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enthousiastes. Uni avec Slorck , il courut d'église en église, abattit les imagos, et détru sit tou< les restes du culte catholique que Luther avait laissé subsister. 11 joignait l'artifice à la violence. Quand il entra t dans une ville 01 une buurga :e , il preua.t Pair d'un prophète , feignait des visions, et racontait avec enthousiasme les secrets que le Saint- Esprit lui avait révélés. 11 prêchait également contre le pape et contre Luther , son premier maître : celui-ci avait introduit , disaitil , un relâchement contraire à l'Evangile ; l'autre avait accablé les consciences sous une foule de pratiques au moins inutiles. Dieu l'avait envoyé, si on l'en croyait, pour abolir la religion trop sévère du pontife romain, et la société licencieuse du patriarche des luthériens. Luther ne voulait point qu'on examinât la doctrine de ce nouveau docteur, mais il ordonnait qu'on lui demandât qui lui avait d nné la charge d'enseigner ? S'il répond que c'est Dieu, pouisu vait-il , qu'il le p.ouve par un miracle manifeste, car c'est par de tels signes que Dieu se déclare quand il veut change'- que que chose dans la forme ordinaire de la mis-ion : question qui devait étrangement eraoarrasser Luther luimême, à qui on n'a ; as cessé de la faire, et qui n'y a jamais répondu. Muncer trouva une multitude d'esprits faibles et d'imaginations déréglées, qui saisirent avidement ses principes. 11 se retira à Mulhausen , où il lit créer un nouveau sénat et abolir l'ancien, parce qu'il s'opposait aux délires de son esprit. 11 ne songea plus à opposer à Luther une secte de controversistes ; il aspira à fonder dans le sein de l'Allemagne une nouvelle monarchie. « Nous sommes tous frères , di- « Sait-il à la populace assemblée, et nous « n'avons qu'un commun père dans Adam.
« D'où vient donc cetie différence de rang « et de biens, que la tyrannie a introduite « entre nous et les grands du monde? Pour- « quoi gémirions-nous dans la pauvreté , « tandis qu'ils nagent dans les délices.?» Maxime que notre assemblée nationale adopta et pratiqua en 1789 et les années suivantes. Il écrivit aux villes et aux souverains , que la fin de l'oppression des peuples et delà tyrannie des forts était arrivée; que Dieu lui avait ordonné d'exterminer tous les tyrans et d'éiabl r sur les peuples des gens de bien. Par ses lettres et par ses apôtres , il se vit bientôt à la tête de 40,000 hommes. Les cruautés exercées en France et en Angleterre par les ianatiques des nouvelles sectes se renouvelèrent en Allemagne, et furent plus violentes. Ces hordes de bêtes féroces, en prêchant l'égalité et la réforme, ravagèrent tout sur leur passage. Le landgrave de Hesse et plusieurs seigneurs levèrent des troupes et attaquèrent Muncer. Cet imposteur harangua ses enthousiastes , et leur promit une entière victoire. « Tout doit « céder, dit-il, au commandement de l'Eter- « nel, qui m'a mis à votre tête. En vain « l'aitiller e de l'ennemi tonnera contre nous; « je recevrai tous Jes boulets dans la mante che de ma robe, et seule elle sera un rem-
« part impénétrable à l'ennemi. » Malgré ces promesses, son armée fut défaite, et plus de 7000 anabaptistes périrent dans cette déroute. Muncer fut obligé de prendre la fuite. 11 se retira à Franckenhausen, où le valet d'un officier, ayant saisi sa bourse, y trouva une lettre qui découvrait cet imposteur. On le traduisit à Mulhausen, où il périt sur l'échafaud en l'an 1525. La mort de ce misérable n'anéantit pas l'anabaptisme en Allemagne. Il s'y entretint et même s'y accrut ; mais il ne formait plus un parti redoutable. Les anabaptistes étaient également odieux aux catholiques et aux protestants, et dès qu'on en prenait quelqu'un , il était puni comme un voleur de grand chemin.
Cette secte abominable , plus féroce et sanguinaire que tojtes les autres, prouve aussi d'une manière plus sensible combien il est dangereux de laisser germer de nouvelles hérésies, qui infailliblement en produisent d'autres , et portent le désordre dans la société comme dans la religion, bravant toute sorte d'autorité après avoir méprisé celle de l'Eglise. On ne s'attendait pas à voir renouveler ces scènes affreuses par les philosophes du xvine sièc'e ; mais ceux, qui connaissent à fond cette nouvelle secte de fanatiques , n'ont cessé de les annoncer, et leur prédiction n'a été que trop vérifiée.
MUNOZ (don Raphaël), né l'an 1778, à Grenade , fut ordonné prêtre à Alcala en 1801 , après avoir fait sa profession dans le couvent des dominicains de Sainte-Croix.
Pendant les cam agnes des Anglais dans la péninsule, il assista avec zèle les soldats irlandais catholiques, et mérita les éloges des officiers généraux de l'armée. En 1815, il fut un des confesseurs de lafam lie royale d'Espagne, et il en remplit les fonctions pendant un an, concurremment avec celles de procureur général de sa province auprès de la cour. En 1824, il obtint de son général et de la congrégation de la Propagande la permission de se rendre dans les missions de l'Amérique. Nommé grand vicaire de Cincinnati et prieur du couvent des dominicains de Sainte-Rose dans le Kentuckey, Muuoz travailla, pendant six ans, dans les missions de l'Ohio, où il enseignait le catéchisme, instruisait les enfants et. les adultes qui ne connaissaient point encore la religion chrétienne, visitait et soulageait autant qu'il était en lui les pauvres et les malheureux. Il mourut a Cincinnati le 18 juillet 1830.
MUNOZ ou MUGNOZ (Jean-Raptiste), savant espagnol, né l'an 1745, o Museros, près Valence, fut un de ceux qui contribuèrent Je plus aux progrès de la philosophie dans les écoles espagnoles. Nommé cosmographe en chef des Indes et officiai de la secrétairerie d'Etat , et des dépêches générales du même département, il reçut ensuite la commission d'écrire une histoire d'Amérique, et il voyagea pendant plusieurs années, depuis 1782, dans les différentes provinces de l'Espagne, afin d'y trouver des pièces relatives à l'époque historique qu'il voulait traiter. Il découvrit dans les archives de Simancas, do
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