‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 264 sur 323 · LIT · texte numérisé non relu

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décrets produisirent la ligue offensive et défensive de Smalkalde entre les princes protestants. CharJes-Quim, hors d'état de résister à la fois aux princes confédérés et aux armes ottomanes, leur accorda la libert .'• de conscience à Nuremberg, en 1532, jusqu'à la convocation d'un concile général. Luther, se voyant à la tête d'un parti redoutabl >, n'en fut que plus fierelplus emporté. C'était chaque année quelque nouvel écrit contre le souverain pontife, ou contre les princes et les théologiens catholiques. Rome n'était plus, selon lui, que la racaille deSodome, la prostituée de Babylonc; le pape n'était qu'un scélérat qui crachait des diables ; les cardinaux, des malheureux qu'il fallait exterminer. « Si j'étais le maître de l'Empire, écrivait-il, «je ferais un même paquet du pape et des « cardinaux, pour les jeter tous ensemble « dans la mer ; ce bain les guérirait, j'en « donne ma parole, j'en donne Jésus-Christ « pour garant. » L'impétueuse ardeur de son imagination éclata surtout dans le dernier ouvrage qu'il publia en 15i5, contre les théologiens de Louvain et contre le pape. 11 y prétend que la papauté romaine a été établie par Satan, et, faute d'autres preuves, il mit à la tête de son livre une estampe où le pontife de Rome était représenté entraîné en enfer par une légion de diables. Quant aux théologiens de Louvain, il leur parle avec la même douceur : les injures les plus légères Sont bête, pourceau, épicurien, athée, etc. Il était avec ses propres sectateurs aussi emporté qu'avec les catholiques ; il les menaçait, s'ils continuaient à le contredire, de rétracter tout ce qu'il avait enseigné : menace digne d'un apôtre du mensonge. Cet homme trop fameux mourut à Eisleben, en 15'i-G, à 62 ans, après avoir vaqué à son ordinaire à un bon repas. Un auteur moderne en a fait le portrait suivant : « Moine apostat et cor- « rupteur d'une religieuse apost te , ami de « la table et de la taverne, insipide et gios- « sier plaisant, ou plutôt impie et sale bouf- « fon, qui n'épargna ni pape ni monarque ; « d'un tempérament d'éuergumène contre « tous ceux qui osaient le contredire ; muni, « pourtoutavant'-ge, d'une érudition et d'une « littérature qui pouvaient imposer à son siè- « cle ou à sa nation ; d'une voix foudroyante, « d'un air allier et tranchant : tel fut Luther, « le nouvel évangéliste, ou , comme il se « nommait, le nouvel ecclésiastc, qui mit le « premier l'Eglise en feu, sous prétexte de « la réformer, et qui, pour preuve de son « étrange mission, qui demandait certaine- « ment des miracles du premier ordre, allé— « gue les miracles dont se prévaut le Coran, « c'est-à-dire .les succès ou cimeterre et les « progrès des armes, les excès de la dis- « corde, de la révolte, de la cruauté, du sacrilège et du brigandage. » Sa secte se divisa après sa mort, et de son vivant même, en plusieurs branches. Il y eutles lulhéro-papistes, c'ést-à-dire ceux qui se servaient d'excommunicaiion contre les sacramenlaires : les luthéro-zuingliens, les luthéro-calvinistes, les luthéro-osiandriens, etc., c'est-à-dire ceux

qui mêlèrent les dogmes de Luther avec ceuxdeCalvin, de Zuhigleoud'Osiander, etc. ' Ces sectaires différaient tous entre eux par quelque endroit, et ne s'accordaient qu'en ce point, de combattre l'Eglise et de rejeter tout ce qui vient du pape. C'est cette haine, qui leur fit prendre , durant les guerres de religion du xvr siècle, cette uevise : plutôt turc que papiste ; devise qui marque bien la fureur la plus extravagante, mais qui est néanmoins parfaitement assortie à l'esprit de secte , à qui rien n'est plus opposé que l'autorité d'un chef et un centre d'unité. Cependant les hommes les. plus sensés parmi les protestants, tels que Mélanchthon,Grotius,etc.,ont toujours regretté l'autorité pontificale, et l'ont regardée comme une chose sans laquelle l'ensemble du christianisme ne pouvait subsister. Luther laissa à ses disciples un grand nombre d'ouvrages, imprimés à iéna, en 1550, h vol. in-fol. ; et à Wittenborg, en 7 vol. in-fol., 15/2. On préfère les éditions publiées de son vivant, 1 arce que dans cel es qui ont vu le jour après sa mort, ses sectateurs ont fait des changements très-considérables. On voit, par ses écrits, que Luther avait du savoir et beaucoup de feu dans l'imagination ; mais il n'avait ni douceur dans le caractère, ni goût dans la manière de penser et d'écrire. 11 donnait dans les grossièretés les plus impudentes- et dans les bouffonneries les plus basses. Jean Aurifaher, disciple de Luther, a mis en latin et publié en 156G, in-8°, les Discours que cet hérésiarque tenait à table, sous ce litre : Sermoncs mcnsales, ou Colloquia mensalia. C'est une espèce fïAna , dont la lecture prouve la véracité du portrait que nous avons tracé du réformateur de l'Allemagne. On conserve dans la bibliothèque du Vatican un exemplaire de la Bible, à la fin duquel on vo t une prière en vers allemands, écrite de la main de Lut'ier, dont le sens est : « Mon Dieu, par votre bonté, pour- « voyez-nous d'habits , de chapeaux , de « capotes et de manteaux ; de veaux bien « gras, de cabris, de bœufs, de moutons et « de génisses ; de beaucoup de femmes et de « peu d'enfants. Bien boire et bien manger « est le vrai moyen de ne point s'ennuyer. » Cette prière, où l'indécence, l'impiété, la luxure, la gourmandise, se disputent à qui aura le dessus, est trèsrcertainement de la main de Lut.ier ; en vain Misson a-t-il voulu en faire douter. Christian Juncker, son historien, en convient et la rapporte mot à mot (Vita Luther i, pag. 225) :

0 Goll, durcli deine Guhte, Bi'schcr uns KleiiJer und Hùte; Haucii Mseuiel undfRuecke, Felte Kelber und^iecke; Oelisi'n, Srh.ilie und Kinder.

Vule Weiber, wenig Kinder.

Sclileclile S|»eise und Tranck Macheu t-iueiu das Jalir laug

M. Charles Walmesley, évêqoe et vicaire apostolique en Angleterre, a publié, en 1777, sous le nom de Pastorini, dans une Hist. de V Eglise chrétienne, une Histoire abrégée de la -Réforme de Luther, qui a été réimorimée

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