‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 46 sur 323 · FAZ · texte numérisé non relu

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chargeant d'organiser dos catéchismes sur c modèle de ceux qu'il faisait à Saint-Sulpice avec tant de succès. Ce p élat lui confia aussi plusieurs missions délicates. « Les vieilles mésintelligences, dit un biographe, qui régnaient de longue date parmi les catholiques el les protestants du Languedoc, après avoir été momentanément assoupies, se réveillèrent cent fois plus vivaces, mille fuis plus dangereuses; aux collisions sanglantes se mêlaient des défis effrontés de discussion. Il fallait un intermédiaire pour la paix matérielle, un solide jouteur pour les'iul tes Hiéologiques. M. de Mous vit dans M. Fayet l'homme de la nécessité, ou plutôt de la Providence; il le fonda de pouvoir pour agir selon qu'il l'entendrait; il se reposa de toutes choses sur son savoir et sur sa prudence. C'était encore une confiance éminemment ilatleusc, mais ce n'était (pie justice, la suite l'a bien prouvé. Car, après quelques mois l'ordre se rétablit; l'hérésie s'en tira définitivement avec perte; il y eut des conversions remarquables. Plusieurs ministres qui s'étaient posés en Goliath n'osèrent pas même l'affronter, et se désistèrent sans pudeur,

?[uand ils eurent aperçu l'ombre de sa ronde. » Peu de temps après, il fut nommé vicaire de Quézac, sur les bords du Tarn, où il resta deux ans, et il revint à Meude pour occuper une chaire de théologie connue professeur de dogme. Il devint ensuite principal du collège. Pendant les troubles de 18ii et 1815, la confiance de ses compatriotes le mit à la tèlede l'administration civile. Nommé président du comité royal, il assura le triomphe de l'ordre et de la religion, et la croix d'honneur fut la récompense de sa conduite. Il concourut ensuite avec MM. de Rauzan et Forbin-Janson à l'œuvre des missions de France, et après avoir parcouru les enviions delà capitale, il évangélisa, en 1817 et 1818, la Touraine, Clermont, Bordeaux et Grenoble. 11 succéda à M. l'abbé Olivier dans la cure de Saint-Boch. S'étant joint à MM. de Ronald, Chateaubriand, Lamennais, etc.,

Iiour la publication du Conservateur, il pudia dans cette revue des articles très-remarq labiés, dont la plupart traitaient de matières religieuses. En 1820, il prononça le panégyrique de saint Louis devant l'académie française. M. de Bernis, archevêque de Rouen, le nomma son grand vicaire et professeur de morale à la faculté de théologie. Frayssinous le rappela bientôt à Paris avec le titre d'inspecteur général des études, qu'il conserva jusqu'en 1830. Lors des élections de 1827, M. Fayet avait obtenu la majorité au second tour de scrutin, à Mende; mais il se désista en faveur du lieutenant-général Brun de Villeret, qui fut alors nommé à la presque unanimité. En 1828, il publia une brochure à l'appui de J'ordonnance proposée par Feu'rier. Sur la fin de \8'i2, le nouvel archevêque de Rouen, M. de Croi, le fit venir auprès de lui pour administrer le diocèse sous ses ordres, et quand les facultés de théologie furenl organisées, il en fut nommé professeur et doyen. Le discours qu'il pro-

nonça dans celte occasion a été cité comme un morceau parfait dans son genre. Un trait caractéristique de l'aptitude de M. Fayet, c'est qu'en même temps qu'il composait ces pages oCi l'on admirait la perfection du style en même temps que la force de la dialectique, il savait cependant se mettre h la portée des esprits les plus bornés, et on l'a vu prêcher en patois avec un véritable succès devant des auditoires de village. Lorsque Frayssinous présenta le fameux projet de loi sur le sacrilège à la chambre des députés, l'abbé Fayet rédigea un petit mémoire d'ins lequel il s'attachait à prouver que la législation criminelle ne peut pénétrer dans la conscience de l'homme, et que, dans l'espèce, elle devait se borner à. sanctionner un sacrilège légal, c'est-à-dire à déclarer que telle ou telle chose seraitàl'avenirsacrée ou respectable pour tous, et que personne, quelle que fût sa croyance, n'y pourrait porter une atteinte matérielle, sans subir telle ou telle peine. De cette manière, le dogme religieux n'était plus le fait de la loi civile; elle se fondait uniquement sur une nécessité sociale. M. d'Hermopolis, après avoir lu ce mémoire, exprima au garde* des-secaux la crainte qu'il éprouvait d'avoir donné une fausse base au projet de loi; mais on lui répondit que les choses étaient trop avancées pour qu'on y pût rien changer. C'est en 18W que M. l'abbé Fayet fut sacré évêqucd'Orléans. Après la révolution de février 18V8, il fit partie de l'assemblée constituante, puis de l'assemblée législative, et il défendit plusieurs fois à la tribune la cause de la religion^ et celle de l'ordre social. Ce prélat est mort à Paris le k avril 1849.

FAZELLI (Thomas), historien sicilien, religieux de l'ordre de Saint-Dominique, né à Sacca, dans la Sicile, en 1498, fut professeur de philosophie à Palerme. Il mourut dans cette ville en 1570, ne laissant, indépendamment de sermons manuscrits, qu'un seul ouvrage qu'il avait entrepris à la sollicitation de Paul Jove, avec qui il était lié. Son livre est intitulé : De rébus siculis décades duce, Palerme, 1558, in-fol.;ibid., 1560, in-folio; trad. en italien par Bemigio, Venise, 157V, in-4-°, et Palerme, 1628, in-folio. Cette histoire est très-estimée, pour le fond comme pour le style. — Fazelli (Jérôme), frère du précédent, savant théologien, de l'ordre de Saint- Dominique, né à Palerme en 1502, fut consulteur du saint-office et deux fois prieur de sa communauté. 11 se distingua dans la prédication, et mourut à Palerme en 1585. On a de Jérôme : Prediche quaresimali, Palerme, 1575, in-4°; réimpr. avec une seconde partie, Venise, 1592, in-4°. 11 laissait en manuscrit : des Sermons; un Traité des indulgences ; un autre De regno Christi, attribué par quelques biographes à Thomas; des Commentaires latins sur les Psaumes, sur l'évangile de saint Marc, sur les Actes des Apôlres.

FAZIO (Joseph-Ange de) , évêque de Tipasa, vicaire apostolique d'Alep , délégat au Mont-Liban et en Syrie, naquit à Pianella, dans le royaume de Naplcs le 2 novembre 1801. Apres avoir prononcé ses vœux chez

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