‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 74 sur 323 · GAF · texte numérisé non relu

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ayant choisi la peste, Gad lui conseilla d'offrir un sac iiire à Dieu pour apaiser sa colère, i es Paralipomènesnousapprennent que Gad et Nathan avaient écrit l'histoire de David. }'<))/. S AMI Kl..

GAETAN sa m , né à Vicence en 1480, d'une famille illustre, protonotaire apostolique participant . exerçait cette charge a Rome, lorsqu'il forma le dessein d'instituer

un nouvel ordre de Clercs-réguliers. Jean- Pierre Caraffe, archevêque de Théate ou Chiéti, depuis pape sous le nom de Paul IV, Bonifiace Colli, gentilhomme milanais, et Paul de Ghisleri se joignirent a lui pour connu mer l'édifice. Le but de la nouvelle fondation était principalement de travailler h inspirer aux ecclésiastiques IV prit de leur état, de combattre les hérésies renaissantes de toutes parts; et surtout d'assister les malades et d'accompagner les criminels au supplice. Un des points de cet ins'ilut, form é pour soulager les misères humaines, était de ne point quêter et de ne rien demander. Les qua re fondateurs, Gaétan à la tête, firent leurs vœux le 14 septembre lo.:4, dans l'église de Saint-Pierre au Vatican. Le pape Clément Vil avait donné, deux mois auparavant, une bull > a probative d« cet ordre de cleics-régulie s, appelés Théatins, parce que Caraffe, leur premier supérieur, conserva le titre d'archevêque de Th ate. Gaétan fut supérieur après lui, et mourut saii toinent a. Naples, en 1547, dans la 07e année de son âge, et la 23e de la fondation de son ordre, des suites de ses aust -rites, jointes à ses tiavaux continuels. A l'appro he de son dernier moment, les médecins lui con eillant de renoncer à la coutume qu'il avait de coucher sur des planches : «Mon Sauveur e>t mort « sur la croix, répondit-il, laissez-moi du « moins mourir sur la cendre. » Il fut béatifié en 16-29, et canonisé par Clément X, en 1671 ; mais la bulle de sa canon sation ne fut publiée qu'en 1691. On garde ses reliques dans l'église de Saint-Pa. 1 à Naples. Voy. sa Vie, par le P. de Tracy, 1774, in-12. On a plusieurs lettres de sa'mi Gaétan; huit sont adressées à Laura Miguana, religieuse augustiné de Brescia, raone en o :eur de sainteté en 1525. Elles ont été imprimées dans Y Histoire du monastère de ces religieuses en 1764, in-4°. Les autres se trouvent dans les Mémoires historiques sur la vie du sai; t, par le P. Zinelli, imprimés à. Venise en 1753, in-4°. Le feu divin dont Gaétan était enflammé, se manifeste dans ses lettres. L'abbé de Barrai, vicaire de Saint-Méry, a Paris (qu'il ne faut pas confondre avec le bio-raphe janséniste du même nom), a donné aussi une édition de ces lettres en L/85, Paris, 1 vol. in-12, avec de bonnes notes. On regrette que parmi ces lettres il s'en soit glissé une de la fabrique du sieur Carraccioli, ce fameux compositeur des lettres de Ganganelli ; l'éditeur aurait dû se tenir en garde contre une telle surprise. Voy. le Journal hist. et litt. 15 juillet 1786, p. 413.

GAEi'ANO (Octave), savant jésuite sicilien, né à Syracuse en 1566, mort à Païenne

en 1620, fut administrateur des collèges de Messine et de Païenne, et directeur de la mai -on professe de celte dernière ville. 11 donna, pendant toute sa vie, des marques d'une piété fervente. On a de lui : De die natal i S. Nympha, virginis et marti/ris panormilanœ. Palerme, 1610, in-4° ; ldea operis Sieulorum sanctorum famave sanctitatis illustrium, Palerme, 1617, in-4° ; Vitœ SS.

Sintlorum ex antiguis grœcis, latinisque movumnitis, et ut plurimum ex manuscriptis codicil). nondum edttis collectœ, ibid., Iti57, 2 vol. in-fol. ; Jsagoge ad historiam sacram Siculam, ibid., 1707, in-V- ; Oraison funèbre <!' Philippe II , roi d Espagne (en italien), 1601 , 1619 , 3e édition. — Gaetano ( Alfonse). frère du précédent, jésuite comme lui, né à Syracuse en 1578, mort en 1647, a laissé une Vie de François (iactano de la compagnie de Jésus (en italien). Palerme, 1637, Bologne, 1649, traduite en latin parle P. T. Bridoul. Lille, 16Y1, in-8°.

GAETE (Etienne de), Stephanus Cajctanus, célèbre canoniale du xve siècle, ainsi nommé du lieu de sa naissance, embrassa la règle de saint Dominique, fut reçu docteur en droit Civil et en droit canon, et enseigna l'un et l'autre dans les principales maisons de son ordre. Il remplit ensuite pendant 32 années les fonctions de vicaire de l'archevêque de Naples. Il vivait (ncoreen 1470. Son principal écrit a pour titre : Sacramentale neapolitanum perutile, Naples, 1475, in-fol. Cet ouvrage qui fit une si grande réputation de canoniste à l'auteur, n'est plus recherché que comme curiosité bibliographique.

GAFFABEL ( Jacques ), né en 1601 , à Mannes , village de Provence, mort à Sigouce, dans le uiocèse de Sisteron , en 1681, à 80 ai s, fut bibliothécaire du cardii al de Richelieu. Ce min stre l'envo.a en Italie , pour y acheter les meilleurs livres imprimés et manuscrits. Gaffarel en revint avec une abondante moisson. Personne n'a pénétré plus avant que lui dans les sciences aussi mystérieuses que vaines des rabbins et dans toutes les ridicules manières d'expliquer l'Ecriture dont se servent les cabalistes. On a de lui : Curiosités inouïes, etc. , qui ont été traduites en latin sous ce titre : Curiositates inauditœ de figuris Persarum talismanicis, avec des notes de Grégoire Mie aëlis , Hambourg, 1676 , 2 vol. in-i2 : celte édition est la plus estimée , fauteur y montre l'abus des talismans ; mais malade lui-même , en voulant guérir les autres, il leur attribue néanmoins quelques vertus. Cet ouvrage fut censuré par la Sor bonne. Abdita cabalœ rnysteria défi usa, Paris , 1625, in-4°; Index codicum cabalistorum Mss. quibus usus est J. Picus Mirandulanus, Paris, 1651, in-8" ; Quœstio pacifica, 7ium religionis dissidia, per philosophorum principia, per antiquos christ ianorum orientalium libros rituales , et per propria hœreticorum dogmata conciliari possint? in-4% 1645. On dit que le cardinal de Richelieu voulait l'employer à réunir les protestants à la religion catholique : ce fut apparemment pour ce sujet que Gaffarel avait fait ce traité,

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où il v a quelques vues singulières et beaucoup d'excel' entes choses, propres à ramener les hérétiques qui soi aient dans la bonne foi , et qui réfléchiraient sérieusement sur leur séparation d'avec l'ancienne Eglise des chrétiens; Histoire universelle du monde souterrain, contenant la description des plus beaux antres et des plus rares grottes, voûtes, cavernes et spelonques de la terre. Il n'y a jamais eu que le prospectus de cet ouvrage qui ait vu le jour ; et il est devenu rare. L'auteur en aurait fait un monument de folie et de savoir. 11 voulait y traiter les matières les plus singulières et de la façon la plus ridicule. Enfe ses mains tout se métamorphosait en grottes. Gaffarel possédait presque toutes les langues mortes et vivantes. On ne peut lui refuser la gloire de l'érudition, mais il aurait pu charger un peu moins sa mémoire, et s'appliquer davantage à redresser son esprit, trop porté au singulier et au bizarre.

GAGELIN (François-Isidore), missionnaire et marfyr, né à Montperreux, près de Pontarlier (Doubs), le 5 mai 1799, de parents peu riches, se fit remarquer dès son bas âge par une piété vive et soutenue. Ayant perdu de bonne heure son père, il en trouva un second dans son curé, M. Lombard, pour qui il conserva toujours depuis une reconnaissance et une affection profondes. Ce vénérable ecclésiastique lui enseigna les premiers éléments de la langue latine , et ayant reconnu dans l'enfant d'heureuses dispositions, l'envoya au collège de Pontarlier, où. le jeune élève se signala par son application et ses succès. Plus tard, il entra au p 1 1 séminaire de Nozeroi, où il fit sa rhétorique ; puis le 1er novembre 1817, au séminaire de Besançon, où il étudia la théologie. Son esprit grave et réfléchi lui donna, dans ces divers établissements, sur ses condisciples, l'ascendant que procurent la science et, la vertu. Dans le courantde l'année 1819, le jeune Gagelin fut admis au séminaire des missions étrangères à Paris ; il n'avait encore reçu que la tonsure, et on lui conféra dans cette maison les ordres mineurs et le sous-diacona>. Au mois de décembre 1820, il s'embarqua à Bordeaux avec M. Tabert, du diocèse de Lyon, devenu depuis vicaire apostol que de la Cochinchine et évoque d'Isauropobs, et M. Olivier, du diocèse de Bennes, mort en 1827, après avoir été sacré évêque coadjuteur du Tong-King occidental. Aires une traversée de six mos, le vaisseau qui portait les missionnaires âborêaau porlde Hué, dans la Cochinchine. L'abbé Gagelin fit formé par le pieux évêque de Vén n, Mgr Labartette, et il comprit bientôt toutee qu'il aurait à souffrir dans l'exercice de son pénible ministère. Le princecochinchinois, Minh-Mênh, fils de Gia-Laong et d'une concubine, avait été appelé par son pè e a lui succéder, au préjudice des petits-fils issus du prince légitime qui était venu en France en 1789, avec le célèbre Pigneau de Behaine, évêque d'Adran. Ce prince avait déjà montré des dispositions hostiles au christianisme, et un des

premiers actes de son gouvernement avait été de donner des ordres trè«-sévères pour interdire aux européens l'entrée de son royuime, à l'exception d'un lieu particulier qui seul leur étaitouvert. Aprèsavoir assisté à la réception de M. Chaigneau porteur des présents de Louis XVIll pour l'empereur Minh-Mênh, et avec lequel il était anivé en Cochinchine, Gagelin se rendit avec ses conf: ères chez l'évêque de Véren, vicaire apostolique. Les missionnaires eurent la précaution, dans ce trajet, de revêtir le coutume cochinchinois et se tenaient soigneusement enfermés dans une barque. Ils eurent bientôt à déplorer la mort de M. Audemar, coadjuteur de Mgr Labarte'te, et son successeur sur le siège d'Adran, qui snecomba, le 9 août 1821, à une hydropisie,âgô d'environ 63 ans. Ce fut à cette époque que Gagelin s'appliqua à l'étude de la langue cochinchinoise, et il ne tarda pas à professer au collège de la mission. Au mois de septembre 1822, Mgr Labartette l'ordonna prêtre, avec dispense d'âge de 18 mois. 11 fut quesMon de lui pour la coadjutor- rie de la Cochinchine ; mais des délais furent apportés à sa nomination, et son martyre prévint l'accomplissement de ce dessein. La mission perdit encore, en 1823, l'évêque de Véren qui mourut le 6 août, et M. Jaro', pro-vicaire, mort de la peste, le 22 mai précédent, et, plus tard, l'abbé Thomassin qui était devenu supérieur de la mission. Le très-petit nombre de prêtres qui restaient était loin de suffire aux besoins de la contrée. L'abbé Gagel n vif dans ces circonstances un nouveau motif de redoubler de zèle. Sa vive piété le soutint au. milieu des nombreuses traverses qui éprouvèrent son courage, et il montra surtout l'exemple d'un touchant dévouement durant la peste qui ravagea cette partie des Indes en 1822 et 1823. La persécution cependant était toujours suspendue sur la tète des chrétiens, et la seule raison qui empêchait Minh-Mênh de la faire éclater, c'est qu'un grand nombre de ses sujets, mécontents de son gouvernement, n'attendaient qu'une occasion pour se soulever contre lui. Ce prince se bornait doncà publier de temps en temps des édits contre les missionnaires et les chrétiens indigènes, et mettait tous ses soins à empêcher l'entrée de nouveaux prêtres européens dans ses états, tandis que des troupes de brigands ravageaient ses provinces, surtout le Tong-King. En 1826 il ordonna à tous les européens qui se trouvaient dans l'empire de se rendre à Huê. Les prêtres français devaient se présenter au gouverneur ce leur province qui pourvoirait aux frais de leur voyage jusqu'à la capitale. Celui duTong-Kingajoutadespn propre chef, à l'édit royal, un décret dans lequel il leur ordonnait de paraître devant lui dans le délai de cinq jours, sous peine de gros péché. Les missionnaires ne virent, dans ces mesures, qu'une ruse de guerre qui avait pour fin de les renvoyer tous en Europe, et ils se mirent en sûreté chacun de son côté. Quant à l'abbé Gagelui, il se rendit au mois de juillet 1826, k Dong-Nai, dans la Basso-Cochinchine, avec

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un de ses confrères (M. Regereau), mission-' naire du Tong-King, qu'un mandarin avait l'ordre d'arrêter. Les deui prétr s se virent plus tranquilles ('ans cette province, (;( ils purent même la parcourir sans être inquiétés. Une supplique adressée, au mois d'août de la même année, par des mandarins à l'empereur, qui la reçut en pleine audience, rendit lapersécution plus imminenteque jamais. Les missionnaires, MM. Taberd et Jaccard, étaient au pouvoir du monarque qui les retenait à Huê, sous prétexte de leurfaire interpréter des lettres et des cartes géographiques, et l'abbé Gagel n pensait à se réfugier avec ses confrères, si on en voulait à leur vie, au Cambodge, où les missionnaires étaient bien accueillis. Vers le milieu de l'année 1827, le jeune missionnaiie fut enfin arrêté en môme temps que le P. Odoricn, missionnaire italien de la propagande et religieux franciscain de l'étroite observance. Après une espèce de captivité assez longue, durantlaquelle ces deux serviteurs de Dieu, qui étaient continuellement suivis par des bommes chargés de surveiller toutes leurs actions, ne manquèrent aucune occasion de répandre laconnaissancedu vrai Dieu, soit dans les ouvrages qui leur étaient confiés parle toi, soit dans les entretiens qu'ils avaient avec des mandarins et des ambassadeurs des nations voisines, on leur accorda la permission de retourner d»ns leurs missions respectives. Les i issionnaires durent celte grâce à la médiation du vice-roi de laBasse-Cochincbinc. Ce grand mandarin étant venu à Huô, dans le mois de décembre 1827, fit de fortes représentations à leur sujet au monarque, et lui mit sous les yeux une copie des lettres que s'écrivaient Gia-Laong et Pigneau de Beliaine, dans lesquelles étaient consignés les services rendus par ce dernier à l'empire annamite. L'abbé GagHin et le père Odorico refusèrent, durant leur séjour forcé à Huô, les patentes de mandarins que Minb-Mènb voulut leur donner, avec le titre d'interprètes de sa majesté. Le premier se rendit par mer, avec M. Taberd, à Touranne, sur la fin de juin 1828, et ils y trouvèrent quatre nouvea x confrères qui étaient là depuis plus de huit mois, attendant une occasion favo able pour repartir ; car le capitaine français les ayant déclarés à son arrivée, l'empereur les avait placés sous une surveillance sévère, afin de leur fermer l'entrée de ses états. Us se rembarquèrent peu de jours après sur un brick portugais; mais ils parvinrent à descendre secrètement à terre dans un autre port. MM. Taberd et Gagelin se séparèrent afin de poursuivre, chacun de son côté, le cours de leurs travaux apostoliques. Les fatigues et les privations de toute espèce qu'ils eurent à supporter dans leurs différents voyages, au milieu de ces contrées, où L'abbé Gagelin parcourut plus de 350 lieues, étaient adoucies f»ar les fruits de grâce dont Dieu faisait suivre a semence de leur parole. Ce fut en 1830 que ce dernier apprit la mort de sa mère arrivée en 1827, et sa résignation, dans cette douloureuse circonstance, fut admirable. Le

2 juin de cette année il prit part , avec Mgr l'évêque d'Isauropolis et plusieurs collègues, à la rédaction d'une lettre adressée, par le vicaire apostolique et les missionnaires de Cochinchine, au conseil central du midi en France et à tous les associés de la Propagation de la foi. Cette lettre était destinée à les remercier du secours de leurs prièresctde celui de leurs aumônes, de l'emploi desquelles elle rendait compte, et à exprimer les vifs sentiments de gratitude dont les néophytes étaient pénétrés pour tous ceux qui concourent à l'œuvre sainte des missions. Les annéesdelS.'H et 1832 furentencore marquées, pour les missionnaires, par des vexations presque journa ières qui n'aboutissaient qu'à redoubler leur zèle et leur vigilance. Enfin, le 6 janvier 1833, uu édit de persécution générale fut rendu contre les chrétiens du Tong-King et de la Cochinchine, et les missionnaires, réduits à se cacher dans les cavernes et dans les forôts, renouvelèrent, chez les peuples de cette contrée, les scènes de piété et de dévouement que les prêtres de Jésus-Christ offrirent pendant la révolution française. Un grand nombre de familles, abandonnant leurs maisons, leurs champs et leurs jaidins, s'enfonçaient dans les bois ou se sauvaient sur les montagnes, tandis que d'autres néophytes fuyaient sur des barques et voyageaient inconnus sur les fleuves. C'était un déchirant spectacle que celui de quatre-vingt mille chrétiens errant ainsi, sans but et sans asile, la plupart dénués de tout. Les vases et ornements sacrés furent profanés, l<-s églises détruites. On abattit quinze maisons de religieuses qui prenaient le nom d'Amantes de la croix, et qui donnaient, au milieu d'une nation de païens, l'exemple d'une vertu inconnue parmi eux. Le but de leur institution était d'instruire les jeunes personnes de leur sexe. Pour mieux s'assurer des victimes, les persécuteurs p!acèrent partout la croix, de manière qu'elle fut foulée aux pieds. Enfin , la rage qu'ils montrèrent en cette occasion rappelait les plus cruelles persécutions qu'ait eues à subir le christianisme. L'abbé Gagelin, après s'être réfugié dans diverses retraites, se persuada qu'il n'échapperait pas aux recherches, et ne voulant pas compromettre les chrétiens qui lui donnaient asile, il prit le parti d'aller se présenter volontairement chez le juge du district, espérant que cette démarche le mettrait peut-être à couvert du péril; mais le mandarin, au lieu de déclarer la vérité, voulut se faire valoir auprès du gouverneur de la province, en lui disant qu'il avait fait arrêter le missionnaire. Deux écoliers qui accompagnaient M. Gagelin , et un homme qui portait son bagage , fuient aussitôt mis à la cangue, et ses etfets lurent saisis. On le fit ensuite partir pour Huê, où il arriva le 23 août. On ne lui avait pas mis d'abord la cangue sur les épaules : mais ses élèves, qui le suivaient chargés de cet ins- i trument de supplice, s'étant évadés en chemin, on lui mit alors une cangue, à la vérité assez légère; il la porta jusqu'à son arrivée

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à Huè, et en resta chargé jusqu au jour de sa mort. Parvenu dans cette capitale, il fut jeté dans une prison très-obscure où, du.ant la nu t, on lui mettait les ceps aux pieds. 11 y reçut d'abord de fréquentes visites de M. Jaccard et du P. Oilorico ; mais ces visites durent bientôt cesser. Une lettre du premier lui avant appris que sa sentence de mort avait été prononcée , l'abbé Gagelin exprima la sainte joie que lui causait cette nouvelle, dans sa réponse du même jour à M. Jaccard avec qui il entretint, dans ces conjonctures, une correspondance qui a été conservée. Dans une autre lettre du lendemain, le ISoctobre, le confesseur priait son ami défaire connaître sa mort à l'association de la Propagation de la foi, promettant de ne pas oublier devant Dieu les membres de l'œuvre. Il aurait désiré qu'on lui procurât la visite d'un prêtre annamite, mais il n'y eut pas moyen de lui ménager cette consolation; il ne vit aucun de ses confrères. Le 17 octobre 1833, entre sept et huit heures du matin, une cinquantaine de soldais vinrent le chercher pour le conduire au lieu du supplice, hors de la ville. Lorsqu'on fut arrivé aux faubourgs, un crieur, qui tenait en main une planche sur laquelle était écrite la condamnation, la proclamait au bruit d'une cymbale, à peu près à tous les cent pas. Elle était conçue en ces termes : L'Européen est coupable d'avoir prêché et répandu la religion de Jésus dans plusieurs parties de ce royaume ; en conséquence il est condamné à être étranglé. La foule, qui grossissait à cha jue instant , admirait le courage du martyr. Lorsqu'on se fut arrêté à l'endroit de l'exécution, on étendit par terre une natte, sur laquelle on le tit asseoir les jambes étendues; puis on lui attacha les bras à un pieu derrière le dos. Le prêtre chrétien se prêtait à tout avec le plus grand sang-froid. On lui passe une corde autour du cou, on roule les deux bouts de la corde autour de deux pieux solidement plantés aux deux côtés pour l'exécution. Dix ou douze soldats, cinq ou six de chaque part, tirent la corde avec force... M. Gagelin expire sans fa re le plus léger mouvement : après quelques nouveaux etforts la corde se rompt, et le corps de M. Gagelin s'incline un peu de côté : on renoue la corde qui demeure attachée aux deux pieux par les deux bouts, et des soldats frappent sur cette corde ainsi tendue avec des bâtons ou espèces de leviers : enfin on brûle légèrement les pieds du martyr pour s'assurer de sa mort. Les soldats chargés de la garde ayant permis à un des élèves du P. Odoiïco, qui avait suivi M. Gagelin jusqu'au lieu du supplice, d'enlever le corps, le P. André, après lavoir revêtu de tous les orm ments sacerdotaux, comme pour célébrer la messe, 1 enterra dans un jardin de Phûcam, où on le transporta sur un bateau. Mais bientôt le prince Minh-Mênh mit mandarins et soldats à sa poursuite; on arrêta plusieurs chrétiens; ceux-ci refusèrent d'indiquer le lieu du précieux dépôt qui fut secrètement transféré, dans la nuit du 18 au 19, dans un cimetière

public de Phû-cam. Ce fut là que les mandarins le découvrirent enfin. Après avoir fait déterrer et reconnu les restes de M. Gagelin, ils les laissèrent au même endroit, en en plaçant la surveillance sous la responsabilité des habitants de la ville. Un monument simple, comme les vertus du prêtre dont il rappelle le souvenir, a été élevé à Montperreux, à la mémoire de M. Gagelin. 11 a paru une Vie de V abbé Gagelin, 1 vol. in-12, Outhenin-Cbalandre fils, Besancon, 1830.

GAGL1ARDI (Paul), né à Brescia, en 1695, fut chanoine de la cathédrale de cette ville. Il s'appliqua av.-c ardeur à la recherche de tout ce qui pouvait servir à l'histoire de sa patrie. Son érudition le rendit célèbre -dans toute l'Italie. Plusieurs savants le citent avec éloge, et Fontanini désirait qu'il donnât une éditiondes Memorie Bresciane d'Ottavio Bossi, le croyant plus propre que personne à le faire avec succès. Pai.l Gagliardi mourut à Brescia en 1742. Il a laissé : Oratio pro adventu J.-F.Barbadici ad episcopatum Brixianœ Ecclesiœ, Venise, 1715, in-12; Parère intorno aWantico stato de Cenomani edai loro confini, Padoue, 1724, in-8°. Cet ouvrage a été réimprimé dans les Memorie istoricocritiche intorno airantico stato de' Cenomani, de Sambuco, Brescia, 1750, in-fol. Les Œuvres de saint Philastre et de saint Gaudence, évoques de Brescia, au ivc siècle, Brescia, 1738, in-4°.U a placé à la tête de l'édition la F/edes deux saints évoques, et une Réfutation, faite avec autant de force que de sagacité, de la critique trop sévère que Dupin avait faite de leurs écrits ; Sancti Gaudentii sermoncs, cum opusculis Ramperti et Adelmanni Brixiœ episcoporum, avec des notes, Padoue, 1710, in-4° ; des Notes remplies d'érudition sur la liste des évêques de Brescia, publiée dans Yltalia sacra d'Ûghelli. Ces notes ont été insérées à la suite de la liste dans la deuxième édition de l'ouvrage.

GAGLIARDO ou (AGLIARD1 (Achille), jésuite, né à Padoue en 1537, professa à 25 ans la morale et la philosophie à Borne, la théologie à Padoue et à Milan, devint successivement directeur des collèges de Turin, de Milan, de Venise et de Brescia, et mourut à Modène en 1607. Il laissa : un Catéchisme en langue italienne, Milan, 1584, in-4" ; De disciplina hominis interioris; Compendium christianœ perfectionis, continens praxim uniendi animam cum Deo, traduit en latin à Vienne, 1633 ; des Commentaires sur les écrits desaint Ignace; Explication deVinscitut de la société de Jésus ; des Méditations pour tous les états; Différentes manières de méditer en récitant le rosaire.

GAGNA (Gaspard ), jésuite italien, né en 1686, mort à Turin, directeur du collège, en 1755, a laissé : Lettere d'Eugenio apologista ad un collega del P. Daniello Concina sulle dissertazioni délia storia del probabilismo e del rigorismo del padre Saddcto, conun saggio di avvertimenli sopra l'opéra medesima e confutazioni, Venise, 1745, 3 vol. in-4".

GAGNIER (Jean), né à Paris, vers l'an 1670, d'abord catholique, montra dans la

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suite du penonantponr les nouvelles erreurs; aliu île les prof sser plus librement, il se relira en Angleterre, ou il acheva ses étu les à Cambridge el a Oxford. Il s'appliqua particul erenenl a l'étude des langues orientales, devint professeur d'arabe à Oxford, et y mourut le 2 mars 17V0. Il Illustra la république des lettres par plusieurs ouvrages pleins de remar [ues savantes , accompagnées d'une critique judicieuse et éclairée. L<-s pins connus sont : Vie de Mahomet, traduite et compilée du Coran, îles traditions authentiques de la Sonna, et des meilleurs auteurs arabes, Amsterdam, I7.i2. 2 vol. in-1-2, réimpr. en 1748, en 3 vol. in-12, dans la même ville; mais cette réimpression est peu estimée. On y voit une partie <\<'* impertinences que le prophète conquérant donnait pour des inspirations divines. Cet ouvrage est très-propre à réfuter l'apologie que de prétendus philosophes ont voulu fa rede cet imposteur. Une traduction latine de la Géographie d'Aboul-Feda, Londres, 1732, avec l'arabe à coté, in-fol., et avec les petits géographes 1712, in-8° ; une autre, aussi latine, du livre hébreu de Joseph Ben-Gorion, Oxfor I, 1706, in-i°, avec des notes très-savantes ; Vindicte Kircherianœ, Oxford, 1718, in-fol. ; V Eglise romaine convaincue d'idolâtrie et a" anti-christianisme, La Haye, 1706, in-8°.

GAGU1N (Hokekt) , né à Colline sur les contins de l Artois et. de la Flandre , d'une famille assez obscure, fit ses premières études au monastère de Préavins, diocèse de Saint- Omer, et entra jeune dans l'ordre des Trinit air es. On lui trouva des dispositions qui engagèrent ses supérieurs à l'envoyer à Paris. 11 fit ses éludes dans l'université et y prit le bonnet de docteur. Son mérite le fit parvenir au généra lat de son ordre. Une grande connaissance des hommes et une prudence consommée lui acquirent une estimeuniversetle.il passait pour l'homme de son siècle qui écrivait le mieux en latin, jugement qui a éprouvé t\cs contradictions. 11 fut employé par les rois Charles VIII et Louis XII , dans pi. sieurs négociations aussi importantes qu'épineuses, en Italie, en Allemagne, en Angleterre. Ces voyages altérèrent sa santé et interrompirent ses études. Au retour d'une de ses ambassades* il revint avec la goutte et ne put obtenir du roi un seul regard pour le dédommager de ses maux et de s s peines. « Voilà , dit-il, « comme la cour récompense 1 » Il mourut à Paris en 1501, avec la réputation d'un homme sincère et reconnaissant. Il n'abandonnait pas ses amis dans la disgrâce. Il parait, par .ses lettres qu'il était un malade un peu inquiet et qu'il redoutait beaucoup la mort. Nous avons de lui plusieurs ouvrages en vers et i n pro.-e. Les principaux smit : Une Histoire de France en latin, depuis Pharamond jusqu'à Vannée 14-99, in-fol., Lyon, 152i; traduite en mauvais français, en 151'+, par D srey. Les auteurs des différentes Histoires de France se sont servis de celle de Gaguin, non pas

Ï>our«les premiers temps de la monarchie, que 'historien a chargés de coules fabuleux, mais

pour ies événements dont il avait été témoin- La Chronique de l'archevêque Turpin, traduite en français, par ordre de Ch ries VIII, 1527, en ;olhique, i -V, ou Lyon, 1583, in-8°. Des épitrrs curieuses, des harangues et despo^sirs en lat n , 1498, in-V'. Une Histoire romaine, en 8 vol. in-fol. , en gothique, recherché!» par les bihliomanes, etc. Un poème latin sur ta conception immaculée de la Vierge, imprimé îi Pa is en 1*97; il y a des épisodes et d s expressions peu convenables, mais qu'il ne faut pas j iger cependant sur nos idées, ni sur la Hausse délicatesse de nos langues,

3ui , comme l'on sait , est en raison directe e la corruption des mœurs.

GV1CHIES Jkw , né à Condom en 16i7, prêtre de l'Oratoire, théologal de Soissons et membre de l'académie de cette ville, troubla son repos par son attachement aux opinions de Jansénius; il fut obligé par son évoque, Lan guet, de se démettre de sa théologale, et vint se fixer à Paris , où il mourut dans la maison des Pères de l'Oratoire , rue Saint- Honoré , en 1731 , à 83 ans et demi. L'abbé de Lavarde a publié le r. c ieii de ses Oeuvres en (739, in-I2. On y trouve dix discours académiques aussi élégants que judicieux; et dvs Maximes sur le ministère de la chaire. Cet ouvrage [attribué d'abord à Massi Ion, qui le désavoua1, est estimé, tant pour la solidité des préceptes (pie pour 1 s agréments du style. GAIDECHEN ,Ci.ai m:), curé de J'Abbayeaux-Hois , naquit à Paris , le 14 mai 1753, d'une famille d'origine alleman e. Son père, d'abord protestant, embrassa le catholicisme, Après avoir terminé ses études au séminaire de Saint-Nicolas , Caidechen fut ordonné prêtre en 1777, et le 28 mai 1780 on 1 ; nomma à la cure de Guyancourt , près Saint-Germain. En 178V il passa a la cure de Montreuil, et au mois de juin 1789 à celle d'Argenteuil. Lorsque, en 1791, le serment à la constitution civile du clergé fut exigé, le cuié d'Argenteuil ne voulut pas le prôner, et, dans l'exposé qu'il ht a la municipalilé des motifs de son refus, on remarqua ces paroles : « Si « je fais le serment, demandé, il faut (pie je « jure de maintenir de tout mon pouvoir une « constitution qui m'obligera à enseigner : « 1" qu'il n'est plus de foi que l'autorité des « pasteurs vient de Jésus-Christ par son « Eglise; ± q .'il n'est plus de foi que l'ab- « solution et la mission d'un prêtre sont « null'S et sans effet quoique l'Eglise ne l'ait « point envoyé ; 3° qu'il n'est plus de foi que « l'Eglise ait reçu de son divin chef le pou- « voir nécessaire pour régler sa discipline; « k" qu'il n'est plus de foi que le pape , vite caire de Jésus-, hrist, successeur de saint « Pierre, ait une véritable autorité etjuri- « diction sur chaque évêque, sur chaque « prôtre, sur chaque diocèse ; et que chaque « fidèle ne lui doit plus ni soumission, ni « obéissance dans l'Eglise , etc. » L'abbé Gaidechen se relira d'abo.d à Paris, puisa Rouen, où il demeura pendant dix ans dans la maison d'une famille respecable de cette ville. Après le concordat , il fut nommé de nouveau à la cure d'Argenteuil, qu'il conti-

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nua d'administrer jusqu'en 1820 , époque a laquelle il fut appelé à la cure de l'Abbayeaux-Bus, à Paris. En 1831, l'évèque constitutionnel Grégoire , qui demeurait sur cette paroisse, tomba malade et fil demander les sacrements. L'abbé Gaidechen alla le voir et essaya de le ramener a de meilleurs sentiments; mais le curé de l'Abbaye-aux-Bois fut obligé de se retirer sans a oir rien pu obtenir. Lorsque le corps de 1 ancien évè jue de Loir-el-Cher fut présenté à l'église, l'abbé Gaidechen et son clergé s'abstinrent d'y paraiire ; la messe fut céiéurée par des prêtres étrangers au diocèse. L abbé Gaid chen mourut le 12 juin 1837 , à 17 ge de 84 ans.

GA1GNEY ou GANAY (Jean de), Gagnœus, docteur de Soi bonne, né à Paris, mort en 1540 , fut chancelier de l'université et premier aumônier du roi Franc is Ie'. On a de lui de savants Commentaires sur le Nouveau Testament , où le sens littéral est développé avec beaucoup de justesse. On les t.ouve dans la Biblia magna du P. de La Haye , 5 vol. in-lbl.

GAILLARD (Honoré), jésuite, né à Aix en 16U , mort à Paris en 1727, exerça avec beaucoup de succès le m nistère de la prédication, et fut aussi goûté à la cour qu'à la ville. Nous n'avons de lui que quatre oraisons funèbres imprimées séparément. Elles prouvent un talent marqué pour l'éloquence brillante et pathétique. Le P. Gaillard avait Rassemblé ses sermons quelque temps avant sa mort ; mais on ne sait ce que ce précieux recueil est uevenu. Ge jésuite joignit aux travaux de la chaire ceux de la direction. C'est lui qui convertit la fameuse Fanchon Moreau, actrice de l'Opéra, qui épousa depuis un capitaine aux gardes.

GA1N-MONTAIGNAC (François de) , né au château de Montaiguac en Limousin , le G janvier 1744., d'une famille noble et ancienne, embrassa l'état ecclésiastique, et devint d'abord aumônier du roi et grandvicaire de R ims, puis évèque de Taroes, le 20 octobre 1782. Lorsque la révolution éclata, il fut du nombre des prélats qui s'opposèrent avec le plus de constance aux innovations. Remplace dans son diocèse pour avo.r refusé le serment, il chercha vainement à ramener celui qui devait lui succéder à des idées orthodoxes , et continua toutefois d'exercer son ministère jusqu'à l'épo jue de la terreur. Il se retira dans la vallée d'Aran, en Espagne , à une joun.ée de îarbes, et laissa en partant une ordonnance et des instructions sur le schisme. Il se rendit ensuite au monastère des bénédictins de Notre-Dame de Mont-Serrat en Gâta ogne, où il resta trois ans, et d'où il ne cessa de correspondre avec la partie fidèle ue son clergé et de son troupeau qu'il soutenait par ses sages conseds. Il passa de là en Italie, en Portugal , et chaque fois qu'il changeait de résidence, il avait soin d'en prévenir son clergé, aiin de maintenir les communications nécessaires avec son diocèse. Lorsque Pie VII demanda la démission aux évoques de France , il donna la sienne, et la motiva; mais la manière dont

le concordat fut exécuté l'affligea beaucoup , et il signa les réclamations qui furent envoyées au pape en 1803. Il mourut à Londres en 180(5. Dans ses nombreux écrits , il montra beaucoup de zèle pour les intérêts du roi, et en même temps beaucoup d'opposition à des concessions que des évêques et des ecclés astiques restés en France crurent devo.r accorder , et qui sans doute leur parurent nécessaires dans la situation des affaires de l'Eglise.

GA1ÏTE (Charles) , docteur de Sorbonne et chanoine de Luçon, publia, en 1678, in-4°, un Traité tliéologique, en latin, sur l'usure, qui parut sévère aux casuistes relâchés. Il est intitulé : De usura et fcnore.

GAL ou GALL (saint) , Gallus , natif d'Irlande et disciple de saint Colomban , fonda en Suisse le célèbre monastère deSaint-Gall, dont il lut le premier abbé en 614. il mourut vers 646, Je 16 octob.e, jour où l'Eglise l'honore. « Les courageux missionnaires (dit « le protestant, auteur du Dict. géogr., hist. « et polit, de la Suisse), chez des usurpateurs « barbares , c ez des peuples abrutis par de « longues désolations et par l'esclavage , fi- « reut succ.'der à des swp FStitions aiisurdes, « souvent atroces , des dogmes de bienfai- « sance et d'humihté, les craintes et les con- « solations d'une vie à venir. » Le seul écrit de saint Gai qu: nous soit parvenu est un Discours qu'il prononça dans l'église de Saint-Etienne, le jour de la consécration de Jean, élu évoque de Constance. On le trouve dans le 5e volume des Lectiones antiguœ , de Canisius , Ingolstadl , 16j4 , et dans les Bibliothèques des Pères, de Paris et de Lyon. ■ — Il ne faut pas le confondre avec saint Gal, évêqu - de Clermont, mort vers 552.

GALAiNUS (Clément), né à Sonento, dans le royaume de Naples, théatin, missionnaire en Arménie pendant douze ans, publ,a,à son retour à Rome , de 1650 à 1661 , deux gros volumes in-fol. en latin et en arménien, sous ce titre : Conciliations de l'Eglise arménienne avec l'Eglise romaine, sur les té-; moignages des Pères et des docteurs arméniens. L'auteur remarque , dans sa préface , qu'd a commencé par rapporter les histoires des Arméniens avant de disputer contre eux, { arce que tous les schismaaques orientaux ne veulent que sous ce pomt de vue parier de la ieligion avec les Occidentaux. Quand ils sont convaincus , ils répondent « qu'ils suivent la foi de leurs pères, et que « :es Latins sont des dialecticiens qui, ayant «l'esprit subtil , peuvent prouser, comme « des vérités, les plus grandes faussetés du « monde. » Cette réponse prouve assez que c'est l'ignorance et l'entêtement qui entretiennent le schisme fatal qni divise l'Eglise grecque d'avec la latine. i>u reste , la métlioue de Galanus est excellente : 1 histoire de ia leligion sulïit pour faire connaître la véritaoie, pour montrer la nouveauté et 1 inconséquence des sectes, il enseigna a Rome la théologie aux Arméniens eu leur propre langue. Ou doit encore à Galanus une grammaire arménienne qui a pour titre : Crraw-

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maticœ et logicœ institutioncs linguœ lit ter alis armenicœ , addito vocabulari armeno-latino ëictionum scolasticarum, 1645, in-4°.

GALAKI) [Gbbmain de) , docteur de Sorbonne, grand-vicaire et chanoine do Senlis, né en 17'»V ;> Arlenav, près Orléans, joignait à l'espril et aux connaissances de son é at une aménité de caractère qui le faisait rcchercher. Son mérite le lit choisir par l'assemblée du clergé de J7S2 pour donner une édition complète des OEuvres de Fénelon; mais ses fonctions et la faiblesse de sa santé l'empêchèrent de terminer seul cette entreprise. On lui adjoignit le P. Querbeuf, homme laborieux, qui acheva l'édition en 9 vol. in-4°, et composa la Vie de I archevêque. Pendant la terreur, l'abbé de Galard fut obligé de se cacher ; mais lorsque des temps moins Ofiageux lui permirent de se montrer, il entreprit de donner une édition des OEuvres de Mgr de Béarnais , qui avait été son ami, qu'il publia en 1807, en k vol. in-12 On regrette de ne pas y trouver deux discours prononcés dans les assemblées du clergé . et deux autres sur la cène. 11 devait joindre à cette édition un Eloge de l'auteur, mais sa mauvaise santé , et peut-être un peu de négligence, l'empêchèrent de terminer ce travail ; il n'en a publié qu'un fragment qui fait regretter que cette œuvre soit restée incomplète. L'abbé de Galard mourut à Paris , le 11 mai 181-2.

GALAT1N ou GALATINO (Pierre), juif italien, ainsi nommé du lieu de sa naissance, petite ville de la Pouille, se convertit et se lit franciscain. G'est alors qu'il changea, selon l'usage, son nom qui était Colonna. 11 devint docteur en théologie et pénitencier apostolique. Il était savant dans les langues, et se ht un nom par son traité De Arcanis catholicœ veritatis opus , hoc est Commentarius in loca dif/iciliora Veteris Testamenti ex libris hebrœis, Ortona, 1518, in-fol. de 312 feuillets, contre les juifs. 11 y a eu plusieurs éditions de cet ouvrage, qui, sans être parfait, renferme d s choses utiles et curieuses. La meilleure est celle de Francfort, 1612, in-fol. Galatin vivait encore en 1532. L'auteur s'est beaucoup se.vi de l'ouvrage de Porchctti, qui lui-môme avait profité de celui de Baimond-Manin, selon son propre aveu.

GALAUP DE CHASTEUIL ( François de) , né à Aix, d'une famille noble, en 1586 , ami du célèbre Pt iresc , avait beaucoup de goût pour les langues orientales, et alla les cultiver dans le pays môme. 11 se retira en 1631 sur le mont Liban, où il partagea son temps entre l'étude et la prière. Les courses des Turcs troublèrent souvent le repos de sa solitude ; mais sa vertu fa. sait impression sur l'esprit même des barbares. Il était si parfaitement connu de tous les maronites, qu'après la mort de ieur patriarche , ils voulurent le revêtir de cette dignité. Le saint solitaire la refusa, et mourut peu de tenais après, en 16W , dans un monas ère de carmes déchaussés. On peut consulter sa Vie, in-12, éciile par Marcheti, prêtre de Marseille, ou celle composée par Gasuard Augeiï, qui a

pour titre : Le Solitaire provençal du mont Liban, Aix, 1671, in-12.

GALAUP (Pierre et François), neveux de Galaup de Chasteuil. Le premier, précepteur du fils du duc de Savoie , mort à Verceil en 1672 , h 52 ans, cultiva t la poésie , la philosophie et la littérature. Il s'était rais d'abord au service de Lascaris , grand -maître de Malte, puis a celui du grand Condé , qui le fit capitaine de ses gardes. Ce prince étant sorti de France, Galaup se retira à Toulon , où il aima un vaisseau de guerre , sous la bannière de Malte. Après s'être signalé pendant plusieurs années, il fut pris par les Algériens, et mis en esclavage. Il en sortit au bout de deux ans, et passa au service du duc do Savoie, qui , pour récompenser son mérite, le gratifia d'une pension de 2,000 livres. 11 avait traduit les petits Prophètes , et mis en vers français quelques livres de la Thébaïde de Stace. Le secon I, mort, en 1727, à 8'i- ans , faisait joliment des vers provençaux, et était lié avec Furetière, La Fontaine, Boileau et mademoiselle' Scudéri. Il a laissé une Explication, in-fol., des arcs de triomphe dressés à Aix pour l'arrivée des ducs de Bourgogne et de Berry.

GALDIN ( saint ), né à Milan, de l'illustre maison de la Scala, célèbre dans l'histoire d'Italie, s'attacha de bonne heure au service des autels, après s'y être préparé par l'élude de l'Ecriture sainte, par une grande innocence de mœurs, et parla pratique de toutes les vertus chrétiennes. 11 devint successivement archidiacre et chancelier de l'église de Milan. Les archevêques Ribald et Hubert se déchargèrent sur lui d'une partie de l'administration du diocèse, qui était alors rempli de troubles et de confusion. Ce fut dans ce temps que l'empereur Barberousse se mit en marche contre la ville de Milan, qui prétendait avoir le droit exclusif de choisir ses magistrats, et qu'il attaqua avec une nombreuse armée, et la força de se rendre à discrétion après un siège de dix mois. Ce prince porta la vengeance aux derniers excès. La ville fut détruite, et les habitants eurent à peine la vie sauve. Voy. Frédéric (Barberousse).

Hubert, archevêque de Milan, étant mort en 1166, Galdin, quoique absent, fut élu pour lui succéder. Le pape le sacra lui-même, le fit cardinal et le nomma légat du saint-siège. Galdin remplit avec exactitude tous les devoirs d'un digne pasteur. Il annonçait assidûment la parole de Dieu, soulageait les malheureux avec une bonté paternelle, et prévenait même leurs besoins, rétablit la discipline qui avait beaucoup souffert, étouffa toutes les semences de division, et s'occupa surtout à détruire les erreurs des cathares , espèce de manichéens qui avaient profilé des troubles occasionnés par la guerre, pour s'introduire en Lombardie. Il mou. ut au milieu de son clergé et de son peuple, le 18 avril 1176, après avoir fait, malgré sa fa blesse, un long sermon qu'il débita avec beaucoup de feu. Sa mort lut généralement pleurée. Sa sainteté éclata par plusieurs miracles. 11 est honoré dans les anciens bréviaires de

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Milan, et est nommé le 18 avril dans le Martyrologe romain. (Voy. ses deux Vies, l'une et l'autre authentiques avec les notes du Père Henschenius, avril, tome II, p. 593. )

GALE (Samuel), antiquaire anglais, né à Londres en 1682, était fils de Thomas Gale qui fut doyen d'York, et dont on a de bonnes éditions d'anciens auteurs grecs, avec une version latine et des notes, et des édifions d'anciens historiens anglais. Samuel exerçait les fonctions d'arpenteur à l'hôtel des douanes de cette ville lorsqu'il mourut le 10 janvier 1754. Il fut un des restaurateurs de la société des antiquaires de Londres en 1717, et en fut le premier trésorier. On a de lui une Histoire de la cathédrale de Winchester, Londres, 1715, commencée par Henri, comte de Clarendon, et continuée jusqu'au temps de l'auteur, avec des planches.

GALEFF1 ( Pierre-François ), cardinal, né à Césène le 27 octobre 1770, était parent de Pie VI. Pie VII le nomma cardinal en 1803 ; il fut amené en Franceen 1809, après l'occupation de Rome et l'enlèvement du pape, et fut du nombre des cardinaux qui s'abstinrent d'assister au mariage de l'empereur en 1810, auxquels, pour cette raison, on défendit de porter l'habit rouge. On l'exila ensuite à Sedan, où il est resté jusqu'en 1814. En 1820 Caleffi entra dans l'ordre des évoques, fut promu à l'évêché d'Albano et transféré , le 5 juillet 1830, aux sièges unis de Porto, Sainte-Rufine et Civita-Vecchia. Il était alors sous-doyen du sacré-collége. Le cardinal réunissait de plus les titres d'archiprêtre de la basilique du Vatican, d'abbé commendalaire de Subiac, de camerlingue de l'égl se romaine, d'archichancelier de l'université romaine et de préfet de la Fabrique de Saint- Pierre. Il mourut le 18 juin 1837.

G ALEN (Matthieu), né à. Westcapel en Zélande, vers l'an 1528, enseigna la théologie avec réputation à. Dillingen, puis à Douai, devint chancelier de l'université de cette ville, y fit fleurir les sciences et mourut en 1573. On a de lui : Commentarium de christiano et catholico sacerdotio , Dillingen, 1565, in-4°; De originibus monaslicis ; De missœ sacrificio; De sœculi nostri choreis, et d'autres écrits pleins d'érudition, quelquefois dépourvus de critique , mais remplis d'une sage morale.

GALEOTTI (Nicolas), jésuite italien, né à Vienne en 1692, est célèbre par les Vies des généraux de sa compagnie, avec leurs portraits, in-fol., latin et italien, imprimées à Rome en 1748. Ses savantes Notes sur le Musœum Odescalcum, Rome, 1751, 2 tom. in-fol., sont un ouvrage posthume. Il professa en 1725 la physique à Macerata, et de 1728 a 1749 la rhétorique à Rome où il mourut en 1758.

GALESINI (Pierre), protonotaire apostolique à Milan, né à Ancône vers 1520, vécut dans l'intimité de saint Charles Rorromée, s'occupa avec fruit de l'étude de l'antiquité, et mourut vers 1590. On a de lui : une Traduction latine des Sprmons de saint Grégoire de Nysse, Rome, 15f>3; une autre delà Lettre d'Isidore de Péluse à Palladius : Mar-

Dict. de Biographie relig. II,

tyrologium romanumin singulas dies anni accommodatum, Milan, 1578, in-4°; Ordo dedicationis obelisci quem Sixtus V in foro valicano erexit, Rome, 1586, in-4°; Dedicatio columnœ cochlidis Trajanœ ad honorem sancti Pétri, ibid., 1587 ; Commentarius brevis de bibliis grœcis interpretum LXXII , etc., ibid., 1587, in-4°. On lui doit encore des éditions de plusieurs auteurs sacrés; il a eu part au Recueil des actes de l'église de Milan; et il a laissé en manuscrit une Histoire des papes sous le litre de Thcatrum pontificale, ainsi qu'une Histoire des saints de Milan.

GALIFET ou GAIJFECT (Joseph), est particulièrement connu parmi ouvrage De Cultu sacro sancti cordis Jesu, Rome, 1726, in-4°, dédié au pape. Il en a publié lui-môme une traduction française sous ce titre : Excellence de la dévotion au cœur adorable de Jésus- Christ. Ce livre traite amplement de la cha rite immense de Jésus-Chnst pour les bommes, dont le souvenir nous est retracé par le symbole de son cœur, et des sentiments que ce souvenir doit faire naitre dans l'âme des fidèles reconnaissants ; ce qu'on exprime ordinairement par dévotion envers le Sucré- Cœur ( Voy. Marguerite-Marie Alacoque ). Mais comme l'esprit de l'homme toujours inquiet, et immodicus, selon l'expression d'un ancien, ne sait s'arrêter où il faut, le P. Galifet a joint à son ouvrage un Appendix, pour prouver qu'il faut joindre le culte du cœur de la sainte Vierge à celui de l'Homme- Dieu {cultum cordis Mariœ acultu cordis Jesu non separ émus). Cette singu'arité qui semblait confondre des cultes dont les objets sont l'un de l'autre à une distance infinie, et dont le second ne pouvait entrer dans l'esprit de la représentation symbolique dont nous avons parlé, excita des murmures de la part même des personnes les plus dévotes envers la sainte Vierge, et d'un autre côté trouva des défenseurs et des partisans. Clément XIII se contenta de la condamner par le fait, en instituant exclusivement la fête du Sacré-Cœur de Jésus, et en expliquant la nature et l'objet de celte fôte de manière à ne souffrir aucune extension. On peut voir là-dessus le Journ. hist. et littér., 15 juillet 1791, p. 423 ; 15 septembre, p. 110. On a encore reproché au P. Galifet d'avoir rassemblé dans cet Appendix beaucoup de choses où la sévère théologie n'est pas d'accord avec la piété de l'auteur. Tout y est porté à l'extrême ; tout ce qui a pu être taxé d'inexacti ude ou d'hyperbole dans les écrits de quelque homme célèbre, y est répété comme auhint d'expressions normales de la croyance catholique. 11 est impossible de lire cette partie de l'ouvrage sa us que l'imagination sorte des bornes où se tient la notion d'une pure créature, et sans prendre l'idée d'une espèce d'égalité qui heurte les fondemenis de la foi. « On est étrangement « embarrassé, a dit quelqu'un à cette occa- « sion, quand, après la lecture de ces sortes « de livres, on vient à rencontrer cette ma- « xime fondamentale du christianisme, si « clairement et si magnifiquement énoncée

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