INSCRIPTIONS SUR DES CADRANS SOLAIRES
Il est toujours T heure de bien faire.
Horas non numéro, nlsl serenas : Je ne marc{ue les heures que quand le temps est serein.
Latet iilllma : La dernière heure est inconnue.
Mémento vlvere : Souviens-toi de (bien) vivre.
Motxnn solls adœqitat. (Observatoire de Toulon.)
Prope7^ate, fuglt : Hâtez-vous, le temps fuit.
Quod ignora, doceo : J'enseigne ce que je ne sais pas.
Yera intnere, média sequere. Sur un cadran solaire indiquant le temps vrai et le temps moyen. (Rue de Rivoli.)
Vlr/llate, quia nescitis dlem neque horam. (Saint-Germain.)
Vulnerant omnes, ultlnia necat : Cliaque heure fait sa plaie, et la dernière tue.
Mncliina, quœ bis sex tam juste dividit lioras. Jimiitidin servare monel, legesque tueri.
(Cadran de la tour du Palais de Justice à Paris.)
Hàtoiis-nous, le temps fuit et nous traîne après soi : Le moment on je parle est déjà loin de moi.
(Boii.EAu, ép. UI )
Prima, qiia' vltani dedlt, hora, carpslt. (Sénèque, Hercule furieux, act. III, ch. V, 874.) L'heure qui nous donne la vie l'a déjà diminuée.
...Dam loquimnr fiigit incida OElas ; ciirpe diem, quam minimum creduUi porlero.
(Hoi,a,:f. )
(Tandis que nous parlons, le temps jaloux s'enfuit ; saisissez le jour présent, sans trop compter sur le lendemain.)
Time is money : Le temps est de l'aroent. (Maxime améric.) Soli solî soli : Au seul soleil de la terre.
— Au-dessus d'une horloge de cabaret, on avait mis :
Que j'aiUo bien ou mal, 11 no t'importe pas, Puisque céans toute lieure est celie du repas.
Caetera (et), mots latins signifiant et le reste. Le mot pantoufle s'y ajoute en terminant un récit ennuyeux, comme pour se dispenser de continuer.
Cafard, hypocrite: de Tarabe ràfir, infidèle; d'où cafre, nom donné par les Arabes aux baliitants de l'Ethiopie, qui ne partagent pas leur croyance. Ou peut-être de caim (?).
Cafard signifiait au xv'' siècle, un moine ou un prêtre hypocrite, qui cache ses vices sous son capuchon.
Rabelais dit capliard, venant de caphardum, cape ou manteau à capuchon.
On dit encore « rire sous cape » .
Peste ne tue que les corps, mais les caphartz empoisonnent les âmes. (Rabelais.)
Café, de Caffa, province d'Altyssinie, son pays d'origine.
De Catïa, il a été transporté dans l'Yémen ou Arabie heureuse.
Le nom de Moka, donné au café provenant de cette contrée, est aussi celui du principal port.
On a dit aussi que w/V vient de l'aralte calioué, qui réveille.
Il a, en etîet, la propriété stimulante de retarder le sommeil.
Scribe refusa, dans une soirée, une tasse de café que lui offrait la maîtresse delà maison, et dit qu'il « boirait sa nuit ».
— Le capitaine Déclieux porta le premier pied de café aux Antilles. L'usage du café était déjà répandu en Orient, quand il fut connu
en Europe, vers le commencement du xvii« siècle.
Introduit à Venise en 162o, à Marseille en lGo4, le café paraissait à Paris en 1637. et devenait à la mode une dizaine d'années après, grâce à l'initiative de l'ambassadeur ottoman, Soliman-Aga.
Vers 1673, s'ouvrirent les cafés publics, tels que celui du Florentin Procope.
On craignit un instant que le café ne produisit un mauvais elTet sur la santé publique, et un mot célèbre, attribué à M™" de Sévigné, est resté comme l'écho des préjugés du xvii^ siècle.
Au siècle suivant, ces préjugés avaient disparu, et Fontenelle, presque centenaire, disait:]» Il faut avouer que le café est ua
poison bien lent, car j'en bois pbisieurs lasses chaque jour, depuis 80 ans, et ma santé n'est pas encore sensiblement altérée. »
L'aïeul du général Morin, propriétaire à Saint-Domingue, exigeait qu'on fît couler constamment dans sa maison une rivière de café. (Payen, Revue, septembre 18o9.)
« Racine passera comme le café. » On allribue.ce mol à M'"^ de Sévigné, qui se serait trompée cette fois, elle qtii se trompait si rarement. En 1672, elle écMvait à sa lille : « Racine fait des comédies pour la Cbampmeslé, ce n'est pas pour les siècles à venir : si jamais il cesse d'être amoureux, ce ne sera plus la même chose. Vive notre vieil ami Corneille ! » Quatre années après, elle écrit à la même : « Vous voilà l»ien revenue du café ; M"^ de Méry l'a aussi chassé. Après de telles disgrâces, peut-on compter sur sa fortune ? »
Voltaire s'avisa de rapprocher ces deux jugements, et dit : « M'"" de Sévigné cToit toujours que Racine n'ira pas loin ; elle en jugeait comme du café, dont elle disait qu'on se désabuserait bientôt. »
C'est alors que La Harpe, brochant sur le tout, lance celte phrase : « Racine passera comme le café » : et le tour est fait, la piirase est consacrée.
Les protestations n'y font rien, et l'on répétera éternellement que M""'^ de Sévigné a prononcé cette phrase ; mais, quoique la prophétie soit démentie, l'opinion qu'on attribue au célèbre bas-bleu n'en était pas moin? celle de son temps, où le café inspirait les plus injustes méfiances, depuis longtemps oubliées.
Aujourd'hui, le café est complètement réhabilité, et, d'après les ouvrages puldiés récemment par le D'' Petit, et MM. de Gasparin et Payen, le café doit être considéré comme un aliment conservateur de la vie humaine, et dont l'usage fréquent aurait pour elïet de prolonger l'existence dans la proportion de 2o à 30 0/0.
M. de Gasparin a fait une étude spéciale sur le rôle iiygiénique du café. Il a observé que les ouvriers mineurs de la Belgique, qui boivent chaque jour deux litres d'infusion mélangée de 100 grammes de café et de 100 grammes de chicorée, peuvent réduire la ration habituelle de leurs aliments, sans diminuer leurs forces.
Ce fait avait été ol)servé déjà chez les peuples grands consommateurs de café. Qui ne connaît le régime des Arabes, et les abstinences prolongées des caravanes ?
En Egypte, en Italie, en Provence, l'usage du café uoirest fréiiiicnl. et l'on ne sort jamais pour quelque course matinale, sans prendre du café.
C'est par suite de ces observations qu'on a adopté si avantageusement le calé dans la ralion du marin et du soldat en campagne.
Dans les colonies, les grands propriétaires usiniers avaient, depuis longtemps, l'habitude de l'aire de larges distributions de calé aux ouvriers, pour maintenir leurs forces.
Le café et 10 thé ne facilitent pas la digestion, comme on le croit vulgairement : ils ont, au contraire, la propriété de retarder la transformation des aliments dans l'organisme, en les empêchant de brûler trop vite et de laisser les organes vides.
Le docteur Rabuteau, en 1870, a prouvé par des expériences, que le ralentissement de la combustion vitale se manifeste par la diminution d'acide carbonique expiré, la diminution de l'urée, l'alTaiblissement du pouls, qui sont les indices d'une moindre énergie dans la destruction opérée par notre flamme intérieure.
Le thé, le cacao, et surtout le coca, sont doués de propriétés semblables à celles du café.
Ce savant physiologiste pense qu'un homme pourrait vivre plusieurs mois, en faisant usage, chaque jour, de 150 grammes d'un mélange composé de 1.000 grammes de cacao, oOO grammes d'infusion de café, .200 grammes de thé infusé et 500 grammes de sucre.
Ce mélange desséché ne' pèse que 1.500 grammes, et pourrait, par conséquent suffire à l'alimentation pendant dix jours.
Ces idées ont été émises par l'Académie des sciences pendant le siège de Paris, en 1871, et peuvent être appUquées en tout temps^ surtout pour se préparer aux marches et aux fatigues, ou pour s'en remettre et réparer les forces épuisées par le travail.
L'analyse chimique du café démontre, il est vrai, qu'il ne contient aucun des éléments reconnus nécessaires à la nutrition, et M. Payen explique son action sur l'homme dans ce sens, qu'il diminue la somme de déperdition, et rend, par suite, moins nécessaire la réparation. Son usage procurerait ainsi, pour une dépense moindre de forces vitales un produit de forces physiques équivalentes.
Le café, d'après ces observations, arrête en quelque sorte les frais de la vie. 11 agit comme le sommeil, mais en activant l'action musculaire, et produit dans les rouages de la machine une sorte d'arrêt qui nous permet, pour ainsi dire, de vivre gratis pendant un certain temps, de manger beaucoup moins sans dépérir et de prolonger agréablement la veille, sans supprimer la force ni le sommeil. Il a eu outre la propriété de faire ser^ ir aux fonctions de
184 CAG
la vie toutes sortes de matériaux qui, sans lui, seraient encombrants ou jetés au rebut.
— Voltaire, qui usait du calé avec prodigalité, a vécu très vieux.
— On appelle café un lieu public où l'on boit du café. Le plus ancien de Paris fut le café Procope, en face de l'ancienne Comédie- Française. Vinrent ensuite le café de la Régence et le café de Foy, qui n'existe plus.
— Le café-concert, de création récente, a obtenu en 1868 ses grandes lettres de naturabsalion. Il prend même la forme de caféthéâtre.
— Café borgne, petit café mal éclairé : Tenehrkom popina. (Cicéron). Obscuras tnbernas. (Horace, Art jmétiqiie.)
— Latehroai loci. — Latebricolœ : piliers de café.
— Ou nomme caboulot, un café servi par des filles. (V. ordonnance de police 1801. qui exige rpie ces tilles soient*pourvues d'un livret de domestiques.)
Estaminet : Tabagie, café où l'on fume la pipe. Pilier d'estaminet : client de café, n'en bougeant pas plus que le pilier qui en soutient le plafond. (L. Larcliey.)
Cagnard, l'italien caiiis, cbien, ou de l'italien carjna. chienne, qui cherclie la cltaleur comme font les chiens.
Cagnard en langue romane signifie un mur abrité du veut et exposé au soleil.
En Provence, on l'appelle « la cheminée du roi René », parce qu'on s'y chauffe l'iiiver.
Cagnard a aussi signifié chenil.
« Mais en ces voyages, vous serez arresté miséral)lement en un caignard où tout vous manquera. »
— Cagnarder : montrer de la lâcheté, de la poltronnerie.
Donc si quelque honneur vous ixiingt :
Soldars, ne cagnardez point :
Sui\ez les traces de vos pères.
— En Provence, ai^oir la cagne, signifie ne pas avoir le cœur à l'ouvrage, comme largot avoir la /k'mme.
Cagnotte, argent préleAé sur les mises des joueurs, et réservé pour la maison où l'on joue.
Cagnotte est dit pour gagnât te.
La cagnotte, placée dans un petit panier, est qiu^hpielois le lot des joueurs qui gagnent la partie : c'est alors une sorte de tontine.
Quelquefois les giiins de la cagnoltc sont capitalisés, pour être employés à une dépense profitable à tous les joueurs qui y ont contribué. (V. Labiclie.)
Cagot, bas-latin rngoti, cliien de .uotii.
C'est le nom donné, au Moyen-Age, aux Gollis et aux Arabes réfugiés au pied des Pyrénées.
Peut-être vient-il de eff^o?</'e. Rabelais appelle ainsi les moines mendiants qui portaient la cagoule.
On donne aussi le nom de cagol^i dans le Béarn {>.) à des peuplades sujettes au goitre.
— Rabelais (11, 34) fait suivre le mot cayots de escargota, comme si le premier venait du second : c'est-à-dire moines caciiés dans leur capucbon, comme les escargots dans leur cofiuille.
Cahier, carnet, casernet ; du roman cazern, quadern : du latin quaierniis, tableau à quatre colonnes, à cause de la division qiuiternaire des feuilles des manuscrits (ou codicarium ?).
Cahin-caha, du latin qua hinc, qua hnc : de ça de là, de mauvaise grâce.
Cet bomme gaignait sa vie cabin-caba. /;Ralielais.) ■
Cahute, uKun aise butte ; de l'allemand cahue : ou du bollandais cajulL cabine de navire.
Caimand, mendiant; mot très ancien, d'où est xemi caimander ou que mander.
...Ingrate frénésie, Puisque pauvre et caimande on voit la poésie.
(Rkgxier.)
Caïre, mot provençal ; d'où le vieux mot cairel, carreau (?).
Calciner, transformation des pierres en diaux dans les fours, ...ou dans les incendies.
Calculer, du latin calculas, caillou ; diminutif de calx, parce qu'on s'est servi d'aliord de cailloux pour compter, cbez les Grecs et cbez les Romains.
Calé, ricbe (expression populaire).
Ce mot est pour écalé, de écale, l'écorce de certains fruits, spécialement de la noix.
De même cossu de cosse, tégument de certains légumes.
Littré le fait venir plus probablement de caler, consolider au moyen d'un appui.
Calemar, mollusque assez scmlilcible ;i la seiche, dont il diU'ére parce qu'il n'a pas d'os dans le dos.
On l'appelle aussi cornet, à cause de sa l'orme.
En provençal touléno.
Le nom vient du latin ca/a/nariii.<;, encrier, parce qu'il a comme la seiche, une poche pleine d'un liquide noir (sepia).
— Le calemar, nom ancien de l'encrier, vient du latin cala mus, roseau à écrire : c'était un étui qui contenait à la fois la i)outeille et les plumes.
Calembour, du nom de l'alilié de Calemherg, personnage plaisant des contes allemands.
Au xvie siècle, on disait équivoque. Jeu de mots se ressemblant par le sou, ditîérant par le sens.
Ainsi le marquis de Bièvre, équivoquaut sur le mot serein, disait que « temps était hou à mettre en cage ».
— Les calembours dégénérèrent aisément en bouffonneries insipides. Ils furent en grande vogue à la fin du xviir' siècle. Le marquis de Bièvre se fit un nom par sa facilité en ce genre. Yohaire. à son retour à Paris, en 1778, fut choqué de l'abus qu'on faisait du calembour, qu'il regardait comme un fiéau de la conversation. Delille TappeUé « l'esprit des sots » .
Calendes, latin calendœ de calare: en grec kalein, appeler.
Le jour où, à Borne, on convoquait le peuple, et où les prêtres annonçaient la nouvelle lune. C'était, ciiez les Bomaius. le premier jour du mois.
Les Grecs ne connaissaient point les calendes. C'est pourquoi renvoyer quehpruu aux calendes grecques, équivaut à lui répondre : jamais.
Auguste, dit Suétone, au sujet de certains débiteurs devenus insolvables, dit qu'ils paieraient aux calendes grecques : Ad calendas rjrœcas soluturoa ait.
L'arrest sera rendu aux prochaines calendes grecques. (Babelais.)
Calendrier, de kalendarium.
Avoir droit au calendrier : avoir Ijeaucoup soulïert, comme les martyrs qui y figurent.
On dit d'un grand dEspagne, qui a ordinairement beaucoup de noms : « Ce n'est pas un homme, c'est un calendi-ier. »
Béformer le calendrier : critiquer tout ce qui est étalili.
— Le calendrier a été inventé eu Egypte 3.300 avant J.-C.
— Le calendrier grégorien, qui dalc de 1282, esl un assemlilage Ilizarre et incohérent de paganisme et de rliristianisme, qui va jusqu'au grotesque.
Ainsi, le nom des jours de la semaine esl consacré en mémo temps à une divinité païenne et à un saint. Lundi, jour consacré à la Lune, à Vesta et à sainte Sophie; mardi, fête de Mars et de... saint Jac(pu^s, etc.
Quant aux mois, ils portent aussi des noms de divinités païennes ou d'empereurs romains, ou des noms de nomln^e en désaccord avec la place qu'ils occupent. Ainsi septemhre, c'est-à-dire le septième mois, se trouve le neuvième; octoitre. novemhre et décemhre sont au 10^, au ^l^ au 12'^ rang.
— Le calendrier républicain date de. la fondation de la République française, 22 septemhre 1792.
L'année y était divisée en douze mois, d'une durée égale de trente jours, après lesquels venaient cinq jours appelés « sansculottides », et plus tard « complémentaires ». (18-22 septembre.)
Chaque mois se divisait en trois décades, dont les jours s'appelaient : primidi. (piintidi, décadi.
Vendémiaire 23 septembre. . . 30 jours.
Automne. ... Brumaire 23 octolire 30 »
' Frimaire 22 novembre .. . 30 »
1 Nivôse 22 décembre ... 30 »
Hiver j Pluviôse 21 janvier 30 »
( Ventôse 20 février 30 »
i Germinal 22 mars 30 »
Printemps . . j Floréal 21 avril 30 »
( Prairial 21 mai 30 »
/ Messidor 20 juin 30 «
ÉTÉ Thermidor 20 juillet 30 »
( Fructidor 19 août 30 »
Jours complémentaires 5 »
3Go jours.
Calepin, de Calepin (Antoine), moine minime itahen de l'ordre de saint Augustin, auteur d'un dictionnaire polyglotte. Cet ouvrage eut une si grande vogue, que le nom de l'auteur est devenu appellatif, et qu'on dit un calepin pour un recueil de notes, d'evti-aits qu'une personne a composé pour son usage.
Calfat, de l'arabe kalfata, bouclier, fermer. Autrefois gallefretler : Anciia Marciuf! gnllefretier. (Rabelais.) La réponse vous contentera, ou j'ai le sens mal pallefreté. (Rabelais.)
Caliban, i>énie malfaisant emprunté par Sbakespeare aux léi^endes écossaises.
C'est une alléaorie de la force brutale en réijellion contre l'intelligence.
Homme dilTorme et mécbant.
Calicot, de Calirut, ville sur la côte de Malal)ar. Tissu de coton : de même que madapolam a pris son nom d'une autre ville de l'Inde : mots faits comme cachemire.
— On appelle calicot, un commis de magasin de nouveautés. C'est le nom d'un personnage du vaudeville de Scribe joué en
1817 : le Combat, des Montagnes.
Câlin, méticuleux (gnan-guan).
Câliner, vivre dans l'indolence, est dit pour caniner, de canis, cbien ; ou peut-être du grec kalein (?).
Calino, niais. Nom d'un personnage de vaudeville (I808), dont l'extrême naïveté a fait un type. (Voy. Jocrisse.)
On trouve dans Tallemaut des Réaux le mot câlin dans le sens de naïf, niais.
— Calino-Pitou se fait lire par un camarade une lettre de sa « payse » et lui boucbe les oreilles pendant la lecture, pour qu'il ne puisse en entendre le contenu.
Calme, de l'espagnol calma, le cbaud du jour, qui est le moment le plus calme.
S'oppose à agitation.
Synonyme : -paix, tranquillité. On a la tranquillité en soi-même, la paix avec les autres, le calme après l'agitation.
Calme comme l'buile. comme la Méditerranée. Oleo tranquillior. (Plante.)
Le calme est la plus grande des forces de la nature, c'est celle qui produit. L'agitation, c'est l'orage, qui dérange et bouleverse. (G. Sand, Château des De'sertes.)
Le calme est la grande loi de la nature ; ce qui est violent ne peut durer, car l'etTet de la violence est de tout détruire : une nuit d'anarcbie est plus funeste que cent ans de tyrannie.
CÂM 189
La mer est riinage des .yrandes àiiies : quelque a.uitée qu'elle paraisse, le fond est toujours caluie. (Cli. de Suède.)
Le calme qui régnait à Varsovie, sous la Restauration, était le calme de la mort..., la paix terrible de la servitude.
— Les anciens avaient empreint le calme sur le front de la divinité, comme son plus bel attril)ut.
Calomnier, du latin rahunnia.
Le sens de ce mot se confond avec celui de hhisphème, qui vient de blaplô, blesser, phêmé, réputation : d'où aussi déblatérer (?).
— Le nom que l'on a donné, en grec, au diable, a le sens de calomniateur : diabolos.
— Calomniez ! calomniez ! il en reste toujours quelque cliose. Beaumarchais {le Barbier), a pris cette pensée du traité de Bacon :
De la dignité et de l'accroissement des sciences. (VIII, 2.) : « Va, calomnie hardiment, il en restera quelque chose. »
— La calomnie est un charbon, cpii noircit ce qu'il ne brûle pas.
— Dans la loi du 17 mai 1829 le mot calomnie a été remplacé par celui de di/jamation.
Calorie, unité de chaleur: quantité de calorique nécessaire pour élever d'un degré la température d'un kilogramme d'eau distillée.
Calotte, petit coup sur la tète. (Rabelais, Pantagruel. III. prol.) C'est une tape amicale et inotfensive. Sorte de parodie du vieux
mot escoffion, mauvais coup, venant ^escoffier, italien scof/ia,
coiffe : donner un coup sur la tête, tuer.
Calvinisme, doctrine de Calvin, qui soutient (pi'il n'y a d'autre règle de foi que l'Ecriture, et nie la présence réelle dans l'Eucharistie.
Camaïeu, sorte d'onyx oriental de deux conleurs : d'où camée. Peinture monochrome ; de l'hébreu camehuia, onyx.
Camail, arme défensive de tète {cap de maille). Capuchon en mailles de fer qui recouvrait la tète et le cou. et complétait la cotte de mailles.
Camarade, du latin camp/'ff, chambre: terme d'origine militaire. Camarade de collège. (Voy. copain.)
Camarilla, coterie de personnes qui approchent le prince. Diminutif de camara, chambre, en espagnol.