‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 124 sur 336 · I.EC.,AM · texte numérisé non relu

I.EC.,AM

Chômer, jadis chnulmer: de cala/nus, cliaunie, lieu où les paysans se reposent (ou de calme).

En provençal calamn, calanque, petit port alirité.

Chômer et ftHer, sont dits pour chaumer et faUer (?). c'est se réunir autour du foyer.

Avant le saint ne eiiùnions point la fête.

(FABr.E dT..;i.., IntrUj.)

Chopine, du latin rupina, petite coupe : allemand f;r/ioppe)i (chope) : d"où aussi golielet pour copelet.

— Gliopiner : l»oire lieaucoup : hoire pinte sur chopine. La chopine valait une demi-pinte.

...Puis demanda qu'on le feist chopiner tliéoloualemeut. (Ra hélais.)

Chose, de causam (qui a donné aussi rame).

Désignation indéterminée de tout ce qui est inaniiné. (Litti'é.)

— Chose, sans article, sert à désigner un homme dont on ne sait

pas le nom : Monsieur Chose, comme on dirait : un particulier, un

quidam, un individu.

Il faut rire de tout : aussi bien ne peut-on Clianger t7io.se en Virgile ou liien \'nutre en Platon.

Chose se cliange en machin lorsqu'on veut désigner un olijel inanimé, dont on ne trouve pas tout de suite le nom.

Ma sœur, faites-nous donc ce machin au fromage.

(Adgier, tra/irif/lfi.)

— Etre tout chose : éprouver un malaise qu'on ne peut défniir, être tout ennuyé.

— C'est la même chose, unum et idem, honnet hlanc et hianc bonnet.

— Chose signifie aussi égards : « Si tu avais la moindre chose pour moi, tu n'agirais pas ainsi. » ^

Ou : audace, front, impudence : « Ce gredin a eu la chose de me traiter de la sorte. »

Il signifie encore interdit, sot : « Mademoiselle, v'ià que \ous me rendez tout chose. » (Restif.)

25() GHO

— Ma sainte te ressemble, n'est-ce pas, Nini ? — Plus souvent qne j'ai lin air chose comme ca ! (Gavarni.)

Chou, du celtique coirl , légume; latin cnulem : provençal ranl.

— C/ioii, terme d'amitié donné aux petits enfants : mon petit cliou.

— Dans le Berry, le chou Ijoure, comme l'euihlème de la fécondité dans le mariage, aux réjouissances des noces.

D'où la locution berrichonne : Vertuchou, la ijelle noce !

Cette croyance populaiie a sans doute quelque rapport avec l'explication pudique donnée aux petits enfants quand ils font sur leur origine des questions embarrassantes.

— Choii-hlanc, se dit d'une chose qui n'a pas réussi : « Ce cliasseur a fait chou-blanc. »

Chou semble être alors pour coup. (Yoy. fiasco.)

— Chou pour chou, Aubervilliers vaut bien Paris. Aubervilliers est un village de la plaine Saint-Denis, où l'on

cultive l)eaucoup de choux.

— Faire ses choux gras : « Si tu savais comme je lis mes choux gras. » (Rabelais.) Bons profits.

— Béte comme chou. Cette locution nous vient des Napolitains, chez lesquels un cavolo est un sot, un iml)écile. CaDoleiare, rendre chou, omhèter.

— enrôler, dit Génin, a fait chez nous voler, parce qu'il y a toujours manque d'esprit à se laisser voler, à être dupe, et que voler est du français moderne. Avant le.xvii^ siècle, on disait rober, desrober et larronner.

Le surnom de choucroute, qui signifie chou à tète, chou pommé, donné aux Allemands, renferme la même idée. Chou colossal. (Yoy. réclame.)

— En faire des choux et des raves: disposer d'une chose à

son gré.

Qu'il en fasse des clioux, des raves, Disaient quelques-uns des plus braves.

(ScARRON, Virijilfl ti-dventi.)

— Il a été trouvé sous un chou : on ignore son origine.

— Bon à ramer des choux : bon à rien. On ne rame pas les choux, parce que ramer c'est soutenir les plantes grimpantes avec des rames qui leur servent de tuteurs.

Planter ses clion\ : quitter les alVciires pour vivre à la campagne.

0 rus, qanndo er/o te adspkimn ?

(HoRACF., Sat. 6 An liv. II.)

(0 ranipaone, quand te reverrai-je ?)

Bettlus illc, qui procul neijotii-s, rt prixcii ijens mortnlium, Palentd rura IjoIjus e.iercel -suis!

(HonACE.)

(Heureux qui, loin du monde, et semhlalile aux premiers mortels, lal)Oure l'Iiéritage paternel avec des bœufs à lui !)

— Dioclétien a indiqua l'empire après vingt ans de règne, et se retira à Salone, sa patrie, où il cultivait son jardin. Lorsque les députés du Sénat vinrent l'inviter à reprendre le pouvoir, il leur dit, en leur montrant des choux qu'il avait plantés : « Voilà mes nouveaux sujets. »

Chouan, est dit pour chat-huant.

Ce nom fut donné aux royalistes vendéens qui s'insurgèrent contre la République, en 1793. Chat-huant se prononce ainsi dans le patois vendéen, et le cri de ralliement des blancs était le cri de la chouette. (Le mot se trouve dans Ronsard.)

Chouannerie, guerre à la façon des Chouans, par emlmscades.

Chrétien, du latin christianum : provençal Christian : en grec khrisfos : de Christ, oint, consacré par l'onction sainte.

Homme qui fait profession de croire en J.-C. et de pratiquer sa doctrine.

— Le christianisme est une idée : par conséquent il est immortel. Depuis dix-huit siècles, il est un bienfait pour l'iiumanité ; il a avancé la civilisation en aiïail)lissant les forts et en donnant de la force aux faibles, surtout en répandant une immense consolation parmi les hommes.

— Chrétien est pris quelquefois sulïstantivement, et dans un sens absolu, pour homme : « Il n'y a pas un chrétien capable de soulever cette pierre. »

— On appelle « étoulïe-chrétien », une pâtisserie indigeste.

— Parler chrétien, c'est parler la langue du pays où l'on vit. Les gens qui emploient cette locution diraient du pape lui-même,

s'il ne parlait pas leur langue, qu'il ne parle pas chrétien. Par la vertu-bieu ! elle ne parle pas Christian. (Ral)elais.)

2o8 CÏC

Il faut parler rlirétien, si vous voulez qu'on vous entende. (Molière.)

Parlez-nous Christian, mon aniy. ou lan.iiage patelinois. (Rabelais.)

Christophe, du grec khristos, plien). Patron des portefaix.

— Saint Christophe de Pàques-lleuries : un àne. C'est un âne qui a porté J.-C. le jour de son entrée à Jérusalem, que nous appelons dimanche des Rameaux, ou Pàques-lleuries.

— Pironfit l'épigranime suivante contre Christophe de Beaumont, archevêque de Paris, qui refusait l'extréme-onction à ceux qui étaient suspects de jansénisme :

Saint Christophe, do taille et gigantesque et forte, I\irtait et reportait, nous dit-oa, Jésus-Christ ;

Mais le Christophe de Paris Ne veut ni le porter ni souffrir qu'on le porte.

Le poète Théophile dit au duc d'Uzès, qui oltrait de le porter, c'est-à-dire de le protéger :

Monseigneur, je vous remercie :

Tant d'honneur je n'ai mérité.

Et, si de vous j'étais porté.

On me prendrait pour le Messie.

Chrysocale, du grec /./inisos, et khalkos, cuivre : ou lùen plutôt de kalos, J)eau : beau comme l'or.

Alliage qu'on emploie à la confection des bijoux faux. Il se compose de zinc 6, étain G, cuivre 88.

Chut, onomatopée, comme chuchoter. Interjection pour imposer silence.

Aiirès que la reine a dit : cliul !

Ciiacun prit un siège et se tut.

'ScAiiRON, Virgile travexti.)

Ci, pour ici, adverhe de lieu.

Ciboule, du latin cœpuln, petit oignon.

Provençal ceho, d'où cipolin, à cause de l'apparence foliacée de

ce marbre.

Marcliaud d'oignons se connaît en cihoules.

Cicérone, forme itahenne du nom de Cicéron.

Ce nom a été choisi pour désigner une fonction qui exige une certaine faconde.

On sait que le nom de Cicéron vient de cicei\ pois chiche ; le célèbre orateur, ou un de ses aïeux, ayant sur le nez une verrue.

C'est de même (pie Pison vient ûe pisu>;, pois: Fabius de faba, fè\e.

Cffi 251)

Cid, riiez les Maures d'Espaone signifiait chef, commandant. Aralie. caïd.

C'est le nom qui fut donné au xi** siècle à don Rodrigue Diaz, pour ses exploits, et que Corneille a popularisé par la pièce ainsi intitulée.

Cette tragédie eut un si grand succès, que Pellisson, dans son Histoire de l'Accidémie, dit qu'il était passé en proverbe de dire, pour témoigner son admiration d'une chose : « C'est beau comme le Cid. ).

On dit aussi : Brave comme le Cid.

Cide, du radical latin rœdo, couper, tuer.

A servi pour la composition des mots : homicide, suicide, parricide, fratricide, et même vintricideij), mort causée par un accident de chemin de fer. (Néolofjismes, 1867.)

Ci-devant, locution adverbiale ancienne, qui équivaut à précédemment, auparavant.

La Révolution de 1793 a compromis ce terme en l'employant sulistantivement pour désigner une personne : un ci-devant (noble). Les nol)les avaient été dépouillés de leurs titres par un décret de la Convention.

Ciel, du latin cœlum ; en grec koi/os, creux, concave.

De là les expressions : la calotte des cieux. la voûte céleste, azurée, éthérée.

Cnvernœ cœli. (Lucrèce.)

Les poètes appelaient aussi le ciel : l'empyrée (du grec empuros, de feu), le firmament.

— Etre au troisième, au septième ciel ; c'est-à-dire très heureux.

Diijito culum attin(/ere.

(HOHACE, Cicicno.N.)

On dit de même : être aux anges.

— Les anciens avaient imaginé sept ciels, pour expliquer les mouvements des sept planètes : la Lune, Mercure, Vénus, le Soleil, Mars. Jupiter et Saturne. Un huitième ciel, ou tirmament, portait les étoiles fixes.

Ptoléinée en ajouta un neuvième qu'il appela u le premier mobile », donnant le mouvement aux astres.

Alphonse en imagina deux autres : « l'empyrée » et « le séjour des dieux » .

Entln, Eudoxe a admis 23 cieux, Aristote 47, et Fracastor 78,

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