‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 234 sur 323 · LE · texte numérisé non relu

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testés, et que Dieu nous ordonne de croire. La raison ne les enseigne pas, ne les prouve pas, mais elle les détend du reproche de contradiction et d'impossibilité. (Voy. Clayton, Malezieu.) Des Lettres à Pélisson, sur la tolérance civile des religions, Paris, 1692, in-12, avec les réponses de Pélisson; plusieurs volumes de Lettres, recueillies par Kortholt {Voy. cet article); des Poésies latines et françaises; elles prouvent lajus'esse de l'observation que nous avons faite sur le peu de talent qu'il avait pour ce génie de composition. Malgré une certaine originalité de caractère, et un penchant assc. marqué

Eour les idées extraordinaires , ou môme izarres, Leibnitz avait des principes auxquels il tenait. Né dans une religion qui n'a point de base assurée, il vécut dans une espèce de fluctuation qui lui lit former le projet de se réunir aux catholiques; projet pour lequel il fut. quelque temps en correspondance av c Bossuel (1). Voy. Molanus (Gérard). Il fut toujours zélé pour le christianisme. 11 ne parlait des Livres saints qu'avec respect. « Ils sont remplis, disait-il. d'une « morale nécessaire aux hommes. » Un ne croyait pas encore de son temps que le verbiage philosophique ou philanthropique pouvait remplacer l'Évangile. Il pariait presque toujours honorablement de l'Eglise romaine et de ses pontifes; il reconnaissait hautement les avantages qu'elle avait sur les sectes séparées de sa communion. « Voilà, dit-il, « dans une de ses Lettres, la Chine ouverte « aux jésuites, |e pape y envoie nombre de « missionnaires. Notre peu d'union ne nous « permet pas d'entreprendre ces grandes « conversions. » Il va môme jusqu'à faire, tout comme le ferait un catholique, l'apologie des ordres religieux : « J ai toujours « singulièrement approuvé les ordres reli- « gieux, dit-il, les pieuses associations et « toutes les institutions louables en ce «gen-e, qui sont une sorte de milieu cé- « leste, pourvu qu'éloignant la corruption « et les abus, on les dirige selon les règles « de leur fondateur, et que le souverain les « applique aux soins de l'Eglise unive. selle. « Que peut-il, en effet, y avoir de plus ex- « cellent que de porter la lumière et la vé- « rite aux nations éloignées, à travers le feu « et les glaces, de n'être occupé que du «salut des âmes, de s'interdire tous les « plaisirs, et jusqu'aux douceurs de la soft ciété, pour vaquer à la contemplation des « vérités surnaturelles et aux méditations di- « vines? de se dévouer à l'éducation de la «jeunesse, pour lui donner le goût et la «science de la vertu? d'aller poiter des « secours aux malheureux, à des hommes « perdus et désespérés, aux prisonniers, à « ceux qui sont condamnés, aux malades, à « ceux qui sont dénués de tout ou dans les « fers? » Quelques-uns ont écrit qu'il était

(1) La Biographie universelle attribue à Bossuet la rupture des négociations commencées avec Leibnitz dans la noie à la pag. 024, loin. XXIII ; mais à la

{»age 599, elle en a assigné les véritables motifs dans es dispositions de l'électeur de Hanovre.

mort dans le sein de l'Eglise romaine ; mais cela ne paraît pas fondé. Cependant M. de Murr, savant protestant, dans son Jotirnal pour les arts et la littér., septième part., fait mention d'un manuscrit de Leibnitz, qu'on garde dans la bibliothèque électorale de Hanovre, « où, dit-il, la doctrine catholique, « dans les points môme auxquels les proîes- « tai ts sont le plus opposés, est défendue « avec tant d'ardeur, que si on ne connais- « sait pas l'écriture de Leibnitz par mil.e et « mille feuilles écrites de sa main, on ne « pourrait le croire l'auteur de cet ouvrage. » La collection la plus étendue des OEuvres de Leibnitz, due aux soins de Louis Dutens, a été publiée sous ce titre : Opéra omnia Leibnitii collecta studio Lud. Dutens, Genève, 17G8, 6 vol. in-4°, fig. On y joint or dinairement les OEuvres philosophiques, latines et françaises, publiées par Lud. Eric, que Dutens â exclues de sa collection. Ces deux collections ne renferment pas ses ouvrages historiques, tels que Scriptores rerum brunswicarum, ete. L'abbé Emery a publié VEspril de Leibnitz, Lyon, 1772, 2 vol. in- 12, réimprimés en 1803, sous le titre de Pensées de Leibnitz sur la religion et la morale, 2 vol. in-8', et Exposition de la rfoçtrine de Leibnitz sur la religion, suivie de pensées extraites des ouvrages du même o;utcur Paris, 1819, in-8". C'est la traduction française du Systema theologicum de Leibnitz, ouvrage qui était resté «manuscrit dans la bibliothèque de Hanovre. M. Emery avant appris l'existence de ce manuscrit, en solli cita l'envoi lors jue les armées françaises se furent emparées de cette ville. Ce fut par l'intermédiaire du constitutionnel Grégoire, avec qui M. Emery avait des rapports de science, qu'il obtint la communication de ce précieux manuscrit, qui, suivant M. de Murr, devait faire plus de sensation que tous les autres écrits de Leibnitz. M. Emery en ayant là;t une copie exacte, se propo.ait de la publier, mais la mort l'en empocha. M. Garnier, son héritier, l'a confiée depuis à M. Mollevault, à qui nous devons la traduction du Systema theologicum. M. de Genoude en a été l'éditeur. Parmi les ouvrages posthumes de Le.bnit'., nous citerons ^on Plan d'invasion et de colonisation de l'Egypte, publié en anglais, Londres, 1803, in-8'. Son projet de langue philosophique a été, en 181 1, l'objet d'un concours qu'avait proposé l'académie de Copenîiague. La vie de ce savant a été écrite par son ami intime Eckham, qui fournit à Fontenelle des matériaux pour son Eloge de Leibnitz. Le premier de ces ouvrages a été inséré dans le tome VII du Journal pour V histoire des arts, par M. de Murr, Berlin, 1747. — Le Système de théologie du Leibnitz; ses Pensées sur la religion et la morale; son Discours sur la conformité de la foi avec la raison, ont été reproduits par M. Mignè dans le tome XHI de sa grande collection des Démonstrations évangéliques. 1l43-18'*9, 18 vol. in-V.

LEIDRADE, 46e archevêque de Lyon, bibliothécaire de Chariemagne. né àNureni-

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