, et l'occupa très-fructueusement l'es- core, dit Feller, et qui a servi de modèle à pace de 27 ans. Les ariens déchiraient alors toutes les autres. C'est là que Jean jeta les l'Eglise : il s'éleva avec force contre eux, et premiers fondements de son institut, apen toucha un grand nombre qui, de perse- prouvé par le pape Pie V en 1572 et répandu cuteurs, devinrent partisans de la vérité, depuis dans toute l'Europe. Le saint homme Mais il fut la victime de son zèle ; les chefs mourut en 1550, à 55 ans. Il n'avait point des ariens, furieux et jaloux de voir dimi- laissé d'autre règle à ses disciples que son nuer leur nombre, tirent assassiner ce saint exemple : ce fut Pie V qui leur donna celle homme en 683. . de saint Augustin. Ce pontife y ajouta quel- JEÀN C AP1STR AN (saint). Voy. Capistran. ques autres règlements, pour donner de la JEAN de MATERA (saint), né à Matera stabilité à cette congrégation, appelée l'ordans la Pouille, vers 1050, de parents illus— dre de la charité : congrégation qui secourt très, s'illustra lui-même par ses prédications l'humanité, et déploie plus de bienfaisance et par ses miracles. Il instilua sur le mont réelle dans une seule ville, que la secte des Cargan, vers 1118, un ordre particulier, qui philosophes dans le monde entier, quoique ne subsiste plus, et qu'on a appelé l'ordre de ceux-ci aient toujours ce mot à la bouche. Pulsano. 11 mourut le 21) juin 1139, à 89 ans, « Cet ordre, dit un auteur judicieux, semble et fut canonisé par la voix du peuple. « avoir été institué exprès à la naissance JEAN de MATHA (saint), né en 1160, à « du protestantisme, pour démontrer contre Faucon, bourg delà vallée de Barcelonnette, «les réformateurs l'utilité et la nécessité en Provence, reçut le bonnet de docteur à « des vœux monastiques. Des hommes à Paris, où il avait étudié avec succès. Sa « gage rendraient-ils des services aussi purs piété l'unit avec le saint ermite Félix de Va- « que les Frères de la Charité? Et sans le lois : ils fondèrent de concert Tordre de la « vœu par lequel ils s'y engagent, auraient- Sa in te- Trinité pour la rédemption des ca- « ils le courage d'y employer toute leur vie? ptifs. Innocent III l'approuva, et leur donna « La prétendue réforme, avec ses belles solenne'lement en 1199 un habit blanc sur « idées de perfection, a-t-elle trouvé un lequel était attachée une croix rouge. Saint « moyen de suppléer aux bonnes œuvres Jean de Matha fit ensuite un voyage en Bar- « pratiquées par les religieux hospitaliers? » barie , d'où il ramena cent-vingt captifs. JEAN d'YEPEZ, plus connu sous le nom Ii mourut peu de temps après à Rome, en de Jean de La Croix (saint), né à Onti- 1213. Le pape Innocent III, en lui donnant veros, bourg de la Vieille-Castille, prit l'hal'habit de son ordre, avait confirmé sa règle, bit de Carme au couvent de Medina-del- Elle porte, entre autres choses, que les frè- Campo, et lia une étroite amitié avec sainte res réserveront la troisième partie de leurs Thérèse. Il vint avec elle à Valladolid, où biens pour la rédemption des captifs. L'or- il quitta l'habit qu'il portait pour prendre rire des trinitaires fit en peu de temps de celui de carme déchaussé. Après avoir iragrands progrès en France, en Lombardie, vaille à la réforme de plusieurs couvents, il en Espagne, et même au delà de la mer. fut envoyé à Avila, pour être confesseur des Le moine Albéric, qui écrivait quarante ans carmélites, et pour les porter à se réformer, après, dit qu'ils avaient déjà jusqu'à 600 Les religieux de cet ordre le firent enlever maisons, entre lesquelles était celle de Saint- et. mener à Tolède, où ils le renfermèrent

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dans un cachot, il 3 demeura neuf mois, el en fui onlin tiré par le crédit de sainte Thérèse : mai les supérieurs de la réforme, oui voulaient qu'on abandonnât la conduite aes carmélites, lui suscitèrent de nouvelles alfaires. II mourut dans le convei 1 d'UbPda, le IV décembre 15 H, figé rie V9 ans. H a été béatiûéen 1075 sous Clément X, et misau rang des sain 1 en \~n> ious Clément XIII. Il a laissé des litres rie s irttualité en es >a mol, et traduits en italien el en latin, intitulés : La Montée du Htênt-Carm /, La Nuit obscure de l'âinr, Lu Flamme vive dr Véifiour , Le Cantique du divin Amour. Ces Ouvrages sont écrits d'un style obscur et, pour ainsi dire, mystérieux. On y trouve les principes d'une mysticité incompréhensible à heauc mp de personnes. « L'auteur, dit un judicieux « théologien , explique les 0 érations du « Bainl-Esprit dans les impressions surnaa turelles, et tous les degrés de l'union di- « vinc dans la prière. On ne peutd cr.re les « communications secrètes d'une Ame dans « cet état, et il 11' .. a que «eux qui les ont « éprouvées qui soient capables de s'en ibr- « mer une idée. C'est , our ces personnes « que le saint a écrit les ouv. agis dont nous a parlons. Ils le ir -er >nt sans doute ut les ; « mais ils pourraient devenir n isiiiles à « ceux qui ne sont point dans le même C , « et qui sont facilement les dupes de leur « imagination : ils le deviendraient surtout « aux enthousiastes qui abusent de ce qu'ils « n'entendent | oint, pour étaycr leurs illu- « sious. » Le P. Iîerlhier dans ses Réflexions spirituelles, a consacré onze Lettres à l'explication des œuvres de saint Jean de la Croix ; il prétend y trouver trois choses : « 1° une logique d s plus précis is ; 2° un « esprit éclairé des lumières divines; 3° un « don d'instruction qui ne se dément nu le « paît. » Nous venons (Je voir que tout le monde n'en porte pas un jugement si favorable. Tout ce q :e l'on peut dire, c'est que la science des voies intérieures est la plus dillicile, la plus profonde de toutes, et a plus admirable, comme dit le prophète ; qu'il est dillicile de la réduire efl règleï et quand on y parviendrait^ ùterait-on à Die 1 la pu ssance des exceptions ? Mirabilis facta est scientiu taa e.r me, confortât n est, et non •potcro ad eom. Voy- àrmellk, C vtiikkine de Sienne, Fénelon , Glyon , Rlsbkock, Tau-ère, etc.) Le P. Maillard, jésuite, a traduit en français les Œuvres de saint Jean de la Croix, Paris, 63V, après y avoir t'ait divers retranchements. Le P. Honoré de Sainte- Marie et ie P. Dosithée de Saint-Alexis, religieux du même ordre, ont donné 'a Vie de ce saint. Celle du P. Doshhée a été imprimée à Paris en 1727, en 2 vol. iu-i°. Collet a écrit aussi la Vie de ce saint, Paris, 1769, in-12. — M. 1 abbé Migne a d mué les OEuvres complètes du B. Jean d'Avila, avec celles de saint Pier. e d'Alcantara et de saint Jean de la Croix, à la suite des OEuvres complètes de sainte Thérèse, 18V7, k vol. in-i*.

JLAN' de CiiEL.M, ainsi appelé parce qu'il était év èque de Chelm en Pologne. Il rem-

plissait, dit-on, ce siège; au commencement du w siècle. Lausl h -iié de sa vie s'était répandue sur son caractère, el la sévérité de son zèle approrh. il beaucoun de l'nmerlume. CVst pour cetl ! raison qu'on lui attribue un trait ■'• singulier et peu commun, imprimé en 1524, à I.andshut en Bavière, info!., sous ce titre : ÛnHs Ecctesiœ, teu E.rcerpta varia e.r âlversis auctoribus, potissimumque Scriptura de.afflictione, statu perverso, et necessitate refoïmaîtonis Ècclesiœ. C'est une déclamation contre les abus qui s'étaient -lissés d ms l'Église, et une espèce de satire contre les m ' rs des ecclésiasti- <pi !< ; elle est recherché • par les curieux. Ce livre ayant paru, en 1531, a Cologne, infol.. et en 1620, in-V". sous un titre un peu différent, quoique essentiellement le même, quelques bibliographes en ont l'ait deux ouvrages distingues, dont ils ont attribué l'un \ Jean de Çhiemsée, mal lu et mal interprété. Ou d qu'il en soit, ce livre, qui a paru aussi sous le liire abrégé De rorrupto statu E<<Icsiœ, < st peu de chose : beaucoup de zèle et d'érudition, mais peu de goût et de discernement. Il se serait peut-être perdu sans les protestants, qui ont cru acquérir un trésor dans celle satire contre le clergé : comme si les fautes (\c:> ministres du Seigneur pouvaient autoriser les hérésies et les schismes. Quelques bibliographes l'àtti ibuent à Jacques de Cluse, d'autres à Nicolas Clemangis. Voy. ces noms.

JEAN lrr (saint), pape, toscan, monta sur la chaire de saii t Pierre après Horinisdas le 13 août 5-2'i. L'empereur Justin ayant publié un édil qui ordonnait aux ariens de r mettre aux évèques catholiques les églises qu'ils leur avaient enlevées, Théo loric 1", roi des Golhs d'Italie, et protecteur de l'arianisme, s'en vengeasurlesorthodoxes.il lit enfermer J.an dans une dure prison à Bavenne, où il mourut le 27 mai 526, regardé tomme un martyr. Il eut Félix IV pour successeur. Les deux Lettres qui portent le nom de ce saint pape sont visiblement supposées On trouve sa Vie dans les Bollandisles , mai, tome VI.

I AN II, surnommé Mercure, romain, fut pape après Boniface II, le 23 janvier 533. Il approuvé cette fameuse proposition, qui avait fait tant de bruit sous Horinisdas : Unus de Trinitate passus est; ajoutant in came, alin que cette proposition ne révoltât poini les personnes peu instruites ; elle avait so fl'eit oe grandes difficultés , et avait été quelque temps supprimée, à cause de l'abus que les eutychiens en faisaient, le pape Hormisdas se refusa constamment aux prières des moine- soldes, qui en demandaient l'approbation, mais les nestoriens se prévalant (ie celte suppression, cl les moines acémètes la combattant avec une ardeur qui les rendait suspects de cette dernière hérésie. Jean crut devoir approuver une proposition qui présentait réellement un sens orthodoxe. Il mourut le le. mai 535, et eut Agapet 1 r pour successeur. Voy. saint A1.EX4Xdre, fondateur des acémètes.

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JEAN III, surnommé Cattelin, né à Rome, pape après Pelage Ier, le 1" août 560, montra beaucoup de zèle pour la décoration des églises, acheva celle de Saint-Philippe et de Saint-Jacques, gouverna sagement l'Eglise pendant un pontificat de treize ans, et mourut, le 13 juillet 573. Benoit 1er fut son successeur.

JEAN IV, de Salone en Dalmatie, tint un concile à Home, où il condamna VEdhètse d'Hérnclius, qui ne tarda pas à se rétracter. Voy. Héraclius. Jean fut élu pape le 26 décembre MO, succéda a S'-verin, et mourut le 12 oct. 642. Théodoie fut son successeur. JEAN V, syrien, digne d'occuper le saintsiége par son zèle, sa douceur et sa prudence, y monta le 23 juillet 6N5, après Benoit 1", mourut le 2 août CSG, et lut remplacé par Conon.

JEAN VI, ^rec de nation, monta sur la chaire pont ticale après Serons le 3 octobre 701, et mourut le 11 janvier 705. 11 eut pour successeur Jean VI!.

JEAN VII, grec, devint pape après le précédent, h' 1" mars 705, et mourut le 18 octobie 707 : il ternit son pontiticat par sa complaisance pour Tempère r Justinien. Ce prince avait à cœur de faire continuer par le pape les canons du concile in Trullo, ou Quini-Sexte, qui s'était assemblé par son ordre. Scrgius , un des prédécesseurs de Jean, n'avait jamais voulu y souscrire, quelque instance que lui en eût laite l'empereur. En elfet, le pape n'avait eu aucune part à sa convocation, et il n'y avait assisté ni en personne, ni par ses légats. Sous le pape Jean il renouvela ses instances, et envoya les actes de ce concile à Home, avec une lettre adressée au pape. Dans cette leilre il le conjurait d'assembler un concile, de confirmer ce qu'il approuverait dans ces actes et de rejeter le reste. Mais le pape Jean VII, dit l'abbé Fieury, après Anastase, craignant de déplaire à l'empereur, lui renvoya ces volumes sans y avoir rien corrigé. Ce qu'il fit de mieux fut le rétablissement de saint Wilfride, archevêque d'York, dans son siège. Sisinnius fut son successeur.

JEAN VIII, romain, pape, successeur d'Adrien II (H décembre 872), couronna empereur Charles le Chauve en 875, et vint en France en 878. 11 se rendit à Troyes, où il tint un concile, et où il reconnut solennellement Louis le Bègue, non comme empereur, mais comme roi. La nouvelle qu'il eut des ravages que les Sarrasins faisaient en Italie l'obligea de repasser les Alpes; il fut môme contraint de leur payer un tribut annuel de 25,000 marcs d'argent. Dans le même temps, il se laissa fléchir par les prièresde Basile, empereur d'Orient, et tromper | ar les artifices de Pholius. Persuadé par une lettre de cet intrus, de la prétendue violence qu'il uisaitlui avoir été faite pour re trer dans le siège de Constantinople, et par des lettres supposées sous le nom de plusieurs évèques, où le pape é:ait prié de l'accueillir, il reçut le fourbe à sa communion, et consentit qu'il occupât le siège qui

depuis tant d'années faisait l'objet uV son ambition. Cette complaisance surprit tous les orthodoxes, et a fait dire au cardinal Baronius que Jean VIII s'était conduit comme une femme : c'est ce qui a sans doute donné occasion au vulgaire de s'imaginer que Jean VI11 était femme, et c'est là probablement le fondement de la fable de la papesse Jeanne (Voy. Benoît III). Photius , par une lo gue rame d impostures et de fourberies, vint à bout de faire tenir un concile nombreux à Constantinople en 879, dont il régla toutes les opérations selon ses vues. Il y présenta les lettres du pape, qui, quelque favorables qu'elles lui fussent, ne l'étui nt pas encore assez à ses yeux ; les lettres qu'il présenta étaient altérées et bien différentes d s originaux; les Crées en conviennent eux-mêmes (Voy. Heverilge, Panûectm, can. apost. et conc). Le pape ayant ensuite envoyé Marin en qualité de légat à Constantinople, pour s'informer exactement de iout ce qui s'était passé au concile de Phot.us, apprit le mystère d'iniquité : il déclara nul ce synode, où ses légats, intimides ou corrompus par Photius, avaient, par une insigne perddie, directement agi contre les ordres qu'ils avaient reçus dans leurs instructions, et ex-'ommunia en même temps le faussaire Photius. Jean VIII mourut peu de temps après, le 11 décembre 882, après avoir gouverné l'Eglise pendant dix ans. Nous avons de lui 32(5 Lettres, par lesquelles on voit qu'ii prodiguait tellement les excommunications, qu'elles passaient en formules, il dérogea a l'ancienne discipline, en commuant les pénitences en pèlerinages. Martin II lui succéda.

JEAN IX, natif de Tivoli, diacre et moine de l'ordre de Saint-Benoit, successeur du pape Théodorell,fut élu le Î2inars898, et mourut le 20 mars 900. 11 eut pour compétiteur le prêtre S rgius, qui fut obligé de s'enfu r. Seul maître du souverain pontificat, ii gouverna l'Eglise avec sagesse, tint plusieurs conciles, parmi lesquels on remarque celui de Home 9j, où la m 'moire du pape Formose fut rétablie. Il fit jurer dans celui de Havenne l'observation ils capitulaires de Charlemagne. Benoît IV lui succéda.

JEAN X, romain, évoque do Bologne, puis archevêque de Havenne, sa patrie, succéda à LanJon. Il monta sur le trône pontifical le 30 août 914, par le crédit de Théodora la Jeune, femme puissante. Ce pontife était guerrier: il défit les Sarrasins qui désolaient depuis quelque temps l'Italie (916). Il fut chassé de son siège, par Gui, duc de Toscane, à la | ersuasion de Marosie, femme de ce duc, et sœur de Théodora. Cette femme avait contre lui une haine profonde. Gui fut soutenu par les Romains, qui étaient indisposés contre le pape, parce qu'il laissait gouverner sous son nom Pierre1 son frère, qui s'était rendu odieux aux principaux de cette ville. Ils couvraient leur haine d'un prétexte spécieux, disant qu'il était inhabile à posséder ce siège par la même raison que le pape Formose, puisqu'il avait quitté le

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siège de Ravenne pour monter sur celui de Rome, et que les translations étaient défendues. Quoique la mémoire de ce pontife ne soit pas en grande Ténération, on a tout lieu do croire qu'il a expié ses fauti S par la pénitence. Il témoigna en plusieurs occasions le vif repentir qu il en avait, et exhorta ues personnes chantabli s a joindre leurs | riè es aux siennes, pour lléchir la colère de Dieu. On l'enferma dans un cachot, où, selon Luitprand, on l'étouffa, en 9 8, en lui pressant un oreiller sur la bouche. Il avait occupé 14 ans le saint-siége, sur lequel Léon VI le remplaça.

JEAN XI, fils naturel, non du pape Seruius 111, comme Luilprand l'avance sur des ' bruits populaires, mais, selon l'opinion la plus vraisemblable, d'Alhéric duc de Sf olète, cl de Marosie (la même qui lit pér.r JeanX), fut l'ail [ ape a 25 ans, par le crédit de sa mère, le 20 mars 931, après Etienne VIL Marosie , monstre de lubricité et d'ambition, a.ant épousé Hugues, roi d'Italie, après la mort de Gui, duc de Toscane, son deuxième mari, Albéric, son lils, qu'elle avait eu d'un premier mari, la fit enfermer, avec le pape Jean XI, son frère utérin, dans le château Saint-Ange. Jean XI mourut dans cette prison, en 936, victime de l'ambition de sa mère et de la cruauté de son frère. Léon Vil lut son successeur.

JEAN XII, romain, qui se nommait Octavien, était fils d'Albéric, patrice de Rome, et succéda à la dignité et à l'autorité de son père, quoique clerc. Il se fit élire pape en 956 à la mort d'Agapet II, et prit le nom de Jean XII. C'est le premier papequi ait changé de nom à son avènement au pontifical ; il n'avait que 18 ans lorsqu'il fut élu. Bérenger s'élant alors fait couronner roi, tyrannisait l'Italie. Jean XII implora le secours u'Othon I", qui passa les monts et vengea le pontife. Jean couronna l'empereur, et lui jura sur le corps de saint Pierre uie fidélité inviolable ; ma s cette fidélité ne fut pas de longue durée. Il s'unit avec le fils de Bérenger contre son bienfaiteur. Othon revint à Rome, fit assembler un concile en 963. L'indigne pontife fut accusé de plusieurs crimes, entre autres, « d'avoir paru l'épée au côté, « la cuirasse sur le dos et le casque en tôte ; « d'avoir bu à la santé du diable ; d'avoir « donné à ses maîiresses le gouvernement « de plusieurs villes, la croix et les calices « de l'église de Saint-Pierre. » On le déposa et on mit à sa place Léon VIII. Voy. ce nom. Le pape déposé rentra pourtant dans Rome après le départ de l'empereur. 11 se vengea en faisant mutiler les deux principaux moteurs de sa déposition, en leur faisant couper la langue, le nez et les doigts. Il assembla ensuite un concile, pour casser les actes de celui qu'on avait convoqué contre lui. Ses infortunes ne l'avaient pas corrigé, il fut assassiné peu de temps après, le H mai 964, par un mari qu'il avait outragé, ou, suivant d'autres (Art de vérifier les dates), il fut emporté après une courte maladie. Luilpiand attribue sa mort à une autre cause.

Il raconte que « les démons le frappèrent si « rudement un soir qu'il était couché avec « une femme , qu'il en mourut huit jours « après. » Récit qui peut avoir du rapport avec les deux autres versions. Le grand nombre de vertueux et saints pontifes qui ont occupé le siège de Rome doit faire oublier le petit nombre de ceux dont les mœurs ont contrasté avec leur état. Jésus-Christ nous avertit expressément que les chefs de la religion ne sont pas impeccables, et que leurs fautes ne prouvent rien contre le culte dont ils sont les ministres, ni contre la doctrine donl ils sont les dé, ositaires : Super cathedram Moysis sederunt scribœ et pharisœi : omnia eryo quœcumque dixerint vobis, servatc et faci'te ; secundum opéra vero illorum nolite facere. Matth. x\m. — Voy. la fin de l'article Alexandre VI.

JEAN XI11, romain , fut élu pape après Léon V1I1 le 2 octobre 965, par I autorité de l'empereur Othon le Grand, contre le gré des Romains. Pierre, préfet de Rome, le lit chasser en 966. Othon fit pendre douze des principaux auteurs de la sédition , et livra Pierre au pape qui le fit fouetter et promener par la ville assis à rebours sur un âne, et l'envoya en exil. On raconte que pendant qu'Othon était à Rome, le démon s'empara d'un de* seigneurs de sa suite. On eut recours à la chaîne de saint Pierre, qu'on lui mitautour du cou,etilfut guéri. Thierri, évoque de Metz, témoin du miracle, se saisitaussitôt de la chaîne, piosestant qu'il se ferait plutôt couper la main que de lâcher sa prise. Le pape le satisfit en lui donnant un chainon. Jean mourut après un pontificat d'environ s pt ans : il eut pour successeur Benoit VI.

JEAN XIV, évêque de Pavie, et chancelier de l'empereur Othon II, oblint la papauté après Benoît VII, le 19 octobre 984. Il quitta le nom de Pierre qu'il portait auparavant, par respect pour le prince des apôtres, dont aucun des successeurs n'a porté le nom. Après trois mois de pontificat, il fut mis en prison au château Saint-Ange , par l'antipape Boniface VII, et y mourut de misère ou de poison le 30 août 985.

JEAN XV, romain, fils de Robert, fut élu pape après Jean XIV, l'an 985 ; mais comme il mourut avant son ordination , on ne le compte guère parmi les papes. Le nom de Jean XV est presque toujours donné au suivant. Il était savant, et avait composé divers ouvrages.

JEAN XVI, romain, fut mis sur le saintsiége après la mort de l'antipape Boniface VII, et celle de Jean XV, en 985. Il canonisa saint Udalric, évêque d'Augsbourg, le 3 février 993, et c'est le premier exemple de canonisation solennelle (1). Jean XVI eut beaucoup à souffrir du patrice Crescentius qui s'était emparé de l'autorité dans Borne. Il s'opposa a la déposition d'Arnoul, archevêque de Beims, par Hugues Capet. Il n'ou-

(1) Ce fut sous ce pape (en 989) que les Russes se convertirent à la religion chrétienne, à l'exemple. de leur prince Wladimir.

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olia rien pour maintenir ou rétablir la paix entre les princes chrétiens, et mourut d'une fièvre violente l'an 996. Il faut le distinguer de l'antipape Jean XVI, surnommé auparavant Philaga.se, auquel les gens de l'empereur Othon III coupèrent les mains et I es oreilles, et arrachèrent la langue, en 998. Voy. Othon III et Grégoire V.

JEAN XVII, nommé auparavant Sicco, romain, d'une famille illustre, fut élu pape après la mort de Silvestre II, le 6 juin 1003, et mourut le 31 octobre de la même année.

JEAN XVIII , nommé auparavant Fasan, romain, fut successeur de Jean XV11, le 19 mars lOOi. Sur la fin de sa vie, il abdiqua la papauté pour se retirer à l'abbaye de Saint-Paul de Rome, où il embrassa la vie monastique. Il mourut le 18 juillet 1009. Il eut Ser^ius IV pour successeur.

JEAN XIX, fils de Grégoire, comte de Tusculum, et frère du pape Benoît VIII, lui succéda le 19 juillet 1024. Il couronna l'empereur Conrad II en 1027. Deux rois, Rodolphe de Bourgogne et Canut d'Angleterre, assistèrent à cette cérémonie. Il mourut en mai 1033, et fut remplacé par Benoît IX. Sous son pontificat, les Grecs corrompirent la plupart des prélats de la cour romaine, dans le dessein d'obtenir le titre d' œcuménique pour le patriarche de Constantinople.

JEAN XXI, auparavant Pierre Julien, portugais, fils d'un médecin, médecin lui-même, devint évoque de Tusculum ou Frascati, cardinal, et enfin pape en 1276. On devrait le nommer Jean XX, puisque le dernier pape du même nom était Jean XIX; mais comme quelques-uns ont compté pour pape Jean, fils de Robert, et qu'ils ont aussi inséré l'antipape Philagase, on a nommé celui-ci Jean XXI. Il envoya des légats à Michel Paléologue pour l'exhorter à observer ce qui avait été résolu au concile de Lyon, tenu sous Grégoire X, et révoqua la constitution de ce pape, touchant l'élection du souverain pontife. Voy. Grégoire. Ce pape disait à ses amis qu'il se promettait une longue vie; mais il fut écrasé, environ huit mois après son élection, par la chute d'un bâtiment qu'il faisait construire à Viterbe. Il expira le 16 mai 1277. Nicolas III lui succéda. On a de lui des ouvrages de philosophie, de médecine et de théologie.

JEAN XXII naquit à Cahors, d'une bonne famille , et non d'un cordonnier, comme l'assurent presque tous les historiens. Son nom était Jacques d'EusE. 11 avait beaucoup d'esprit, et il le perfectionna par l'étude. Charles II, roi de Naples, instruit de son mérite, le donna pour précepteur à son fils. De dignité en dignité, il parvint à la pourpre et enfin à la papauté. 11 fut élu à Lyon en 1316. Les cardinaux ne pouvant s'accorder après la mort de Clément V, résolurent, dit-on, de s'en rapporter à lui pour le choix du nouveau pontife. Il se nomma lui-même, en disant : Ego sum papa. Mais cette anecdote de Villani est détruite par la lettre circulaire du nouveau pontife, où il parle de l'unanimité des cardinaux et de ses craintes

ens'imposantun si pesant fardeau. Jean XXII érigea diverses abbayes en évêchés, et fit des métropoles de plusieurs vill«s épiscopales. Toulouse devint un archevêché ; on lui donna pour sulTragants Montauban, Lavaur, Mirepoix, Saint-Papnul, Rieux, Lombez et Pamiers. Les évêchés de Saint-Flour, de Vabres, de Castres, de Tulle, de Condnm, de Sarlat, de Luçon, de Maillezais (aujourd'hui transféré a La Rochelle), furent érigés. Le pontificat de Jean XXII fut troublé par plusieurs querelles. La première qui eut lieu entre le pape et Louis de Bavière causa de grands troubles en Italie. L'empire était resté vacant pendant quatorze mois, après lesquels Louis de Bavière, frère de Rodolphe, venait d'être élu empereur par cinq électeurs. Ce prince avait pris le titre de roi des Romains , sans attendre l'approbation du pape, qui prétendait de son côté que l'administration de l'empire lui appartenait pendant la vacance. Il lança donc centre Louis de Bavière un monifôire qui fut bientôt suivi d'un acte d'excomunication. Louis, à son tour, excommunia le pape, qu'il appelait

f>ar dérision le prêtre Jean. Les Guelfes et es Gibelins désolaient l'Italie par leurs fureurs, et le pape ne pouvait revenir à Rome, où unedéputationde la ville l'avait rappelé. Louis de Bavière profita de cette occasion pour lui susciter un rival dans la personne de Pierre de Corbière. Voy. Corbière. Lorsque celui-ci eut obtenu son pardon du pape, Louis de Bavière consentit a révoquer tous les actes qu'il avait publiés contre le pape, pourvu qu'il le reconnût comme emper ur. Jean XXII rejeta ces accommodements. La seconde querel'e éclata vers l'an 1322. Un Bérenger enseigna, d'après je ne sais quel béguard, mis à l'inquisition de Toulouse, que Jésus-Christ ni les apôtres n'avaient rien possédé, ni en commun, ni en particulier. C'était, selon lui, un article de foi. Les franciscains demandèrent à cette occasion, s'ils pouvaient dire que leur potage leur appartînt, lorsqu'ils le mangeaient? Les uns soutenaient l'affirmative, les autres la négative. L'affaire fut portée au pape, qui voulut bien perdre son temps à l'examiner. Les cordeliers assemblés alors à Pérouse pour leur chapitre général, au lieu d'attendre la décision du pontife, se déclarèrent pour la non-propriété, et la fit eut enseigner par leurs docteurs. Voy. Occam. Une autre querelle occupait depuis quelque temps les principaux membres de l'ordre. Leur habit devait-il être blanc, gris, noir, court ou long, de drap ou de serge? Le capuchon devait-il être pointu ou rond, large ou étroit ? Ces questions qui dérivaient de l'attachement de l'ordre à son fondateur, et du désir de se conformer à son costume, devinrent ridicules pai l'importance qu'on y attachait, par la véhémence, et, pour mieux dire, par la fureur avec laquelle les opinions s'entrechoquaient. Elles produisirent autant de chapitres, de congrégations, de bulles, de manifestes, de livres, de satires, que s'il eût été question du bouleversement de l'Europe ou de la destruction du

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christianisme. Kilos forent décidées, après de longs débuts, par les grands hommes de l'ordre, au chapitre de Kérouse. Jean XXII,

offensé de ce que I s frères mineurs avaient prévenu son jugement, condamna leurs déct-

qs par ses Extravagantes, Cum inter, etc* Les cordefters, i rri i s de leur côte, embrassèrent le parti de l'emperi ur, brouillé al avec le pape. Ils tr il renl celui-ci d'hérôtiçrue, et ne cessèrent de déclamer contre lui. (/uelques-uns de ces fanatiques p rirent sur le bûcher. Jean XXII résolul même d'abolir l'ordre pntier, et il l'aurait fait bII avait u

dissimuler les services que l'Eglise en avait reçus el continua i d'e i recevoir, n alii s d(> quelques-uns de ses membres. La troisième dis] ute qui agita son pontifical fut celle de la Vision béatifiqne. Ce fui le jour de la Toussaint, de l'année 1331, (ju*il développa dans un sermon ses sentiments s:ir cette matière : « La récompense « des saints dit-il, avant la vei ue de Jé-us- « Christ, était le sein d'Abraham; après >on « avén ment, sa passion et son . scension, « 1 ur rôcomp 'nse, Jusqu'au jour d i jugece me t, est d'être sous I autel d • Dieu, c'est' « à-dire sous la protecti n et la c< nsolaii n « de Inhumanité ae Jésus-Christ ; mais après « le jugement ds seront sur l'autel, c'est-à- « dire sur l'humanité de Jésus-Christ. » Le pape ré(.éta cette mèni doctrine dans deux autr> s serinons qui tirent beaucoup de bruit, quoique, dans le fond, il ne voulût prier que d'une augmentation de gloire après la résurrection. 11 assembla un consistoire, dans lequel il déclara qu'il n'avait jamais pi étendu rien définir dans cette question, et que ce qu'il en avai' dit, il ne lavait dil qû • comme orateur, et s'expliqua de plus très-nettement en faveur de la vrai ■ doctrine. Il mourul à .\ i non le i décembre ;33i. Ce pontife avait l'esprit pénétrant et capable des plus grandes affaires. Ou lune sa sobriété et son amour pour l'étude; mais 1 ternit ces qualités par son emportement et surtout par son avarice, si on en croit Y.llani ; mais il est bon de ;»e souvenir que Yidaui était une créature de Louis de Bavière, qu'il lui avait dévoué sa plume, et qu'en généial il n'est | as exempt de préveutiou et ue haine. On a de Jean XXII plusieurs ouvragi s, surtout sur la mé lecine, science dans laquelle il scellait : Thésaurus pauperum; c'est un traité de remèdes, impr mé à L on en 1525; un Traité des maladies des yeux ; un autre sur la formation du fœtus; un autre de la goutte; des Conseils pour conserver la sauté ; on lui atir.b e YArt traiismutatoire des métaux, traduit du latin en français, Lyon, Bonhomme, 1 5'JT, in-12; mais il y a grande apparence que ce livre n'est pas de ce pape. On a encore de lui un grand nombre de Lettres et de Bulles, mieux écrites que la plupart des ouvrage - de son temps. Celles qui sont d'un su le incorrect et barbare paraissent supposées. On lui attribue la fameuse bul.e Sabbuthine. contenant des indulgences accordées au\ carmes et à leurs alhés; mais e'estuae pie e supposée, comme l'ont prouvé différents critiques. Multœ tri-

buuntur romanis pontifieibns eonstitutioves , est-il dit dans une thèse composée en 1677 par M. Chamillerd, syndic de Sorbonne, quœ ub lis non i nianunuil . Huila quoque f/uœ vulgo dicitur Sabbathina supposititius ri<'n tur Jnunnis XXII partus; as-ertions que le I' l'ai ebr ch a prouvées par tentes les lumières d'une critique savante el impartiale. On eut consul li r aussi le 1*. Noël Alexandre, qui a traité amplement le même sujet dano son Jlist. ecciés., >e; t. 13, dissert;, il. art. 1. Ce fui ce pape qui pub ia les ronstitutioi s de

CI in nt V, appel es (lé.irntiius.

JEAN XXIil i r.M.ru su-, Cossv napolitain étu I a en é oit à Bo ogne, fut cam rier Bo i ace IX, qui le créa cardinal et l'envoya en qualité ae légat à Bologne, et fut élu pape le 14 mai l'»10, après la mort n'A- I xandre V, durant le g and schisme. Il promu de renooeerau pontificat, s Grégoire XII et Pierre Je Lune, q li s faisa t appeler Hcno.t XIII, ce désis aient de leurs pr e tions. :1 ratifia cette promesse le 2 mars lil5, dans une s ssion du con île de Constance. L'empereur l'avait engagé à cette démarche : il s'en repentit bientôt. 11 n'était venu a Conslani e qu'à regret ; et en regardant cet e ville, avant d'y a river, il ava t dit h ses compagnons de vova .e : « Je vois bien que e'i si ici « la fosse où l'on attrape les renards. » Ayant résolu de prendre la fuite, il fut secondé par Frédéric, d c d'Autriche, qui donna un tournoi . our favorise, le dessein du pont fe Jean XXIII s'échappa dans la Coule, déguisé en palefrenier. Il lut saisi à Fribourg, et transféré dans u i château voisin. Le concile commença à instruire son procès. On l'accusa de Crimes si odieux, qu'il n'y a guère d'apparence qu'il les eût ions commis; mais la paix de I Eglise exigeait qu'il fui déposé : il le l'ut le 29 mai 1415, et la sentence fut suivie de la prison à Hei de berg, où il l'ut retenu pendant [dus de trois ans. Martin V sollicita, à la prière des Florentins, son élargissement auprès du ccmle palatin, dans les Etats duquel il était déti nu prisonnier. Ayant été relâché, il se rendit à Florence, se jeta aux pieds de Martin V, et le reconnut pour le vrai souverain [ion ife. Ce spectacle tira les larmes des yeux ces cardinal, x qui lui étaient même le pltis opposés. Le pape l'accueillit avec beaucoup de bonté, le lit doyen du sacré collé. e, et lui donna une place distinguée dans les assemblées publiques. Cossa ne jouit pas longtemps de ces honneurs : il mourut à Flore:. ce six mois après, le 22 novembre 1419. Quelques reproches qu'on ait faits à ce po. tife, ou ne peut lui refuser beaucoup de coui âge dans l'adversité. Loin de se prévaloir du grand nombre d'amis qui s'offraient à l'aire un parti pour lui dans 1 s derniers jours de sa vie, il sacrifia sa fortune au repos oe l'Eglise, et mourut en plulosop e chrétien, il lit, dans la j rison ou il avait été en- 1 ,mé, des vers qui prouvent qu'il avait de l'esj rit et du goût pour les lettres; nous en citerons quelques-uns :

Qu; mudo sonnas eram, gaudens et Domine praesul, Trisùs el abjeclus uuuc mea tata gemo.

Exreisus solio nnper versabar in atto,

Cunctaque gens pedihus oscula prona daoat. Nunc »H0 prrnaru'u Imido devo'vor in imo;

Vulinm deformem i|iipmque videre plget.

Omnibus i« lerri&aurum n.ilii spoirte fereftaût ;

Spd nec (Pfta juVat, neo qu*5 aminis sthesU Sic vMri.ins tbritni.» vice*, adversa seaindis

Subdil, et ambiguo nomme ludit airox.

Quelques auteurs , en remarquant que ce pane avait été déposé, quoique reconnu \ onr vrai I ape, en ont tiré des conséquences gui, dans d'autres circonstances, ne pourraient

être que des erreurs. Quoique la plupart des irélats déposants reconnussent Jean XXIII jour le vrai i»ane, ils n'ignoraient pas que sa égPim'té était d ut use dans une grande partie du monde cht\'t en; ils savaient, d'ailleurs, que ce qui «'tait sage et légal dans un cas exlr.ème, où il S'agit du salut public do l'Eglise ou de l'Etat, ne peut nullement se généraliser, et que, dans la rigueur même de la subordination civile et militaire, il y a des cas qui rep tissent la loi établie.

JEAN d'AN HOCHE , Patriarche de cette ville en ku29, tint un rônciiiab le en 433, dans lequel il déposa saint Cyrille d'Alexandrie et Memnon d Ephèse. D eu lui ouvrit es yeux dans la suite! Il se réconcilia avec saint Cyrille, anatbémalisa l'hérésiarque Nestorius, et mourut en U2»

JEAN LE JECNEUR, ainsi nommé à cause de ses grandes ausiériiés , patriarche de Coustantinople en 592, prit la qualité dVreque œcuménique ou universel, contre laquelle le^ papes Pelage et Grégoire le Grand s'élevèrent avec fi rce. Voy. Phoc.s. Ce patriarche mourut en 595, regardé comme un homme vertueux , mais aigre, hautain et opiniâtre. 11 était d'une chant apostolique, et donnait tout aux ptti vres. Âpres sa mort, on ne lui trouva qu'une robe usée et un méchant lit de bois. L'empereur Maurice le prit, et ce prince couchait dessus lor qu'il voulait faire pénitence. Ou trouve le Pénitencirl de Jean le Jeûne r à la lin du traité De pœnitcntia du P. Morin.

JEAN DIACRE, auteur napolitain qui floris:-ait dans les premières années du xe siècle, a composé : une Chronique des écêques de Naples, qui va usqu'en 872, et qui a été imprimée dans les Scriptores reniai ilaliearum, de Muratori; Yita Joannis episcopi Neapolitani , insérée dans les Acta sanctorum du mois d'avril ; Martyrium sancti Procopii ejusque sociorum, imp imé dans les Vitre sanctorum siculorum de Cajetan, dans le Thésaurus scriptorum Italiœ de Murât ri , et dans la Bibliotheca historien. Siciliœ de Carusio ; Historia translationis reliquiarum sancti Severîni Norieorum apostoli, dans la Collection des bollandistes, mois de janvier; une traduction, d.i grec en latin, de l'opuscule d'Evndius qui a pour titre : Martyrium §nadrayinla sanctorum Scbastenorum sub Lieinio, dans le même Recueil, mois de mars.

JEAN de BAYEUX, évèque d'Avranches, puis archevêque de Rouen, laissa un livre d s Offices ecclésiastiques, publié en 1679, par Le Brun des Marettes, in-8°, avec des notes et des pièces curieuses. Ce prélat se démit de

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son arcnevêché,et mourut en 1079, dans une maison de campagne, où une attaque violente de paralysie l'avait obligé de se retirer.

JEAN ou PRÊTRE-JEAN, dont le véritable nom était Ungcam, né vers 110, était un prêtre nestorien qui habitat l'Egypte. Instruit, éloquent, adroit, brave, ambitieux surtout, il se ferma un parti si con-i léraide, qu'il s'empara d'une grande étendue de pavs et s'en lit reconnaître souverain, vers l'an 117V. On place sa capitale dans l'Ab ssinie. Il fît part de son élévation à l'em ereur de Constantinople, Emmanuel, et à Frédéric Ier, roi des Romains, par des lettres où il II 'oublia pas de vanter sa puissance et ses exploits. 11 favor sa les i esloriens, ses confrères, et rendit sa cour l'une des plus brillantes du mon le connu. 11 mourut en 1178, et eut pour successeur son frère David, qui porta aussi le nom de Prftre-Jean ; mais son règ e ne fut pas d'une bien longue durée : le f mieux Tclienghi :-Khan con iuit ses Etats, et le priva de la vie en 1202.

JEAN V i Ca>tacuzk\f), était ministre et favori d'Andronic Paléologue le Jeune. Ce prince lui avant recommandé en mourant Jean et Emmanuel, ses deux tils, Cantacuzène fut nommé régent, et Jean, l'aîné des deux jeunes princes, fut déclaré empereur. Si l'un croit ce qu'il rapporte dans son Histoire, il y fut forcé par les grands et par l'armé?. Cantacuzèoe gouverna avec fidélité et avec sagesse pendant plusieurs années; mais ses ennemis l'ayant accusé auprès de la reinemère, celle-ci le déclara ennemi de l'Etat. Alors C mtacuzène usurpa l'empire pour échapper a la mort (1345). Il entra à Constant nople les armes à la main, forçi le jeune Jean Paléologue à épous r sa fi le et à partager le souverain pouvoir avec lui. Cet arrangement rétablit la paix pour que'qu e temps. La jalousie ayant fait re, rendre les armes au gendre contre son beau-père, celui-ci fut d'abord victorieux; mais Jean s'étant emparé par su prise d'un poste important, près de Coustantinople, entra le lendemain dans la ville à la faveur d'un mouvement populaire. Les deux empereurs se réconcilié eut de nouveau, et, peu de temps après, Cant icuzène abdiqua volontairement et fut s'enfermer dans un monastère du mont Athos, en 1355. Il y vécut en philosophe chrét en : ce qui prouve assez bien qu'effectivement il no s'était pas porté de lui-même à usurper l'empire. Ses sujets le regrettèrent : il avait été plutôt leur père que leur maître. Il fut grand prince, bon politique, excellent général; il joignit à ces qualités beaucoup d'esprit. 11 fit cependant une faute en donnant une de ses filles à Orcan, sultan des Turcs. Ce fut un prétexte pour ce prince, non-seulement de se saisir rie tout ce que les Grecs possédaient encore en Asie, mais même de prendre plusieurs places en Europe. On a de Cantacuzène une Histoire de l'empire d'Orient, depuis 13i0 jusq ;'en 135V. Elle est écrite avec beaucoup d'élégance , mais peut-être avec trop peu de vérité, du moins dans les événements qui le regardent : il y rappelle à tout

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propos ses services; il fait parafe d'éloquence dans de longs discours qu'il s'attribue, ou qu'il met dans la bouche des autres. In écrivain moderne l'a accusé « de n'avoir « été qu'un comédien en matière de reliai gion; » mais son ouvrage dépose partout contre celte accusation. Son Histoire a été imprimée à Paris en 1643, in-folio , grec et latin, avec des Scolie» de Jacques Pontanus et Gretser, el traduite quelque temps après par le président Cousin. ()n a encore de lui quatre Apologies ou Défenses de la religion chrétienne, et quatre Discours ou livres contre les erreurs du mahométisme, Bâle, 15»3, infolio, grec et latin; et d'autres ouvrages. Jean Cantacuzène mourut vers la fin du xiv* siècle ou au commencement du w.

JEAN PHILOPONOS, dit le Grammairien, d'Alexandrie, et l'un des plus bruyants philosophes du vu' siècle, avait obtenu par son crédit auprès d'Amrou, général du calife Omar I", que la fameuse bibliothèque d'Alexandrie serait sauvée du pillage ; mais Omar ayant ordonné qu'on la brûlât, Jean eut le déplaisir de voir porter. et distribuer tous les livres aux bains de cette grande ville, où ils servirent pendant six mois à. entretenir le feu. C'était un des principaux trithéites, et même le chef de cette secte, puisque, pour obliger les partisans de celte hérésie à déclarer clairement leur croyance, on les obligeait de dire anathème à Philoponos. Le trithéisme consistait à reconnaître trois natures en Dieu. Ces inconsidérés raisonneurs voulant s'éloigner de Sabellius, qui ne reconnaissait qu'une personne en Dieu, donnèrent dans l'erreur opposée.

Pierre Faydit et Antoine Oehmbs, ojit renouvelé dans ces derniers temps l'hérésie des trithéites. Le dernier publia à ce sujet un traité de Deo uno et trino, Mayence, 1789, condamné et savamment réfuté parun^'u^e- >»ent de l'université de Cologne, 1790, in-S". On a de Philoponos un ouvrage sur la Création du monde, Vienne, 1G30, in-V; et plusieurs traités sur Aristote , en grec et en latin, Vienne, 1530, 15 tomes in-fol.

JEAN de PARME, frère mineur, docteurrégent dans l'école de Paris, puis général de son ordre, en 1247, fut envoyé en qualité de légat, en 12i9, auprès de l'empereur Jean Vatacé, qui désirait la réunion des Grecs avec les Latins. L'Evangile éternel, ouvrage qui contient quelques erreurs de l'abbé Joachim, louchant l'unité de l'essence divine et d'autres objets, lui ayant été attribué, il fut déposé dai s le chapitre général de son ordre l'an 1253, et l'ouvrage condamné par l'université de Paris et par Alexandre IV.

JEAN d'ANAME Oud'ANAGNI, archidiacre et professeur en droit canon à Bologne, dont on a des Commentaires sur les Décrétales, in-folio, et un volume de Consultations, aussi in-folio, mourut avec de grands sentiments de piété en li55.

JEAN d'IMOLA, disciple de Balde l'ancien, enseigna le droit avec beaucoup de réputation, et mouiut en 1V30. On a de lui des Commentaires sur les Décrétales et sur les

Clémentines, in-folio, et d'autres ouvrages estimés autrefois.

JEAN de MONTREAL ouRegiomontanus.

Voy. Mulleh (Jean .

JEAN de HAGEN, de ïndagine, savant chartreux, mourut en lï75,en odeur de sainteté. 11 avait pris l'habit à Erfort, à 25 ans, et il en passa environ 35 dans son ordre. Ses ouvrages roulent sur des sujets de piété. Us sont en grand nombre et îiianusn ils. — Voy. Il lgi if.

JEAN de RAGUSE, natif de la ville de ce nom, dominicain, devint docteur de Sorbonne, président du concile de Bàle, et fut chargé d'allei' plusieurs fois à Constantinople pour la réunion <\(\> Grecs avec les Latins. Il fut ensuite évoque d'Argos, dans la M orée, et mourut vers 1450. On a de lui : un Discours prononcé au concile de Bàle, dans l'Histoire de ce concile; les Actes de sa légation à Constantinople, dans les Actes dû concile de BAIe; une Relation de son voyage d'Orient, dans Léon Allatius.

JEAN de PARIS, fameux dominicain, docteur et professeur en théologie à Paris, et célèbre prédicateur, prit la défense du roi Philippe le Bel, contre le i ape Boniface VIII, dans son traité De regia potestatc papali. Ayant avancé en chaire quelques propositions qui ne parurent pas exactes sur le dogme de la présence réelle du corps de Jésus-Christ dans l'eucharistie, il fut déféré à Guillaume, évêque de Paris. Ce prélat lui défendit de prêcher et d'enseigner. 11 en appela au pape, et alla à Rome pour s'y défendre, mais il mourut peu de lem, s après, en 130V Ou a de lui : Determinatio de modo existendi corporis Christi in sacramento <tltaris, Londres, 1080, in-8°; Correctorium doctrines sancti Thomœ. Le jugement n'y égale pas toujours la science.

JEAN LE TECTONIQUE, dominicain, natif de Wildeshusen dans la Westphahe, mort en 1252, fut pénitencier de Rome, puis évêque de Bosnie, et quatrième général de l'ordre de Saint-Dominique. On lui attribue une Somme des prédicateurs, et une Somme des confesseurs, imprimées, la première à Reutlingen, 1Ï87, in-folio, et la seconde, à Lyon, 1515, aussi in-folio : mais le Père Echard soutient que ces deux ouvrages sont de Jean de Fribourg, aussi appelé le Teutonique , autre dominicain, mort en 1313.

L'un et l'autre eurent un nom dans leur siècle.

JEAN, moine de l'abbaye de Hautes-Selv°s, est auteur d'un très-ancien roman, intitulé : Historia calumniœ novercalis guee septlm saiuentlm (licitur, Anvers, 1490, in-V; le même, traduit en français, Genève, 1492, in-fol.; l'un et l'autre rares el peu assortis à la profession de l'autiur. Boccace en a imité plusieurs contes, et le roman d'Eraslus en a été tiré. Le président Fauchet croit que le poëte Kébers l'a mis en vers français vers 1220. Il se trouve aussi dans la bibliothèque du roi de France et dans celle d'Anet. On attribue au même moine L'Abuse en cour, en vers et en prose, Vienne, li8i,

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in-fol., rare; mais d'autres 1 attribuent, avec plus de vraisemblance, à René, roi de Si-

JEAN de la CONCEPTION (le père), réformateur des trinitaires déchaussés d'Espagne, naquit a Almodovar, dans le diocèse de Tolède, en 1561, et mourut- en odeur de sainteté, à Cordoue, en 1613, après avoir formé dix-huit couvents de sa réforme, et les avoir éditiés par ses vertus.

JEAN de JESUS-MARIE, carme déchaussé, né à Calaruega, au diocèse d'Osma en Espagne, l'an 1564. 11 passa par toutes les charges de son ordre, et mourut le 28 mai 1615, avec la réputaiion d'un religieux plein de mérite et de vertus. Saint François de Sal; s, Rellarmin, Bossuet, en ont parlé avec éloge. On a de lui : Disciplina claustralis, Cologne, KJ50, 4 vol. Ils renferment des commentaires sur l'Ecriture sainte , et un grand nombre d'ouvrages ascétiques.

JEAN GERBRAND de LEYDEN. Voy.

Leyden.

JEAN NÉPOMUCÈNE (saint). Voy. Népo-

MCCÈNE.

JEAN CHRYSOSTOME (le Père), né l'an 1594 à Saint-Frémond, dans le diocèse *;e Bayeux, mort le 26 mars 1646, fit profession, à l'âge de 18 ans, dans l'institut du tiers-ordre de Saint-François, à Picpus, et se renuit recommandable par ses hautes vertus, notamment par son humilité. On a de lui divers opuscules de piété, entre autres : Des cent noms divins; De la toute-puissance de Dieu; De la sainte abjection; De la beauté divine, et De la Désoccupation des créatures, etc. ; plusieurs Vies de saints et de personnages édifiants. Sa Vie a été écrite par Henri Boudon.

JEANJEAN (Antoine), docteur en théologie, chanoine de Saint-Pierre-le-Jeune, à Strasbourg , et recteur de l'université de cette ville, naquit à Schelestadt, de parents pauvres, en 1727. Un maitre qui l'avait initié aux premiers éléments des lettres, ayant été envoyé à Molsheim pour y enseigner la rhétorique, le jeune Jeanjean qui lui était trèsatt; ché le suivit dans cette vide, et il accepta une place de précepteur qui lui fut offerte. Après avoir achevé sa rhétorique et sa philosophie, Jeanjean se rendit à Strasbourg, pour y étudier la théologie. Ses brillants succès lui valurent la protection de plusieurs personnes recommandables qui suppléèrent généreusement au défaut de ses ressources ^pécuniaires. Vers le môme temps il eut occasion de connaître l'évèque d'Urauopolis, Mgr Kicci , chanoine et doyen de baint- Piérre-le-Jeune, vieillard vénérable, qui apprécia du pr mier coup d'œd ses talents et son mérite, ei voulut l'attacher a sa personne. Jçanjéan reçut de lui la prêtrise le 14 mars 1750, et trois ans après il fut nommé chanoine. 11 se livra dès lors aux travaux du sacerdoce, et surtout à la confession et à la prédication, avec une ardeur infatigable qui fut couronnée du plus heureux succès. De toutes parts on accourait pour le consulter et nour l'entendre. La dignité de sa figure,

la beauté de son organe ajoutaient encore à l'effet de ses paroles. Telle était sa prodigieuse facilité, que du premier jet il écrivait ses discours comme il les prononçait, et que jamais il ne corrigeait ses manuscrits, dans lesquels on n'a pas trouvé une seule rature. Quelques-uns de ses sermons furent imprimés séparément pendant sa vie. L'abbé Jeanjean fut nommé directeur du séminaire de Strasbourg le 3 octobre 1765, et la môme année il fut, reçu docteur en théologie. En 1786, il f.it élevé au rectorat de l'université de la même ville, dignité qu'il conserva jusqu'à la fin de sa vie. Des travaux continuels altérèrent sa santé naturellement robuste. Il mourut en 1790, dans la soixante-quatrième année de son âge. Ses Sermons, prononcés en allemand, ont été imprimés en 8 volumes in-8°, Strasbourg, Levrault, 1815-

JEANNE, épouse de Chusa, intendant d'Hérode-Anlipas, tétrarque de Galilée, était une des femmes qui suivaient Jésus-Christ dans ses voyages, et qui l'aidaient de leurs biens. C'était un usage parmi les Juifs, que les femmes fournissaient la table et les vêtements à ceux qu'ils regardaient comme leurs maîtres dans la religion et la piété. Jeanne suivit Jésus-Christ au Calvaire, et fut témoin de ce qui s'y passa. Elle assista aussi à sa sépulture, et fut une de celles qui allèrent au tombeau porter des aromates, et à qui Noire-Seigneur apparut comme elles en revenaient.

JEANNE (la papesse). Voy. Benoît 111 ou Jean Vlll.

JEBB (Jean), théologien anglais, né l'an 1736, à Londres, obtint divers emplois à l'université de Cambridge, et il avait été pourvu du doyenné de Cashell, lorsqu'il fut interdit en 1770, pour certaines opinions théologiques qu'il professa dans un cours de leçons théologiques. Plus tard il pratiqua la médecine à Londres, sans cependant cesser de s'occuper de théologie et de politique. 11 mourut en 1786. On a publié ses ouvrages en 1787, 3 vol. in-8°, dans lesquels l'exaltation du sectaire perce trop souvent. Us se composent principalement d'une Harmonie des Evangiles, d'un Traité sur la paralysie, et de divers écrits politiques. Jebb avait, en outre, publié avec deux amis : Excerptaqitœdam e Newtonii principiis philosophiœ naturalis, cum notis variorum, un vol. in-4°, adopté par l'université de Cambridge, pour l'usage des établissements d'instruction publique.

JEBB (Jean), prélat anglais, né le 27 septembre 1775, à Drogheda, en Irlande, d'une famille très-distinguée dans les sciences, la philosophie et les lettres, termina ses études à l'université protestante de Dublin, et remporta, en 1797, deux des ti ois pr x fondés par le docteur Downes. 11 fut d'abord pourvu de la cure de Swanlibar, et il y sut gagner l'estime des catholiques. 11 devint ensuite lecteur de la cathédrale, à Cashell, et quelques années plus tard il obtint le lucratif rectorat d'Abingdon. Nommé bientôt archi-

Bel

JF.H

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