‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 8 sur 323 · EDE · texte numérisé non relu

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in-12. Barbier, dans son Dictionnaire des anonymes, affirme même que le plan de l'ouvrage est de l'Ecuy. On doit à l'abbé l'Ecu j la traduction de i'.mglais et du latin des ouvrages suivants : O'iurres de Franklin, 377.'], 2 vol. in-4° ; et la Science du bonhomme Richard, du même, 1774; Amintor et Théodora, suivi de V Excursion, ou les Merveilles de la nature, Paris, 1797, 3 vol. in-12 ; Nouveau dictionnaire universel, historique, biographique, bibliographique, trad. de l'angl. et considérablement augmenté, Paris, in-8°, 1803 ; — Strenœ Norbcrtinœ, traduites du latin on vers français, 1827, in-8°. Il a publié, comme éditeur, les Annales civiles et religieuses d'Yvoy-Carignan et Mouzon, duchanoine-prémontré Cb. Jos. Delahaut, avec des augmentations et corrections de l'éditeur, 18-^2, in-8° ;—I)c capta a Mehcmete 11 Constantinopoli Leonardii Chiensis, etc., 1823, in-4°.

EDELMANN (Jean-Christian), écrivain incrédule de S<i\c, né a Weissenfels en 1098, étudia la théologie à léna. Longtemps il hésita entre différentes sectes religieuses, no demeurant constant que dans sa haine pour le christianisme. Il travailla, à la traduction de la Bible que J.-Fr. Haug publiait à Berlehourg, et y traduisit quatre des Epîtres de saint Paul. 11 publia un livre intitulé : Vérités innocentes, dans lequel il cherchait à prouver le peu d'importance de toutes les religions. Il rejeta la doctrine et le sacriiiee de Jésus-Christ, et tit de la raison une divinité. Il prétendait que cette raison était une portion essentielle de Dieu, dont elle ne différait en rien: qu'ainsi l'Ame était une partie de la Divinité, et non-seulement celle des hommes, mais aussi celle de tous les animaux. Il s'abstint longtemps de manger de la viande, atin, disait-il, de ne manger aucune portion de la Divinité. Ses principaux écrits sont : Moïse démasqué (1740) ; in-8° : Christ et Bélial, 174-1, in-8° ; la Divinité de la Raison (1742), in-8". Ces ouvrages sont tous en allemand. Chassé de Neuwied, de Brunswick, de Hambourg, etc., il obtint enfin la permission de vivre à Berlin, à condition de ne plus rien écrire et de rester tranquille, et il y mourut dans l'obscurité, le 15 février 1707, âgé de soixante-neuf ans. J.-Hemï Praklje a publié une Notice sur la vie, les ouvrages et la doctrine d'Edelmann, Hambourg, 1753, in-8", en allemand, avec la notice des ouvrages écrits pour le réfuter.

EDENIUS (Jordan), théologien, né eu 1024, soutint à Upsal, devant la reine Christine, du temps qu'il y faisait ses études, une thèse pour prouver que l'hébreu était La langue la plus. ancienne, contre Stiernhiekn,aux yeux de qui le gothique avait ce caractère. Par l'ordre de la reine, on conserva le recueil des arguments qui avaient été proposés de part et d'autre. Edenius fut nommé pour professer la théologie à Upsal eu 1059, fut reçu docteur en 10G1, et mourut en 1000, laissant entre autres ouvrages : Dissertationes theologicœ de Christianœ religionis veritale, Abo, 1054 ; Epitome historiée ecclesiasticœ , que l'évêque Gezelius fit paraître à Abo, en 1081*

EDEB (Georges), né àFreysiugcn, en 1524, et mort en 1580, se tit un nom par son habileté dans la jurisprudence, il fut honoré par les empereurs Ferdinand 1er, RSaximilien II et Rodolphe II, de la charge de leur conseiller, et laissa plusieurs écrits surle droit, dont le meilleur est son OEconomiabibliorum,scu partitionum theologicarum libri quinque, Cologne, 1508, in-foï. , plusieurs fois réimprimé. Nous citerons encoredelui : Maliens lt-rcticorum, 2e édition, Ingolstad*, 1580, in-8°; Matœologia ILcrclicorum, seuSumma hœniicarum fabularum, ibid., 158!,in-8°.— On a de Wolfgang Eder, religieux auguslin de Vienne dans le xvic siècle, quelques ouvrages ascétiques, et une trad. allemande de la Vie de saint François de Sales, de Maupas Dutour, Munich, 1074, in-4°.

EDCiKWORTH DE FIUMONT (Henri Essex), vicaire général de l'église de Paris, dernier confesseur de Louis XVI , descendait d'une famille très - considérée du comté de Midcllcsex, qui, sous le règne d'Elisabeth, alla s'établir en Irlande, où il naquit au bourg d'Edgeworthtown, en 1745. Son père avait embrassé le catholicisme, et le jeune Edgeworth vint étudier chez les jésuites à Toulouse. Après avoir reçu le sacerdoce, il voulait se consacrer aux travaux des missions clans les contrées lointaines, et il n'y renonça que sur les représentations qui lui fuient fades que les attaques continuelles qui étaient alors dirigées contre la religion en France, lui donneraient lieu d'exercer son zèle avec non moins d'utilité. En conséquence il remplit à Paris le ministère de confesseur, et eut la consolation de ramener à la seule religion vraie plusieurs de ses anciens compatriotes. Il refusa un évôché en Irlande, et devint, en 1777, confesseur de madame Elisabeth, sœur du roi. Après les horribles journées de septembre 1792, il vivait retiré sous le nom d'Essex à Choisyle-Boi, lorsque la princesse Elisabeth, alors renfermée au Temple, inspira au malheureux Louis XVI le désir de recevoir de lui les consolations religieuses. L'abbé de Firmont se hâta de répondre à l'appel du royal prisonnier, qui lui fut transmis par l'intermédiaire de M. de Malesherbes. Lui-môme il a raconté dans une relation les sentiments qui dominaient son âme lorsqu'il revit dans des circonstances si douloureuses celui qui fut un des rois les plus puissants de la terre. A son aspect, il tomba aux pieds du monarque et pleura. Il parvint à obtenir l'autorisation de célébrer le saint sacrifice de la messe le jour où le forfait devait être consommé, et Louis XVI put recevoir de sa main l'hostie éternellement vivante, le pain qui fait les forts. Le 20 janvier, il l'entretint jusqu'après minuit; le 21, après avoir dormi paisiblement pendant cinq heures, le roi reçut la communion au pied d'un autel que l'abbé de

Firmont, aidé de C

éry, avait dressé dans sa

chambre. Les sbires commandés par le trop fameux Santcrre entrèrent dans son appartement a neuf heures. « Tout est consommé, « mon cher abbé, dit le prince en se jetant

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• i genoux ; donnez-moi votre bénédiction. » Louis XI I avait cru que son confesseur ne le suivrait pas; mais le digne prêtre ne voulut poini l'abandonner, et le roi lui en témoigna toute sa reconnaissance. Lorsqu'il fut descendu de voiture sur In place Louis XV, 1rs bourreaux s'avancèrent pour lui lier les mains malgré ^<»n refus. Le royal martyr regarda l'abbé Firmont, qui lui dit: >« Sire, je i oe vois dans ce dernier out rage qu'un nou- « veau trait de ressemblance entre Votre « Majesté et le Dieu qui va cire sa récomn pense. .) Au moment de l'exécution, l'abbé Firmont lui dit : « Fils de saint Louis, monte tez au ciel ! » Le sacrifice ayantété accompli, le prêtre descendit, et lit signe aux soldats, qui s'écartèrent avec respect pour le laisser passer. H se rendit auprès de Malesherbes, et l'on a trouvé chez ce magistrat des fragments du récit de ce terrible événement et de la conversation qu'ils eurent ensemble. L'abbé de Firmont retourna le soir même a Choisy-le -Roi, d'où il ne sortit qu'en avril 1795. Alors, comme la persécution durait toujours, il erra d'asile en asile, et en 1796 il réussit à passer en Angleterre. Il se rendit en Ecosse auprès de Monsieur, frère du roi, et lui remit le dépôt des dernières pensées de Louis XVI et de madame Elisabeth. Il rejoignit plus tard Louis XVIII à Blankenbourg, et resta dix ans auprès de ce prince. Des prisonniers français, dont un grand nombre étaient blessés, furent amènes dans la ville qu'habitait le roi, qui ordonna qu'on cherchât des hommes habiles pou;- les soigner, et qu'on leur fou.nit de bons aliments, tandis que la reine, les dames de sa su te et la duchesse d'Angoulème préparaient de la charpie. L'abbé de Firmont se transportait auprès des malados, et leur prodiguait les secours de la religion avec la charité la plus touchante. Une maladie épidémique s'éiant déclarée parmi eux, l'abbé de Firmont redoubla encore de zèle, et succomba enfin, victime de son dévouement, le 22 mai 1807, à 62 ans. Le duc d'Angoulème suivit à pied le convoi funéraire, et son épouse accompagna aussi Je cercueil. L'épitaphe qui fut mise sur son tombeau fut composée par Louis XVIII, à qui, comme on sait, la langue latine était extrêmement familière. L'abbé de Bouvens prononça à Londres, dans la chapelle catholique française, le 29 juillet 1807, l'oraison funèbre de ce vertueux ecclésiastique, qui a été imprimée à Paris, 181i, in-8°. On a publié les Mémoires de M. l'abbé Edgeworth de Firmont, dernier confesseur de Louis XVI , recueillis par E. Sneyd-Edgeworth, et traduits de l'anglais par le traducteur d'Edmond Burke (M. Dupont), Paris, 1816, in-8°. Ces mémoires sont suivis d'une Relation des derniers moments de Louis XVI, par l'abbé de Firmont lui-même ; et de quelques-unes de ses Lettres sur les révolutions, adressées au docteur Moyland : ces deux écrits offrent le plus curieux intérêt. Enfin l'on a les Lettres de l'abbé Edgeworth à ses parents, à ses amis, etc. , recueillies par le révérend Thomas R..., tradui-

tes de l'anglais par madame Elisabeth Lebon, Paris, 1818, in-8° ; des Mémoires sur la vie de l'abbé de Firmont précédent ces Lettres.

EDISSA. Voy. Esther.

EDMER. Voy. Eadmer.

EDMOND ou EDME (saint), naquit au bourg d'Abington, près de la Tamise, d'un père qui enlradans le cloître, et d'une mère qui vécut saintement dans le monde. Il fit ses études à Paris, et y enseigna ensuite les mathématiques et les belles-lettres. Son nom ayant pénétré jusqu'h Rome, le pape Innocent III lui donna ordre de prêcher la croisade. Le pape Grégoire, voulant récompenser le zèle avec lequel il remplit cette fonction, le désigna pour occuper le siège de Cantorbéry, vacant depuis longtemps. Le chapitre l'élut d'une voix unanime, et l'élection fut confirmée parle souverain pontife ; mais on eut beaucoup de peine à faire consentir Edme à accepter l'épiscopat. L'autorité de l'évêque de Salisbury ayant vaincu sa résistance, il fut sacré le 2 avril 1234.. Il continua toujours son premier genre de vie, sans craindre de s'exposer à la censure de quelques évoques qui n'étaient pas animés, comme lui, de l'esprit de Dieu. « Si principale occupation, dit « un historien, était de connaître les besoins « corporels et spirituels de son troupeau, « afin de pourvoir aux uns et aux autres. Il « avait un soin particulier des jeunes filles « qui n'avaient point de ressources ; et pour <( les mettre plus sûrement à l'abri du dan- « ger, il leur procurait un établissement. Il « faisait une guerre déclarée aux vices ; il « maintenait la discipline avec une vigueur « vraiment apostolique ; il veillait sur ses « officiers de justice pour qu'ils remplissent « avec intégrité les fonctions de leurs charce ges, et qu'ils n'abusassent pas de leur au- « torité pour opprimer les faibles. » Le zèle qu'il employa à la réforme de son clergé lui attira des ennemis dans le chapitre même de son église. Eprouvant tous les jours des contradictions, il ne voulut point paraître conniver à des abus qu'il ne pouvait répri7 mer, il passa secrètement en France, et mourut h Poissy, le 16 novembre 1242, ayant été huit ans archevêque de Cantorbéry. Le pape Innocent IV canonisa saint Edmond en 1247. Il nous reste de lui un ouvrage intitulé -.Spéculum Ecclesiœ, dans la Bibliothèque des Pères, un livre des Constitutions, divisées en 36 canons, dans la collection des Conciles d'Angleterre et d'il lande, de Wilkins; plusieurs manuscrits contenant des prières, des dissertations sur les sept péchés capitaux, sur le décalogue, sur les sept sacrements. La Vie de saint Edme, tirée des mss. de l'abbaye de Pontigny, a éié publiée à Auxerre, 1793, in-12.

EDMOND (saint), roi des Anglais orientaux, fut illustre par sa piété, gui le fit mettre dans le catalogue des saints. Ce prince, ayant voulu livrer bataille aux Danois, en 870, fut vaincu et contraint de prendre la fuite. Il crut pouvoir se cacher dans une église ; mais ayant été découvert, il fut mené à Ivar, chef des Danois, qui était àHélisdon. Le vainqueur lui offrit d'abord de lui laisser

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son rovaurae, pourvu qu'il le reconnût pour son souverain, et lui payât un tribut. Edmond ayant refusé ce | arti, Ivar le fit attacher à un arbre, et percer d'une infinité de flèches, après quoi il lui tit couper la tête. Le chef d'Edmond ayant été trouvé qu Ique temps après, fut enterré avec le corps à Saint-Edmonbourg, ville qui a reçu son nom de ce roi. Les historiens du temps en font l'éloge le plus complet. Ils relèvent surtout sa piété, sa douceur et son humilité. Les rois d'Angleterre l'honoraient comme leur principal patron , et le considéraient comme un modèle accompli de toutes les vertus royales.

EDOUARD LE JEUNE (saint), né en 962 d'Edgar, roi d'Angleterre, parvint -à la couronne dès l'âge de 13 ans, en 975. La plupart des grands du royaume le reconnurent pour leur roi. Quelques-uns s'y op; osèrent. Enfin Elfride, sa belle-mère, qui voulait faire régner son fils Ethelred, le lit assassiner en 978. Il était âgé de 15 ans. L'Eglise romaine l'honoi e comme martyr, et célèbre sa mémoir • le jour de sa mort, le 18 mars.

EDOUAKD (saint), dit le Confesseur ou le Débonnaire, fils d'Etheh ed II, fut rappelé en Angleterre après la mort de son frère Elfred, successeur de Canut II, mais assassiné à son entrée dans le royaume. Il était alors en Normandie, où les incursions des Danois 1 avaient obligé de se retirer. Il fut couronné l'an 1041. Le comte Godwin, qui (tait allé le chercher en Normandie, lui donna sa fille en maiiage, et gouverna sous son nom. Ce général remporta d'assez grands avantages sur les ennemis de l'Etat. Le roi laissa avilir le sceptre par sa f..ib!esse ; il parut d'abord n'avoir apporté sur le trône que la piété et une douceur qui lui faisait dire qu'il eût mieux aimé passer ses jours dans une condition obscure et privée, q1 e d'acheter une couronne par l'effusion du sang humain; mus dès qu'il fut instruit des vexations et des cruautés de Godwin, il confisqua les biens de ce ministre indigne de sa confiance, le déclara ennemi de l'Etat et gouverna par lui-même. Aucun roi ne termina plus heureusement les guerres qu'il eut à soutenr; dans les tenus de paix, il s'appliqua à rendre son peuple heureux. Il fit un recueil des plus belles lois portées par ses prédécesseurs, et ordonna qu'elles fussent observées par tous ses sujets sans exception : ce qui leur fit donner le nom de lois communes; elles furent constamment respectées par les Anglais, même dans les plus grandes révolutions. « On vit alors, dit un auteur, ce « que peut un roi qui est véritablement le « père de ses sujets. Tous ceux qui appro- « chaient de sa personne essayaient de ré- « gler leur conduite sur la sienne. On ne « connaissait h sa cour ni l'ambition, ni l'ace mour des richesses, ni aucune de ces pas- « sions qui malheureusement sont si com- « munesparmi les courtisans, et qui préparent « peu à peu la ruine des Etats. Edouard pa- « raissait uniquement occupé du soin de « rendre ses peuples heureux; il diminua le

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