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FITZ-JAMES (François, duc de), fils du élection, confirmée par le concile de Cons-

marécha] de Berwick, duc de Fitz-James, qui tantinoplo on 382, fut l'origine d'un schisme

périt en assiégeant Philisbourg, en 173V, re- éteint sous le pape Innocent Pr. Flavien

nonça aux dignités de son prie, dont il avait chassa de son diocèse les hérétiques rnessa-

la survivance, pour embrasser l'état ecclé- liens qui l'avaient infecté de leurs erreurs. Il

siastique en 17-27. Il fut abbé de Saint-Vie- demanda grâce a l'empereur Théodose pour

tor, évêque de Soissons en 1739, et mourut son peuple, et l'obtint. Les habitants d'An-

BD ITi'm, dans sa 55* année. Ses Instructions tioche avaient renversé et outragé dans une

pastorales et son Rituel, dont les Instructions sédition la statue de l'impératrice Priscille ;

sont imprimées en 2 et en 3 vol. in-12, ont Flavien parla pour eux avec l'éloquence que

fait beaucoup de bruit; quelques-uns de ces Cicéron déploya autrefois pour Ligarius.

écrits ont été condamnés à Home et censu- Saint Chrysostome , qu'il avait ordonné prô-

rés par plusieurs évoques de Fiance; les tre, avait, dit-on, composé sa harangue. Ce

jansénistes le regardaient comme un des grand prélat mourut eu i04, après avoir gou-

principaux appuis du parti; cependant l'on verné son église pendant 23 ans. — 11 ne faut

ne connaît de lui aucune démarche d'oppo- pas le confondre avec un autre saint F'la-

sition formelle aux décisions de lEglise. On vien , patriarche d'Antioche en 496 , que

trouve sa Vie à la tète de ses Œuvres posthu- l'empereur Anastase voulut obliger de sous-

mes, 1769, 2 vol. in-12, avec un troisième crire YHénotique de Zenon, et d'approuver la

sous le titre de supplément. déposition de Macédonius de Constantino-

FLAMENG , FLEMING ou FLAMAND pie. Il eut le courage de lui résister et de

(Guillaume), poète dramatique et hagiogra- soulfrir l'exil que son refus lui attira. Il y

plie, originaire de Flandre, mort vers 1510, mourut l'an 518.

fut d'abord chanoine de la cathédrale de Lan- FLAVIEN ou FLAVIANUS (saint) succéda

grès, puis curé à Monthory, petit village du à Proclus dans le patriarcat de Constantino-

Bassigny, et dans les dernières années de sa pie, en 447. Chrysaphius , favori de l'empe-

vie il prit l'habit de saint Bernard à l'abbaye reur Théodose le Jeune, voulut le faire chas-

de Clairvaux. On a de lui plusieurs œuvres ser de son siège : le saint prélat brava ses

dramatiques, dont la plus remarquable est menaces. Il ne se montra pas moins ferme

le Martyre de saint Didier, qui fut représentée contre Eutychès, qui commença à semer ses

aLangresen 1482. Les copiesdecettepiècequi erreurs vers le môme temps. Il l'anathéma-

n'a jamais été imprimée sont devenues très- tisa dans un concile; mais les partisans de

rares. On rite encore de lui : une Chronique l'hérésiarque condamnèrent Flavien , et le

des évéques de Langrcs, depuis 550; La vie de déposèrent, en 449 , dans le fameux synode

Mgr saint Bernard, premier abbé de Clair- connu sous le nom de brigundage d'Ephèse.

vaux, Troyes, sans date, in-4°; Paris (vers Dioscore , évêque d'Alexandrie, acecompa-

1520), in-4°. Cet ouvrage, écrit en français, gné d'une foule de soldats et de moines,

fut traduit en portugais dans le xvr siècle présidait à cette séditieuse assemblée. Fla-

par Gonzalve de Sylva, religieux de la con- vien appela de cette condamnation à Rome;

grégalion de Citeaux. Dévote exhortation mais Dioscore ne répondit à ses raisonne-

pour avoir eramle du grand jugement de Dieu, ments que par des coups de pieds et des

pièce écrite en rimes, sans date, in-4°, go- coups de poings ; enfin , ce furieux le mal-

thique. traita si cruellement, que le saint en mourut

FLAMINIO (Marc-Antoiive) naquit à Se- trois jours après en 449. ravalle, de Jean-Antoine Flaminio , dont FLAVIGNY ( Valérien de) , docteur de nous avons divers ouvrages envers et en Sorbonne en 1628, chanoine de Reims et prose. Le fils eut les goûts de son père, et le professeur en hébreu au collège royal en surpassa. Le cardinal Farnèse , dont il était 1630, naquit dans le diocèse deLaon, et moule bil-esprit, le fit nommer secrétaire du rut à Paris le 29 avril 1674 , dans un âge asconcile de Trente ; mais sa santé délicate sez avancé. C'était un homme plein de feu l'empêcha de remplir cette commission. Il dans sa conduite et dans ses écrits. Il déféra mourut à Rome en 1550, à 52 ans. On a de lui à la faculté de théologie une thèse soutenue des lettres et des épigrammes, 1561,in-8°, tra- chez les jésuites du collège de Clermont, duites en vers français par Anne de Mar- appelé depuis le collège de Louis le Grand. quels, Paris, 15(39 , in-8'. Sa Paraphrase de On prétendait dans cette thèse que le systrente Psaumes , entreprise à la sollicitation tème de Copernic étant contraire à l'Ecriture du cardinal Polus , imprimée à Florence en et condamné par les inquisiteurs de Rome, 1558, in-12, offre d'assez beaux vers et une on ne pouvait le soutenir en France. Flavilatinité pure. Ses autres écrits ne méritent gny voulut démontrer qu'une pareille asserpas moins d'être lus. tion violait les droits du royaume et du par-

FLAMIN1US NOBILIUS, théologien et cri- lement, ce qui n'était pas trop clair. Ce doctique de Lucques, mort en 1590, à 58 ans, pu- teur savait de l'hébreu, de la théologie , des blia, en 1588,à Rome, in-fol., des Notes sur la belles-lettres; mais il cherchait trop à dé- Biblc des Septante, pleines d'érudition, et un primer ceux qui en savaient autant et plus traité : De prœdcstinatione, ibid., 1581, in-4°. que lui. Il écrivait d'ailleurs plutôt avec l'im-

FLAVIEN (saint), patriarche d'Antioche, pétuosité d'un jeune Hibernois qui argu-

d'une naissance illustre et d'une vertu su- mente sui les bancs qu'avec la gravité d'un

périeure à sa naissance , fut placé sur le vieux théologien. On a de lui la Défense

trône patriarcal , du vivant de Paulin. Cette d'une thèse qu'il avait signée en qualité de

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grand maître d'études. Il y était dit que IVpiscopat n'est pas un sacrement distinct de la prêtrise : sentiment qu'il ne faut pas confondre avec l'erreur qui n'attribue aux évoques rien au-dessus des simples prêtres. Flavigny prétendait que c'était le même sacrement avec des effets plus étendus et l'impression d'un caractère plus grand, parce que sans cela il y aurait plus de sept sacrements, conséquence que d'autres théologiens admettent , en disant que le sacrement de l'ordre étant considéré dans sa généralité, et comme la consécration sacerdotale dans toutes ses divisions , est mis comme une unité générique dans le nombre de sept. Cette apologie a été imprimée à Tournay, en 1668, in-4°. 11 avait travaillé à la Polyglotte de Le Jay , dont il devint néanmoins dans la suite uu des plus ardents censeurs.

FLAV1TAS ou FRAVITAS , patriarche de Constantinople après Acace , en 488 , employa la ruse pour se faire élire. L'empereur Zenon avait fait mettre sur l'autel de la grande église de Constantinople un papier blanc et cacheté , comptant que Dieu ferait écrire par un ange le nom du prêtre qu'il destinait à la chaire patriarcale. Flavitas corrompit l'eunuque qui avait la garde de l'église, et écrivit son nom sur le papier. Quelques historiens ont révoqué en doute ce trait d'imposture. On peut voir ce qu'en dit Tillemont dans ses Mémoires pour servir à VHistoire ecclésiastique, où ce fait est amplement discuté. Cette supercherie le fit patriarche. C'était le plus fourbe et le plus artificieux des hommes. Dans le même temps qu'il jurait aux hérétiques qu'il ne voulait avoir aucune communication avec le pontife de Rome, il écrivait secrètement au pape Félix. Sa mort , arrivée en 490 , lui épargna un châtiment exemplaire. Il n'occupa ce siège que quatre mois.

FLECHERE (Jean-Guillaume de la), pasteur protestant , né en 17*29 à Nyon, dans le pays de Vaud , d'une famille distinguée, fut d'abord gouverneur des enfants de M. Hill , membre du parlement anglais, puis il se consacra au ministère évangélique. Après avoir été chargé de la modeste cure de Madeley , il le fut de l'inspection du séminaire fondé à Treveren par lady Harctingdton , et il se trouva bientôt, malgré la douceur de son caractère, engagé dans des controverses sans fin avec les professeurs de cet établissement. Sa santé, naturellement délicate, s'altéra par l'effet de son application au travail, et en 1776, sur l'avis des médecins, il alla respirer l'air natal. Un sermon qu'il prêcha à Nyon, sur la violation du sabbat, le fit citer devant le grand bailli, qui crut voir dans ce discours la censure indirecte des magistrats. reiïSi e^ im en A»Sleterre, et y mourut en 1785. On a de lui : quelques Sermons , parmi lesquels on cite un Discours sur la régénération, qui, imprimé à Londres en I75y, in-8°, fut reproduit avec deux autres discours à Genève , en 1823 ; La Louange, poème moral et sacré, Nyon, 1781,in-8°' bssai sur la paix de 1783 , Londres in-8° ■

La grâce et la nature, poëme, Londres, 1785, in-8°; Le portrait de saint Paul, ou le Vrai modèle pour les chrétiens et les pasteurs, traduit en anglais par Gilpin sur le manuscrit original, et imprimé à Londres, 1791, 2 vol. in-8°, avec une Vie de l'auteur.

FLECHIER (Esprit), évêque et orateur sacré, né le 10 juin 1632 à Pernes, petite ville du diocèse de Carpentras, fut élevé dans le sein des lettres et de la vertu , auprès d'Hercule Audiffret , son oncle , général des Pères de la doctrine chrétienne , où il était entré à l'âge de seize ans, et professa la rhétorique à Narbonne. Fléchier , ayant quitté cette congrégation après la mort de son oncle , vint à Paris, où il remplit dans une des paroisses l'emploi de catéchiste des petits enfants, et fut ensuite précepteur des fils de Louis Caumartin , intendant des finances et conseiller d'Etat. Une pièce de vers latins sur le carrousel ( circulus regius) donné par le roi en 1662 commença sa réputation , que ses sermons ne tardèrent pas à accroître. Il fut nommé lecteur du dauphin par Je crédit du duc de Montausier, qui l'honorait de son amitié. Il eut part aux bienfaits que LouisXIV répandait sur les gens de lettres. Fléchier, encouragé par ces récompenses, fit de nouveaux efforts, et balança bientôt la réputation de Bossuet dans l'oraison funèbre. Celle de Turenne, son chef-d'œuvre, fit pleurer le monarque , et mit le comble à la gloire de l'orateur. On admira surtout le beau parallèle du maréchal de France avec Judas Machabée. Il est vrai qu'il n'était pas le premier qui eût transporté aux généraux modernes les éloges donnés à cet ancien capitaine. Lingendes, évêque de Mâcon, et Fromentières, évêque d'Aire, s'en étaient déjà servis, l'un dans l'oraison funèbre de Charles-Emmanuel, duc de Savoie ; l'autre , dans celle du duc de Beaufort. Mais Fléchier se rendit propre ce lieu commun par les ornements dont il l'embellit dans son exorde , qui est un chef-d'œuvre par l'harmonie et le caractère majestueux et sombre qui y régnent. La cour récompensa ses talents , en 1685 , par l'évêché de Lavaur , et, en 1687, par celui de Nîmes. Louis XIV lui dit, en le nommant au premier évêché : « Ne soyez pas « surpris si j'ai récompensé si tard votre « mérite : j'appréhendais d'être privé du plai- « sir de vous entendre. » Le diocèse de Nîmes était plein d'hérétiques ; il se conduisit avec eux en bon pasteur. Il les instruisit tous par la solidité de ses discours, et plus encore par la régularité de ses mœurs. Il mourut à Montpellier le 16 février 1710, à 78 ans , regretté de ses diocésains catholiques et huguenots, et laissant plus de 25,000 écus aux pauvres. L'académie française s'était associé Fléchier, après la mort de Godeau en 1673. Il y entra le même jour que Racine. C'est sur le modèle de cette compagnie qu'il forma celle de Nîmes, dont il fut le mentor et le père. On a de lui des œuvres in-12, en vers et en prose. On a loué avec raison ses vers français et latins. Les pensées en sont délicates, les expressions heureuses, les termes

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bien choisis, la cadence harmonieuse, L'édition d'un ouvrage fort curieux d'Antoine- Marie (iraliani : De easibus illtislrittm cirorum , in-V, avec une préface en latin. Le style en est aussi pur qu'élégant. Des Pané-

qgrit/ues <les saints, nus au rang des meilleurs ouvrages de ce genre, Paris, 1090, en 1 vol. in-V ; 1697, 2 vol. in-18î 17:19, 3 vol. in-12. Recueil ^'oraisons funèbre* , en 1 vol. in-V; et in 12. il > a moins d'éloquence et de pureté de langage dans celles de Bossueij niais o|i y trouve une éloquence plus forte, plus în.Me , plus nerveuse. Le style de Fléelih'r est plus coulant , plus arrondi, plus unit'ornie. Celui de Hossuet, moins égal , moins soutenu, est plus rempli de ces traits hardis, du ces ligures vives et frappantes qui caractérisent le génie. Fléchier est plus heureux (juc lui dans le ehoix et dans l'arrangement des mots ; mais son penchant pour l'antithèse répand une sorte de monotonie sur son style. 11 devait autant à l'art qu'à la nature ; Bossuet devait plus à la nature qu'à l'art. Des Sermons en 3 vol. in-12 , qui ne sont pas de la même force que ses oraisons funèbres et ses panégyriques. On y trouve de belles périodes et très-peu de raisonnements. 11 avait cherchéde bonne heure dans nos vieux prédicateurs des traits d'éloquence et des pensées ingénieuses, dont il faisait un usa;j;e plus ingénieux encore; aussi lui trouve-t-on quelquefois, quant au fond des choses, un air antique, l'air du commencement de son siècle. Il prêchait avec un vieux goût et un style moderne. Histoire de l'empereur Théodose le Grand , Paris , 1079 , in-i°, et très-souvent in-12 : elle est estimée pour l'élégance du style , autant que pour l'intérêt de la narration. Ceux qui ont cru qu'il flattait son héros n'ont pas rendu justice à cet empereur, qui, dans le vrai, était grand homme et grand prince à tous égards. La Vie du cardinal Ximenès, en 2 vol., in-12, et un in-V\ Il peint ce cardinal comme saint ; l'abbé Marsollier , dans une histoire de Ximenès , publiée vers le même temps que celle de Fléchier, en lit un politique. Ce grand ministre avait été l'un et l'autre; mais Marsollier était un esprit trop mobile pour peindre dignement un homme d'un caractère si ferme. Des lettres, 2 vol. in-12. On y trouve des détails affligeants sur les excès des calvinistes , qui dès lors répandaient l'effroi partout , et préludaient aux scènes affreuses qui ont désolé Nimes en 1790 et 1791. La Vie du cardinal Commendon, traduite du latin d'Antoine-Marie Gratiani, in-V, et 2 vol. in-12, plusieurs fois réimprimée. Des Œuvres posthumes , en 2 vol. in-12 ; elles contiennent ses mandements et ses lettres pastorales, où la philosophie chrétienne et la tendresse épiscopale se font sentir avec tous leurs charmes. On y a ramassé différents discours , compliments et harangues. L'auteur du Dictionnaire critique, en 6 vol. , lui attribue un recueil manuscrit , formant 0 vol. in-fol. , sur les an,! (/ni tes du Languedoc , mais il est certain qu'd n'est pas de lui : c'est l'ouvrage d'un citoyen de Nimes , ap-

pelé' Aulne Rulman. L'abbé Ducreux, chanoine d'Auxerre, a donné une édition complète des QEuvrea de Fléchier , à Nîmes, en 1782, 5 tomes en 10 vol. iu-8". Ses poésies latines ont paru dans un recueil séparé, à Bâle, 1782, 1 vol. in-12.— M. l'abbé Aligne a • publié les OEuvres (oratoires) compl tes de Fléchier, et Serinons mmiastiquis de Damas^ cène, en 1 vol. in-4°, faisant partie de la Collection des Orateurs sai rés.

FLEBTWOÔD [Gi n.ui me), évêque anglican, né dans la Tour de Londres en 1050, d'une famille noble, originaire de la province de Lancastre, se lit connaître, sous le règne de Guillaume III, par ses ouvrages. La rtine Anne, instruite de son mérits lui donna un canonicat de Windsor en 1702, puis l'évôché de Saint-Asapli en 1708. Fleetwood fut transféré de cet évèché à celui d'Klv en 1714 , et mourut en 1723, h G7 ans. Ses principaux ouvrages sont : Inscriptionum antiquarum si/ltoye, Londres, 1091 , in-8°; Des sermons; Essai sur les miracles, 1701, in-8"; Chronicon pretiosum; Explication du :3° chap. de VEpître aux Romains. Sa Vie est à la tète de ses sermons. — Il ne faut pas le confondre avec un autre Guillaume Fleetwood, avocat de la reine Elisabeth , qui lut député pour aller visiter de sa part plusieurs diocèses. Il mourut en 1592. On a de lui : Elenchus annalium Edicardi } , liiehardi III, Henrici VII et Henrici VIII, Londres, 1597, in-8°. On sent combien il a dû les défigurer , pour qu'on ne trouvât pas à chaque page la condamnation de la réforme anglicane. L'Office de juge de paix, 1058.

FLEMING ou FLEMMYNGE (Richard), prélat anglais, naquit a Croston, dans le comté d'Oxford, vers la fin du xive siècle. 11 fit ses études à Oxford , et embrassa avec cbaleur l'hérésie de Wiclef , mais il devint bientôt son ennemi. Il apporta à renverser l'édifice la même ardeur qu'il avait mise à le construire. En 1*20 , Henri V le nomma à l'évôché de Lincoln, auquel le pape Martin V l'avait lui-même désigné. Cependant lorsque ce même pape voulut le transférer à l'archevêché d'York, Henri s'y opposa , et Fleming demeura évêque de Lincoln. Ce prélat mourut en 1 k'3Q, après avoir fondé h Oxford le collège de Lincoln pour de jeunes théologiens, destinés à combattre les erreurs de Wiclef.

FLEMING (Patbice), religieux observantin, naquit dans le comté de Lowth en Irlande, en 1599, d'une famille noble. Après avoir fait ses études à Douai, sous la direction de son oncle maternel , Christophe Cusack , supérieur du collège des Irlandais en Flandre, il se rendit à Lou\ain , où il embrassa la règle de Saint-François , dans le coliége de Saint-Antoine de Padoue, qui appartenait à des franciscains de sa nation. Lorsque ses cours de théologie et de philosophie furent terminés, il se rendit à Rome avec le Père Hugues Mac-Caghw el, céiiniteur général de l'ordre. En passant à Paris, il s'y lia d'amitié avec le Père Hugues Ward, et ils formèrent le dessein de recueillir les matériaux pour composer les Vies des saints d'Ir-

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lande. Ils fouillèrent tous les oeux dans toutes les bibliothèques qui furent à leur portée. Fleming fit de nombreuses recherches dans toutes les villes de France, d'où il passa en Italie et en Allemagne. Une partie de ces Vies fut publiée , quelques années après, par le Père Colgan, qui reconnaît avoir tiré un grand secours des recherches de Fleming et du Père AVard. Le Père Fleming fut chargé d'enseigner la philosophie dans le couvent de Saint-Isidore de Rome. Il reçut, quelque temps après,' le môme emploi à Louvain. Il fut ensuite envoyé à Prague, pour y gouverner le couvent de l'Immaculée Conception. L'Allemagne était alors en feu ; et le luthéranisme , appuyé par les armes victorieuses des Suédois, se répandait de tous côtés. Les armées suédoise et saxonne faisaient souffrir une cruelle persécution aux catholiques, et surtout aux religieux. Prague étant menacée d'être investie après la bataille de Leipzig, le Père Fleming, pour ne pas tomber entre les mains d'un ennemi barbare, quitta cette ville avec le Père Mathias Hoav, son confrère. Mais ils eurent le malheur de tomber entre les mains d'une troupe de paysans luthériens, qui les massacrèrent impitoyablement : Moréri place cet assassinat au 7 novembre 1631. Wading, historien des frères mineurs, le recule de deux années; mais la prise de Prague, qui eut lieu en 1631 , doit faire préférer la première date. On a de ce religieux : Collectanea sacra , Louvain , 1667; Vita R. P. Hugonis CavelU ( Mac- Caghwel) ; un Abrégé du Chronicon consecraii Pétri Ratisbonœ.

FLEMING (Robert), théologien écossais, né à Bathens, en 1630, adopta les principes du calvinisme, et fut expulsé comme nonconformiste de la cure de Cambuslang, à laquelle il avait été nommé fort jeune , en exécution de l'acte publié à Glascow. Peu après la restauration, il fut même arrêté ; mais ayant obtenu son élargissement, il passa à Roterdam, où il fut élu ministre de la congrégation écossaise. 11 mourut le 25 juillet 1604. Il a laissé : le Miroir de l'amour divin dévoilé, 1691, in-8°. C'est un recueil de poésies religieuses. V Accomplissement des Ecritures ; ouvrage très-estimé, surtout des dissidents et des calvinistes.

FLEURET (Elisabeth ), née à Paris le 10 juin 1725, était fille d'un contrôleur au service du duc d'Orléans. Elle entra chez les religieuses de la congrégation de Notre-Dame, et devint maîtresse des novices. Madame Elisabeth Fleuret se fit connaître par son Guide des supérieures, 1 vol. in-12, 1786, imprimé par les soins du Père Querbeuf. M. Emery, supérieur du séminaire de Saint- Sulpice de Paris, citait quelquefois cet ouvrage dans ses conférences , et l'abbé de Moûtis l'a revêtu d'une approbation très-favorable. Mme Fleuret a laissé une suite à ce livre : ce sont des avis aux supérieures sur la drection spirituelle des religieuses et des novices, et des entretiens spirituels et familiers, qui formeraient peut-être trois volumes, et dont la publication ne serait pas

utile seulement aux personnes qui vivent en communauté , mais encore aux âmes pieuses qui vivent dans le monde.

FLEURIAU ( Louis-Gaston) , docteur en théologie, et évoque d'Orléans en 1705, était né l'an 1662 à Paris. Il occupa dlabord le siège d'Aix en 1698. Lors de son avènement à celui d'Orléans, il racheta et fit délivrer 85i prisonniers détenus pour dettes. Ce prélat était doué d'une charité admirable, et possédait, à un degré éminent, toutes les vertus épiscopales. Il assista h l'assemblée du clergé de 1715, appliqua ses soins au maintien de la discipline ecclésiastique et tint plusieurs synodes. Il mourut le 11 janvier 1733, après avoir fondé à fOrléans plusieurs établissements utiles, entre autres une maison pour les nouvelles converties. On a de ce prélat des Règlements et des avis syno~ daux, extraits des synodes tenus par lui.

FLEURIAU (Thomas-Charles), jésuite de la fin du xvir siècle et du commencement du xviir, fut chargé par ses supérieurs de correspondre avec les missionnaires de la compagnie dans le Levant, et de rédiger les mémoires qu'ils envoyaient. On en trouve plusieurs dans le Recueil des lettres édifiantes écrites des missions étrangères, 26 vol. in-12, ou 14 vol. in-8°. On a encore de Fleuriau: Etat présent de l'Arménie, Paris, 1694, in-12; Etat des missions de la Grèce, Paris, 1695, in-12: Avec le père Monier : Nouveaux mémoires des missions de la compagnie de Jésus dans le Levant, Paris, 1712, et années suivantes. — Il y a eu plusieurs autres jésuitws du même nom, entre autres Fleuri au (Bertrand-Gabriel), né en 1693, dont les Principes de la langue latine, que M. de Wailly a depuis retouchés, ont eu de nombreuses éditions. Il a encore laissé : Relation des conquêtes faites dans les Indes, par P.-M. d'Almeida, trad. de l'italien, Paris, 1749, in-12; Vie du père Claver, ibid., 1751, in-12.

FLEURY (Claude), originaire de Normandie, né à Paris le 6 décembre 16V0, d'un avocat au conseil, suivit le barreau pendant neuf ans avec succès. L'amour de la retraite et celui de l'étude lui donnèrent du goût pour l'état ecclésiastique. Il l'embrassa, et il en eut les vertus. Précepteur du prince de Conti en 1672, il Je fut ensuite du comte de Vermandois en 1630. Ses soins auprès de son élève lui valurent l'abbaye du Loc-Dieu en 168i, et la place de sous-précepteur des ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berry en 1689. Associé de Fénelon dans ce noble emploi, il eut comme lui l'art de faire aimer la vertu à ses élèves par des leçons pleines de douceur et d'agréments, et paf ses exemples plus persuasifs que ses leçons Louis XIV avait mis en œuvre ses talents; il sut les récompenser. Il lui donna en 1706 le riche prieuré d'Argenteuil. L'abbé Fleury, en l'acceptant, remit son abbaye du Loc-Dieu. S'il avait ambitionné de plus grands biens et des dignités plus relevées, il les aurait eus; mais son désintéressement égalait ses autres vertus. Il vécut solitaire à la cour. Un cœur plein de droiture, des mœurs pures, une vie simple,

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laborieuse, édifiante, une modestie sincère, une candeur admirable, lui gagnèrent les suffrages des courtisans môme les plus corrompus. Le duc d'Orléans jeta les yeux sur lui en 1716, pour la place de confesseur de Louis XV. Ce choix fut approuvé de tout le monde. On n'y trouva, dit l'abbé Dorsanne, que le défaut de 75 ans. Fleury, après avoir formé le cœur du père, forma celui du (ils. Sa vieillesse l'obligea de se démettre de cette place en 1722. 11 mourut d'apoplexie l'année d'après, dans sa 85e année. Il était de l'académie française. Les ouvrages sortis de sa plume sont : Mœurs des Israélites : livre qui est entre les mains de tous les lidèles, et que l'on peut regarder comme le tableau le plus vrai de la vie des saints de l'Ancien Testament. Mœurs des chrétiens ; ouvrage réuni avec le précédent, dans un seul vol. in-12. L'un peut servir d'introduction à l'histoire sacrée, et l'autre à l'histoire ecclésiastique. L'onction y règne avec un esprit de candeur et de vérité qui gagne le lecteur chrétien; et avec un discernement, des lumières et des vues qui ravissent le savant et le philosophe. Histoire ecclésiastique, en 2!) vol. in-12, et in-4°. Le premier publié en 1691, commence à l'établissement de l'Eglise; et le dernier, imprimé en 1722, finit à l'an 141k. Elle a été continuée par le P. Fabre, de l'Oratoire, jusque l'année 1595, 16 vol.; en tout 36 vol. in-4° et in-12. Elle a été réimprimée à Bruxelles et à Caen. C'est ce que nous avons de plus complet en notre langue sur l'histoire ecclésiastique (1). Néanmoins, dit l'abbé Lenglet du Fresnoy, ce sont plutôt des extraits cousus l'un avec l'autre, qu'une histoire exacte et bien suivie. Cet écrivain, si l'on en croit l'abbé de Longuerue, travaillait son livre à mesure qu'il étudiait l'histoire de la religion. On sent qu'il n'est pas maître de sa matière, il ne marche qu'en tremblant, et presque toujours sur les traces de Labbe et de Baronius. Il en était au dernier volume de cet annaliste célèbre, qu'il ne connaissait encore que le premier vol. de l'excellente Critique du P. Pagi, en 4 tom. in-fol. Aussi plusieurs écrivains ont écrit contre son Histoire. Le P. Honoré de Sainte-Marie, carme déchaussé, publia à Malines, en 1727, des Observations sur l'Histoire ecclésiastique de l'abbé Fleury, adressées à N. S. P. le pape Benoît XIII , et nosseigneurs les évéques, in-12, réimprimées à Malines en 1729, et depuis (1740) sous le titre de Dénonciation de V Histoire ecclésiastique de Fleury à nosseigneurs les évéques; en 1733, le P. Baudoin de Housta, religieux augustin des Pays-B as, fit paraître à Malines : La mauvaise foi de M. Fleury, prouvée par plusieurs passages des saints Pères, des conciles, et d'auteurs ecclésiastiques, qu'il a omis, tronqués, ou infidèle-

(1) Le lecleur se rappellera que nous reproduisons ici 1 article du Dictionnaire de Feller. Il n'entre nullement dans notre pensée d'établir une comparaison entre l'Histoire ecclésiastique de l'abbé Fleury et des travaux plus récents, parmi lesquels on distingue ceux de M. l'abbé Kobrbacher et de M. l'abbé Receveur, Voy, Racine (Bonaventure).

ment traduits dans son Histoire. En 1736, on imprima à Avignon des Observations théologiques, historiques, critiques, etc., sur l'Histoire ecclésiastique de feu M. l'abbé de Fleury, avec des dissertations, analyses des Pères, et autres pièces détachées, 2 vol. in-4°. L'ouvrage devait avoir 8 vol., mais la suite n'a pas vu le jour; en 1802 il parut des Réflexions sur l'Histoire ecclésiastique de Fleury, attribuées à l'abbé Rossignol ; et à peu près dans le môme temps M. Marchetti, archevêque d'Ancyre, donna une Critique de l'Histoire ecclésiastique de Fleury, qui fut traduite en français, et imprimée dans la Belgique en 1803; elle a été réimprimée à Besançon en 1819, en 2 vol. in-12. Quoiqu'on reproche à l'auteur de n'avoir pas assez ménagé son adversaire, et d'avoir qualifié quelquefois ses méprises avec une sévérité un peu rigoureuse, elle doit trouver place dans les bibliothèques, à côté de l'histoire de Fleury ; entin, en 1807, Muzzarelli publia à Rome des Remarques sur l'Histoire ecclésiastique, et spécialement sur les Discours de Fleury, in-8°, traduites en français sur la 4e édition. Dom Cellier, et les auteurs de l'Histoire de l'Eglise gallicane, ont relevé plusieurs erreurs de faits et de dates dans Fleury. Les actes des martyrs, qu'il a soin de rapporter avec trop de détail, devraient avoir plus de précision, et ne montrer que l'héroïsme de leurs souffrances, sans nous présenter un procès-verbal. Son style est d'une simplicité touchante et d'une onction qui édifie; mais il est trèssouvent négligé , languissant , monotone., plein d'héllénismes et de latinismes. Les Discours préliminaires répandus dans cet ouvrage, et imprimés séparément en 1 vol.

in-12, sont écrits avec beaucoup plus d'élégance, de pureté, de précision et de force; on y trouve d'excellentes choses; mais il y en a aussi qui ont été critiquées avec raison. (Voy. Homoré de Sainte-Marie et Housta.) On remarque dans l'auteur une telle prédilection pour la discipline de la primitive Eglise, qu'il semble improuver tout ce qui n'a pas l'empreinte des premiers siècles: comme si la discipline de l'Eglise n'était pas essentiellement variable, ou que l'Eglise primitive dût en tout servir de modèle dans les siècles postérieurs. « On ne peut trop res- « pecter la primitive Eglise, dit un auteur « modéré et équitable; mais la haute idée « qu'on en a ne doit pas servir à nous « faire mépriser l'Eglise des derniers siècles. « Dans la primitive Eglise, parmi beaucoup « de sainteté, il ne laissait pas de se glisser « des relâchements, et dans l'Eglise des der- « niers siècles, parmi des relâchements qui « s'y sont glissés, il ne laisse pas d'y avoir « encore beaucoup de sainteté. » 11 y a aujourd'hui plusieurs abus réformés qui avaient subsisté durant des siècles. En comparant sans prévention l'état de l'Eglise de nos jours dans toutes ses parties, avec son état dans les premiers siècles, on trouvera que les avantages qu'elle n'a plus sont remplacés par d'autres. Erasme, qu'on peut citer hardiment en cette matière, après avoir développé

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ce parallèle dans toute son étendue, conclut que si saint Paul revenait sur la terre, Vétal actuel de l Eglisenelui déplairait pas . « Croyez- « vous, dit un homme d'une exacte logique, « que l'Eglise a le droit de régler sa dis- « cipline, et sur la pénitence, et sur les ap- « pels, et sur les élections, et sur les institu- « tions canoniques, et sur les exemptions, « et sur tout 'autre sujet religieux? Bépon- « dez oui ou non. Si vous dites oui, eh bien ! « attendez donc qu'elle ait substitué la règle « ancienne à la règle plus récente. Si vous « dites non, il est d'un imbécile de nous pro- « poser comme un retour aux règles de l'E- « glise, ce que l'Eglise n'a pas le droit de ré- « gler. » [Voy. Morin, Thomassin.) L'on ne doit pas ignorer que ces Discours ont été altérés par dés mains étrangères. On en a pour garant la première édition du 9e discours sur les libertés de l'Eglise gallicane, qui se trouve le 12e dans la nouvelle édition. On y a ajouté, dans les éditions postérieures des notes, sous prétexte de corriger le texte, et ensuite on y a changé ou supprimé tout ce qui ne s'accordait pas avec la doctrine de ces écrivains téméraires, qui ont cru pouvoir mettre leur faulx dans une moisson qui ne leur appartenait pas. On a donné une table des matières pour Y Histoire ecclésiastique de Fleury, et la continuation du P. Fabre, ouvrage fanatique, et fruit de l'esprit de secte {Voy. Fabre), en 1 vol. m-k°, et k vol.in-12. La dernière édition de cette Histoire est celle de Nimes, en 25 vol. in-8°, 1779-1780. En général, la lecture de Fleury ne fait pas aimer les pontifes, et elle a fourni des armes à leurs ennemis. Aussi voit-on des personnes pieuses et éclairées craindre avec raison de recommander son Histoire aux jeunes gens ou aux femmes, qui prendraient trop au pied de la lettre des réflexions présentées souvent un peu crûment. Plusieurs communautés ne lisaient pas publiquement son ouvrage, et des théologiens qui n'ont pas moins de sagesse que de lumières, et qui sont pleins d'ailleurs d'estime pour Fleury, ont souvent regretté qu'il eût affaibli l'utilité de son travail par son penchant au blâme, par un manque de réserve qui les affligeait et les étonnait de sa part. L'Histoire de Fleury a été traduite en latin , et continuée par le P. Alexandre de Saint-Jean de la Croix , carme déchaussé. Cette continuation est un répertoire de tout ce qu'on a dit d'horreurs contre'la société des jésuites. Les contes les plus absurdes, ceux même que les protestants et les philosophes du jour ont réfutés, y sont reproduits comme des matières dignes d'une histoire ecclésiastique. Cet ouvrage a été vivement attaqué par M. Mangold, dans une critique publiée à Augsbourg, 1783-1786, 3 vol. in-8°. Enfin, de nos jours, on a réimprimé, mais en déguisant le titre, le travail de Fleury, qu'on a intitulé Histoire du christianisme : le seul mérite de cette édition est de contenir un livre de plus, composé par Fleury, et dont on avait récemment trouvé le manuscrit. Du reste, c'est une simple réimpression, avec toutes les

Dict. de Biographie relig. IL

inexactitudes et les coupables préventions de l'auteur, si souvent hostile au pontife romain. M. Henrion a tout autrement procédé à l'égard du travail de Bérault Bercastel, qu'il a publié , sous le titre d' Histoire générale de l'Eglise, Paris, 1836, 12 vol. in-8% après l'avoir entièrement refondu et continué jusqu'en 1831, dans un esprit de soumission au saint -siège. Cependant le travail de M. Henrion laisse encore beaucoup h désirer. Institution au droit ecclésiastique, 1687, en 2 vol. in-12, ouvrage fort abrégé, mais plein de bonnes choses, quoiqu'il y en ait aussi quelques-unes qui ont paru répréhensibles. M. Boucher d'Argis en donna une nouvelle édition en 176k, enrichie de notes. Catéchisme historique, in-12, ouvrage qui a eu le plus grand cours ; cependant tout n'y est pas rigoureusement exact : M. Paquot en a donné une édition avec des notes et quelques changements. Le ton en est sec, sans onction et sans intérêt. Traité du choix et de la méthode des éludes, in-12. Ces deux derniers ouvrages ont été traduits en ecpagnol , de môme que les Mœurs des Israélites. Devoirs des maîtres et des domestiques, 1688, in-12, eslimé. La Vie de la mère d'Arbouze, réformatrice du Val-de-Grâce, in-12. L'Histoire du droit français, in-12. On la trouve aussi à la tôle de l'Institution de M. d'Argou. Le Traité du droit public, 2 vol. in-12, 1769, ouvrage posthume, et auquel il ne mit pas la dernière main. On a recueilli les Opuscules de Fleury à Nimes en 1780, en 5 vol. in-8°. M. Emery, supérieur -général de la congrégation de Saint-Sulpice, a publié en 1807, sous le titre de Nouveaux opuscules, in-12, quelques pièces inédites de Fleury, et surtout le manuscrit autographe du Discours sur les libertés de l'Eglise gallicane, qui avait été imprimé après la mort de l'auteur, avec des notes violentes et erronées, attribuées à Débonnaire, qui provoquèrent un arrêt du conseil, du 9 septembre 1723, pour supprimer l'écrit, et qui firem meitre le discours à l'index, par décret du 13 février 1729. C'est donc un service important que M. Emery a rendu à Fleury en publiant cette édition, qui fait connaître la vérilable opinion de ce savant ecclésiastique sur unpoinl d'un si grand intérêt. Le volume commence par une préface rédigée avec beaucoup d'exactitude et de sagacité, où M. Emery traite plusieurs questions, discute quelques assertions de Fleury, et porte un jugement aussi solide que modéré sur cet auteur, que les jansénistes affectaient de compter au nombre des paitisans de leur doctrine, ou au moins de leur opposition à la cour de Borne, tandis qu'il est prouvé par plusieurs affaires, et notamment par celle de l'évêque de Saint-Pons, que ce célèbre historien, loin d'approuver les entreprises des parlements contre la cour de Borne, regrettait au contraire l'espèce de guerre que l'on faisait au pape, et souhaitait que l'on gardât plus de mesure à son égard, et surtout qu'on pesât les conséquences de ces plaintes, de ces défiances, de ces protestations et de ces condamnations si

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fréquentes dans l'histoire de la magistrature.

FLLURY (André-Hercule de) naquit a

Lodôve lo 22 juin 1653, et fui Ddené ii Paris,

à l'âge de 6 nus. Destint'' h l'étal ecclésiastique, il fut chanoine de Montpellier et docteur de Sorbonne. Introduit à l;i cour, il fut aumônier de la reine et ensuite du roi. Louis XiV le nomma en 1698, à l'év&cké do Fréjus. « Je vous ai t'ait atten Ire longtemps, a lui dit c prince; mais vous ave/, tant d'a- « mis, que j'ai voulu avoir seul ce mérite « auprès de nous. » LY'vèque de Fréjus était dans son diocèse lorsque l'armée des alliés se répandit en Provence. 11 plut aux généraux, ennemis ; le due de Savoie et le prince Eugène lui accordèrent ce qu'il voulut. La contribution fui modique. La ville de Fréjus n'éprouva aucun désordre, et la campagne des environs fut épargnée. Louis XIV, près de mourir, le nomma précepteur de Louis XV. Successeur de Bossuet et do Fénelon dans l'emploi important de former les rois , il s'attacha comme eux à cultiver l'esprit et le c ur du jeune monarque, et en lit de bonne heure le bien-aimé de la France. En 1720. il fut fait cardinal, et bientôt après son élève le plaça à la tète du ministère; il avait alors plus de 70 ans. Le fardeau du gouvernement, ne l'effraya point, et il montra jusqu'à près de 90 ans due tête saine, libre et capable d'affaires. Depuis 1723 jusqu'à 1740, tout prospéra. Il commença et termina glorieusement la guerre contre Charles VI. Il obtint la Lorraine pour la France. Cette guerre de 1733 fut finie en 1736, par une paix qui ne donna le calme à l'Europe que pour

Îuelques années. Une nouvelle guerre en 740, vint troubler les derniers moments du car linal de Fleury. 11 mourut en 1743, dans sa 90' année à Issy, avec la douleur de n'avoir vu en cette dernière guerre que des malheurs, et des malheurs qiie le public lui reprochait, peut-être mal à propos; car il est certain que cette guerre avait été entreprise contre son avis. Comptant sur la paix, il avait négligé la marine; le peu qui restait à la France de forces maritimes fut détruit par les Anglais. L'économie qui régnait dans sa maison, il voulut, autant qu'il était possible, l'introduire dans l'administration publique. C'est pour cette raison qu'il ne lit pas construire de vaisseaux. Le cardinal de Fleury n'aimait ni à troubler la tranquillité des autres ni qu'on troublât la sienne. Il fut heureux autant qu'un ministre peut l'être. Il conserva dans luge le plus avancé, et dans les embarras des affaires, la sérénité et la gaîté de ses premières années II faut bien se garder de le juger d'après ce que Voltaire et les philosophes en ont dit. Le blâme et Les éloges de tels personnages doivent toujours se prendre en raison inverse.

FLEUKY-TERNAL (Charles), jésuite, né à Tarn en Da phiné l'an 1092, mort vers 1750, es' auteur des ouvrages s ivants : la Vie <lc saiiti Bernard, archevêque de Vanne, inp I i V3, Paris, 17i2, in-i^; Histoire du cardinal de ,'ournon, ministre de France sous quatre de non rois, Paris, 1728, in-8°.

FLEURY (Jean-Baptiste) , savant ecclésiastique-, né en 1098 à Besançon, mort chanoine de cette même ville en 175V, est auteur <lcs ouvrages suivants: deux Dissertations sur des usngcs singuliers de V Eglise de Besançon, imprimées dans le Mercure, décembre 1741 et septembre 1742; Almanuchs historiques de Besançon et de la Franche- Comte', depuis i7kV> jusqu'à 1753, 8 vol. in-8°. FLFURY (Fuançois-Miciiel), autre ecclésiastique, né à AÏençon vers le milieu du xvmc siècle, mort en 1781, ne doit la place qu'il occupe dans les biographies qu'à l'obstination bizarre qu'il mit à se faire servir la messe par la sœur de son vicaire. L'évoque du Mans l'ayant interdit pou- ce fait, il publia, dans le Journal ecclésiastique du mois d'avril 177V, la question suivante : Si une femme, an défaut d'hommes, peut répondre la messe. Trois mois api es il inséra lui-même une réponse affirmative dans le même journal. Comme une critique manuscrite de cette solution courait dans le pays, l'abbé Fleury publia une brochure intitulée : Réponse de la messe par les femmes, en réponse à une lettre anonyme, 1778, in 8°.

FLODOAUT ou FRODOARD, historien, né à Epernay en 894, ino.t dans un monastère en 960, disciple de Rend d'Auxerre, chanoine de Reims, et ensuite curé de Cormicy et deCoroy, a laissé une Chronique et une Histoire de l'Eglise de Reims. Sa Chronique, généralement estimée des savants , commence à l'année 919, et finit en 9jG. Pithou et Duchesne l'ont publiée ; elle ne contient exactement que ce qu'il a pu voir et discuter par lui-même dans l'espace de sa vie, où. il jouissait de toute la force de sa raison. Aussi y trouve-l-on un choix si judicieux des événements intéressants et mémorables, soit de France, soit des pays voisins, qu'on ne peut guère puiser à une meilleure source. Son histoire comprend toute la suite historique de l'Eglise de Reims, depuis sa fondation jusqu'en 949. La meilleure édition de cet ouvrage curieux et intéressant pour les Rémois, est celle de George Colvener, in-8% Douai, 1017. On a encore de lui les Vies des saints de la Palestine, d'Antioche et d'Italie, en vers ; V Histoire des patriarches, des apôtres et des souverains pontifes jusqu'à Léon VIL On conservait cet ouvrage en manuscrit chez les Pères carmes déchaussés à Lille, avec des dissertations et des notes du P. Honoré de Sainte-Marie. Le style de Flodoart se ressent du siècle où il a écrit.

FLORENTIN (saint), martyr de Charollais, qu'on croit avoir soull'ert la mort pour la foi vers l'an 400.

FLORENTIN (saint), premier abbé du monastère que fonda à Arles en 5V8 saint Aurélien, évoque de cette ville, secondé par les libéralités du roi Childebert. 11 mourut Je 12 avril 553, à l'âge de 70 ans, après avoir gouverné ses r< ligieux avec autant do douceur que d'édification pendant cinq ans et demi. Ses reliques renfermées dans une châsse d'argent, sont aujourd'hui dans l'église paroissiale de Sainte-Croix de la même

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ville. On lit sur Je tombeau de marbre où elles' étaient autrefois, l'épitaphe du saint en vers acrostiches. C'est le premier exemple que fournisse l'antiquité ecclésiastique de ce genre de poésie, dont tout le mérita consiste en une combinaison, qui ne peut que donner des entraves au génie, souvent aux dépens de la vérité et de la raison.

FLOUEZ (Henri), né à Valladolid le ik février 1701, prit l'habit religieux dans l'ordre de S -rint- Augustin, professa durant quelques années la théologie, puis s'appliqua spécialement à l'étude de l'histoire sacrée et profane, et mourut à Madrid en 1773. On lui doit : Un Cours de théologie, en 5 vol. in-V\ Clave istorica-l, 17V3 , in-V, ouvrage dans le genre de l'Art de vérifier les dates, et remarquable par l'exactitude, l'ordre et la précision qui y régnent. Ce livre fut réimprimé pour la 8e fois en 179V. La Espaua sagrada, o theatro geographi* o istorico de la fglesia de Espana, Madrid, 17^7-79, 29 vol. in-V. Elle a été continuée par le P. Risco, qui publia le xxxc vol., et le P. Fernandès, qui donna les tomes XXXI à XXXÏV. Cette histoire de l'Eglise d'Espagne se- fit remarquer parle choix et la certitude des faits et par la marche sûre et rapide du discours. EspaTia carpetana ; McdaUas de las colonias, ruunicipios y pueblos antiguos de Espaua, Madrid, 1757- 1773, 3 vol. grand in-V, recueil qui eut un grand succès, et fit recevoir l'auteur associécorr spondant de l'académie royale des inscriptions et belles-lettres de Ma ;rid. Dissertation de la Cantabria, r.iadiid, 1768, in-V\ Memorias de las régnas catolicas , 1770 , 2 vol. in-V. Un Traité sur la botanique et les sciences naturelles, etc.

FLOR1MOND DE REMOND, né à Agen, fut conseiller au parlement de Bordeaux en 1570, et mourut en 1602. Il se distingua moins comme magistrat, que comme auteur. Il avait eu d'abord du penchant pour les erreurs de Calvin ; mais il les réfuta ensuite avec zèle. Les novateurs, qui ne l'aimaient point, disaient que c'était « un homme qui « rend des arrêts sans conscience, fait des « livres sans science, et bâtit sans argent : » lurlupinade qui ne prouve autre chose que la faiblesse et le mauvais goût de ceux qui se battaient avec de telles armes. On a de lui plusieurs traités, parmi lesquels on distingue celui de Y Antéchrist, ouvrage d'un but plus étendu que le titre ne semble l'annoncer, et qui traite de divers objets qui combattent la sainteté du christianisme. Il y a des faits curieux et instructifs. De l'origine des hérésies, 2 vol. in-V, livre qui manque quelquefois de critique, mais « qui, dit « l'abbé Lenglet, n'est pas à mépriser, et où « il y a bien des recherches. » Le même Lenglet l'attribue au P. Richeome.

FLORIN, prêtre de l'Eglise romaine au ue siècle, fut dé osé du sacerdoce pour avoir enseigné des erreurs, entre autres que Dieu est l'auteur du mal. Oueiqies écri- ains l'accusent encore d'avoir soutenu que !3s choses il: i'endues par la loi de Dieu ne sont point mauvaises en elles-mêmes; mais seulement à

cause oe la défense : ce qui ne peut être vrai qu'à l'égard de quelques défenses particulières et des lois purement positives. Il avait été disciple de saint Polycarpe avec saint Irénée, mais il ne fut pas fidèle à garder la doctrine de s n maître. Saint Irénée lui écrivit pour le faire revenir de ses erreurs; Eusèbe nous a conservé un fragment de cette lettre dans son Hist. eccl., liv. v, chap. 20. Saint frénée composa enfin contie lui ses livres : De la monarchie et de Vogdoadr, que nous n'avons plus.

FLORINUS (Henri), pasteur et recteur d' ne école à Tawastéhus en Finlande, puis archidiacre à Pemar , a donné : Epitome thcolof/iœ, 1667; Nomenclatura latino-suetico-Finnica, 1678, in-8"; Hgperaspistcs, seu drfensor veritatis adversus errores Joli. Heseri, 169i, in-V; une édition de la Bible en finnois, Tuvusa, 1685, in-V. Florinus mourut vers 1696, dans un âge avancé.

FLORIOT (Pierre), prêtre du diocèse de Langres, confesseur des religieuses de Port- Royal-des-Champs, né en 160'*, mort à Paris le 1er décembre 1691, à 87 ans, s'est fait un nom par la Murale du Pater, Rouen, 1072, in-V; et Paris, 1676, in-V, sous ce titre : La morale chrétienne rapportée aux instructions que Jésus-Christ nous a données dans l'Oraison dominicale , plusieu.s fois réimprimée, notamment à Rouen, 17il , 3 vol. in-12. L'auteur, dit Feller, y para< phrase la belle prière du Pater, d'une manière qui lui a causé du désagrément. On a encore de lui des Homélies morales sur les évangiles de tous les dimanches de l'année, et sur les principales fêtes de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de la sainte Vierge, Paris, 1677, 1681, et, avec quelques nouvelles homélies, 1688, in-8° ; un Traité de la messe de paroisse, oii l'on découvre les grands mystères cachés sous le voile de la messe publique et solennelle, Paris, 1679, in-8°, qu'on peut regarder, dit encore Feller, comme un bon ouvrage de morale et un médiocre traité de liturgie.

FLORIS, prêtre, s'est fait connaître seulement par un ouvrage intitulé : Les droits de la vraie religion soutenus contre lesmaximes de la nouvelle philosophie, 1774, 2 vol. in-12, qui lui mérite, dit-on, une place distinguée parmi les défenseurs du christianisme

FLORUS (Drepamus), iameux diacre de l'Eglise de Lyon, au ixe siècle, dont on a un écrit sur la prédestination. \\ laissa d'autres ouvrages , parmi lesquels on remarque une explication du canon de la messe, où il donne trop dans le sens mystique, et ne s'attache pas assez au sens littéral ; des Poematu, et un Commentaire sur saint Paul. On trouve ses différents ouvrages dans quelques éditions du vénérable Bède, et dans la Bibliothèque des Pères.

FLOUR (saint), premier évêque de Lodève, martyrisé en Auvergne l'an 389, donna son nom à la ville de Saint-Flour.

FLOYD (Johv), j 'suite anglais, né dans le comté de Cambridge au xvie siecie, se lit u,.e grande réputation par ses ouvrages de controverse, presque tous dirigés' contre ]§•

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