‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 183 sur 323 · ER · texte numérisé non relu

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conique .et sévère d'un saint Père : Imprudnis rorit, crudelis implrvit. Quelques-uns disent, pour justifier ce vœu, que le maître de la vie et de la mort I avait inspiré à Jephté

pour ('prouver sa fidélité, et en avait exigé l'accomplissement, pour donner aux peuples une grande idée (\o^ engagements contractés avec Dieu, sans qu'on puisse lui demander raison de cet ordre isolé et extraordinaire, ni en tirer aucune conséquence. D'autres enlin, et c'est l'opinion la plus vraisemblable, supposent que l'immolation de la fille de Jephté ne fut que spirituelle; que Jephté consacra la virginité de sa tille au Seigneur, et qu'il l'obligea de passer le reste ne ses jours dans la continence. Cette explication est favorisée par le texte sacré : Cumaue abiisset non sociis ac sododibus suis, fichât virginitatem suant in montibus (Judic. II), et confirmé»' parce passage du second livre des Machabées, cliap. III, 19 : Scd et virgines quœ conclusœ erant, procurrebant ad Oniam. Jephté mourut l'an 1181 avant Jésus-Christ. JEUEMIE, prophète, fils du prêtre Helcias, natif d'Anathot, près de Jérusalem, commença a prophétiser sous le règne de Josias, l'an 629 avant Jésus-Christ. Les malheurs qu'il prédisait aux Juifs, et la sainte liberté avec laquelle il reprenait leurs désordres, les mirent si fort en colère contre le prophète, qu'ils le jetèrent dans une fosse pleine de boue, d'où un ministre du roi Sédécias le fit retirer. On eut bientôt l'occasion d'admirer l'esprit de Dieu qui l'animait. Il avait prédit la prise de Jérusalem. Cette ville se rendit effectivement aux Babyloniens l'an 606 avant Jésus-Christ. Nabuzardan, général de l'armée de Nabuchodonosor, donna au prophète la liberté ou d'aller à Babylone pour y vivre en paix, ou de rester en Judée. Le prophète préféra le séjour de la dernière pour conserver le peu de Juifs qui y étaient demeurés. 11 donna de bons avis à Godolias, gouverneur de Judée; mais cet homme imprudent les ayant négligés, fut tué avec ceux de sa suite. Les Juifs, craignant la fureur du roi de Babylone, voulurent chercher leur sûreté en Egypte. Jérémie fit tout ce qu'il put pour s'opposer à ce dessein, et fut enfin contraint de les suivre avec son disciple Baruch- Là, il ne cessa de leur reprocher leurs crimes avec son zèle ordinaire; il prophétisa contre eux et contre les Egyptiens. L'Ecriture ne nous parle point de sa mort; mais on croit que les Juifs, irrités de ses menaces continuelles , le lapidèrent à ïaphné, l'an 590 avant Jésus-Christ. Les Prophéties de Jérémie contiennent 51 chap très. Ce prophète, dit saint Jérôme, est simple dans ses expressions , sublime dans ses pensées; mais cette simplicité offre souvent des termes forts et énergiques. Il y a quelques visions symboliques faciles à expliquer. C'est une espèce de langage typique, alors en usage en Asie, et qui, par sa nature, était plus propre à faire impression sur les peuples que des vérités dépourvues d'images sensibles et frappantes. Voy. EzétiiiEL. Ses Threni , ou Lamentations, sont

un chef-d'œuvre de complainte sur la destruction de Jérusalem, dont les traits sont d'une application heureuse et frappante dans toutes les catastrophes des emnires et des peuples frappés de l'a main de Dieu, surtout de ceux qui, professant sa loi et son culte, ont fini par l'abandonner, et être abandonnés eux-mêmes aux instruments de la divine vengeance. Voyez le Journal historique et littéraire, 1" mars 1790, pag.' 390; 1er avril 1791, pag. 530. Jérémie est honoré parles Grecs et les Latins : il n'y a point d'endroits dans l'Occident où sa fète soit célébrée avec plus de pompe qu'à Venise. D'Arnaud a traduit en vers français les Lamentations de Jérémie. Saint Jérôme, dom Calmet, Maldonat, etc., ont commenté ses Prophéties.

JEBEMIE, métropolitain de Larisse, fut élevé, l'an 1572, sur la chaire patriarcale de Constantinople, à l'Age de 36 ans. Ces luthériens lui présentèrent deux fois la Confession d'Augsbourg, dans l'espérance de la lui faire approuver; mais il la combattit de vive voix et par écrit. Il ne i araissait pas môme éloigné de réunir l'Eglise grecque à la romaine, et avait adopté la réformation du calendrier de Grégoire XIII. Ses envieux en prirent occasion de l'accuser d'entretenir des relations avec le pa e, et le firent chasser de son siège en 1582. Il fut relégué dans l'île de Rhodes. On a imprimé sa Correspondance avec les luthériens, en grec et en latin, à Wittenberg, 1584, in-fol.Un catholique l'avait déjà publiée en latin, en 1581. Ce prélat mourut après 1585. Voy. Socolove.

JÉROBOAM I", fils de Nabath , de la tribu d'Ephraim, plut tellement à Salomon, que ce prince lui donna l'intendance des tribus d'Ephraim et de >ianassès. Le prophète Ahias lui prédit qu'il régnerait sur dix tribus. Salomon , pour empocher l'effet de cette prédiction, donna ordre de l'arrêter; mais il s'enfuit en Egypte , où Sésach lui donna un asile; et il y demeura jusqu'à la mort du roi jaloux de sa grandeur future. Roboam, successeur de Salomon, fut le tyran de son peuple; dix tribus se séparèrent de la maison de David, et firent un royaume à pari, à la tête duquel elles mirent Jéroboam, vers l'an 972 avant Jésus-Christ. Ce nouveau roi, craignant que si le peuple continuait d'aller à Jérusalem pour y sacrifier, il ne rentrât peu à peu dans l'obéissance de Ronoam, son prince légitime, fit taire deux veaux d'or. 11 plaça l'un à Béthel , l'autre à Dan, ordonna à ses sujets de les adorer, et leur fit défense d'aller désormais à Jérusalem. Ce prince sacrilège éleva au sacerdoce les derniers du peuple, qui n'étaient pas delà tribu de Lévi, établit desfèics solennelles à Béthel comme à Jérusalem , et ré nit dans sa personne la dignité du sacerdoce à la majesté royale. Un jour qu'il faisait brûler de l'encens sur l'autel de Béthel, un prophète vint lui annoncer que cet autel serait détruit, qu'il naîtrait un fils de la race de David, nommé Josias, lequel égorgerait sur cet autel tous les prêtres qui y offriraient de l'encens. Il ajouta que, pour preuve qu'il disait

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