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archevêque de Brague, qui prif le nom de Grégoire \ III . Gélase il se relira d'abord a Gaëte, où il fui sacré ; puis a Ca| oue, où il excommunia dans un concile cel antipape
el celui qui l'avait t'ait élire, il passa ensuite en France, assembla un eoncile à Vienne, el mourut à l'abbçye de Cluny, qu'il édifia par des mœurs pures et une mort sainte. 11 expira le ±> janvier 1119, après une année de pontificat. On ne peut s'empêcher de remarquer ici que les historiens modernes, en parlant des différends d s papes et des empereurs, ne font pas observer les torts de ces derniers, quoique les papes ne se soient jamais portés a des violences comparables à celles que Henri exerça envers le pieux et modeste Gélase.
GÉLU (Jacques), archevêque d'Embrun, naquit vers 1370, à Yvoy, ancienne ville du duché de Luxembourg, appelée Carignan, dans les Ardennes. Il vint faire ses études h l'université de Paris, y reçut le grade de bachelier ès-décrets, prit ses licences à Orléans, et, de retour dans la capitale, obtint la chaire de théologie. Le bruit de ses talents s'étant répandu, le duc d'Orléans, frère de Charles VI, le nomma maître des requêtes de son hôtel, et quelque temps après, une charge de conseiller au parlement étant venue à vaquer, Gélu se présenta au concours, et obtint cette place parmi quatorze au'res concurrents. Il existait alors une espèce de guerre inlesiine entre les ducs de Bourgogne et d'Orléans ; ce dernier prince en fut la première victime, et f .t assassiné à Paris, Je 23 novembre 1407, par ordre de Jean sans Peur, duc de Bourgogne, oncle du roi. Gélu perdit en ce prince un protecteur et un ami ; mais Char: es VI récompensa les services de Gélu, en l'attachant au service de ses trois fils, qui portèrent successivement le titre de dauphin. Gélu fut en même temps nommé président de la province de Dauphiné. Le concile de Constance, tenu en 1414, le nomma à l'archevêché de Tours ; Gélu se rendit au concile, qui le chargea, conjointement avec d'autres ecclésiastiques, de la mission difficile d'aller demai der à l'antipape, Pierre de Lune (connu sous le nom de Benoit XIII), son abdication. Par suite de son refus obstiné, le concile élut un autre pape, et, dans le scrutin, Gélu eut plusieurs voix en sa faveur. Il revint à Paris en 1418; mais le duc de Bourgogne, qui haussait Gélu, comme ancien protégé du duc d'Orléans, s'y trouvant dans ce moment, il fut obligé de se cacher pour échapper aux danDers qui le menaçaient. Ce fut par suite • le la guerre déclarée (en 1419)parle duc de Bourgogne, qui vernit de faire un horrible massacre des Armagnacs (ou partisans du duc d'Orléans], que le dauphin, depuis Charles Vil, envoya Gélu en Castille demander à Jean II des secours que ce monarque accorda aux éloquentes sollicitations de cet évoque. 11 fut chargé d'une autre mission non moins importante par le pape Martin V, élu au concile de Constance, et dont l'objet était de concilier les différends survenus entre le roi d'Aragon, Al-
phonse V, et Louis III d'Anjou, qui prétendaient !i la couronne de Naples, après la mort de Jeanne IL Gélu se rendit a Naples auprès de' cette princesse, qu'il fit entrer dans ses vues pacifiques, mas il ne put rien obtenir des deux puissants et ambitieux rivaux. Gélu avait été chanoine à Embrun, dont il lut élu archevêque, en 1427, par le clergé de ce diocèse, qui connaissait ses talents et ses vertus. 11 quitta alors la cour et se dévoua entièrement aux devoirs de son saint ministère. Il mourut dans un âge trèsavancé, l'an 1432. 11 a laissé : Apologie pour l'empereur Sigismond, le roi d'Aragon el les ambassadeurs du concile contre V antipape Benoît XJII. Gélu adressa à l'Eglise universelle cjt écrit, qui mérita l'approbation du concile de Constance, el serv.t beaucoup à détacher de Pierre de Lune, dont il fit connaître les ariitices, ceux qui s'élaient déclarés ses partisans. Gélu eut ainsi l'honneur de contribuer à l'extinction du schisme. Vita Jacobi Gelu adannum 1421, ab ipso conscripla. Cette pièce curieuse , rédigée de la main de Gélu, est comme un mémoire des principaux événements de sa vie. Il est écrit sur le revers de la couverture et sur que ques feuillets blancs d'un manuscrit du décret de Gratien, qu'on conserve dans les archives de l'Eglise de Tours. A la fin de chacun des dix-huit articles que contient ce mémorial, Gélu loue et remercie Deu des grâces qu'il en a reçues. On trouve cette pièce dans le Thésaurus anecdotorum de dom Martène, page 1747. Gélu était contemporain de la célèbre Pucelle d'Orléans, doi.t la valeur et l'enthousiasme étaient l'objet de l'admiration générale. Charles VII, non moins surpris que les autres, voulut avoir l'avis de ce prélat, poor savoir si, en effet, la mission de Jeanne d'Arc était divine. 11 lui fit à ce sujet cinq questions, auxquelles Gélu répondit par l'écrit suivant : Jacobi Gelu ministri larchiepiscopi) ebredunensis, de Puella aurelianensi disserlatio. Ce manuscrit sur papier vélin était dans la bibliothèque de Ducange, et se trouve actuellement dans la bibliothèque du roi (tome IV, n° 6199) ; Rerum ab antecessoribus in ecclesia ebredunensi gestarum brève compendium. Géluavaitdeprofondes connaissances, particulièrement sur les matières ecclésiastiques ; ce qui, dans les temps d'ignorance où il vivait, le rendait comme un oracle infaillible que l'on s'empressait de consulter. Sa piété n'était pas moindre que son savoir, et il gouverna son diocèse avec la même prudence qu'il avait montrée dans ses missions politiques. Né avec un cœur juste, il eut la douleur de voir immoler l'héroïque libératrice d'Orléans, qui fut brùl e en 1431.
GEMB1C1US (Jacob1, théologien polonais protestant, né l'an 1569, mort l'an 1633 à Dombnitz où il était pasteur, composa des Hymnes sacrées en polonais. Elles font partie du Recueil de cantiques imprimé à Dantzig en 1619, pour l'usage des protestants de son
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GÉNÉBRABD (Gilbert), né vers 1537 à
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Riom en Auvergne, prit l'habit de bénédictin de Cluny, et vint étudier à Paris, où il lit des progrès dans les sciences et dans les langues. Il fut reçu docteur de la maison de Navarre en 1563," et devint professeur en langue hébraïque au collège royal en 1569. Pierre Danès, évoque de Lavaur, touché de son mérite, se démit en sa faveur de son évêohé, et présenta une requête aux états de Blois, pour le faire recevoir. Henri III y avait consenti, le clergé et la noblesse y applaudissaient, mais le tiers-état s'y opposa, parce que La Robe favorisait Pibrac, frère du président, à qui cet évêché était promis depuis longtemps. Dans ces temps pénibles et difficiles, où la plupart des Français regardaient la religion catholique comme une condition pour- le moins aussi essentielle a la succession au trône que la loi salique, Génébrard se déclara pour la ligue et la soutint de tous ses efforts. D'ailleurs le parti protestant était également une ligue, et une ligue armée contre le trône et l'autel; ligue pour ligue, celle des catholiques lui parut plus légitime. En 1592, Grégoire XIV, a la sollicitation du duc de Mayenne et de plusieurs autres seigneurs, le nomma à l'archevêché d'Aix, dont il ne prit possession qu'en 1593. Avant cette époque il avait publié un Traité des Elections, qui dans la suite lui causa des désagréments. Il y soutenait les élections des évêques par le clergé et le peuple contre la nomination du roi, Paris, 1592, in-8°. Le parlement d'Aix le lit brûler par la main du bourreau, bannit l'auteur du royaume, avec défense d'y revenir, sous peine de vie. On lui permit pourtant d'aller finir ses jours à son prieuré de Semur en Bourgogne. Il y mourut en 1597, à 60 ans. On mit ce vers sur son tombeau:
Urna capit cineres, nomen non orbe tenetur.
Génébrard était certainement un des hommes les plus savants de son siècle. Ses vertus, et surtout la pureté de ses mœurs, le firent respecter des personnes les plus illustres. Saint François de Sales se glorifiait d'avoir été son disciple. Les plus connus de ses ouvrages sont : une Chronologie sacrée, in-8° ; ouvrage qui peut être lu encore utilement aujourd'hui et où il y a bien des choses remarquables qu'on chercherait vainement ailleurs. Un Commentaire sur les Psaumes, in-8°, savant et bien écrit, qui doit êire mis au premier rang avec ceux de Jansénius de Gand et de Siméon de Muis. Il y défend la version des Septante contre les partisans outrés du texte hébreu, tel qu'il est aujourd'hui, y compris surtout les ponctuations des rabbins. La meilieuro édition de cet ouvrage est de Paris, 1588, in-fol. Trois livres de la Trinité, in-8°. Traduction de Flave Josèphe en français, in-8°. Traduction de différents rabbins, in-fol. Une édition des OEuvres d'Origène, estimée même après celle des bénédictins, qui auraient très-bien l'ait de conserver la Dédicace de Génébrard au roi Charles IX, où il y a d'excellentes cho-
Dict. de Biographie relig. II.
ses, et Y Apologie de Pamphile pour Origène. Enfin quelques écrits polémiques.
GENER (Jean-Baptiste), jésuite espagnol, né en 1711, professa la philosophie et la théologie dans sa patrie, et vint à Rome en 17S6. Il publia une Théologie dogmatique, éclaircie par des dissertations historiques et par les monuments de l'antiquité, 6 vol. in-4°, ouvrage savant, qui fournit des témoignages précieux en faveur de la religion.
GENET (François), né à Avignon en 1640 d'un avocat, chanoine et théologal de la cathédrale d'Avignon, et ensuite évoque de Vaison, eut le chagrin d'être enveloppé dans l'affaire des filles de V Enfance de Toulouse, qu'il avait reçues dans son diocèse. Il fut arrêté en 1688, conduit d'abord au Pont- Saint-Esprit, ensuite à Nîmes, et de là à l'île de Rhé, où il passa 15 mois. Rendu à son diocèse à la prière du pape, il se noya dans un petit torrent, en retournant d'Avignon à Vaison, l'an 1702. On a de ce prélat la théologie connue sous le nom de Morale de Grenoble, qui a paru suspecte à plusieurs évêques de France, ainsi qu'à l'université de Louvain, comme on peut le voir dans le jugement qu'elle rendit le 10 mars 1703. La meilleure édition de cet ouvrage, inférieur aux Conférences d'Angers, est de 1715, en 8 vol. in-12. Les 2 vol. de Remarques (publiées sous le nom de Jacques de Remonde), contre la Morale de Grenoble, furent censurés par le cardinal Le Camus, et mis à l' Index à Rome ; le zèle du critique a paru le conduire à une extrémité contraire. Il ne faut pas le confondre avec son frère dont l'article suit.
GENET l'abbé, frère du précédent, prieur de Sainte-Gemme, mort en 1716, a traduit la Théologie de Grenoble en latin, 7 vol. in-12, 1702, et est auteur des Cas de conscience sur les sacrements, 1710, in-12.
GUNÈVE (Robert de), fils d'Amédée, comte de Genève, évêque de Térouanne, puis de Cambrai, cardinal, fut élu pape sous le nom de Clément VII à Fondi , le 27 août 1378, par 15 des cardinaux qui avaient nommé Urbain VI cinq mois auparavant. Il fut reconnu pour légitime pape en France, en Espagne, en Ecosse, en Sicile , dans l'île de Chypre, tandis que le reste de la chrétienté reconnaissait Urbain VI. Cette double élection causa un schisme qui dura l'espace de 40 ans. Ce pape , faux ou légitime, mourut d'apoplexie le 16 septembre 1394-, à Avignon, où il avait établi son siège. Voy. Urbain VI.
GENEVIEVE (sainte), patronne de Paris, vierge célèbre, née à Nanterre, près de Paris, vers 423, consacra à Dieu sa virginité par le conseil de saint Germain, évêque d'Auxerre, qui fit lui-même la cérémonie de cette consécration. Cette sainte fille ayant été accusée d'hypocrisie et de superstition, l'i. lustre prélat confondit la calomnie et fit connaître son innocence. Attila, roi des Huns, étant entré dans les Gaules avec une armée formidable, les Parisiens voulurent abandonner leur ville; mais Geneviève les en empêcha, leur assurant que Paris serait respecté par les barba-
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res. L'événement justifia sa prédiction , h Les Parisiens n'eurent plus peur elle que des sentiments de vénération et de confiance. Ce fut par le conseil de cette sainte que devis commença Fég is de St. -Pierre el St.- Paul, où elle fut enterrée, el qui depuis L'an 512 a pris son nom. La réputation de sainte Geneviève était si grande, que saint Siméon stvlitc avait coutume d'en demander des nouvelles à ceux qui venaient des Gaules. Son tombeau devint célèbre par plusieurs miracles, et tut orné d'ouvrages précieux, travaillés par saint Bloi. Sa Vie\ ôcmteen latin, 18 ans après la mort île Clovis , ssl un monumeet contemporain, digne de la plus grand»; confiance : les doutes que quelques critiques ont éli >ntre l'anti ,uité et Pauthenticité de cette Vie ne paraissent pas
solide nent motivés. « Ofl voit, di eni les sa- « vants bénédictins, auteurs de la liiblioth. « litt. delà France, toin. 111, pag. 151, que e'éa tait un auteur grave, judicieux, pie ni de piété, « et (juinemanq a tpa>d'éruditionpouriesiè- « cleoù il vivait : ilécrivaitectte riedix-huitans « après la mort de la sainte, et par conséquent « l'an 5'JO. » La Vie de saint Germain, par le prêtre Constante, rapport ■ la consécration de sainte Geneviève par ce saint Ce Constance écrivait du vivant même de -aiute Geneviève (Voy. les B lUandistes, Ada sanctorum, 31 juillet).
GENNADE, patriarche de Constantinople, succéda l'an 458 à Anatole, il gouverna son église avec zèle et avec sagesse, et mourut en 471. 11 ne nous reste presque rien de ses écrits. Il avait composé des homélies et un commentaire sur Daniel.
GENNADE. Voy. Scholarius (George).
GENNADE, prêtre et non pas évèque de Marseille, mort vers 492 ou 493, a été accusé d'avoir adhéré quelque temps aux erreurs des semi-pélagiens, parce qu'il ne suivait pont les sentiments de saint Augustin sur la grâce et sur le libre arbitre ; mais cette raison ne suffit pas pour suspecter son orthodoxie, la doctrine de ce Père n'étant règle de foi qu'autant qu'elle est contradictoire aux erreurs condamnées dans Pelage (Voy. Auglstix, Sadolet). On a de lui : un livre des Hommes illustres, altéré, à ce qu'on croit, par une main étrangère-; un Traité desdogmes ecclésiastiques, qu'< n t.ouve parmi ies œuvies de saint Augustin. Il avait composé plusieurs aubes ouvrages, qui ne Sont pas venus jusqu'à nous.
GENNES (Ji;LiE:>-Ht:\É-BENJAuiNBEj,de Vitré en Bretane, né le 16 juin 1687, entra dans la congrégation de l'Oratoire, et y fut ordonné prêtre en 17..6. 11 devint professeur de tbéo ogie à Saumur, à l'âge de 30 ans. Une thèse qu'il y lit soutenir sur la grâce ayant été censurée par l'évéque et par la faculté d'Angers, le P. de Gennes publia trois Zèbres contre ces censures. Il fut e voyé par ses supériem s à Montmorenci, puis à Troves, et ensuite à Nevers, avec défense de prêcher. Ayant protesté, en 1729, contre tout ce qui se ferait dans l'assemblée des Pères de lOratoire, il fut exclu de cette congrégation par
plusieurs lettres de cachet. Après avoir donné de nouvelles scènes, il alla en habit de paysan sa cacher dans le village de Milon, près de Port-Koyal.. 11 se rendit ensuite à Paris, fut renferma à la Bastille, el envoyé quatre mois après en Maniant dans un couvent de b né uctins. Sa libert é lui ayant été rendue onze mois après, à cause du dérangement de sa santé, il alla voir l'évéque de Senez à la Chaise-Dieu. Il mourut en 1748. Celait, dit l'abbé i.advoeat, un homme vif, véhément, emporté. Son ardeur pour la vérité des [(retendus miracles du diacre Paris, el pour les prodiges des convulsions, passait les bornes d'un fanatisme ordinaire. On a de lui : quelques écrit» eu faveur des miracles des convulsionnaires; un Mémoire sur L'assemblée de la congrégation de l'Oratoire l/> 1733, que l'abbé Barrai appelle un du f-d' œuvre; un autre Mémoire sur l'assemblée de 1729; tous ouvrages qui avaient l'a r d'avoir été écrits dans le cercle des saltimbanques de Saint- Métlard.
GENOUDE (AntoikbtEugèhe de), prédicateur , hagiographe , pubiieiste et historien, naquit à . onlélimarl en Dauphiné 1(3 9 février 1792, d'une famille originaire de Savoie. Son vrai nom était Genoud ; il y ajouta une leitre linale lorsque Louis XY1II lui donna tles lettres de noblesse au mois de juin 1822. Il lit avec distinction ses humanités à l'école centrale et au lycéede Grenoble, et commença dans la même ville son cours de droit ; mais il préféra bientôt suivre 1& carrière des lettres, et il se rendit à Paris, où il trouva ia protection de Fontanes. C'est à ce dernier qu'il dut d'être respecté par la conscription, qui ne respectait personne, et de pouvoir ainsi continuer ses études hébraïques.
Nommé professeur de sixième dans un collé e vers 1811, il s'occupait dès lors de la traduction d'Isaïe. Pendant les troubles de 1815, le prince de Polignac se l'attacha en qualité de ca<iitaine-aide-de-camp, et il alla joindre dans les provinces du midi le duc d'Angoulème,non sans avoir couru de grands dangers. Constamment opposé à l'invasion étrangère , il voulait qu'avant de marcher contre Bonaparte, les troupes royales fissent soiti. du territoire tout ce qui n'était pas français, el il Ut dans ce sens des ouvertures aux chefs républicains de Grenoble. On 1econnait la déjà le futur directeur d'un journal qui devait prendre pour épigraphe : lout pour le peuple et par le peuple. Avant cette époque, Je jeune (ienoude avait eu à lutter contre les doctrines de scepticisme et d'incrédulité qui tendaient à envahir son âme; il sortit vainqueur de cette épreuve, et il promit de consacrer sa vie entière à la défense de li religion. Alors il entra pour la première fois au séminaire de Saint-Sulpice , mais le mauvais état de sa sauté l'obligea bientôt d'en sortir. A ^on retour des ea x de Saint-Sauveur, il allait publier sa traduction d'Isaïe, lorsque AI. Desrenaudes, conseiller de l'université et censeur impérial, l'ayant mandé auprès de lui, exigea de lui la suppression dune note empruu-
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tée à YHistoire orientale de Court de Géb lin, et que l'on regardait comme une allusion perfide aux vues ambitieuses de Napoléon. Le traducteur s'y refusa, et sa publication fut ajournée. Vers 1814-, parut sa traduction de Job, presque en même temps que les Réflexions politiques, où M. de Genoude exposait ses principes et ses idées sur la nature du pouvoir, le système représentatif et les libertés générales et locales. Sa traduction des Psaumes parut en 1815, et enfin, eu 1822, celle de toute la Bible avec des Prolégomènes et des Commentaires. En 1819, il donna son excellente traduction de limitation de Jésus-Christ, qui n'obtint pas moins d'éloges que n'en obt rit ensuite celledes livres saints. Sous les ministères de Deca/es et de Richelieu, il écrivit dans le Conservateur, avec les abbés Fayet et de Lamennais, et en 1820 il fonda le Défenseur, avec la collaboration de ce dernier. Cependant il était rentré en 1818 à Saint-Su. pice : mais l'affaiblisse ment continuel de sa santé l'obligea de voyager, et il se rendit dans la Vendée. C'est la qu'il connut mademoiselle Léontine de FJcury, fille d'un colonel d'artillerie, qu'il . épousa peu après. Il fut alors nommé maître des requêtes par M. de Peyronnet, et il lit paraître son livre intitulé : Voyage dans la Vendée, dont on a beaucoup loué la forme et le style. Vers la même époque il publia, en faveur des Grecs, la première brochure qu'on ait laite pour cette cause, et en 1822 il fonda la Gazette de France, ou plutôt il continua l'ancienne feuille fondée par d'Hozier et les trois Renaudot en 1631. Un des traits les plus saillants de ce journal a été, comme chacun sait, d avoir entrepris de réconcilier le principe de la souveraineté nationale avec celui de l'hérédité monarchique. Si ses doctrines ont été l'objet d'assez vives contradictions, il est du moins incontestable que ses adversaires eux-mêmes ont rendu hommage à la sincérité, au talent plein de verve, au désintéressement qui les défendaient. C'est pour faire triompher ce qu'il cr yait la vérité politique, la vérité dont dépendaient le bonheur et la paix de la société française, que M. de Genoude soutint tant de procès, paya tant d'amendes ruineuses, s'opposa par toutes les voies possibles à ce qu'il regardait, depu s 18j0, comme des usurpations du pouvoir nouveau. En 1837, on fit chez lui,- à Paris et a son château de Plessis-aux-Tournelles, près de Provins, deux visites domiciliaires dans l'espoir de saisir une piétendue correspondance avec la duchesse de Be ry : elles lurent sans résultat. Ayant eu la douîeur de perdre sa femme au mois de février 1834, M. de Genou ,e se ressouvint de sa piemière vocatio ; ; il entra dans les ordres, ei, dans le cours de l'année suivante, il fut t'ait prêtre'. Il sut concilier, chose qui paraissait difticilc à bien des gens, lo. s les devoirs du sacerdoce avec les travaux et l'ardeur du polémiste; et la vérité religieuse, non moins que les doctrines sociales, a trouvé sans contredit en lui un de ses plus habiles et de ses plus dévoués défenseurs. Dans l'or-
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dre religieux, il a fait paraître successivement : une traduction des Pères de l'Eglise primitive; la Raison du christianisme , qui parut d'abord en 12 vol. in-8°, et qui a été réimprimée en 4 vol. grand in-8° a deux colonnes; une édition des OEurres de Malebranche; une Exposition du dogme catholique, suivie de la Doctrine de l'Eglise catholique par Bossuet, de la Règle générale de la foi catholique par Véron, des Maximes de l'Eglise sur le salut des hommes, par l'évéque d'ÏIermopotis, 1843, 1 vol. ; Sermons et conférences, 4e édition, 1846, 1 vol.; La divinité de Jésus- Christ , annoncée par les prophètes, prouvée par l'accomplissement des prédictions de Jésus-Christ, etc., 2 vol.; Discours sur les rapports entre la science et la religion révélée, traduit de l'anglais de Wiseman, première édition, 2 vol. in-8° ; 3e édition, 1 seul vol. ; OEuvres spirituelles de Fénelon, nouvelle édition, etc., précédée d'un Discours préliminaire, 1842, 2 vol. in-12 ; Psautier français, traduction nouvelle, 1822, 2 vol. in-18. Dans l'ordre historique ou politique : La raison monarchique, publiée de concert avec M. de Loirdoueix ; Restauration de la société française, avec le même; Histoire de France, 23 vol. in-8°; Dictionnaire encyclopédique , annoncé en Ls45; etc. M. de Genoude fit un voyage à Rome pour obtenir l'autorisation de rétablir les Oiatoriens en France, et il reçut du pape un accueil distingué. 11 aimait beaucoup à faire entendre du haut de la chaire la parole de Dieu, et les prélats des divers diocèses quiavoisinent relui de Paris, notamment l'archevêque de Sens et l'évéque de Meaux, l'appelèrent souvent dans leurs cathédrales. On cite comme l'un des plus beaux sermons qui aient été faits celui qu'il prêcha à Saint-Sulpice sur la passion de Jésus-Christ. Il accomplissait avec le même zèle les fonctions les plus humbles du saint ministère, et il célébrait très-régulièrement le saint sacrifice. Dans les dernières années du règne de Louis-Philippe, il avait siégé à la chambre des députés ; la révolution de fé • vrier le rendit à la vie privée. Il se livrait avec une infatigable activité aux travaux que nécessitaient et ses luttes politi jues de chaque jour et les exigences de la polémique religieuse, lorsqu'il se rendit dans le midi de la France pour rétablir sa santé qui donnât des inq iétudes à sa famille et à ses amis. C'est à Hiè.es qu'il fut enlevé par une mort soudaine, dans le mois d'avril de 18'i'J.
GENOVESl (Antoine), philosophe balien, né à Cash bone, près de Salerne, le 1er novembre 1712, embrassa d'abord l'état ecclésiastique, ensuite il se tit recevoir avocat ; mais, ne pouvant s'accoutumer à la pratique fastidieuse qu'entraîne cette profession, il s'adonna à l'étude des langues pour se consacrer à l'enseignement public, et il fut successivement professeur de métaphysique, de philosophie morale et de théologie. La hardiesse ue ses écrits lui lit interdire la chaire. Il se livra alors à l'économie politique, pour laquelleil avait un vrai talent. Barthélemilntieri fonda pour lui, en 1754, avec l'autorisation
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du gouvernement, la première chaire d'économie politique qui eût existé en Italie; et depuis cette époque jusqu'à ses derniers
I'ours Genovesi continua cet enseignement. 1 mourut d'hydropisie le 22 septembre 17t>!>. Ses ouvrages sont des Élément» de métaphysique, en latin. Naples, 17V* et années suivantes, 5 vol. in-8°; Elementorum arlis logico-criticœ libri quinque, 17 V5 , in-8". Ces deux ouvrages, remplis de tous les principes qu'il avait puisés dans les écrits d'Helvétius, de d'Alembert et autres philosophes du siècle, lui causèrent beaucoup de desagréments. Eléments de théologie, Naples, 1751. Le cardinal Spinelli, archevêque de Naples, se déclara contre cet ouvrage, oui fut la cause de son interdiction, l.ezioni ai commercio, o <li economia civile, Naples, 1757, 2 vol. in-8°. Le succès de cet ouvrage fut étonnant : c'est le meilleur de tous ceux qu'il a publiés, quoique on y trouve encore bien des imperfections. Mcditazioni filosofiche, sur la religion et sur la morale, 1758, in-8°; Lettere academiche, sur l'utilité des sciences et des atts, contre J.-J. Rousseau, 176i; Logica per gli Giovanetti, in-8°, 17G6. Cette logique est remplie de pensées hardies comme tous ses ouvrages qui ont rapport à la religion. Trattato di scienze metafisiche, in-8°. C'est un résumé de ses Eléments métaphysiques. Diceosina, ou la science des droits et des devoirs de i'homme, 1707 : cet ouvrage est incomplet; l'auteur n'eut pas le temps de l'achever. J.-M. Galanti, un des élèves les plus distingués de Cenovesi, a écrit son Eloge historique, Venise, 1774.
GENTILIS(Jean-Valentin), hérésiarque du xvi* siècle, naquit à Cosenza, dans le royaume de Naples. Obligé de quitter son pays pour éviter la psine de mort dont il était menacé à cause de l'impiété de ses opinions , il se réfugia à Genève. 11 trouva quelques Italiens que le même sujet y avait amenés, et forma avec eux un nouvel arianisme. Leurs nouveautés donnèrent lieu au Formulaire de foi dans le Consistoire italien en 1558. Gentilis y souscrivit, et ne laissa pas de semer clandestinement ses erreurs. Les magistrats prirent connaissance de cette atfaire, et le mirent en prison. Convaincu d'avoir violé sa signature, il présenta en vain divers écrits pour colorer ses opinions. On le cond imna à faire amende honorable, et à jeter lui-même ses écrits au feu. Après a*oir exécuté cette sentence , il vécut quelque temps tranquilie ; mais se voyant à Genève avec désagrément , à cause de la haine que lui portait Calvin, et ne pouvant se guérir de l'envie de dogmatiser, il quitta cette ville contre le serment qu'il avait l'ait aux magistrats de n'en point sortir sans leur permission. Il voyagea dais le Dau>hiné, dans la Savoie, et retourna dans le canton de Berne. Il fut reconnu ei mis en prison; mais il s'échappa et s'enfuit vers Georges Blandrata, médecin , et Jean-Paul Alciat , Milanais, ses associés, qui s'efforçaient alors de répandre l'arianisme en Pologne. Le roi ayant publié en 1566 un édit de bannisse-
ment contre ces novateurs étrangers, Gentilis passa en Moravie, puis à Vienne en Autriche. Ayant appris la mort de Calvin, il retourna dans, le canton de Berne. Le bailli, qui l'avait autrefois emprisonné, se trouvant encore en charge, se saisit de lui en juin 1566. La cause fut portée à Berne, et Gentilis, ayant été convaincu d'avoir attaqué le m» stère de la Trinité, fut condamné a perdre la tête. 11 mourut avec impiété, se gloritiant d'être le premier martyr qui perdait la vie pour la gloire du Père, au lieu, disait-il, que les apôtres et les autres martyrs n étaient morts que.pour la gloire du Fils (xoyez Y Histoire de son supplice en latin, par Bèze, Genève, 1507, in- 'rj. Gentilis était léger et inconstant dans ses opinions, et en changeait selon les temps : sort do tous les sectaires qui, ayant secoué le joug de la foi et de l'autorité de l'Eglise, ne savent plus à quoi s'en tenir (Voy. Skrvet). Les termes de Trinité, d'Essence, d'Hypostase, étaient, selon lui, de l'invention des théologiens. Mais qu'importe, pourvu que les idées que ces mots renferment n'en soient pas. Pour parler juste sur la divinité de Jésus-Christ, il voulait qu'on dit que le Dieu d'Israël, qui reste seul vrai Dieu et le Père de N.-S. Jésus-Christ, avait versé dans celui-ci sa divinité. 11 avançait que Calvin faisait une Quaternité, en admettant une Essence divine et les trois Personnes, comme si ces Personnes n'étaient pas l'Essence divine, ainsi que le savent et le disent tous les enfants des chrétiens. Ce chef des réformateurs écrivit contre lui; mais comme il savait par lui-même que les écrits n'intimident guère un enthousiaste, il chercha à lui faire une réponse plus décisive ; il travailla aie faire brûler; et, à son grand regret, il n'avait pas pu réussir. Cet intolérant réformateur semblait intimement convaincu qu'il avait un privilège exclusif de fronder la doctrine de l'Eglise et la croyance générale des chrétiens : dans tout autre dogmatisant, cet attentat lui paraissait digne du feu. Voy. Kaprinai, Lentllis, Servet.
GENTILLET (Innocent), jurisconsulte protestant de Vienne en Daupliiné, d'abord président de la chambre de l'édit de Grenoble, établie en 1576, ensuite syndic de la république de Genève. On a de lui : une Apologie latine de la religion protestante, 1588, Genève, in-8°; Le Bureau du concile de Trente, Genève, 1586, iu-8°, dans lequel il prétend ridiculement que ce concile est contraire aux anciens canons et à l'autorité du roi ; Discours sur les moyens de bien gouverner et maintenir en bonne paix un royaume ou autre principauté... Contre Nicolas Machiavel, 1576, in-8°, et 1577, in-12; VAnti-Socin , 1612, in-V: ce sont des ouvrages savants et sages, partout où l'auteur n'a point l'occasion de prôner les erreurs de sa secte.
GEOFFROl, ,-,bbé de Vendôme en 1093, et cardinal l'année suivante, était d'Angers, et mourut vers l'an 1130. Louis le Gros, roi de France, et les papes Urbain II, Pascal II, Calixte II, Honorius II, le chargèrent des affaires les plus importantes et les plusépineu-
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ses. Nous nous avons de lui cinq livres de lettres, onze sermons et des opuscules, où Ton trouve un excellent Traité sur les investitures. Tous ces écrits ont été publiés en 1610, par le P. Sirraond. La lettre à Robert (TArbrissel, fondateur de Fontevrault, sur sa familiarité avec les femmes, est certainement de lui, quoiqu'on en ait contesté l'authenticité ; elle se trouve dans les manuscrits de son temps. Mais GeofTroi revint de son préjugé, rendit justice à Robert, et devint un de ses plus ardents défenseurs.
GEOFFROI DE SAINT-OMER, fut un des neuf gentilhommes qui formèrent l'ordre des Templiers, l'an 1118, et celui qui se distingua le plus dans cette institution. Voy. Hugues DES PAYENS.
GEOFFROI DE MONMOUTH , surnommé Arturus , archidiacre de Monmouth en Angleterre , puis évêque de Saint-Asaph , florissait vers 1152, sous le règne de Henri II. Les centuriateurs de Magdebourg le font contemporain du vénérable Rède, et lui donnent le titre de cardinal ; mais les auteurs anglais ne sont pas de cette opinion. On a de lui : De exilio ecclesiastieorum; de eorpore et sanguine Domini ; Carmina diversi generis ; Commentaria in prophetias Merlini , etc. ; mais le plus célèbre de ses ouvrages est une Histoire de la Grande-Bretagne , dans la collectiou des historiens d'Angleterre par Commelin. Comme elle contient divers faits apocryphes , et qu'il y a inséré la vie du roi Artus , par Merlin , Possevin , Raronius et d'autres savants , l'ont mis au nombre des écrivains romanciers ou fabuleux.
GEOFFROI (Jean-Baptiste),^ àCharolles en Bourgogne.en 1706, mort à Semur, petite ville de la même province, en 1782, occupa pendant 22 ans à Paris, au collège de Louisle-Grand, la chaire de rhétorique, rendue si célèbre par 1rs Cossart, les Jouvency, lesPorée, ses prédécesseurs. Il s'était fait la réputation d'un homme d'esprit, et même de bel esprit : ses harangues et ses plaidoyers la lui avaient acquise. Il était moins connu comme prédicateur. Cependant ses discours ont été ju-és av< c raison dignes d'être publiés : ce sont des sermons sur les mystères et sur la morale qui composent les deux premiers volumes ; des panégyriques qui forment le troisième. Plusieurs de ces sermons sont écrits d'un style simple, affectueux et presque sans nul apprêt, tandis que d'autres sont remarquables par les mouvements oratoires et les richesses de l'imagination. On a reproché à l'auteur d'avoir trop prodigué les antithèses; et ce reproche est fondé : c'est la manière de l'auteur , et ses oraisons latines ne l'ont que trop prouvé. Mais dans tous ses sermons on trouve une morale pure , de la dignité , des maximes propres à instruire et à édifier les fidèles. On y remarque surtout la bonne et ancienne coutume, la seule digne de la prédication évangélique , de prendre l'Ecriture sainte et les ouvrages des Pères pour base de l'instruction , de les expliquer , de les commenter , d'en reproduire les sentences sous différents rapports , par
des répétitions heureusement amenées et propres à renforcer la première impression ; manièredcsBossuet,desBourdaloue, desNeuville, etc., et qui servira toujours de modèle aux vrais orateurs chrétiens. Ses harangues latines ont été imprimées de son vivant, mais ses sermons n'ont paru que quelques années après sa morl, à Lyon, 1788, k vol. in-12.
GEOBGES (saint), martyr sous Dioclétien.
Son nom est très-célèbre chez les chrétiens, et même chez les maliométans : ceux-ci lui attribuent plusieurs miracles , entr'autres celui d'avoir rendu à la vie le bœuf d'une pauvre veuve, qui l'avait reçu dans sa maison. 11 y avait autrefois à Constantinople cinq ou six églises de ce nom. Il se faisait un grand concours de peuple a une de ces églises : elle s'appelait Mangalles, et était attenante à un monastère, situé du côté de la Propontide. C'est de là que l'Hellespont, ou détroit des Dardanelles, a pris le nom de Bras-de- Saint-Georgc. Ce saint est honoré par plusieurs autres églises d'Orient, principalement en Géorgie. On voit par saint Grégoire de Tours, qu'il était fort célèbre en France dans le \.\' siècle. Saint Grégoire le Grand ordonna de réparer une ancienne église bâtie en son honneur, qui était sur le point de tomber en ruines. On trouve son office dans le Sacramentaire de ce pape, et dans plusieurs autres. Sainte Clotilde dressa des autels sous son nom, et voulut que l'église du monastère de Chelles, dont elle était fondatrice, fût aussi dédiée sous son invocation. Il est dit dans l'ancienne Vie de saint Droctovée, qu'on apporta des reliques du saint à Paris, et qu'on les déposa dans l'église de Saint- Vincent ; aujourd'hui de Saint-Germain des Prés, lorsqu'on en fit la dédicace. Fortunat de Poitiers a composé une pièce de vers sur une église du même saint, qui était a Mayence. Il résulte de ces autorites que son culte est fort ancien dans l'Occident, et surtout en France. Les gens de guerre avaient beaucoup de dévotion pour saint Georges, principalement fondée sur ce que l'on disait qu'il avait été lui-même guerrier, au rapport de Métflphraste. 11 est présentement premier patron de la république de Gênes. Les Anglais, sous leurs rois normands, rapportèrent des croisades une grande dévotion à ce saint. Le concile national, tenu à Oxford en 1222, ordonna que sa fête fût de précepte dans toute l'Angleterre. Ce fut sous sa protection qu'Edouard III mit l'ordre de la Jarretière, qu'il institua en 1347. Certains hérétiques avaient forgé des actes de ce saint. Le pape Gélase les condamna dans le célèbre concile qui se tint à Rome en 494. Calvin et les centuriateurs de Magdebourg ont avancé qu'il n'y avait jamais eu de saint Georges ; mais leur prétention est dénuée de toutes preuves, et réfutée par les titres et les mo numentsles plus authentiques. Jurieu, Reynolds et Echard, n'ont pas rougi de confondre ce saint avec un arien nommé Georges, qui usurpa le siège d'Alexandrie (Voy. l'article suivant). Les fables des hérétiques sjnl tellement incorporées h l'histoire de ce saint»