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Les Pères de l'Eglise, expliquant littéralement les passages de l'Écriture : cœli cwlorum, crurent à l'existence de plusieurs cieux.
Saint Paul se sert de l'expression de troisième ciel, et nous disons dans Foraison dominicale : « Notre Père qui êtes aux cieux. »
On concevait alors les différents cieux comme des hémisphères concentriques qui venaient s'appuyer sur la terre. Celle-ci était plate; le ciel formait une calotte solide, au-dessus de laquelle était le réservoir des eaux célestes.
On comptait, en théologie mystique, neuf ordres de cieux, pour atteindre la Jérusalem divine.
Saint Paul l'ut ravi au septième ciel pendant l'extase de sa conversion.
Béda énumère : Aët\ Œther, Olympus, Spatium if/neu7n, Firmamentuni, Cœlum angeloriim, Cœlum trinitatis.
Hahan Maur les nomme : Empijreiim, Cœlum aquarum, Firmamentum, Spatiutn Igneuni, Olympuni, Cœlum œtliereum, Cœlum œreum.
L'ahsurde autorité de ces opinions, soutenues pied à pied, comme orthodoxes, ne disparut que devant l'évidence des faits et des découvertes de Kepler, d'Huyghens et de Newton.
— Selon Mahomet, il y a sept cieux ou Paradis.
Le septième est un jardin déUcieux, peuplé de iiouris, fdles si douces et si belles, que, si l'une d'elles avait craché dans la mer, l'eau n'en aurait plus d'amertume.
Les croyants seront les époux de ces houris, qui, malgré des jouissances et des plaisirs continuels, seront toujours vierges.
L'enfer consiste dans la privation de ces plaisirs, et dans quelques peines qui Uniront un jour. (Voy. VAlcoran.)
— Si le ciel tomi)ait, il y aurait bien des alouettes prises.
Si lès nues chéoieut, les aloes sont toutes prises, (xv^ siècle.) Toutes fois ou dit que les alouettes grandement redoubtent la
ruine des cieulx, car les cieulx tombans, toutes seroient prinses.
(Rabelais, IV, 17.)
Quid, ai nanc cœlum ruai ?
(Tkhk>cf, //raiitonti/noroumenos, IV, 3.)
— Les anciens supposaient que le ciel était d'une matière solide, soutenu par les épaules d'Atlas. De là le nom de firmamentum.
Les Gaulois croyaient aussi à la possibilité de la chute du ciel: leurs envoyés répondirent à Alexandre qu'ils ne craignaient qu'une
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chose, que le ciel toin])àt ; et encore ils se seraient eiïorcés de le soutenir de leurs lances.
Cierge, du latin rereum, de cire.
L'usage de faire brûler des cierges dans les cérémonies de l'Eglise et devant les images des saints, se rapporte naturellement à la nécessité où étaient les premiers chrétiens d'éclairer les catacombes où ils s'assemblaient.
— Cierge pascal, que l'on place dans le chœur, le samedi saint, et qni est allumé avec le feu nouveau.
— Le Concile de Nicée, en arrêtant la date de Pâques, d'où dépendent toutes les fêtes molùles de Tannée, prescrivit d'écrire le catalogue de ces fêtes sur un grand cierge ou colonne de cire.
C'était, en efïet, l'usage, chez les anciens, d'écrire sur la cire les clioses éphémères, tandis qu'ils gravaient sur la pierre ou l'airain les inscriptions destinées à durer.
— Il doit un beau cierge à son patron : il l'a échappé l)elle.
— Louis XI otTrait, aux chapelles des saints où s'opéraient des miracles, des cierges pesant cent et même cent quarante livres. (A. Monteil, Le Courtisan.')
Cilice, latin cillcliim, étotïe en poil de chèvre de Cilicie. Ceinture de crin que l'on porte sur la peau, par mortification. Se couvrir du cilice : faire pénitence.
— Aristote rapporte {Histoire des animaux, liv. YIII, chap. 28) qu'en Cilicie on tondait les chèvres, comme ailleurs les brebis-.
— Les Hébreux se couvraient du cilice. Les Septante appellent ces vêtements des « sacs », et saint Jérôme traduit le mot hél)reu par clllclum.
Saint Jean {Apocalypse YI, 12) dit que le soleil devint noir comme un sac de ciUce :
Sol factus est nii/cr, lanquam xuccus cilicinus.
Ciment, du latin cœtnenluvi, de cœdere, casser.
C'est avec des pierres et des briques pilées que l'on faisait le ciment, ou mortier hydraulique, susceptible d'acquérir une très grande dureté.
D'où la locution -à chaux et à sal)le (ou à ciment).
Calce et arena. (Vitruve.)
— Au llguré : cimenter des relations d'amitié.
Etant à lui par Innu'iu'C Conjointe à chaux ot à cinicnl.
(ScMiKo.x, Virr/ile Irafcsti.)
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Cingler, autrefois slngler, de sigle, voile ; plulrU que de scbidere.
Il ne faut pas le confondre avec chu/Ier. identique à sangler, qui vient de cingere.
Cinq, le seul mot français, avec coq. qui se termine par un q.
Anciennement cinc :
Passât sont cinc mes c an an ! (R. de Mira val.) Il y a cinq mois et un an !
— Cinquième se disait quint, resté dans Charles-Quint.
On retrouve aussi le radical quintus, daus quinte au piquet, et dans quintessence (cpiinte essence).
Cippe, fût de colonne, dépourvu de hase et de chapiteau (latin rippus), sur lequel on gravait autrefois des inscriptions funèhres, et que Ton plaçait sur un tomheau.
Circonstances atténuantes. La loi, très humaine, du 28 avril 18.32, donne au jury le pouvoir d'accorder des circonstances atténuantes.
Cette loi, qui ajjaisse d'un degré la peine encourue pour un crime, est une porte de sortie pratiquée dans la conscience du jury.
C'est une expression malheureuse et révoltante dans son hmnanité. Ne saurait-on la remplacer par une autre qui mît un peu plus de décence à adoucir les dernières rigueurs de la loi, et qui permit aux douze jurés, qui jugent leur seml)lahle devant Dieu et devant les hommes, d'exprimer leur répugnance à infliger la peine capitale, sans mentir à la justice et à l'évidence; sans employer un langage qui fausse à la fois la conviction de ceux qui parlent et de ceux qui écoutent, et qui paraît faire pactiser l'indulgence avec l'impunité?
Ciron, nom que l'on donne à certains animalcules.
Le ciron a servi longtemps de type pour désigner l'inliniment petit, et la limite extrême du règne animal; mais, depuis l'invention du microscope, on a découvert des infusoires plusieurs millions de fois plus petits que le ciron.
Depuis le ciron juscpi'à l'éléphant: du cèdre jusqu'à Ihysope.
Cirrus, du latin cirrus, houcle de cheveux. Nuage ressemhlant à une tontïe de cheveux crépus, ou de plumes. Il se tient à o.OOO mètres et plus au-dessus du sol. et annonce le vent.
Civet, autrefois cive ; de cive ou civette, espèce d'ail qui dominait autrefois dans ce ragoût.