‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 302 sur 323 · MEZ · texte numérisé non relu

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1061, in-4*. C'est un commentaire sur les objets physiques dont il est parlé dans le Penlateuque.

MEY (Claude), avocat au parlement de Paris et canonistc, né à Lvon le 15 janvier 171-2, embrassa l'état ecclésiastique, mais resta simple t DSUré. Très-vei se dans le droit canonique, il était consulté de tous côtés

})Our celte partie, et il publia un grand nom- )re de Mémoires, qui ne sont pas tous dictés par une sévère impartialité. Piales et lui étaient regardés comme les colonnes du parti appelant; Mey était cependant plus théologien. 11 se déclara contre la constitution civile du cleigé, et signa la consultation dressée par Jabineau le 15 mars 1790. Lors de la terreur, il se retira à Sens, et il y mourut en 1790. 11 présidait aux Nouvelles ecclésiastiques, et eut part à plusieurs actes de l'administration de M. de Montazet, archevêque de Lvon. Ses principaux ouvrages soi t : V Apologie des jugements rendus en France par les tribunaux séculiers contre le schisme, 1752, 2 vol. in-12 : la première par tie seulement est de Mey, la deuxième est de Maultrot. Cet ouvrage fut supprimé par arrêt du parlement et condamné par un bref de Benoit XIV, du 20 novembre 1752; Essai de Métaphysique, ou Principes sur la nature et les opérations de l'esprit, 1750, in-12; Consultation pour les bénédictins contre la commission des réguliers, 2vol.-in-4°; Maximes du droit public français, 1772, 2 vol. in-12. Maultrot et Blonde en donnèrent une deuxième édition en 1775. Mey concourut à plusieurs écrits sur les contestations du temps.

MEYER (Livinus ou Ljevix de), né d'une famille noble de Cand, en 1055, se fit jésuite, et se distingua dans la théologie, l'histoire et la poésie. Son poëme sur la colère, divisé en trois livres, est généralement estimé des amateurs de la langue de l'ancienne Rome; on y trouve des vers dignes du siècle d'Auguste. Parmi ses ouvrages théologiques , celui qui a fait le plus de bruit est une Histoire des congrégations de Auxiliis, contre le P. Jacques-Hyacinthe Serry, Anvers, 1705, in-fol.; elle est diffuse, mais assez exacte, et même aussi impartiale que peuvent l'être ces sortes de relations : il est certain qu'il est plus modéré que l'auteur qu'il réfute. 11 a beaucoup écrit contre les apologistes de Quesml. Il mourut à Louvain le 19 mars 173.), à l'âge de 75 ans.

MEZRA1M, fils de Cham, petit-fils de Noé, peupla l'Egypte qui lui avait été destinée, et qui de son nom est appelée dans l'Ecriture terre de Mezraim. Il eut pour fils Ludim, Ananim, Laabim, Nephtuim, Phétrusim, et" Chasluim; c'est d'eux que sortirent tous les différents peuples qui habitèrent l'Egypte et les pays voisins. Mezraïm étant mort, fut adoré, dit-on, comme un dieu, sous les noms d'Osiris, de Sérapis et d'Adonis.

MEZZOFANTI (le cardinal Joseph), né à Bologne l'an 1774, d'une famille honorable, eut pour premiers maîtres dom Philippe Cicotti, prêtre de Bologne, et le P. Respighi, watorien iuslruit, puis il suivit les écoles

pies, et s'appliqua particulièrement à l'étude des langues avec un succès éclatant. 11 reçut le caractère sacerdotal en 1797, et il se conr sacra aux fonctions du saint ministère avec la même ardeur qu'il apportait à ses éludes. Mezzofanti possédait les plus vastes connaissances, ncn-seulement dans les sciences sacrées, mais en philosophie, en histoire, en géographie , en botanique , en littérature, et dans tous les genres d'érudition. Les classiques grecs et latins lui étaient familiers, et il n'est pas un seul écrivain ancien ou moderne qu'il ne connût oleinement, ce qui soûl aurait fait de lui un bomme étonnant. Mais c'est dans les langues surtout que son génie extraordinaire se fait admirer. Le nombre des langues qu'il parlait n'était pas inférieur à 58. Une érudition si universelle est certainement assez raie pour que nous puissions penser que le catalogue de ces langues ne sera pas sans intérêt. C'étaient, 1. l'albanais, 2. l'américain, 3. l'anglais, 4. l'arabe, 5. l'aramien, G. l'arménien, 7. l'arménien moderne, 8. le bulgare, 9. le catalan, 10. le chaluéen, 11. le celtique, 12. le cilésien, 13. le chinois, 14. le cophte, 15. le curaçaonien, 10. le curde, 17. le danois, 18. l'hébreu, 19. l'hébreu rabbinique, 20. l'éthiopien, 21. le français, 22. le géorgien, 23. le grec, 24. le grec moderne, 25. l'espagnol, 20. l'allemand, 27.1e hongrois, 28. l'illyrie;i, 29. l'indoustanien, 30. l'anglais, 31. l'irlandais, 32. l'italien, 33. le latin, 34. le lithuanien, 35. le malais, 30. le maltais, 37. le mongolien, 38. le norwégien, 39. le hollandais, 40. le péguanien, 41. le persan, 42. le polonais, 43. le portugais, 44. le réthien, 45. le russe, 4G. le samardain, 47. le sanscrit, 48. le sarde, 49. l'écossais, 50. le sénégalais, 51. le syriaque, 52. le suédois, 53. le suisse, 54. le tamoul, 55. le tartare, 50. le turc, 57. le valaque, 58. enfin la langue des Zingari. Sa réputation était si grande qu'il n'y avait pas un homme de quelque valeur, qui, venu pour visiter les merveilles de Rome, ne voulût voir Mezzofanti, comme une merveille. Parmi eux, un grand nombre possédaient diverses langues outre leur langue maternelle, et, soit par curiosité, soit pour s'assurer de la vérité, ils faisaient appel à Ja science de cet homme singulier, et ils le quittaient confondus de son savoir; car non-seulement il connaissait plus profondément qu'eux-mêmes les langues qu'ils avaient apprises, mais il leur découvrait dans leur propre langue des délicatesses qu'ils ne soupçonnaient pas. B»ron disait de lui : « C'est un pro lige de «langues, le Briarée des parties du discours, « un polyglotte ambulant, qui aurait dû vivre « au temps de la tour de Babel pour servir « d'interprète ; véritable merveille, un savant « sans prétention. Je l'ai tâté dans toutes les « langues dans lesquelles je pouvais épeler « seulement une sottise, et, par Bacchusl il « m'a confondu dans mon propre idiome. » Mezzofanti occupait à Bologne la chaire de langue grecque et de langue orientale, quti son refus du serment lui fit perdre sous le gouvernement de Napoléon. Joachim MuraU

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traversant l'Italie après la chute de l'empire, le rétablit dans son enseignement, et le décora de l'ordre des Deux-Siciles. 11 fut plusieurs fois recteur de la môme université, et il en devint bibliothécaire après la mort du P. Pozzetti. Le grand duc de Toscane le décora de son ordre de Saint-Joseph, dont il le nomma grand-croix, après qu'il eut été élevé au cardinalat. Les papes Pie VII et Grégoire XVI, qui le comblèrent d'honneurs, voulurent plusieurs fois l'attirer à Rome, où il se fixa entin par obéissance en 1831. En 1832, il fut nommé chanoine de la basilique Libérienne, et, plus tard ayant été choisi comme premier custode de la bibliothèque vaticane, il fut nommé chanoine de Saint- Pierre. Le chapitre lui confia la direction du séminaire, et non-seulement il s'y adonna avec un zèle infatigable, mais il y employait en grande partie ce qu'il retirait de son canonisât et de sa place de bibliothécaire, prenant à sa charge les améliorations que l'établissement réclamait, et payant la pension des élèves pauvres. Mezzofanti fut fait cardinal dans le consistoire du 12 février 1838, et attaché aux congrégations de la Propagande, de l'Index, des Rites, des Etudes, dont il fut préfet, de l'Examen des évoques pour la théologie et les saints canons, et de celle pour les affaires de la Chine. Après la mort du cardinal Sala, il fut visiteur apostolique de l'hôpital Saint-Jacques, et président de la commission administrative de l'archi-hôpital de Saint-Sauveur ad Sancta sanctorum. Partout il faisait admirer son zèle, son désintéressement et sa charité. Les académies de l'Italie, et un grand nombre de celles des pays étrangers se faisaient un honneur de l'avoir pour associé. Les événements politiques de 1848 lui portèrent un coup sensible, et depuis cette époque il ne fit que languir. Le cardinal Mezzofanti est mort à Rome le 15 mars 1849, de la manière la plus édifiante. Les circonstances ne permirent point d'apporter quelque pompe a ses obsèques, qui se firent à l'église Saint-Onuphre, dont il avait le titre. On a trouvé dans sa bibliothèque 140 Dictionnaires, quelques-uns assez rares, et dans tous des feuilles volantes, couvertes d'annotations. Divers manuscrits de lui sont restés en la possession de sa famille, et parmi eux une copie non achevée d'un curieux Codex mexicain, avec tables et figures en miniature, par Anna Minarelli, nièce du cardinal.

MICHAELIS (Sébastien), dominicain, né à Sa nt-Zacbarie, petite ville du diocèse de Marseille, en 1543, introduisit la réforme dans plusieurs maisons de son ordre. Il obtint de la cour de Rome que les religieux de cette réforme composeraient une congrégation séparée. Le P. Michaélis en fut le premier vicaire général. II mourut à Paris en 1018, à 74 ans, avec la gloire d'avoir fait revivre dans son ordre l'esprit de son fondateur. On a de lui YHistoire véritable de ce qui s'est passé dans V exorcisme de trois filles possédées, au pays de Flandre, avec un Traité des sorbiers et des magiciens, à Paris, 1023,

2 vol. in-12 ; ce livre, dit Feller,'n'est pas commun, et ne sera guère lu dans ce siècle. Nos pères croyaient à la magie, nous n'y croyons pas ; il faut, pour décider cette question, attendre un siècle où des juges impartiaux examineront la chose sans prévention, et avec une entière indifférence à l'égard des contondants. Telle est la réflexion qui se présente ici à tout esprit juste, qui fait abstraction de l'autorité de l'Écriture sainte et de la croyance générale des chrétiens. « Si nous cons>ul- « tons les écrits des philosophes modernes « sur ce sujet, dit un critique judicieux, « nous y apprendrons peu de chose. Pour « s'épargner la peine de disculer la ques- « tion, ils l'ont supposée décidée selon leurs « préjugés; ils n'ont pas distingué sulfisam- « ment les différentes espèces de magie, « comme les charmes, la divination, les en- « chuintements, les sorts ou sortilèges : tou- « tes ces pratiques sont différentes, et de- « mandent chacune un examen particulier. « Si nous leur en demandons l'origine, ils « disent que tout cela est venu de l'igno- « rance ; mais l'ignorance n'est qu'un défaut « de connaissance ; une négation ne produit « rien, ne rend raison de rien, et il nous faut « des causes positives. Ils prétendent que « de nos jours la philosophie, ou la connais- « sance de la nature, a réduit à rien le pou- « voir du démon et celui des magiciens ; ils « se trompent. Si la magie est très-rare parmi « nous, elle y a été commune autrefois, et « on l'exerce encore ailleurs : pourquoi y « a-t-on cru ? et pourquoi ne devons-nous « plus y croire ? Voilà ce que des philoso- « phes auraient dû nous appendre. » Voy. Maffée, Méad, Faustus , Asmodée, Rinsfeld, de Haen, etc. Mais déjà les philosophes les plus modernes recommencent à y croire ; au nom près, ils reconnaissent la chose, et sont très-avides des scènes qu'elle produit.

MICHAÉLIS (Jean-David), savant orientaliste et théologien protestant, né à Halle le 27 février 1717, fit ses études en différentes universités de l'Allemagne, et devint trèsinstruit dans presque toutes les branches des connaissances humaines. Il fut professeur à l'université de Gottingue, conseiller aulique, et acquit tant de célébrité que, lors de la guerre de sept ans, ce fut à sa considération que le maréchal de Richelieu et ses officiers firent respecter par l'armée française la riche bibliothèque de cette ville et les choses précieuses qu'elle contenait. Cet illustre savant coopéra par ses travaux au voyage de découvertes en Arabie, dont les ouvrages de Niebuhret les observations de Forskal furent le résultat. Il fit plusieurs voyages en Allemagne, en Angleterre, se livra quelque temps à la prédication, et prêcha à Halle, à Gottingue et à Londres, dans la chapelle luthérienne. Michaélis mourut le 22 août 1791, à 74 ans. Parmi ses nombreux ouvrages nous citerons : Dissertatio depunetorum Hebraicorum antiquitate, Halle, 1739, in-4° ; Grammaire hébraïque, Halle, 1745, in-8°; 3e édition, 1778 ; Introduction à la

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lecture des livres du Nouveau Testament , Gottingue, 1770; V édilion, 1787-88, 2 vol. in-V'. Jugement porté sur les moyens dont on se sert pour entendre lu langue morte des Hébreux, Gottingue, 1757, in-8u, ouvrage plein de réflexions fines et judicieuses. De l'influence des opinions sur le langage, et du langage sur les opinions, tratl. de l'allemand en français par Wérian et Prémontval, Brème, 1702, in-V de 208 pages : ce Mémoire avait été couronné par l'académie des sciences de Plusse en 1730; Compcndium theologiœ dogmuticœ, 1700, in-8°, ouvrage qui n'est pas trùs-orthodoxe, même suivant les principes de sa communion, et qui excita de grandes plaintes. Explication de VEpiire aux Hébreux, 1702 et 1780, 2 vol. in-4°. Spieilegium geographiœ Ilcbrœorum exterœ post Rocharlum, 1709-80, 2 vol. in-V. C'est un savant commentaire du x' chapitre de la Genèse. Paraphrase et remarques sur les E pitres de S. Paul, Brome, 1709, in-4-0. Réflexions sur les universités protestantes de l'Allemagne, 1709, k vol. in-8". Traité des lois matrimoniales par lesquelles Moïse interdit l'union entre proches parents, 1755,2e édition, 17G8, in-8° ; Droit mosaïque, Francfort, 1770-1775, 6 vol. Grammatica chaldaica , Gottingue, 1771, in-8°. Grammaire arabe, avec une chrestomalhie, 1771 et 1781 : cette grammaire est loin de valoir celle de Sacy ; Grammatica syriaca, Halle, 178V, in-4-°. Supplementa ad Lexica hebraica, 1784-92, G parties in-4-0. Introduction à la lecture de l'Ancien Testament, tome 1", lrc section, Gottingue, 1787, in-V, traduite en hollandais. Cet ouvrage n'a pas été achevé. Considérations sur la doctrine de l'Ecriture sainte, au sujet du péché et de lasatisftuction, 2e édition, Gottingue et Brome, 1779, in-8" de 000 pages ; une Traduction nouvelle de ia Bible, accompagnée de notes, 1709 à 1792, 19 vol. iu-V. On a encore de lui un journal intitulé : Bibliothèque orientale et exégétique, Francfort, 1771-89,24- vol. in-8°. La Morale de Michaélis a été publiée après sa mort, par le professeur Stœudlin, Gottingue, 1792, 2 vol. in-8°. Nous ne mentionnons pas ses essais de compositions littéraires, parmi lesquels se trouve un poëme sur Moïse, parce qu'ils sont au-dessous du médiocre.

MICHÉE (en hébreu : qui est semblable à Dieu), dilV Ancien, fils de Jtmla, prophétisait dans le royaume d'Israël, sous le règne d'Achab, l'an 897 avant J.-C. 11 fut mis en prison pour avoir annoncé à ce prince que la guerre qu'il avait entreprise avec Josaphat, roi de Juda, contre les Syriens, aurait un mauvais succès.. L'événement confirma sa prédiction : Acliab fut tué. C'est de ce prophète qu'il est fait mention dans le xxnc chapitre du llr livre des Rois. Voyez aussi le IIe livre des Paralipomènes, ch. xvm.

MICHÉE , le sixième des douze petits prophètes, su. nommé le Morasthite, parce qu'il était de Morasthi , bourg de Judée, prophétisa pendant près de 50 ans, squs les rognes de Joathan, d'Achaz et d'Ezéchias, depuis l'année 770 jusqu'à 724- avant J.-C.

On ne sait aucune particularité de la vie ni de la mort de Michée. Sa Prophétie en hébreu ne contient que sept chapitres ; elle est écrite contre les royaumes de Juda et d'Israël, dont il prédit les malheurs et la ruine en punition de leurs crimes. Il annonce la captivité des deux tribus par les Chaldéens, et celle des dix autres par les Assyriens, et leur première délivrance par Cyrus. Après ces tristes prédictions, le i rophete parle du règne du Messie et de l'établissement de l'Eglise chrétienne. Il annonce en particulier, d'une manière très-claiie, la naissance du Messie à Bethléem, sa domination qui doit s'étendre jusqu'aux extrémités du monde, et l'état florissant de son Eglise. Voy. Baillet, Saints de l'Ancien Testament.

MICHEL, archange, un des principaux esprits célestes connus parmi les chrétiens, et même parmi toutes les nations de la terre, sous le nom d'anges. Dans le temps que le Créateur avait marqué pour éprouver la fidélité et la persévérance de ces êtres privilégiés, un grand nombre s'étant enorgueillis par le sentiment de leur excellence, et s'étant élevés contre l'auteur de tant de dons sublimes, Michel précipita dans l'abîme les rebelles par l'impression irrésistible du nom de Dieu : victoire exprimée par le nom même de cet archange (Qui s ut Deus?). Saint Michel a toujours été regardé comme l'ange défenseur des nations fidèles. Ancien protecteur de la France, il fut pris pour patron de l'ordre militaire établi, l'an 14-09, par le roi Louis XL La devise de cet ordre est : Jmmensi tremor Oceani. Voy. Lollard et

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