‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 22 sur 323 · ENZ · texte numérisé non relu

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annum in omnes dominicas et festa, Anvers, 165V, in-4°.

ENGESTROEM (Jean), théologien suédois, né l'an 1699, mort en 1777, fut évoque de Lund, et vice-chancelier de l'université de cette ville. 11 était très-habile dans la philologie sacrée, et il composa, indépendamment de plusieurs savantes dissertations , une Grammatica Hebrœa biblica , imprimée à Lund, en 1734.

ENGLEFIELD (sir Charles-Henri), savan anglais, né d'une famille très-ancienne du Berkshire, mort à Londres, le 21 mars 1822, composa, outre plusieurs ouvrages sur l'astronomie et l'archéologie , les deux écrits suivants : Lettre à V auteur de la Revue sur les protestants dissidents, 1790, in-8°; Sur les motifs de la séparation des protestants d'avec l'Eglise Romaine.

ENJKDIN ou ENYEDIN (Georges), un des plus subtils unitaires qui aient fait des remarques sur 1 Ecriture sainte. On a de lui Explicatio locorum scripturœ veteris et novi Testa?nenti, ex quibus dogma Trinitatis stabiliri solet, in-4°: ouvrage pernicieux et rempli de vains sophismes,qui a été sévèrement défendu et brûlé dans différents endroits. Il a été réfuté par Richard Simon. Cet auteur, né en Transylvanie, minisire et surintendant dans sa patrie, mourut en 1597, âgé de 4-2 ans. Il a emprunté presque toutes ses remarques d'Etienne Basilius, unitaire de Coloswar.

ENNODIUS (Magn us-Félix) , né à Arles vers 473, et originaire des Gaules, embrassa l'état ecclésiastique du consentement de sa femme, qui de son côté se fit religieuse. Ses vertus et ses talents le firent élever sur le siège de Pavie J'an 511. On le choisit ensuite pour travailler à la réunion de l'Fglise grecque avec la laliue. Il fit doux voyages en Orient, qui ne servirent qu'à faire connaître les artifices de l'empereur Anaslase, et la prudence d'Ennodius. Cet illustre prélat mourut saintement en 521. Le Père Sirmond donna au public en 1612 une bonne édition de ses OEuvres , in-8°. Elles renferment neuf livres tYépîtres, recueil édifiant et utile pour l'histoire de son temps ; dix recueils (Ï œuvres diverses ; la Défense du concile de Rome, qui avait absous le pape Symmaque ; vingt-huit discours ou déclamations ; des poésies. L'Eglise honore sa mémoire le 17 juill.

ENOCH, fils aîné de Caïn, bâtit avec son père la première ville. Ce mot, dans l'origine, ne signifie qu'une habitation fixe, un terrain environné de clôture. Caïn et Enocb en firent une pour eux et pour leurs descendants ; elle fut appelée Enochie.

ENOCH ou HENOCH, fils de Jared et père de Mathusalem, né l'an 3412 avant J.-C., fut enlevé du monde pour être placé dans le Paradis terrestre , après avoir vécu 365 ans avec les hommes. 11 doit venir un jour pour faire entrer les nations dans la pénitence (voyez Elie). On lui attribua, dans les premiers siècles de l'Eglise, un ouvrage plein de fables sur les astres, sur la descente des anges sur la terre, etc. ; mais il y a appa- -

rence que cette production avait été supposée par les hérétiques, qui, non contents de falsifier les saintes Ecritures , se jouaient, par des écrits supposés et fabuleux, de la crédulité de leurs imbéciles sectateurs. Quelques critiques prétendent que cet ouvrage, véritablement d'Enoch, a été défiguré par des mains infidèles ; ils se fondent sur ce que saint Jude, dans son épître canonique, {paraît en citer un passage. Mais saint Jude •'cite Enoch sans parler de son livre ; le passade en question peut être le fruit d'une ancienne tradition, conservée dans d'autres livres. Voy. Jude.

ENOCH, fils d'Abraham, rabin de Gnesne et de Posen, est auteur des ouvrages suivants : Commentaire sur le psaume lxxxiii, extrait du Commentaire entier fait par le même auteur sur tous les psaumes; Dispute de Joseph avec ses frères; Discours sacrés sur les divers lieux du Pentateuque, imprimés à Amsterdam. Le lieu et la date de sa mort sont inconnus.

ENOCH ( Etienne-Céiestin), évoque de Rennes, né en 1742 à Hiénin-Liélard dans l'Artois, entra, à l'âge de 24 ans, dans l'Oratoire, où il connut Fouché, depuis ministre général de la police. Ayant refusé le serment sous la révolution, il dut émigrer ; en passant par Grenoble, il fut arrêté, et il aurait péri, si le maire, nère d'un de ses élèves, ne l'eût arraché à la fureur des démagogues. 11 se rendit ensuite en Italie, et plus tard il fut choisi pour être le précepteur des enfants du comte d'Artois, depuis Charles X. Il occupa pendant deux années cet emploi important, fut, en 1805, nommé évoque de Rennes, et parut au concile de 1811. Après 17 années d'épiscopat, il demanda sa retraite, reçut le titre de premier chanoine de Saint- Denis, et mourut dans cette ville en 1825. On n'a de lui d'autres ouvrages imprimés que ses Mandements.

ENOS. fils de Seth et père de Caïnan , né l'an 3799 avant J.-C, mort âgé de 905 ans, établit les principales cérémonies du culte que les premiers hommes rendirent à l'Etre suprême.

ENS (Jean), théologien protestant, ministre et professeur en l'université d'Utrecht, né en 1682 à Quadick dans la Wcstfrise, mort en 1732, a laissé : Bibliotheca sacra, sive Diatribe de librorum Novi Testamenti canone, Amsterdam, 1710, in-8° ; des Observations sur le xie et le xuc chapitres d'isaïe (en hollandais) , Amsterdam , 1713, in-8" ; Oratio de persecutionc Juliani, Ulrecid, 1720, in-4u ; et d'autres ouvrages en ho landais dirigés contre Voët, Fruglice et leurs adhérents.

ENZINAS (François), né à Burgos en Espagne, vers 1515, est également connu sous les noms de Dryander et de Duchesne en français. 11 fit ses études à Wittenberg, sous Mélanchthon, qui lui inspira du goût pour le luthéranisme. Il embrassa ouvertement les nouvelles erreurs a Anvers. Il y entreprit, à la sollicitation de Mélanchthon, une traduction du Nouveau Testament en espagnol,

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l.'i'ri, m S, qu'il ont l'audace de dédiera

Ghanes-KJuint pî de présenter à ce prince, an leprianl de la prendre sous sa protection ; Charles le lui promit, pourvu qu'il n'j eût rien contre la foi antique. La version ayant été examinée, l'auteur lui mis en! prison, où il fut il»'- enu pendant r> mois, il s'évada l'an I5'i5, parcourut l'Angleterre, l'Àllomagne, èl se rendit à Genève, auprès de Calvin eu 1552. On ne sait rien de lui au-delà de cette époque. 11 a laissé une mauvaise Histoire de l'état des Pays-Bas et de la "religion d'Espagne, Genève, in-8°. Celte histoire fait partie du Martyrologe protestant. Imprimé en Allemagne. C'est l'histoire apologétique des calvinistes et luthériens, punis pour s'être arroâé le droit de dogmatiser, d'insulter les prêtres, d'exciter des troubles, etc.

EON de L'ETOILE, gentilhomme breton, honnne sans lettres, mais d'une extravagance et d'une opiniâtreté telle qu'on en voit rarement. Ce fou se disait le (ils de Dieu, et le juge des vivants et des morts, sur l'allusion grossière de son nom avec le mot cum dans celte conclusion des exorcisai s: Per eum qui judicaturus est vivos etmortubs. On ne doit pas s'étonner qu'un insensé ail pu trouver une telle absurdité dans son im ginatiori. On ne doit pas l'être non plus qu'il ait fait un grand nombre de sectateurs, et que quelques-uns aient mieux aimé se lasser briller que de renoncer à Leur délire. Il n'y a, comme <iit Cicéron, aucun genre de folie, ou d'excès dont l'esprit humain ne soit Capable. Eon lut pris et conduit au concile de Hehns, assemblé par le pape Eugène 111 en 1158. • e pontife demanda à l'écérvelé : « Dui estu ! » 11 lui dit : « Celui qui doit venir juger « les vivants et les morts. » Comme il se servait, pour s'appuyer, d'un bâton fa. t en forme de fuurche;le pape lui demanda ce que voulait dire ce bâton? « C'est ici un grand mys- « 1ère, répon ;it le fanatique. Tant que ce « bâton est dans la situation où vous le « voyez, les deux pointes tournées vers le « ciel, Dieu est en possession des deux tiers « du monde, et me laisse maître de l'autre « tiers. Mais si je tourne les deux pointes « vers la terre, alors j entre en possession « des deux tiers du monde, et je n'en laisse « qu'un tiers à Dieu. » Ce maître de l'univi rs fut enfermé dans une étroite prison , où il mourut peu de temps après. Ceux d'entre les sectateurs d'Eon, qui demandèrent à rentrer dans l'Cglise, furent reçus avec bonté ; mais, comme il paraissait que de telles extravagances soutenues avec tant de fureur prouvaient quelque intervention de l'esprit séducteur, on les exorcisa comme des démoniaques.

EPAPHKODITE, apôtre ou évèque de Philippes en Ma t'doine. Les fidèles de cette ville ayant appris que saint Paul était détenu prisonnier à Rome, envoyèrent Epapbrodite pour lui porter de l'argent, et l'aider de ses services. Ce député exécuta sa commission avec beaucoup de zèle, o[ tomba dangereusement malade à Home. Quand il fut guéri, saint Paul le renvoya avec une lettre pour

les fidèles de Philippes, remplie de témoignages d'amitié, pour eux et pour Epaphrodite, l'an (12 de J,-C.

EPÊE (l'abbé m: L'), né a Versailles le 25 novembre 1712, d'un ; ère architecte, s'est rendu célèbre par ses travaux en faveur des sourds et muets de naissance. Son assiduité cl sa patience, autant (pie ses talents, ont donné à ses peines un succès mérité, dont la gloire eut été plus pure encore, s'il avait dédaigné les liaisons avec un parti qui a toujours mis les bonnes œuvres en ostentation, quoique personnellement il fut simple et modeste. L'abbé de L'Epée donne luimême une idée juste, claire et précise do sa méthode dans son Institution des sourds et <hs muets (voyez le Journal tiist. et littéraire, du 15 septembre 1T7& page 81), ouvrage écrit avec sentiment, et qui n'a pas le lnn de sécheresse et de didacticisme que lo titre semble annoncer. 11 y a a la fin une belle petite oraison latine, prononcée par un de ses élèves et terminée j ar ce passage de la Sagesse : Sapientia aperuit os mutorum,et linguas infuntium fecit disertas ( Sap. x). Ce livre a été réimprimé en 17XÏ sous ce titre : La Véritable manière d'instruire les sourds et muets , confirmée par une longue expérience, Paris, 1 vol. in-12. On connaît le différend qui s'est élevé entre l'abbé de L'Épëè et l'abbé D schainps, qui, dans son Cours élémentaire d'éducation, regarde l'inspection des mouvements de la langue comme le moyen principal de l'instruction des sourds et muets, tandis que le premier, et son déf nseur, M. Desloges, regardent l'usage des signes naturels et méthodiques, comme ten int la place la plus importante dans cette instruction. Peut-être n'est-ce qu'une dispute, de mots ou une manière de raisonner, qui tient plus a la spéetdation qu'à la pratique (voyez le Journal hist. et lilt., 1er octobre 1"80, page 182). Si l'on considère les élèves comme sourds, le moyen direct et principal d'instruction, ce sont sans doute les signes ; mais ce sera l'arliculation et les mouvements de la langue , si on les considère comme muets. Quoiqu'il en soit, l'art défaire parler les sourds et muets, plus exercé aujourd'hui et perfectionné , n'est cependant pas neuf; nous le tenons, comme tous les autres, des hommes plus instruits et moins bruyants que nous, qui nous ont laissé le finit de leurs observations. 11 y a bien des années que Péreiraafait à Paris les plus heureux essais en faveur des muets. En 1771 il présenta au roi de Suède, qui se trouvait dans cette capitale, trois muets qui parlèrent devant ce prince. 11 reçut une pension du gouvernement ; et lorsque l'abbé de L'Épée commença à faire du bruit, Péreira écrvit à l'abbé Fentenâi une lettre où il revendiquait sa découverte. Nous avons une dissertation latine de Jean Conrard Amman, sur la pnrole, imprimée à Amsterdam en 1700, qui piésente les détails les plus curieux, résultat d'une longue et pénible expérience; on en voit une traduction française à la fin de l'ouvrage de M. Deschamps. Le môme auteur nous a

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