‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 303 sur 323 · GONSALVE · texte numérisé non relu

GONSALVE

MICHEL (Jean) , le Vénérable, natif de Beauvais, fut d'abord secrétaire de Louis II, roi de Sicile, embrassa l'état ecclésiastique, et devint chanoine d'Aix en Provence, puis d'Angers. Il fut élu, malgré lui, évêque de cette dernière ville, qu'il édifia et qu'il instruisit. Sa mort, arrivée en 1447, fut celle d'un saint. On a de lui des Statuts et des Ordonnances pour le règlement de la discipline dans son diocèse. Voy. V Abrégé de la vie, du culte et des miracles du bienheureux Jean Michel , évêque d'Angers, 1739, in-8% ouvrage rare.

MICHEL D'EBVAN. Voy. Ervan.

MICHEL- CEKULABIUS , patriarche de Constantinople après Alexis, en 104-3, se déclara, en 1053, contre l'Eglise romaine dans une lettre qu'il écrivit à Jean, évêque de Trani dans la Pouille, afin qu'il la communiquât au pape et à toute l'Eglise d'Occident. Léon IX y fit faire réponse, et envoya, l'année suivante, des légats à Constantinople, qui excommunièrent Cérularius. Ce patriarche les excommunia à son tour, et depuis ce tempslà l'Eglise d'Orient demeura séparée de l'Eglise romaine. Ge prélat ambitieux, non content d'avoir déchiré l'Eglise, voulut avilir le trône : car jamais les ennemis de l'une n'ont été les amis de l'autre. Il ne cessait de demander à l'empereur des grâces : quand il les lui refusait, il osait le menacer de lui faire oter la couronne qu'il lui avait mise sur

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la tête. Il eut même la témérité de prendre la chaussure de pourpre qui n'appartenait qu'au souverain, disant qu'il n'y avait que pou ou point de différence entre l'empire et le sacerdoce : propos insensé, mais qui, dans le désordre d'idées qui régnait chez les Grecs, n'a rien d'étonnant. « La source des « malheurs des Grecs, dit Montesquieu, fut de « n'avoir jamais connu les bornes, ni la na- « ture des deux puissances ecclésiastique et « civile ; ce qui fit que l'on tomba de part et « d'autre dans des égarements continuels. « Et quoique le clergé ne fit pas corps sé- « paré chez les Romains, cette distinction y « était aussi connue que parmi nous. » L'empereur Isaac Comnène, indigné de son audace et redoutant son ambition, le fit déposer en 1059, et l'exila dans l'île de Proconèse, où il mourut de chagrin peu de temps après. Raronius nous a conservé trois lettres de ce patriarche. C'est lui qui le premier reprocha aux Latins l'usage du pain azyme pour l'eucharistie, reproche si mal fondé, que Photius lui-même ne s'était pas avisé de le faire. « Les prétentions des hérétiques (dit un au- « teur à cette occasion), ainsi que leurs er- « reurs, vont toujours en croissant et pour « l'étendue et pour le nombre : ayant aban- « donné la pierre sur laquelle repose la vé- « rite, ils raisonnent sans règle fixe, croient « ou ne croient pas, rejetant ou approuvant, « selon l'impulsion du caprice, et souvent de « la colère et de la vengeance. »

MICHEL dell' Annunciata, comte d'Arganil, évoque de Coïmbre en Portugal, célèbre par ses vertus, sa piété et son zèle, fut une des plus illustres victimes de la violence du marquis de Pombal. Celui-ci le fit saisir dans son palais épiseopal , en 1768, pour avoir condamné des livres dont le ministre avait autorisé la circulation. Il le fit enfermer dans un cachot, où on le trouva presque nu neuf ans après, lorsque la reine Marie-Françoise, convaincue de son innocence, l'en fit retirer. Il parut à la cour en 1777, et fixa tous les regards par la longueur de sa barbe et l'état hideux où l'avait réduit une si longue captivité. Il ne tarda pas à reprendre le gouvernement de son diocèse, qu'il instruisit par ses leçons et ses exemples, dont ses souffrances avaient renforcé l'impression. Visitant son diocèse en 1778, il vit le marquis de Pombal dans sa terre, lui parla avec douceur et les plus grands égards, sans dire un mot de sa captivité. Il mourut d'une fluxion de poitrine, le 29 août 1779. On a de lui une Lettre pastorale sur la lecture des livres impics. Il est vrai que sa censure s'étend sur quelques ouvrages qui ne méritaient pas une qualification si odieuse; mais en général ceux qu'il proscrit méritent de l'être.

MICHEL (Augustinus), chanoine cégulier d'Underslorff, professeur en théologie et en droit, mourut en 1751, à l'âge de 90 ans, après avoir publi': Jus et justifia juridicothrologice tractata, Augsbourg et Dillingen, 1697 , in-4° ; Theologia canonico-moralis , 3 vol. in-fol., et d'autres ouvrages.

MICHOL, fille de Saùl, qui fut promise à

David, à condition qu'il tuerait 100 Philistins, ennemis irréconciliables des Israélites: David en tua 200. et obtint Michol quelque temps après. Saùl voulant se défaire de son gendre, envoya des archers dans sa maison pour se saisir de lui ; mais Michol fit descendre son mari par une fenêtre, et substitua » sa place une statue qu'elle habilla. Saùl, outré de ce stratagème, donna Michol à Phalti, de la ville de Gallim, avec lequel elle demeura jusqu'à la mort de son père : alors David, devenu roi, la reprit. Cette princesse ayant vu son mari danser avec le transport d'uno sainte allégresse devant l'arche, conçut du mépris pour lui, et le railla avec aigreur. En punition d'un reproche si injuste, elle devint stérile.

MICOLON DE GUERINES, évêque de Nantes. Voy. Guérines.

MICR/ELHIS (.Iran), luthérien, né à Kolin dans !a Poméranie, en 1597, fut professeur d'éloquence, de philosophie et de théologie: places qu'il remplit jusqu'à sa mort, arrivée en 1658. Ses principaux ouvrages sont : Lexicon philosophieum, 1661, in-V°; Sgntagma historiarum mundi et Ecclesiœ, in-8° ; Fthnophronium contra qentilcs de principiis religionis christianœ, 1674, in-4° ; Tractatus de copia Vcrborum ; Archeologia ; Historia ecclesiastica, Leipzig; 1699, 2 vol. in-4°; Orthodoxia lulherana contra Bcrgium; des Notes sur Aphton, et sur les Offices de Cicéron; des Comédies et d'autres pièces en vers et en prose. Ces ouvrages décèlent un homme qui avait beaucoup d'érudition et de littérature.

MIDDELROURG ou MIDDELRURGO (Paul- Germain de), appelé de ce nom parce qu'il était né à Middelhourg en Zélande, l'an 1 V45, enseigna la philosophie et les mathématiques dans son pays. Son savoir lui fit des ennerms qui poussèrent les choses si loin, qu'ils l'obligèrent de quitter son pays. Il fut bien dédommagé de ces mauvais traitements par l'accueil qu'il reçut en Italie, où il se fit connaître avantageusement par son éloquence et sa belle latinité. On lui donna une chaire de mathématiques à Padoue , et il fut fait évêque de Fossombrone , dans le duché d'Urbin, en 149V. Le zè'e de ce prélat et son savoir profond lui acquirent l'estime et l'affection des papes Jules II et Léon X, qui le députèrent pour présider au cinquième concile de Latran, tenu sous le pontificat de ces deux papes. Il sollicita ces deux papes, les cardinaux et les Pères du concile, de réformer le calendrier; réformalion devenue nécessaire depuis que la précession des équinoxes et l'anticipation des nouvelles lunes avaient tellement dérangé l'ordre des temps, que l'on célébrait quelquefois la pâque un mois entier après le ternie marqué parle concile de Nicée; mais des besoins (il us pressants obligèrent le saint siège de renvoyer cette affaire à un autre temps. Voy. Grégoire XIII. Middelbourg s'est rendu célèbre par un traité curieux et assez rare, imprimé à Fossombrone même, en 1513, in-folio, sous ce titre-: De recta Puschœ celebratione et de die Passionis Jesu

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