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in-fol. : Chronicon Eymondanum , sive Annales abbatum egmondensium , publié par Antoine Matthieu, Leydc , 1698,in-V°. Ou lui attribue une Histoire de l'ordre des carmes; ce n'est qu'une répétition de celle d'Arnold Bostius.

LEYDEN (Jean deï , ainsi nommé du lieu de sa naissance (et dont le nom est Bockelson

ou Bécold), n'est connu que par son fanatisme. 11 était tailleur. Il s'associa avec un boulanger et un ministre protestant, nommé Hoshan, et devint chef des anabaptistes. Le boulanger , appelé Jean Mathison, changea son nom en celui de Moise. 11 envoya douze de ses disciples , qu'il appela ses apôtres, se vantant d'être envoyé du Père éternel pour établir une nouvelle Jérusalem. Ces fanatiques se rendirent maîtres de Munster en 153V, et y exercèrent des indignités et des atrocités incroyables. Les magistrats et autres citoyens honnêtes s'étant opposés à leur fureur, furent massacrés ou expirèrent dans des tourments raffinés. Cet imposteur insensé prenait le nom de Roi de Jérusalem et d'Israël, et ne régnait que par des massacres , des cruautés et des abominations inouïes. Il espérait établir sa puissance sur les débris de celle des potentats de l'Europe; mais le princeévêque de Munster, Waldeck, l'ayant pris avec les principaux ministres de sa frénésie, les fit mourir par de rigoureux supplices en 1536, après les avoir promenés quelque lemps dans les pays circonvoisins, pour répandre la terreur dans l'âme des fanatiques qui troublaient alors tous les Etats de l'Europe, mais particulièrement l'Allemagne.

LEYSER (Polycarpe) , théologien de la confession d'Augsbourg , né à Wynenden , dans le Wurtemberg , en 1552 , étudia à Tubingue, et obtint , en 1576, le degré de docteur et le titre de professeur en théologie à l'université de Wiitenberg , puis celui de surintendant. En 1579 , il travailla à la rédaction du Formula Concordiœ entre les luthériens et les calvinistes , et il assista à toutes les assemblée* qui furent tenues dans le but d'amener la réunion des calvinistes et des luthériens , qui était négociée par les agents du roi de Navarre. 11 fut successivement coadjuteur de Brunswick, surintendant des églises du même pays , premier prédicateur de la cour de Dresde, et mourut à Wittenberg en 1601. Il avait soutenu de longues disputes avec le jésuite Gret.-er, le ministre suisse Samuel Huber et le poète Jean Major. Ses principales productions sont : Colossus lîabylonicus quatuor mundi monarchias reprœsentans, seu Expositio secundi capitis Daielis , Darmstadt , 1607 et 1609 , réimpr. à Leipzig et à Francfort; Schola Babylonica, seu Comment arius in primum caput Daniclis, Darmstadt, 1609, in-V'; Expositio primœ partis Geneseos , seu Historia Adami , Leipzig, 1634-, in-V° ; l'auteur a fait le même travail en cinq autres ouvrages pour le reste de la Genèse; Christianismus, Papismus, Calvinismus, Wittemberg, 1098, in-8"; réimpr. en allemand et en latin ; Harmonia evangelica a Martino Chemnitio inchoata, a Polycarpo Eysero con-

(inuata,et aJoanne Gherardo absoluta, in-4.°, plusieurs fois réimprimée; Historia ordinis jrsuilici , auclore Hasenmuller, cum duplici Polyc. Lyseri.prœfalione , Francfort, 159V et 1605. Le P. Croiser ayant écrit pour réfuter cette histoire, Loyser lui fit une Réponse, Leipzig, 1607, in-8°. Il composa en outre des Sermons, des Discours, des Dissertations, etc., en allemand. Jœcher, dans son Dict;onnaire des savants, et Spizelius, dans son Templum honoris reseratum , pag. 16, en ont donné la liste.

LEZANA (Jean-Baftiste de) , cirme, naquit à Madrid le 23 novembre 1586. Il enseigna avec réputation à Tolède , à Alcala et à Rome; Urbain VIII le fit assesseur de la congrégation delV Indice , et Innocent X de celle des Rites. Il mourut à Rome le 29 mars 1659, à 73 ans. On a de lui : Summa quœstionum regularium , Lyon, 1665, h vol. in-fol.; c'est une théologie qui a pour objet principal les devoirs dés religieux; Summa theolo^ giœ sacrœ, Rome, 165V, 3 vol. in-fol. ; Annales sacri, prophetici et Eliani ordinis, etc., Rome, 1651-165B, V vol. in-fol., pleins de fables ridicules sur l'origine de cet ordre; De regularium reformatione, Rome, 16V6, in-4°.

LEZIN (saint), JJcinius, évêque d'Angers en 536 , mort le 1" novembre 605. Le pape saint Grégoire lui écrivit la Lettre 52 du livre ixe.

LHERMINIER. Voy. Herminier (l')

LHOMOND (Charles-François), professeur de l'université, naquit à Chaulnes, diocèse de Noyon, en 1727, et entra comme boursier au collège d'Inville. Après être devenu principal de ce collège, il fut ensuite nommé professeur de sixième au collège du cardinal Lcmoine. S'étant attaché aux jeunes enfants, il interrompit sa licence et renonça à tout projet d'avancement. Reaucoup de 'douceur, un jugement sain, la modestie, la piété, formaient les bases de son caractère, et ces qualités brillent dans les livres d'enseignement qu'il composa pour ses jeunes élèves. Lors de la révolution, Lhomond, n'ayant pas voulu prêter le serment alors exigé, fut enfermé en avril 1792, avec une foule de prêtres insermentés, dans l'église de Saint-Firmi n, transformée en prison. Tallien, qui avait été son élève, lui fit obtenir la liberté. Malgré cette puissante protection, l'abbé Lhomond, quelques mois après, ne croyant pas sa vie en sûreté, résolut de quitter Paris. Arrivé sur le boulevard de la Salpétrière, il se vit attaqué par deux brigands qui lui enlevèrent son argent et le laissèrent pour mort. L'un d s voleurs fut pris, et M. Guyot parvint à faire rendre à Lhomond ce qu'il avait perdu. Comme on le pressait de poursuivre son assassin devant les tribunaux : Je n'en ferai rien, dit-il; si vous vouliez lui faire tenir la moitié de la somme qu'il m'a rendue, vous m'obligeriez ; il peut en avoir besoin. La tranquillité de M. Lhomond ne fut plus troublée; il cultiva la botanique, et devint très-habile dnns cette science, dont il donna les premières leçons au célèbre Haiïy. Ses mœurs étaient aussi simples que sa conversation

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était aimable et spirituelle ; il faisait tous les jours, quelque temps quil fît, une promenade à Sceaux, et c'est à cet exercice qu'il fut redevable de sa santé. L'abbé Lbomond est mort le 31 décembre 1794, âgé de 67 ans. On a de lui les ouvrages suivants, plusieurs fois imprimés, et à plusieurs desquels on a fait des additions qui ne sont pas toutes heureuses : De viris illustribus icrbis Romœ, in-24; Eléments de la Grammaire française, in-12; Eléments de la Grammaire latine, 1 vol. in-12; Epitome historiée sacrœ, in-12; Doctrine chrétienne, en forme de lectures de piété, où Von expose les preuves de la religion , les dogmes de la foi, les règles de la morale, ce gui concerne les sacrements et la prière, in-12. On y trouve les plus solides et les plus touchantes instructions ; tout y respire la plus tendre piété; tout y est mis à la portée de la jeunesse, à qui il était destiné, et à qui il suffit, avec les deux suivants, pour connaître ce que c'est que la religion , comment elle est parvenue jusqu'à, nous , et ce qu'elle nous ordonne de croire et de pratiquer. Histoire abrégée de l'Eglise, où Von expose ses combats, ses victoires dans les temps de

? Persécution, d'hérésie et de scandale, et où 'on montre que sa conservation est une œuvre divine, ainsi que son établissement, in-12; Histoire abrégée de la religion avant la venue de Jésus-Christ, où Von expose les promesses que Dieu a faites d'un Rédempteur, les figures qui Vont représenté, les prophéties qui Vont annoncé, et la suite des événements temporels qui lui ont préparé les voies, et où Von démontre l'antiquité et la divinité de la religion chrétienne, l" édition, 1791. Ces deux ouvrages, très-souvent réimprimés, ayant été altérés pendant le règne de la terreur, on doit rechercher les anciennes édtions, et, à leur défaut, celles qui ont été réimprimées depuis le retour de Louis XVIII, et par des maisons connues par leurs principes religieux.

LHOTSKI (Georges), jésuite, né à Zbirow en Bohême l'an 1724, mourut en 1752, étant recteur du collège de Telcz, après avoir enseigné les lettres et les sciences avec réputation. On a de lui : Controversia philosophica de systemate philosophiœ mechanicœ, id est, Mechanismo cosmico et individuali, Prague, 1748, in-8°; Doctrina theologica de gratia, \ustificatione, merito, virtutibus, vitiis et peccatis, 1753, in-4°; Doctrina theologica de fide, spe et charitate, ibidem, 1755, in-4°.

LIA, fille aînée de Laban, fut mariée avec Jacob par la supercherie de son père, qui la substitua à Rachel, que Jacob devait épouser; cependant Jacob vécut bien avec elle , et en eut six fils, Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar, Zabulon, et une fille nommée Dina. I LIANCOURT (Jeanne de Schom*erg, duchesse de), née en 1600, fille du maréchal Henri de Schomberg, et femme de Roger du Plessis, duc de Liancourt, connue par les deux lettres que lui écrivit le docteur Arnauld. Elle détacha du monde son mari, par ses leçons et par ses exemples. Les deux époux se lièrent étroitement avec les solitaires de Port-Roval. et montrèrent beaucouo

d'ardeur pour la défense de Jansénius. Ils moururent en 1674. Le duc ne survécut que deux mois à son épouse. On a d'elle un ouvrage édifiant sur l'éducation des enfants de l'un et de l'autre sexe. L'abbé Boileau le publia en 1698 , sous ce titre : Règlement donné par une femme de haute qualité à sa petite-fille, pour sa conduite et pour celle de sa maison, in-12, réimprimé à Paris en 1779. L'é'liteur joignit à cet ouvrage un règlement que la duchesse de Liancourt avait fait pour elle-même, avec un tableau des vertus de cette dame; on sent bien qu'on n'y trouve pas l'humilité et la docilité d'esprit qui opèrent la soumission aux décisions de l'Eglise. La duchesse de Liancourt possédait plusieurs langues , la musique , le dessin , et faisait des vers assez agréables. Sa Vie se trouve dans les Vies intéressantes et édifiantes des Religieux de Port-Royal, Cologne, 1750, h vol. in-12, tome I".

LIAUTARD (Claude-Rosalie), curé de Fontainebleau, chevalier de la légion d'honneur depuis 1827, né à Paris le 7 avril 1774, commença ses études classiques au collège de Lisieux, qui jouissait d'une certaine célébrité, et les continua au collège de Sainte- Barbe, où il eut pour professeurs les abbés Nicolle et Fromentin. Atteint par la grande réquisition de 1793, il entra dans un régiment d'infanterie, d'où il passa au troisième de dragons, qui avait eu pour colonel le duc de Charges, depuis Louis-Philippe. Sur sa demande, il fut admis au nombre des jeunes gens qui devaient former le premier noyau de l'école polytechnique, et il se fit particulièrement remarquer de Monge et de Lagrange. Mais le jeune Liaulard ne voulant point prêter le serment de haine à la royauté, que l'on exigeait des élèves, quitta spontanément l'école, et entra, Vannée même du concordat, au séminaire de Saint-Sulpice, rétabli par les soins de l'abbé Emery. Compagnon d'études des abbés de Quélen et de Feutrier, il fut choisi avec eux pour organiser dans la paroisse ces catéchismes qui produisirent tant de bien et servirent de modèle à l'enseignement religieux de toutes les églises de Paris : les règlements qu'il établit, et qui furent son ouvrage, sont encore aujourd'hui en vigueur. Bientôt l'abbé LiautarJ fut appelé à une mission plus élevée : aidé de l'abbé Froment, son condisciple, et de l'abbé Auge , docteur de Sorbonne et ancien grand vicaire du diocèse de Boulogne, il fonda en 1834 la maison d'éducation de la rue Notre- Dame-des-Champs, qui est devenue le collège Stanislas. Dès son début, le nouvel établissement mérita la confiance générale ; c'était le seul où l'enseignement et la surveillance fussent confiés à des ecclésiastiques; c'était le seul, en même temps, où les mœurs et la religion fussent l'objet d'une sollicitude toute spéciale. Nonobstant les tracasseries d'un pouvoir ombrageux, l'abbé Liaulard sut maintenir dans sa ma. son un ordre et une discipline admirables. L'obligation qui lui fut imposée de conduire ses élèves aux écoles imoériales ne servit qu'à

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dire ressortir l'excellence d'un établissement (jiii l'emportait sur tous ses rivaux pour l'éducation, et De le cédait à aucun qaant à la force des études. Après la restauration, il

devint un des plus zélés défenseurs de la légitimité. Sonore de la confiance des rois Louis XVIU ci Charles X, il usa de son crédit dans ['intérêt de la religion, et il vil s'aecroître la prospérité de sa maison, où se l'ormèrent une foute d'hommes religieux, dont les uns ont depuis honoré l'Eglise de France, cl les autres se sont distingués dans les H v rses classes de la société. L'abbé Liautard, le premier, signala dans ses discours et dans ses écrits les principes dangereux, de. l'université , dont l'esprit était resté le môme qu'avant la restauration. Sa franchise lui attira de nouvelles vexations, et il l'ut contraint de conduire ses élèves aux collèges royaux. Pour se soustraire à cette obligation, qui lui paraissait pleine de dangers, il ne lui fallut rien moins que l'intervention royale, qui lit adopter une combinaison par laquelle l'université se trouvait ménagée dans sa susceptibilité, en même temps que l'abbé Liautard recevait, avec la liberté de renseignement, une noble récompense de ses longs travaux. L'institution fut érigée, en 1822, en collège de plein exercice, et Louis XVIU donna à ce nouveau collège le nom de Stanislas , qui était un des siens, en même temps que celui du roi de Pologne, son aïeul maternel, lui 1818, l'abbé Liautard fonda de ses deniers les petits séminaires de Versailles, ChAlonssur-Marne, Reims, Mantes, et celui de Terminiers, dans le village d ; même nom, situé à sept lieues de Chartres* Son zèle s'étendit jusque dans l'Amérique du Nord, et il fonda, de concert avec M. Dubourg, deux maisons à Saint-Louis et à la Nouvelle-Orléans. Des circonstances particulières le déterminèrent à quitter la direction de son collège en J 82.3 . Aiirès avoir choisi pour snecesseur l'abbé Auge, l'un de ses associés-, il se retira au séminaire des Missions-Etrangères, d'où il fut appelé par Charles X, en 182 '*, à la cure royale de Fontainebleau. C'est là qu'il fut enlevé, le 17 décembre 1842, par une attaque d'apoplexie. Nous ne devons pas omettre qu'il avait été désigné pour être précepteur du duc de Bordeaux, en 1824, et que sous le ministère Martignac, M. Feutrier voulut le revêtir de la dignité épiscopale. L'abbé Liautard avait été très-lié avec Frays-sinous, Legris-Duval, Rauzan, de Forbin-Janson , et d'autres ecclésiastiques éininents, connus par loi rs travaux apostoliques, et il les aida efïicacement dans le *rs pieuses entreprises. C'est à lui oue l'on dut l'ordonnance de 1817 sur les petits séminaires. Il ne tint pas à lui qu'une liberté plus complète ne tut accordée aux évèques pour la direction de l'enseignement dans ces pieux et salutaires asiies; kjs dispositions restrictives qui s'y trouvent y furent ajoutées à son insu. Outre une Oraison funèbre de Louis XVII f, on a de lui quelques écrits remarquables sur l'enseignement, et des articles très-curieux sur le mémo sujet, insérés dans la Quotidienne, en 1828. On

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