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a publié : Mémoires de M. l'abbé Liautard, fondateur du collège Stanislas, mort archiprétrt de Conluinrb!can,ou Fragments inédits traitant dr l'autel et <i;t trône, etc., précédés il' an Eeêai biographique sur l'auteur, recueillis . et mis ru ordre par M. l'abbé A. Denys, chanoine honoraire de Montpellier, Paris, 1844, 2 vol. in-8\
LIRKRAT, ( saint), ahlr- du monastère de Capse en Ai'ri pie, soutint lé m nlvre avec six de ses compa, nous, le 2 juillet 483, pendant la persécution d'Hunéric.
LIBERAT, diacre de l'église de Carthage au vi* siècle, l'un des plus zélés défenseurs de* Trois Chapitre*, fut ernplo é dans diverses affaires fm -oi-tantes, et fut envoyé à Borne l'an 555. On a de lui un livre intitulé : Breriar'cni' île causa Nrstorii et Cutijehctis, que le P. (iarnier donna au pubue eu 1073, in-S", à Paris, avec des Commentaires qui corrigent ce qu'il y a de défectueux dans le texte.
LIBERE ( saint ), romain, fut élevé sur la chaire de saint Pierre le 24 mai 352, après le pape Jules I"'. 11 la mérita par 3a piété et par son zèle pour la foi. L'empereur Constance, ayant tenté vainement de le faire souscrire à la condamnation de l'illustre Athanase, le relégua à Bérée dans la Thrace. La rigueur avec laquelle on le traita flans son exil, et la douleur de voir son siège occupé, par l'antipape Félix, ébranlèrent sa constance. 11 consentit enlin à la condamnation d'Athanase, et signa la Formule de Sirmium, non pas celle du dernier concile, qui était visiblement hérétique, ni celle du second, qui était également répréhensibfe et qui fut rédigée parValenset Ursace en 357, mais celle du premier, dressée en 351 avec beaucoup d'art par les ariens, et qui pouvait h la rigueur être défendue, comme elle le fut par saint Hilaire. Par celte faiblesse, il rentra dans la communion des Ori ni aux. On lui li approuver dans le confeife d'Aneyre, en 358, un écrit qui rejetait Je mot consubstantiel, mais il protesta en même temps qu'il anat-iématisait ceux qui disaient que le Fils n'était pas semblable au Père en substance et en toutes choses. L'empereur lui permit de retourner à Rome, où le peuple le reçut assez froid cm nt. Cet accueil le fit rentrer en 1 li-im'un. .•; il reconnut sa faute, la pleura, lit ses exruses à Athauase, rejeta la confession de foi du concile de Ri mini en 350, et mourut saintement le 1\ septembre 3GG. C est ainsi que ce pape termina sa carrière avec la gloire qui avait illustré la très-grande partie d'un pontificat de plus de 14 ans, et que sa chute, qu'elle quelle ait été, n'a pu flétrir. Cette faiblesse passagère se trouve reparée par ta.it de traits d'un courage parfaitaitement soutenu depuis son repentir, a te presque tous les Pères l'ont qualifié de bien~ heureux. Son nom se lit dans les plus anciens .Martyrologes latins. On a de lui des Epitres qui se trouvent dans celles des papes par dotn Coustaut. L'abbé Corgfle a publié en 172G une Dissertation critique et historique sur le pape Libère, et le P. Stilting u
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fait un Commentaire critique et historique sur snint Libère, inséré dans les Acta sanctorum des Boll .".ndistes, 23 septembre. La chute de ce pape a toujours servi d'argument aux gallicans contre l'infaillibilité du pape. L'ouvrage cité montre la faiblesses des conclusions qu'on en tire. Saint Libère eut pour successeur saint Damase. —M. M igné a publié les écrits du pape saint Libère. Voy. la fin de l'art. Jules (saint).
LIBERiUS A JESU, carme, natif de Nova.e, enseigna la controverse pondant 38 ans à Rome, et fut préfet de la Propagande. 11 mourut l'an 1719, après avoir publié : Controversiœ dogmaticce, Rome, 1701, in— fol . Cette édition fut défendue, parce que l'auteur y était favorable au jansénisme; mais l'ayant corrigée, et s'étant rétracté, on permit l'édition qui fut faite l'an 1710. Libérius qui avait promis trois volumes in-fol., quand il en publia le premier, augmenta tellement l'ouvrage qu'on l'a imprimé à Milan, en 11 volumes in-fol., l'an 1742.
LIBERT1NUS (Charles), né à Mulhausen en Bohême, l'an 1638, entra chez les jésuites en 1654, et mourut à Klattau en 1683 , après avoir enseigné les belles-lettres et la langue grecque, et avoir prêché avec réputation. On a de lui le traité de Grenade, ou Georges Scholarius, sur la prédestination, traduit en latin, avec de fort bonnes notes. Prague, 1673, in-8°. Il a publié encore Franciscus Xaverius, Indiarum apostolus, elogiis illustratus, Breslaw, 1681 ; Prague, 1771, in- 4°. — 11 ne faut pas le confondre avec Jean Libertinus, aussi jésuite, né à Leutmerilz en 1654, mort vers 1724, dont on a mi ouvrage, en langue bohémienne, sur l'éducation de la jeunesse, Prague, 1715, in-12 ; et un traité De la conformité de la volonté de V homme avec celle de Dieu, dans la môme langue, Prague, 1710, in-12.
L1CINIUS de SAINTE - SCHOLASTIQUE, carme, né à Sauinur, mort à Paris dans Je couvent dit des Billettes, le 15 février 1674, a publié : De scientiis acquirendis tamdivinis quam humants, 1664 ; Preuves de l'infidélité des jansénistes dans la traduction des saints Pères ; Vie du P. Philippe Thibault, auteur de la réforme des Carmes cle l'observance de Rennes, Paris, 1673 ; un grand nombre d'ouvrages ascétiques. C'était un homme appliqué, et qui ne cherchait qu'à se rendre utile, à confondre l'erreur, h démasquer l'hypocrisie, et à nourrir la piété.
LIÉBICH(JEAN),néàGl'ogau en Silésie, en 1681, entra chez les jésuites où il enseigna diverses sciences avec succès, fut pendant dix ans chancelier de l'université d'Olmutz, et mourut dans cette vide en 1757. Ses principaux ouvrages sont : Quœstiones theologicœ de ftdr, spe et charitaie, Olmutz, 1728, in-8° ; Breviarium scripturisticum in evangelia adventus etplures dominicas sequentes usque ad dominicain sept uag est mœ, Ohuutz, 173! , in-8° ; Pœnitev'i • : rament uni per resolutiones speculoJ.ii o - praclicas ad munus confessariorttm se disvonentiL-us êepvituraa discussum, Troppau, 1732. iih>"; Quœstio juris et facti historico-
theohgica de conciliis sanctœ romanœ Ecclesiœ, Troppau, 1732, in-12.
LIEBKNECHT (Jean-Georges), mathématicien , antiquaire et célèbre professeur de Giessen, né à Wasungen vers 1680, devint membre de la société royale de Londres, de l'académie des sciences do Berlin, et de la société des Curieux de la nature, et mourut à Giessen en 1729. On a do lui un grand nombre de Dissertations théologiques, philo sophiques et littéraires, estimées, et divers autres ouvrages. Il crut découvrir, en 1723, une nouvelle étoile dans la grande Ourse; parmi ses ouvrages, qui sont au nombre de dix, on cite une Dissertatio cosntographica de harmonia corporum mundi totalium nova ralione in numeris perfectis generatim definita, Giessen, 1718, in-4". Goetenn a donné la vie de Liebknecht dans le Gelehrte Europa, 2e partie.
L1ENHART (Georges), savant abbé cle l'ordre de Prémontré à Roggenburgh, et comme tel prélat de l'empire, naquit le 29 janvier 1717 à Uberlinghen en Souabe, de parents nobles et d'une famille sénatoriale. 11 quitta les avantages que lui présentait sa naissance pour embrasser la vie canonique, et choisit pour l'exécution de ce dessein l'abbaye de Roggenburgh, ordre de Prémontré, où il fit profession en 1741. Après avoir fait ses études à Constance et à Dillingen, il enseigna dans sa maison la philosophie et la théologie. Il y avait sept ans qu'il exerçait l'office de prieur lorsque l'abbaye vaqua. Tous les suffrages se réunirent sur lui, et il fut élu abbé le 17 juillet 1753. En 1768 le collège impérial des prélats de Souabe le choisit pour être un de ses co-directeurs. Il est au^teur des ouvrages suivants : Ogdoas erothomatum ex Oltonîs theosopkiœ scolasticœ tractatibus, publicœ l'mi et coneertalioni exposita, Uhn, 1746,-in-8°? ouvrage approuvé par l'université de Dillingen, attaqué néanmoins, mais défendu par son auteur d'une manière qui lui valut les applaudissements de l'université de Saltzbourg; Exhortator domesticus religiosam animam ad perfectionem excitons, en deux parties, l'une imprimée à Lintz, 1754,in-4°, l'autre à Augsbourg, 1761, môme format; Dissertatio theologiva sub titulo : B. M. Virginis originaria immunitas a serioribus Laminé'i Prilamii cênsuris vindicaûa , Augsbourg, 1756, in-4°; Caum sanguinis et sanctorum, seu cultus debitus résidais in terra SS. sangutnis et sanctœ Crucis particulis , neenon sanctorum reliquiis, dissertatione assertus, Augsbourg, 1758, in-4°; Ephemerides hagiologicœ ordmis prœmonstratensis, etc., Augsbourg, 1764>.ini-40. Il en a paru, en 1767, un supplément sous le titre d'Auctarium, etc; Spiritus litterarius Norberlinus, seu- Sylloge viros ex ordîne prœtnenstratensi scriptis et doctrina célèbres, nec non eorumdem vitas, res gestas, opéra et script a Puni édita, perspicue exhibens , etc., Augsbourg, 1771, in-4°. L'auteur y prouvé, contre Casimir Oudin, déserteur de sa profession et de sa foi, que l'ordre des Prémontrés n'a pas manqué d'écrivains et de personnages
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célèbres qui l'aient illustré. La liste qu'en donne l'abbé de Rogzenburgh est de plus de six cents, dont les écrits embrassent toutes sortes de matières. Voy. Olimn (Casimir), et Colbert (Michel). Des Sermons, des Panégyriques et des Oraisons funèbres. L'abbé Lienhart est mort en 1783.
L1ENHART (Thibaud), ancien bénédictin et professeur en théologie, ué le 1" septembre 17G5 , de parents cultivateurs, a Truchtersheim , village prés de Strasbourg, lit avec distinction ses études au collège de Molsheiin, en Alsace, et se lit ensuite recevoir dans l'abbaye des bénédictins de Marmoutier, dans la même province. 11 y passa quelques années livré aux études de la théologie jusqu'au moment de la révolution de 1793; ce fut pendant ce temps qu*il reçut la prêtrise. Lienhart refusa de prêter le serment de la constitution, et se rendit dans le couvent des bénédictins à Schuttern (dans le grand-duché de Bade), où il enseigna la théologie. Ses supérieurs, appréciaut les dispositions qu'il avait pour les langues orientales , l'envoyèrent à l'université de Fribourg , en Brisgiw, où il prit le grade de docteur en théologie. Il passa "ensuite en Autriche, dans le célèbre couvent des bénédictins de Kremsmùnster, près de Vienne, où il fut encore chargé d'enseigner la théologie, et il y resta jusqu'aprè> la révolution française. L'évoque de Strasbourg le rappela alors dans son pays et lui conlia l'éducatipn des clercs. Il eut beaucoup de difficultés à surmonter pour donner de jeunes prêtres à l'église d'Alsace. 11 reçut les jeunes aspirants en qui il remarquait de la vocation, fit lui seul pour eux les différents cours de théologie, aida les plus pauvres en argent, livres et habits, et parvint ainsi à fonder le séminaire. L'abbé Lienhart fut nommé chanoine titulaire de la cathédrale de Strasbourg, et char.oine honoraire de Saint-Denis. Il avait été supérieur du grand séminaire de Strasbourg pendant 25 ans, quand la révolution de juillet 1830 vint interrompre sa longue et honorable carrière. 11 mourut Je 22 mars 1831, après avoir passé ko ans dans l'enseignement de la théologie. Ce respectable ecclésiastique rendit de grands services à la religion par les différenis ouvrages qu'il publia. Sa Théologie dogmatique en 3 vol. et son 1er vol. sur les liturgies lui valurent deux brefs des souverains pontifes Pie VII et Pie VIII, qui font un grand éloge de son érudition, de sa piété et de l'orthodoxie de ses principes. On a encore de lui : Disserlalio criticain librum Judith; Analysis studii biblici; Analysis theologiœ dogmaticœ ; en langue allemande, un Avertissement aux catholiques sur la lecture de la bible traduite par van Ess; et en latin un manuel pour *les séminaristes. Il s'occupait, dans les derniers temps de sa vie, à retoucher plusieurs ouvrages qui sont restés manuscrits, tels que le 2e vol. sur les l.turgies, presque achevé; la Morale, et le Studium biblicum qui était la partie dans laquelle il excellait principalement. L'abbé Lienhart avait accompagné au
concile de 1811, en qualité de théologien, son évoque qui ne signa aucun des actes attentatoires aux droits ou à la dignité du saint-siége. L'influence que son savoir lui assurait auprès des membres du concile importuna l'empereur, et un mandat d'arrêt fut lancé contre lui. Heureusement, depuis vingt-quatre heures il avait quitté Paris.
LIERE (Auguste-Prunelle de), né à Grenoble en 1740, était, dans le temps de la révolution, maire de sa ville natale, lorsqu'une insurrection populaire menaça de dévaster et de pil 1er un magasin public. Il ne craignit nas d'exposer sa tète en s'opposant aux violences de la multitude qu'il réussit à contenir. 11 siégea à la Convention où il vota constamment avec le paiti modéré ; sou Opinion, dans le procès de Louis XVI , dont il vota l'exil pour sauver les jours du monarque, a été imprimée, 1792,'in-8°. Il seconda Claude Saint-Martin dans ses travaux littéraires et philosophiques , et se livra aussi à des recherches suivies sur l'auteur de limitation , qu'il croyait être Gerson , et sur les éditions et manuscrits de ce pieux ouvrage. Pourvu de grandes connaissances en chimie, il plaça les fonds qu'il avait hérités de sa famille dans l'exploitation des mines, qui, par suite de l'extension des limites de la France jusqu'en Illyrie , étaient comprises dans l'empire, mais qui furent perdues pour nous lorsque la France rentra en 1815 dans ses anciennes limites. Lière se trouva ainsi à peu près ruiné ; il se consola en reprenant avec une nouvelle ardeur ses études, qu'il appliquait surtout à la philosophie de l'histoire et à la théosophie. 11 mourut dans sa retraite du faubourg Saint-Germain, en 1828, à l'âge de 88 ans. On a de Lière : une traduction française des Psaumes, dans le sens spirituel , appliqués principalement à Jésus- Christ, d'après saint Augustin et l'hébreu, avec des notes pleines d'érudition , 1821 , in-12; Considérations sur les quatre Evangiles, 1822, in-8° ; Prophéties d lsaie, trad. en français, avec des notes, 1823, in-8° ; Pensées et considérations morales et religieuses , contenant des aperçus spirituels d'un haut intérêt, et des vues sur le caractère de plusieurs personnages contemporains, l"édition, 1824; 2' édition, 1826; Les quatorze Epîtres de saint Paul et les sept Epîtres catholiques , trad. en français avec des notes , 1825 , in-8°. Lière avait été l'éditeur des Quarante questions de l'âme , par Jacob Boehme , dit le philosophe tcutonique , 1807 , in-8°; de la Triple vie de i homme, par le même, 1809, et d'une Explication pai un Israélite.
L1GHTFOOT (Jean), l'un des plus habiles hommes de son siècle dans la connaissance de l'hébreu , du Talmud et des rabbins, né en 1G02 à Stoke , dans le comté de Statford , mort à Cambridge en 1675 , à 73 ans , fut vice-chancelier de l'université de cette dernière ville , et chanoine d'Ely. La meilleure édition de ses OEuvres est celle d'Utrecht, 16j9, en 3 vol. in-fol., mise au jour par les soins de Jean Leusden. Ses principaux ou-
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vrages sont : Borœ hebraicœ et talmuddicœ in geographiam terrœ sanctœ. On y trouve des observatioi s propres à rectifier les erreurs des géographes qui ont travaillé sur la Palestine ; une Harmonie de l'Ancien Testanient; des Commentaires sur une partie du Nouveau. Ils respirent l'érudition la plus recherchée, ainsi que ses autres ouvrages. II a fait un usage heureux des connaissances ta'mudiques pour l'explication des usages des Juifs modernes. Strype a publié à Londres, en 1703. in-8°v de nouvelles OEuvres posthumes de Lightfoot. On trouve dans ses écrits quelques sentiments condamnables , savoir : que les Juifs étaient entièrement rejetés de Dieu ; que les clefs du royaume des cieux n'avaient été données qu'à saint Pierre; que son pouvoir ne regardait que la doctrine et non la discipline, etc.; erreurs qui n'ont rien de surprenant dans un calviniste. Lightfoot a pris part à la Polyglotte de Londres et au Lexique heptaglotton d'Edm. Castel. Sa Vie se trouve à la tète de l'édition de ses OEuvres de 1686 et de celle de 1689. Voy. Mémoires de Nicéron, Dictionnaire de Chauffepié, et Nouvelles de la république des Lettres, année 1686.
L1GNAC (Joseph-Adrien le Large de), naquit à Poitiers d'une famille noble. Il passa quelque temps chez les. jésuites, qu'il quitta pour entrer dans la congrégation de l'Oratoire. On lui confia divers emplois, dont il s'acquitta avec succès. Dans un voyage qu'il tit à Home , Benoît XIV et le cardinal Passionei l'accueillirent avec celte bonté et cette familiarité nobl s qui leur étaient ordinaires envers les savants. L'abbé tie Lignac mourut à Paris en 1762, après être sorti de l'Oratoire. Il s'appliqua spécialement à la métaphysique , pour laquelle il suivit les principes de Malebranche et de Descartes.Nous avons ne lui : Possibilité de la présence corporelle de l'homme en plusieurs lieux, 1754, in-12. L'auteur y montre , contre M. Boullier, que le dogme de la transsubstantiation n'a rien d'incompatible avec les idées de la saine philosophie ; il y a cependant d'autres moyens plus simples peut-être de mettre ce mystère à l'abri des chicanes de l'erreur. {Voy. le Catécli. philos. n° 441 et suiv.) Mémoire pour servir à commencer l'histoire des araignées aquatiques , en 1748 , in-8°; 1799 , in-12 ; Lettres à un Américain sur l'Histoire naturelle de M. de Buffon , 1751-56, 9 vol. in-12, pleines d'observations sensées; mais quelques-unes sont minutieuses ; Le témoignage du sens intime et de l'expérience , opposé à la foi profane et ridicule des fatalistes modernes, 3 vol. in-12, 1760; Eléments de métaphysique tirés de l'expérience , 1753 , in-12; Examen sérieux et comique du livre de l'Esprit, 1759, 2 vol. in-12. Ouvrages pleins de raison et d'exc llentes observations, quoique le dernier soit quelquefois superticiel et contienne des choses mal vues, en particulier une espèce de roman louchant la condamnation de Galilée. L abbé de Lignac travaillait à exécuter le pla'n des preuves de la religion que Pascal a* ait conçu , quand la Dictiqnn. de Biographie relig. II.
mort le surprit. Son sty'e à la vérité était fort inférieur à celui de cet homme célèbre , mais il pensait profondément, surtout en métaphysique , et tous ses ouvrages en sont la preuve. S'il a eu des liaisons peut - êlre trop marquées avec les gens du parti, il n'a pas perdu son temps à défendre leurs opinions. On en voit cependant çà et là quelques symptômes dans ses ouvrages , mais faiblement prononcés, et susceptib'es , \ our l'ordina re, d'une interprétation favorable.
LIGNY (le Père François de), jésu te, né à Amiens le 4 mai 1709, entra dans l'ordre à l'âge de seize ans. Après avoir p.ofes-é les humanités pendant quelques années, il se livra à la prédication et s'y distingua par l'onction de sa parole et sa profonde connaissance des sciences théologiques. Il se lit bientôt une grande réputation et fut désigné po r prêcher à la cour; mais la suppression de son ordre l'en empêcha. Il se rend t alors à Avignon , dans le Comtat Venaissin , qui faisait, à cette époq te , partie des Etats romains; malgré une santé chancelante, il continua de s'occuper à la fois de la prédication, du soin des âmes et d'études 1 ttéraires. Il mourut dans cette ville en 1788 , âgé di* 79 ans. On a du P. de Ligny : Vie de saint Ferdinand , roi de Castille et de Léon , dédiée à Ferdinand, prince de Parme, Paris, 1759, in-12: Alban-Rutler cite ce livre avec éloge ; Histoire de la vie de Jésus-Christ , où l'on a conservé et distingué les paroles du texte sacré selon la Vulgate, Avignon, 1774 , 3 vol. in-8°; 1776, in-4° ; Paris, 1804, 2 vol. in-4°, avec 75 gravures; Paris, 1813, 3 vol. in-8°, avec 3 ligures; et plus récemment encore, en 2 vol. in-12. avec 22 gravures sur papier de Chine ou sur papier blanc. On doit considérer cet excellent ouv.age comme une ample concordance historique et ascéti jue. L'auteur, en y mêlant les explications ou les réflexions qui se lient naiurellement entre elles, a formé du texte des Evangiles une histoire exacte et suivie. Des notes éclaircissent et développent les difficultés du sens prophétique, dogmatique ou moral. Le Père Daire , en parlant de cet ouvrage, dit « q.ie « les choses excellentes qu'on y trouve font « passer quelques saillies d'un zèle , parfois « un peu ardent, qu'on a cru pouvoir repro- « cher à l'auteur... » Le P. Ligny avait été chargé d'écrire l'histoire de la province du Nivernais, mais il mourut avant d'avoir terminé ce travail.
LiGOKIO ou LIGUORI (Alphonse-Marie de) , évêque de Sainte-Agathe des Goths au royaume de Naples , et fondateur de la congrégation des missionnaires du Saint-Rédempteur, naquit à Naples d'une famille noble et ancienne, le 26 septembre 1696. Porté naturellement à la piété dès son enfance, et doué des plus heureuses dispositions, il eut le bonheur de les voir secondées parle soin que prirent ses vertueux parents de lui assurer une excellente éducation. Ils le mirent de bonne heure entre les mains d'habiles maiires, et il profita si bien de leurs leçons , qu'à l'âge de 17 ans il avait fini loule's ses
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éludes, après y avoir obi en u dé brillante succès. Il s'a i| liqua alors à la jurispru lonce, el embrassa la p ofession d'avocat, qu'il exerça pen ant quelque temps à Naples avec ass ■/ de réputation ; mais en 1722 , an accident qui lui arriva dans une cause importante le
dégoûta de cet e carrière et le décida a y renoncer. Il Lui sembla alors qu'un sentiment intérieur l'appelait à l'état ecclésiastique, et, eu effet, après de mûres réflexions, le 31 août de la môme année , il prit l'habit ecclésiastique. Pour lors il tourna toutes ses étules et toutes ses pensées vers ce qu'exigeait son nouvel état. Il s'appliqua à la théologie, il lut les .saintes Ecritures et les Pères. La méditation , les j -unes , les lionnes u.'uvres furent ses exercices de tous les jours. Dès qu'il fut prêtre, il s'attacha à li congrégation de la Propagande, et s'adonna à la prédication et aux. travaux des missions avec un zèle vraiment apostolique. L'onction avec laquelle il annonçait la parole évangélique, son austère pénitence , la sainteté ue sa vie , produisirent une infinité de conversions. 11 ava.it remarqué que c'étaient surtout les campagnes qui manquaient d'instruction. Il forma le projet de subvenir au besoin qu'elles en avaient ; et ce fut cette idée qui lui suggéra le d ssein d'instituer une congrégation de missionnaires destinés a ce ministère. Ayant réuni quelques compagnons, il en jeta les premiers fondements dans l'ermitage de Sainte-Marie de la Scala, et lui donna le nom de congrégation du Saint-Rédempteur . Cet établissement éprouva u'ahord des contradictions ; mais Liguori, à force de patience, parvint à les vaincre. Sa congrégation fut approuvée par le saint-siége , et se répandit bientôt dans diverses villes du royaume de Naples, de laSicile et même de l'Etat romain. Tant do mérite, tant de services rendus à la religion ne pouvaient demeurer ignorés et sans récompense: Clément XIII, en juin 1762, nomma Liguori évêque de Sainte-Agathe des Grotbs. Ce ne fut pas sans peine qu'on parvint à lui faire accepter cette dignité émin nte; mais le chef de l'Eglise l'ordonnait : il obéit, et se livra ent.èrement à ses nouveaux devoirs. Il rechercha les abus qui pouvaient s'être glissés parmi son clergé, et il les réforma. Il fonda des monastères et d'autres établissements pieux, el ne cessa d'éditier son diocèse par ses prédications, par des instructions familières ou dos lettres pastorales, par jes écris, et surtout par l'exemple de ses vertus. Après treize années d episcopat, et une longue vie pa-séetout entière dans les travaux du ministère et les austérités de la pénitence, Liguori exténué de fatigues, devenu sourd etpivsqueaveugle, tourmenté d'une maladie cruelle, demanda au [tape Pie VI et obt nt, en juillet 1775, d'être déchargé du gouvernement de son église ; il avait près de 80 ans. il se retira à Noc ra de Pagani, dans une maison de sa congrégation. Il y vécut encore près de il ans dans le recueillement, la prière et autres exercices de piété, et mourut saintement le 1er