‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 38 sur 323 · TORQUEMADA · texte numérisé non relu

TORQUEMADA

ÉZÉCHIAS, roi de Juda, successeur d'Achaz, son père, l'an 726 avant Jésus-Christ, imita en tout la piété de David. 11 détruisit les autels élevés aux faux dieux, brisa les idoles, et mit en pièces le serpent d'airain que les Israélites adoraient. Il tit ouvrir ensuite les portes du temple, et assembla les prêtres et les lévites pour le purifier. Après cette cérémonie, le saint roi y monta avec les principaux de Jérusalem , y immola des victimes et rétablit le culte du Seigneur. Son zèle fut récompensé : il reprit les villes dont les Philistins s'étaient emparés sous le règne d'Achaz , son père. Vainqueur des Philistins, il voulut secouer le joug des Assyriens, et leur refusa le tribut ordinaire. Sennachérib, outré de ce refus, porta la guerre dans le royaume de Juda. Il y était entré, lorsque Ezéchias fut attaqué d'une maladie pestilentielle. Le prophète Isaïo vint lui annoncer sa mort prochaine. Dieu, touché par ses prières, lui renvoya le prophète pour lui annoncer sa guérison miraculeuse, lsaïe confirma la certitude de sa promesse par un prodige nouveau : il lit reculer de dix degrés l'ombre du soleil sur le cadran d'Achaz. Quelques interprèles ont cru que le soleil rétrograda dans son cours; mais, quoique les grandes révolutions ne coûtent pas plus à Dieu que les petites, il est plus simple et plus naturel de borner le prodige demandé par Achaz au lieu où il s'exécuta. Ezéchias exprima sa reconnaissance par le beau cantique, plein de sentiments profonds et des plus touchantes images, qu'on lit au chapitre xxxviii d'Isaïe : Ego dixi in dimidio dierum rneorum, etc. Mérodac-Baladan, roi de Babylone, ayant su les différentes merveilles opérées en faveur d'Ezéchias, lui envoya clés

ambassaaeurs pour l'en féliciter. Le monarque, sensible à cet hommage, leur étala tous ses trésors. Isaïe le reprend de ce mouvement de vanité, et lui prédit que tout sera transporté à Babylone. Ezéchias, s'étanl humilié sous la main qui le menaçait, obtint qu'il ne verrait point ce malheur. Cependant Sennachérib s'était rendu maître des plus fortes places et menaçait Jérusalem. La paix ne se fit qu'aux conditions les plus cures : le vainqueur exigea du vaincu qu'on lui payerait une somme immense. Ezéchias épuisa ses trésors et dépouilla le temple pour satisfaire à ses engagements; mais à peine avait-il compté l'argent , que Sennachérib rompit le traité et revint ravager la Judée, blasphémant contre le Dieu qui le protégeait. Il s'avançait vers Jérusalem; mais l'ange du Seigneur ayant tué dans une seule nuit 185 mille hommes de son armée, il fut obligé de prendre la fuite. Ezéchias, délivré de ce redoutable ennemi, chercha Dieu de tout son cœur, le trouva, et mourut l'an 698 avant Jésus-Christ, à 53 ans. Génebrard assure, d'après les Hébreux, qu'il était savant dans les mathématiques, et qu'il tit une réformation de l'année des Juifs, par l'intercallat on du mois de Nisan au bout de chaque troisième année.

EZÉCHIEL, l'un des quatre grands prophètes , (ils du sacrificateur Buzi , fut emmené captif à Babylone avec Jéchonias. Il commença à prophétiser l'an 595 avant Jésus-Christ. Il fut transporté en esprit clans le temple de Jérusalem, où Dieu lui montra les abominations qui s'y commettaient. Il eut ensuite plusieurs visions miraculeuses sur le rétablissement du peuple juif et du temple, sur le règne du Messie et la vocation des gentils. 11 continua de prophétiser pendant vingt ans, et fut tué, à ce que l'on croit, par un prince de sa nation, à qui il avait reproché son idolâtrie. Dieu lui ordonna plusieurs actions symboliques, qui ont fourni des plaisanteries bien déplacées aux incrédules modernes. On sait que l'un d'eux, particulièrement fameux par la légèreté et l'indécence de ses critiques, parlait volontiers du pain d'Ezéchicl, cuit avec des excréments séchés au soleil (comme il est d'usage dans plusieurs plages d'Orient, où le bois; est rare), mais que le dégoûtant commentateur représentait sous un autre aspect. Il suffit de remarquer, 1° que la plupart des choses dont les incrédules ont tourné en ridicule la représentation réelle et physique, ne se passèrent qu'en vision. 11 ne faut qu'en lire le récit pour en être convaincu. 2° Le langage typique était alors usité dans la plus grande partie de l'Asie ; plusieurs peuples de l'Orient le conservent encore ; on l'a retrouvé dans l'Amérique. Si les actions symboliques des prophètes étaient surprenantes par leur singularité , quelquefois même par leur durée , elles ^constataient par là même, devant le peuple nombreux qui les voyait, l'exisience de la prophétie ; elles ne laissaient aucun lieu de soupçonner, après l'événement, qu'elle eût

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été controuvée. Les malheurs annoncés par temps qu'il les a laites. Prado et Villalpand,

les prophètes faisaient plus d'impression sur jésuites, ont fait de savants commentaires

les coupables par l'appareil de l'avertisse- pour les éclaircir. Son 'style, suivant saint

nient. Le langage typique esl en général le Jérôme, tient un milieu entre l'éloquent et

plus énergique et le plus propre à l'aire îm- le grossier.' Il est rempli de sentences, de

pression. « Thrasybule et Tarquin, «lit l'au- comparaisons, de visions énigmatiqucs. Ce

« tour de V Emile, coupant des (êtes do pa- prophète paraît très-versé dans les choses

« vois; Alexandre appliquant son sceau sur profanes.

« la bouche de si m favori ; Diogène mar- EZENKANTSI (Georges), théologien ar-

« chant devant Zenon, ne parlaient-ils pas ménien, né vers l'an 1338, étudia la théo-

« mieux que s'ils avaient t'ait de longs dis- logie et l'éloquence sous le célèbre Jean

«cours? Darius, engagé flans la Sevlhic Orodnetsi, et fut nommé professeur dans un

« avec son armée, reçoit de la part du roi monastère arménien situé auprès d'Ezenka

« des Scythes un oiseau, une grenouille, ou Arzendjan. En l'an 139V de J.-C, 8i3 de

« une souris et cinq flèches. Cette harangue l'ère arménienne, Tamerlan, après avoir dé-

« fui entendue, et Darius n'eut plus grande vaste la plus grande partie de l'Arménie, se

« hâte que celle île regagner son pays com- présenta devant Arzen Ijan dans l'intention

« me il put. » Ces observations ont lieu «\ de le détruire ; Ezenkantsi sortit de la ville,

l'égard de plusieurs passages de Jérémie et et alla à la rencontre de ce conquérant, pour

des autres prophètes. Des philosophes hy- implorer sa miséricorde et pour sauver sa

pocrites se sont récriés sur quelques images pairie du pillage. Tamerlan se laissa lléchir

et expressions de ce prophète, et lui ont re- et lui accorda sa demande. 11 mourut vers

proche d'avoir peint l'idolâtrie de Jérusalem le commencement du xx' siècle, laissant les

et de Sa ma rie sous l'image de deux prosti- ouvrages suivants, qui sont restés manuscrits*

tuées, dont la lubricité esl représentée avec Commentaire sur Isaïe ; Analyse des ouvrages

des expressions (pie nos moeurs ne suppor- de saint Grégoire le théologien ; Commentaire

tent pas. Mais il ne faut pas juger des mœurs sur l'Apocalypse ; Traité sur la dignité ecclé-

anciennes par les nôtres. « Chez un peuple, siastigue ; des Sermons « <ht un auteur, dont les mœurs sont sim- EZENKANTSI (Kirakos), théologien ar-

« pies et pures, le langage est moins châtié ménien, né l'an 1369 à Arzendjan, s'adonna

« que chez les autres. Lorsqu'il y a peu de avec ardeur a l'étude des sciences et des

« communication entre les Jeux sexes, les lettres, se fit moine et mourut vers l'an

« hommes parlent entre eux plus librement 1423. Il avait composé divers ouvrages qui

« qu'ailleurs. Les enfants et les personnes ne paraissent pas avoir vu le jour, quoique

«innocentes parlent de tout sans rougir ; les Arméniens les aient en grande estime:

« elles ne pensent pas qu'on puisse en tirer un Recueil de pièces poétigues sur des sujets

« de mauvaises conséquences. C'est le désir sacrés et profanes ; une Explication de

« coupable de faire entendre des obscénités, saint Evagre ; un Traité sur les devoirs des

« qui engage les impudiques à se servir prêtres et des laïques, beaucoup de Sermons

« d'expressions détournées, afin de révolter et d'Homélies ; etc.

« moins ; ainsi, plus les mœurs sont dépra- EZN1K, savant théologien arménien, évê- « vées, plus le langage devient mesuré et que de la province de Pagrevant, né vers « chaste en apparence. Celui des Hébreux, l'an 397, mort vers V78, assista, l'an 450, au « qui est très-naïf et très-ïibre, loin de prou- concile d'Ardaschad, convoqué par le pa- « ver la corruption de leurs mœurs, dé- triarche Joseph 1", pour répondre aux édits « montre précisément le contraire. » C'est du roi de Perse, qui voulait obliger les Arprobablement à l'époque où les mœurs com- méniens d'embrasser la religion de Zoroasmencèrent à se dépraver par la suite des tre. On a de lui : Traité de controverse consièclcs, que les juifs comprirent que les ta- tre les Persans et les Manichéens, Smyrne, bleaux tracés par Ezé-miel pouvaient être 1762, 1 vol. in-12; un Traité de Rhétorigue ; dangereux, et qu ils ne permirent plus de un recueil d'Homélies en l'honneur des lire ses prophéties avant l'Age de 30 ans saints, et un Traité sur les règles monasli- ( voy. Salomon ). Les Prophéties d'Ezéchiel gués. Ces derniers ouvrages, dont les hissent fort obscures surtout au commence- toriens Parbetzi et Elise , contemporains ment et à la fin. Elles sont au nombre de d'Eznik, ont fait l'éloge, sont restés manusvingt-deux, et disposées suivant l'ordre des crits.

FABBRONI (Ange), célèbre biographe ita- Bandinelli, et il s'attacha surtout à l'étude de

lien, né le 7 septembre 1732, à Marradi, vil- la théologie. Il prit les ordres en 1758, et fut

lage de Toscane, d'une très-bonne famille, présenté au prélat Bottari , un des soutiens

mais dont la fortune était bornée, était le du parti janséniste, qui le prit en amitié, et

dernier (Je onze enfants. Après avoir fait ses le chargea de remplir pour lui les fonctions

premières études dans sa patrie, il obtint, d'un canonicat de Sainte-Marie Transtevère.

en 1750, une place à Rome dans le collège Ce prélat l'engagea à traduire, en italien, la

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Préparation à la mort, du P. Quesnel, les Principes et les règles de la vie chrétienne, do Le Tourneux, et les Maximes de la marquise de Sablé. Il publia ensuite, en latin, une Vie du pape Clément XII, qui, quoique fort médiocre, lui valut une récompense magnifique de la part du cardinal Néri-Corsini et l'avantage de prononcer devant le saint Père, un discours latin sur l'Ascension. Quelque temps après, il fut chargé de Y oraison funèbre du prétendant Jacques Stuart, et il reçut encore un présent considérable. Il entreprit ensuite une traduction italienne des Entreliens de Phocion, de l'abbé de Mably ; mais cette publication ne fut pas approuvée et nuisit même à son avancement, il conçut alors l'idée d'écrire, en latin, les Vies des savants italiens gui ont fleuri dans les xvii' et xvme siècles, 'est celui de ses ouvrages qui a le pluscontribuéà sa réputation. Il en publiale premier volume en 1766. L'année suivante il quitta Rome pour aller se fixer à Florence , et il obtint, du grand-duc Léopold, la place de prieur du chapitre de la basilique de Saint- Laurent. 11 partagea, dès ce moment, son temps entre les fonctions religieuses de sa place et ses travaux littéraires, qui devinrent son seul amusement. L'avènement au pontificat de Ganganelli (Clément XIV), qu'il avait compté autrefois parmi ses protecteurs, l'engagea néanmoins à retourner à Rome quelques années après, et ce pape, qui estimait Fabbroni, le nomma l'un des prélats de la chambre pontificale, et chercha à le retenir auprès de lui. Cependant la reconnaissance l'entraînant vers le grand-duc, qui venait de le créer provéditeur de l'université de Pise et prieur de l'ordre de Saint-Etienne, il résista aux instances du saint-père, et après avoir fait un voyage à Naples, où il fut bien accueilli de la reine et des personnages les plus distingués, il retourna à Florence ; il usa dans cette ville de son crédit auprès du grand-duc, pour obtenir la permission de tirer des archives de Médicis, des lettres de savants du xvn' siècle, adressées au cardinal Léopold de Médicis, qu'il publia en 2 vol. , et qui jettent beaucoup de lumière sur l'histoire littéraire de ce temps-là. Il voyagea ensuite en France et en Angleterre, et il se lia avec les principaux savants. De retour en Toscane en 1773, il se fixa à Pise, et il entreprit, avec des gens de lettres, le Giornale de letlerati, dont il faisait paraître par an quatre volumes et qu'il poussa jusqu'au 105'; les trois derniers contiennent une table générale. Il s'occupait en môme temps de son recueil biographique, qui devint plus que jamais son travail de prédilection, et il l'augmenta de plusieurs nouveaux volumes : le 18e parut en 1799, et les 19e et 20% après sa mort, à Lucques, en 1804- el 1805. Cette collection, qui a obtenu un grand succès, et qui le mérite sous plusieurs rapports, renferme 154 Vies, y compris la sienne. Excepté vingtune, elles sont toutes de Fabbroni. On lui reproche sa partialité pour les jansénistes et contre les jésuites. Vers les dernières années de sa vie, il sembla se reprocher son peu de

ménagement pour cet ordre. Sentant sa fin approcher, il se retira dans une solitude auprès de Lucques, appelée Saint-Cerbon, chez les franciscains réformés, où il passa un mois uniquement occupé de se préparer à la mort. De retour à Pise, il vécut encore quelques mois et expira le 22 septembre 1803, après avoir rempli tous les devoirs de la religion. On a encore de lui : Laurentii Médicis magnifici vita, Pise, 1784, 2 vol. in-4-' ; Magni Cosmi Médicis vita, 1789, 2 vol. in-4-°; Leonis X pontificis maximi vita, 1797; Historia lycœi Pisani, Pise, 1791-95, 3 vol. in-4°; Elogi d'illustri Italiani, Pise, 1786-89, 2 vol. in-8° ; Elogi di Dante, di Poliziano, di Ariosto e'di Torquato Tasso, Parme, 1806 ; Abrégé du voyage d'Anacharsis, en italien, qui lui mérita des éloges de l'auteur lui-même.

F'ABER (Gilles), carme, mort à Bruxelles en 1506, parut avec distinction dans la chaire, en un temps où le ministère de la parole était avili par le ridicule et le burlesque que les prédicateurs mêlaient aux vérités sacrées. Jean Trithème lui attribue une Chronique de son ordre; une Histoire de Brabanl, des Commentaires et d'autres ouvrages.

FABER (Jean), appelé, ainsi qu'un de ses livres, le Marteau des hérétiques, naquit à Leuckerchen en Souabe l'an 14.78 , entra dans l'ordre de Saint-Dominique, et brilla dans les universités d'Allemagne. L'évêque de Constance le fit son vicaire-général en 1519 ; et Ferdinand, roi des Romains, depuis empereur, le choisit pour son confesseur en 1526. Ce prince le nomma en 1531à l'évêché de Vienne, que son zèle contre les hérétiques lui avait mérité. Il mourut le 12 juin 154-1, âgé de 63 ans, laissant plusieurs ouvrages d'histoire, de controverse et de piété, en 3 vol. in-fol., Cologne, 1537 et 1541. Celui de ses écrits qui lui fit le plus d'honnc.r est son Malleus hœreticorum, dans lequel les questions controversées sont traitées avec beaucoup de solidité et de chaleur. — Quelques auteurs distinguent ce Jean Faber d'avec un autre Jean Faber, également dominicain, et né aussi en Souabe, qui vivait dans le même temps, écrivait dans le même genre et de la même manière : ils font naître celui-ci à Heilbronn vers 1500, et il mourut, selon leur opinion, vers 1570. Il publia un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels on cite : Enchiridion Bibliorum , Augsbourg , 1549 , in-4-° ; Fructus quibus dignoscuntur hœretici, ouvrage solide et curieux, où l'on trouve des particularités remarquables touchant Luther, ib.d., in-4° ; Libellus quod fïdes esse possit sine charitate, Augsbourg, 1548, in-4-°.

FABER (Pierre), né en Savoie, fut un des neuf premiers compagnons de saint Ignace de Loyola, et seconda les travaux du zélé fondateur, tant pour l'établissement de la compagnie, que pour le bien général de l'Eglise. 11 fit plusieurs courses apostoliques en Italie, en Espagne et en Allemagne , convertit un grand nombre de libertins et d'hérétiques, el répandit r'instruction chrétienne, particuliè renient dans les villages et parmi les pauvres • 11 mourut l'an 154-6,

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FAHER (Basile), né à Sorti* enSilésie l'an 15-20. fm recteur du collège d'humanités à Erfurth, où il mourut en 1576, el s'est fait connaître' par son Thésaurus eruditionisschol<tstir(i\ qu'il oublia en 1571. Auguste Ru- Chmer, Cellanus, Grœrius firent suce ssivemetil des augmentations à ce dictionnaire, dnnl les citations sonl l'oit exactes. La dernière édition est de La îlaye, 1735,2 vol. infol. Faber a donné aussi une traduction allen m, ir des remarques latines de Luther sur la Genès \ el fut un des disciples Les plus ardents de cet hérésiarque.

FABER (Jean-Ernest), savant professeur il tangues orientales et de philosophie* dans l'Université de Ki •!, ensuite dans celle d'Iérm-, était né en 1745 à Simmershausen, dans le duché d'Hildburgliausen en Saxe, et mourut à léoa le 15 mars 1774. On lui doit : Descriptio commentarii in septuâginta interprètes, Gottingue, 1768-09, 2 parties in-4° ; Histàriû tnannœ inter Hebrœus, 1770-73; Programma tiorum deMemb, exactis W0 (mais posl exilium JuiUcoriun babytonicum , nascituro ex Zachuria, cap. ni, T. 8, 9, 10; Jésus ex notalium apport nnit'ite Meséiâs, léna, 1"72, iu- 8U ; Archéologie des Bébrmx, en allemand, première partie, Ilaile, 1773, in-o". Faber a aussi publié les 1 premiers numéros de la Nouvelle bibliothèque philosophique, en allemand, Leipzig, 1774, continuée par J.-C. Hennings.

FABIEN (saint), romain ou italien, monta sur la chaire de saint Pierre après Anthère, en 238.11 bâtit plusieurs églises dans les cimetières où reposaient les c ;rps des martyrs. Il envoya des évoques dans les Gaules pour y annoncer FEvangi'e ; mais plusieurs auteurs datent la première mission des évoques envoyés en France , du pontificat de saint Clément. Saint Fabien mourut pour ladéfense delà foi, au commencement de la persécution de Dèce, en 259, après un pontificat de 14 ans, 1 mois et 10 jours. On lui attribue des décrétâtes qui sont visiblement supposées.

FABIO HICARNATO, théologien, enseigna sa science à Naples, où il était né sur la lin du xvie siècle; il composa un assez grand nombre d'ouvrages de théologie et de mysticité, dont l'un des principaux a pour titre : Scrutinium sacerdotale, sive modus examinandi tam in visitatione episcopali quant in susceptione ordinum, dédié en 1608 au cardinal A quaviva, archevêque de Naples. On y trouve la liste des autres productions de l'auteur. Ce livre fut réimprimé à Rracciano, en 1633, hi-8°, et à Rouen, 16-V2, 2 parties in-8°, où l'auteur a fait des augmentations.

FABIOLE (sainte), dame romaine, célèbre par ses vertus, surtout par sa pénitence, dont saint Jérôme fait le plus beau et le plus touchant éloge dans son Epitaphium Fabiolœ.

Sa vie fournit une preuve décisive contre ceux qui soutiennent la dfesolubtlité du mariage en cas d'adultère. Cette femmeillustre, après s'être séparée d'un mari a lultère, en avait épousé un autre. Les lois civiles, dont plusieurs émanées des empereurs païens subsistaient encore dans le code impérial,

paraissaient autoriser ce second mariage. Mais Fabiole ne tarda pas 5 reconnaître son erreur et sa faute ; elle en fit le jour même de Pâques une pénitence éclatante, à la vue

de tout le peuple; romain. Il neselrouva, ni

dans cette capitale du monde, ni dans tout l'empire, dé théologien qui prétendit ou justifier le mariage ou blâmer la pénitence. L'opinion de Launoy n'était donc pas connue alors parmi les chrétiens. Et qu'on ne dise pas que c'est pour être précisément contraire aux lois ecclésiastiques que ce mariage fut réprouvé : car il le fut, comme formellement Contraire à la doctrine de l'Evangile : Putabat, dit saint Jérôme, a se virum juste dimissum, née evangelii rigerem noverat in quo nubendi universa excusatio, viventibus riris, foninis ampulalur... Aliœsunt leges Ccesarum, aliœ Chrisli ; aliud Papinianus, aliud Paulus noster prœcipil (Hier. Epit. Fabiolœ). Qu'on juge après cela ou de l'ignorance ou de la mauvaise foi des écrivailleurs, qui, dans ces dernières années, ont osé se servir de l'exemple de Fabiole pour autoriser le divorce ! Cette sainte mourutà Rome, vers l'an 400. « Rome, dit saint Jérôme , était un « Champ trop étroit pour sa grande charité. et Fdle s'élançait dans les îles, et parcourait « les rivages de la mer, tantôt en personne, « tan:ôt par les ministres de ses bienfaits. » Angusta misericordiœ ejus Roma fuit. Peragrabat insulas ; el reconditos curvorumlittorum sinus, vef proprio corpore,vcl transmisse» munificentia circuibat.

FARRE (Jean-Claude) naquit à Paris le 15 avril 1668, d'un père chirurgienrfl entra chez les Pères de l'Oratoire et ) professa avec distinction. Une édition du Dictionnaire de Richelel, dans laquelle il inséra plusieurs articles sur les matières de théologie , et des satires odieuses dictées par l'esprit de parti, l'obligea cic sortir de sa congrégation. Il y rentra en 1715, et y mourut en 1753, dans la maison de Saint-Honoré à Paris, h 85 ans. Il avait prêché avec quelque succès, et son esprit se pliait facilement à tous les genres d'étude. On a de lui : L'édition citée du Dictionnaire de Richelct, revue, corrigée et augmentée, en 2 vol. iu-fol., Lyon, 1709, sous le titre d'Amsterdam ; un petit Dictionnaire latin et français, in-8" , dressé sur les meilleurs auteurs classiques, et dont on a fait plusieurs éditions; unv traduction des OEuvres de Virgile, avec des dissertations, des notes et le texte latin en 3 vol., Lyon, 1721, réimprimé en 1741, 4 vol. in-12. Cette version, lâche et prolixe, n'est guère au-dessus de celle de MartignôC. Une Continuation del Histoire ecclésiastique de Fleury , en 16 vol. in- 4" et in-12, depuis 1414, jusqu'à l'an 1595. On en a une nouvelle édition, 1777. 11 l'avait poussée beaucoup plus loin ; mais les deux derniers tomes ayant été changés en quantité d'endroits par des mains étrangères, ci lui ayant d'ailleurs été défendu de donner de nouveaux volumes, la suite est restée manuscrite. Le continuateur est bien inférieur à. l'auteur qu'il continue, pour l'onction du style et pour le choix des matières, et sur-

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tout pour la sagesse et l'éloignement de l'esprit de parti. Il étend avec excès son travail, et mêle à l'histoire ecclésiastique trop d'histoire civile. Ce n'est proprement qu'une compilation écrite d'un style facile, mais sans correction et sans élégance. L'abbé Rondet, qui l'a continuée après lui, a encore plus mal réussi, et donné au fanatisme de la petite église un essor plus libre. C'est cependant cette continuation de Fleury, qui est continuellement citée par les compilateurs du jour; le fanatique Fabre, le fanatique Rondet sont sans cesse allégués comme des autorités légales, par des gens mémo qui veulent avoir des titres à la philosophie. Tel est le sort de l'histoire dans ces jours de subversion et de mensonge. Entretiens de Christine et de Pélagie sur la lecture de l'Ecriture sainte, in-12 ; un Abrégé de l'Histoire ecclésiastique en manuscrit ; la table de la traduction française de VHisloire du président de Thou, in-V\ 11 avait aussi commencé la table du Journal des gavants, dont il se déchargea peu après sur M. l'abbé de Claustre, à qui on est redevable de cetouvrage en 10 vol. in-i°.— Il ne faut pas le confondre avec un abbé Fabre ou Favre, qui a donné des Lettres sur la visite de M. des Achards, ouvrage dicté par l'esprit du même parti, et supprimé par un décret du saint oiiîce le 16 juin 1746.

FABRE (dum Louis), savant bibliographe, bénédictin de la congrégation de Saint-Àiaur, hé à Roujan, diocèse de Béziers, en 1710, mourut en 1788, à Orléans, où il était devenu bibliothécaire de la ville après demi Verninac. On lui doit : un Catalogue raisonné des livres de la bibliothèque fondée par Guillaume Prousteau, etc., Orléans, 1777, in-i°.

FABRE (Antoine), né à Tarascon en 1710, mort à Aix en 1793, entra dans l'ordre des grands cannes, et s'y tit connaître par son talent pour la chaire. Il fut chargé en 1743 par les autorités civiles et ecclésiastiques d'Arles, où il habitait alors, de faire le panégyrique de cette ancienne ville. On l'a imprimé à Aix ; mais les sermons de l'auteur n'ont jamais vu le jour.

FABRE (Jean), archevêque de Cagliari, né à Tarascon en Provence, lit profession chez les Carmes d'Avignon en 1390, et parut avec distinction dans les chaires des diverses églises de la Provence. Le pape Martin V, auprès de qui il avait été envoyé pour les affaires de son ordre, l'employa aussi en plusieurs occasions et le nomma archevêque de Cagliari. Nommé patriarche de Césarée au bout de 17 ans, Fabre se démit de son siège en Sardaigne, et mourut vers 1442. On a de lui : Homiliœ sacrœ, en 2 vol., et quelques sermons auxquels on reproche d'être trop chargés de citations.

FABRÉ-PALAPRAT (Bernard-Raymond), chef de la secte moderne des Templiers, né vers 1770, dans le voisinage de'Cahors, termina ses études au séminaire de celte ville, et fut, dit-on, ordonné prêtre parles constitutionnels, au commencement de la révolution. Ce qu'il y a de sûr, du moins, c'est qu'il était intimement lié avec plusieurs

constitutionnels, entre autres avec Mauviel et Grégoire. Il exerça ensuite la médecine. S'étant agrégé à l'ordre des Templiers, on assure qu'il fut sacré évêque, d'abord sous le vit joannitc par le templier Arnal , ensuite sous le rit romain par l'évêque Mauviel. Fabré-Paiaprat s'étant fait nommer en 1804 grand maître des Templiers, fut longtemps inconnu comme tel ; mais après la révolution de juillet 1830, il chercha à faire du bruit. Ce fut alors qu'il parut sur la scène ; il se lia avec l'abbé ChAtel, l'ordonna évêque primai de l'église française, puis se brouilla avec lui. En 1832, il tint de pompeuses réunions où il paraissait revêtu d'ornements magnifiques, cherchant à couvrir par l'emphase des titres et des discours, l'inanité de la religion nouvelle. Tombé promptement dans l'oubli après quelques instants d'un succès de scandale, il se relira dans un département voisin des Pyrénées, où il mourut au mois de févrierl838. Fabré-Palaprat avait publié successivement le Lévitikon, une Lettre à Mgr. l'arehevéque de Paris, une au rédacteur de VUnivers religieux, etc. Ces divers écrits respirent un esprit d'impiété mal déguisé.

FABR1 (Jean), de l'ordre de Saint-Benoît, et évêque de Chartres, mort en 139;), se distingua, sous lesrègnes orageux de Charles V et deCharles VI, par la sagesse avec laquelle il gouverna son diocèse. 11 fut chargé de plusieurs missions importantes par les rois de France, et par Louis, duc d'Anjou, puis roi de Sicile, dont il élait chancelier. On a de lui un Journalou Récit historique de toutes les affaires auxquelles il prit part de 13*1 à 1388, manuscrit ; les grandes Chroniques de Hainaut depuis Philippe le Conquérant jusquàCharles VI, 3 vol. in-8°, manusciit, à la bibliothèque du roi ; une Réponse à l'ouvrage de Jean de Lignario en faveur du-pape Urbain V , compétik-ur de Clément VII (Robert de Genève), sous le titre suivant : du Gémissement des gens de bien à l'occasion du schisme ; un Traité pour prouver que saint Pierre a souffert le martyre à Rome sous Néron ; et un autre Traité en latin, en forme de plainte, sur les affaires de France, imprimé dans l'histoire de l'université de Paris, par du Boulay.

FABRI (Honoré), né dans le diocèse de Belley en 1607, jésuite en 1626 , professeur de philosophie à Lyon dans sa société, mourut en 1688 à Rome, où il fut longtemps pénitencier. C'était un homme extrêmement laborieux. Il embrassa toutes sortes de connaissances , philosophie , mathématiques, théologie, morale, et il laissa des écrits sur toutes cesmatières.On a de lui: Notœ innotas Wilhelmi Wendrokii, sous le nom de Bernai d Slubrock, insérées dans le recueil ou la grande Apologie de la Doctrine morale de la Société de Jésus, Cologne, 1672, in-fol., et ensuite mises à l'index à Rome ; Summula thcologiœ, in-4° ; un Dialogue en faveur de la probabilité, réfuté par l'abbé Gradi , bibliothécaire du Vatican, Rome, 1659, in-8". Le P. Fabri était plus propre pour la physique

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et les mathématiques, que pour la théologie. Sesé< ;rits dans le premier genre sont : une rhy-

sit/ur, en latin, Lyon, 1669,4 vol. in-4°; Dtalogi physici, Lyon, 1669, in-8" ; De planlis, tir t/rnrratione animttlitint, et tir /tontine, Paris, 1666, in-V". C'est dans ce traité, page 20V, qu'il prouve avoir enseigné Lacirculation du sang avant que le livre de Guillaume Harvey eût pu tomber entre ses mains. Synopsis optica, Lyon, 1007, in-4°; Opuêculum geometricum tir lineti tinuum et Cyclolde. Il a laissé en outre onze volumes in-4° de manuscrits, qui contiennent des notes sur l'Histoire naturelle de Pline ; plusieurs apologies, des aphorismes, etc.

FABRI [Gabriel), né à Genève en 1GG0, fut agrège à la compagnie des pasteurs de cette ville, et donna : un Recueil de tous les miracles contenus dans le Vieux et le Nouveau Testament, Genève, 170V, in-8"; des Sermons, 1713, 2 vol. in-8". Fabri mourut en 1711.

FABRICE André), professeur de philosophie à Sainte-Gertrude à Louvain, conseiller des ducs de Bavière et prévôt d'Ottingen, natif de Hodeigc, village du pays de Liège, mourut en 1581. On a de lui : Harmonia confessionis Augus tance, Cologne, 1587, in-folio; des Notes sur le Catéchisme romain, et des tragédies sacrées.

FABRICIUS (Théodore), né le 2 février 1501, à Anhalt sur l'Yssel, dans le comté de Zutphen, fut un des apôtres delà prétendue réforme. Après avoir achevé ses études élémentaires à Cologne , il alla à Wittenberg, où ilfutdiscipledeLuther etde Mélanchthon; revenu h Cologne, il y ouvrit une école d'hébreu, et, sous le prétexte d'enseigner cette langue, il cherchait à propager les nouvelles erreurs. Chassé de la ville, il se retira auprès du landgrave de Hesse (Philippe le Magnanime), le patron des réformés, fut choisi pour être son aumônier, et devint, en 1536, curé à Allendorf sur la Werra ; mais l'aumônier, mauvais courtisan, s'étant avisé de prêcher contre la polygamie, le landgrave, à qui Luther avait permis de prendre deux femmes, noncontentdelui retirerses faveurs, le lit mettre en prison et confisqua ses biens. Fabricius recouvra cependant sa liberté quelque temps après , et retourna à Wittenberg en 15V3 , où il professa l'hébreu et la théologie. En 15V4, il fut nommé pasteur de l'église Saint-Nicolas à Zerb*t, où son zèle un peu trop tracassier lui attira encore des ennemis. Accuséd'hétérodoxie dans sa secte, il fut plusieurs fois obligé de se justifier. Enfin il termina, le 15 septembre 1550, son orageuse carrière. 11 a laissé: Jnslitutiones grammaticœ in linguam sanctam, Cologne, 1528, 1531, in-4° ; Articuli pro evangelicadoctrina, ibid. ; Tabulée duœ de nominibus et de verbis Jlebrœorum, Bàle, Henri Pierre, 15V5; des Homélies, des Sermons et des Discours en a lemand. On ne croit pas qu'ils aient été imprimés. Un Abrégé de sa Vie, que Théodore de Hase a inséré dans le premier fascicule de sa liibliolheca Bremensis.

FABRICIUS (Samuel), né vers la ûndul6e siècle à Eislebeneu Saxe, ministre de Zerbst,

est connu par un ouvrage qui a pour titre : Cosmotheoria sacra , Francfort-sur-le-Mein, 1025, in-8". Il en a été fait une seconde édition, avec des Considérations sur les bienfaits de Dieu , BaMe, 1075. Ce sont des réflexions sur le ps. civ, Con/ilemini Domino, etc. J. Fabricius dit que ces réflexions durent naissanceauxConc/oncs du même auteur sur ce psaume ; elles sont divisées en sept livres, qui traitent du monde en général, du ciel, des nuages, de l'air, des anges, de la terre, des eaux, de la pluie, des fiuits de la terre, etc. — Fauricius (Etienne), ministre à Bei ne au xvnc siècle, a laissé : Concioncs in prophetas minores, 1641, in-fol. ; Conciones sacrœ in Decalogum, 16V9, in-4° ; Conciones sacra- in frslititatibus annuis habitœ, 1656, in-V" ; Jn CL Psaltnos Davidis et aliorum prophetarum conciones sacrœ, 166V, in-folio.

FABRICIUS (Frédéric) , premier pasteur de l'église de Saint-Nicolas à Stetlin, et docteur en théologie de l'université de Wittenberg, avait étudié avec. succès, à Leyde et à Dtrecht, les langues orientales. 11 a laissé une Traduction de l'hébreu du Commentaire du rabbin David Kimchi sur Malachie, et plusieurs Sermons et Traités de théologie polémique, écrits en allemand. 11 est mort le 11 novembre 1703, ;1gé de 61 ans.

FABRICIUS ( Christophe-Gabriel), né à Schackdorf, ville de la basse Lusace, le 18 mai 168V, tit ses cours de théologie à l'université protestante de Wittenberg. En 1703, il fut ch.irgé d'aller prêcher l'Evangile en langue slave, dans la basse Lusace, et en 17V0, dans la Lusace supérieure. Il y mourut le 12 juin 1757. 11 a laissé : un Catéchisme en langue slave ; Herrenhuth démasqué, Wittenberg, 1743 ; Découverte de l'esprit de secte des herrenhuthers, Wittenberg, 1749, in-8°. Ces deux ouvrages sont écrits en allemand. Christophe Fabricius y combat la secte des herrenhuthers ; il cherche à faire voir combien sont dangereuses les vues que ces sectaires cachent sous des dehors religieux, et quelles suites funestes ces erreurs peuvent avoir pour le christianisme. Voyez Ziinzen-

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