‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 130 sur 336 · COM · texte numérisé non relu

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Atlios en une statue qui tiendrait d'une uiain une ville peuplée de 10.000 habitants, de l'autre un fleuve.

— La statue colossale de Saint-Charles-Borromée, sur le lac Majeur, a 21 mètres de haut . Elle est en cuivre repoussé.

— La statue de Notre-Dame de France, par Bonassieux, érigée sur le mont Corneille, près de la ville du Pu y, a 20 mètres GG de haut ; elle est en fonte et pèse 100.000 kilos.

— La statue de Notre-Dame de La Garde, à Marseille, par Lequesne, placée en 1870, a 10 mètres de haut. La hauteur de la colline est de IGo mètres, celle du clocher de 45 mètres. Soit au total 220 mètres au-dessus du sol : on l'aperçoit à dix lieues en mer. Elle est en bronze doré (galvanoplastie Christophle.)

Combat, du latin batuere, hattre, cum, avec. El le combat finit faute de coniikittants.

(Cohnem.i.e, Cid.)

Combien, pour comme bien.

I<'i. bien signifie beaucoup comme dans les locutions : bien des gens : je vous cause l)ien de l'embarras.

Combinaison, ou permutation, en mathématiques, consiste à arranger un nombre dans toutes les formes qu'il peut prendre.

Les combinaisons du vers suivant peuvent se faire de mille vingt-deux façons : -

Toi tibi sunt dotes, virgo, quoi sidéra eœlo.

Prestet a trouvé que les combinaisons des 24 lettres de l'alphabet peuvent former un nomlu'e de mots exprimé par l'unité suivie de 24 chiffres.

Comble {cujnulum, ou verbal de cumulare).

Le comble est la charpente du toit, le point culminant.

Servius le fait dériver de calamus, chaume, dont on couvrait les maisons.

Combler, c'est remplir jusqu'au bord.

Comédie, du latin comcedia. traduction du grec kôm<jdia, qu'on dérive de ôdé, chant, et kô?né, bourgade, ou kÔ7nos, festin, orgie.

Thespis et les premiers comédiens jouaient leurs essais dramatiques dans les bourgades.

— Autrefois, comédie était le nom générique des représentations dramatiques : aujourd'hui, ce mot désigne spécialement les pièces du genre comique.

M"'e de Sévigné dit encore : « J"ai été à la comédie «, quoiqu'elle ait assisté à une représentation tragique.

Une ample comédie à cent actes divers.

(La 1"o.ntai>e.)

La comédie française est une gracieuse personnification de la force intellectuelle (?).

— Tout le monde joue la comédie : Unirersus mundiis exercet hislrioniam . (Pétrone.)

Chaque homme, en efîet, atîecte un air et un costume particulier, de sorte que la nature semhle distrilnier elle-même les r(>les à chaque personnage de la comédie immaine.

— Il y a dans chaque pays un certain norahre de spectacles populaires qui, tout en étant d'un genre très secondaire, représentent exactement certains instincts nationaux.

Tels sont, par exemple, les marionnettes, les pantomimes, les jeux de force et d'adresse, les saynètes espagnoles, les vaudevilles français, les Pupazzi, de Brescia, etc.

Comédien. Le Concile d'Arles (31o) déclare les comédiens excommuniés.

La profession de comédien était infâme chez les Romains, et lionorahle chez les Grecs.

Chez nous, on a pensé longtemps des comédiens comme les Romains, et vécu avec eux comme les Grecs.

— Mauvais comédien: hateleur, haladin, lioutTon, caliotin. histrion, jongleur, paillasse, saltimhanque, turlupin.

— Comédien se dit, au figuré, d'un homme hypocrite, dissimulé, qui, dans des vues intéressées, feint des sentiments qu'il n'a pas, ou ciierche à donner aux autres une fausse opinion de son mérite.

Comète, du latin cometa, grec komètès, astre chevelu.

Les comètes, que les Précieuses appelaient les « interprètes du courroux des dieux », étaient, selon la tradition antique, des présages funestes, le signe d'un grand malheur qui menaçait le monde.

Dans les temps modernes, elles prédisent de honnes vendanges, qui apportent des consolations au lieu de calamités.

Diri cometœ. (Virgile. Géorgiqiies, I. 488.) Comètes de mauvais présage.

— Au dire de Ménage, de son temps, on a heaucoup disserté si le mot comète était mascuhn ou féminin, et un plaisant dit qu'il

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fallait regarder sous la queue, pour savoir si elle était mâle ou femelle.

Rabelais (IV, 27) emploie comète au luasciiliu. tandis qu'il le fait féminin (au Liv. I, cliap. 111.)

Comique. La célèbre troupe conii(pie du Palais-Royal était si parfaite, vers 1850, que les médecins y envoyaient les bypocondriaques pour s'y guérir.

Grassot, Ar. Tousez, Bardou, Lbérilicr, Levassor, etc., ont fait, pendant vingt ans, les délices de Paris.

Un jour, J. Janin, dans le feuilleton des Débai.s, trouva la note juste en les appelant de « sublimes butors ».

— Les acteurs comiques qui réussissent le mieux à faire rire le puldic, sont presque tous d'un caractère triste et mélancolique. Gela rappelle celte figure d'A. Préault, dont le masque joyeux, à demi soulevé, découvre un visage sillonné de larmes.

Yillars, du Gymnase, à Paris, elGriffitb, le célèbre paillasse de Londres, se sont tous deux suicidés, en 1856.

Arnal (mort à Genève en 1872), cjui n'a jamais joué que des rôles de poltrons, était dans sa jeunesse un ferrailleur. Élevé dans les pupilles, et plus tard dans la jeune garde, il avait été surnommé le « bourreau des crânes ». Arnal fut, pendant plus de quarante ans, un comique tout à fait bors ligne. C'était, à la ville, un esprit inquiet, cbagrin, presque misantbrope, recliercbant la solitude. Après avoir fait la joie de ses contemporains, il mourut de spleen.

Commander, du latin commendare.

Pour bien commander, il faut savoir obéir : « Maniez la rame avant le gouvernail. »

Ne sers pas qui a servi, et ne commande pas à qui a commandé. Les puissants commandent, les gens d'esprit gouvernent. (Uuclos.)

Comme, conjonction ; du latin quomodo, de quelle manière.

Commencer, de cum Inltlare, dérivé de inifium. Ghose bien commencée est à demi aclievée. Barl)e l)ien étuvée est à demi rasée.

Qui i)ien commence, bien avance.

Co quo je sais le mieux, c'est mon (•(imnn'iiromont.

(Racine. Pl.iideuis.)

Le commencement est la moitié du tout. (Ual)elais, lY, 3.)

Diinidihin fnrti qui lienc cirpil /uihrl.

(((vu,,.:.)

Commerce, du Intin ronunerriunu de mer:i\ iiinrfliandise : éciiiin.u'o de iiiiircliiindises.

A merx, mercla, correspond Merciwii/s. Mercure était le dieu des marchands (et des voleurs). On le représente avec des ailes aux talons. (Yoy. 3Iei'cure.)

— Dans l'ancien français, marrJtandisp se disait pour commerce.

— Dans le commerce, la loyauté se complète par Tliabileté. La loyauté sans l'habileté, c'est le volé : 1 "habileté sans la loyauté, c'est le voleur. (Em. de Girardin.)

— Certaines maisons de commerce pourraient prendre pour enseigne : maison d'escroquerie.

— Ou dit aussi, au figuré, d"une personne bien élevée, qu'elle est d'un commerce agréal)le.

La vie sociale est, en effet, un commerce dans lequel on échange de bons procédés, ou, pour le moins, des poUtesses, car la politesse est la monnaie la plus recherchée dans les relations mondaines.

Pour un bienfait reçu, on dit : Je vous rends grâces : c'est-à-dire : mes bonnes grâces, ma reconnaissance, mon amitié, vous sont acquises en éciiange de vos bienfaits. •

Balzac a dit : « Les hommes font entre eux un commerce de services : le mot reconnaissance indique un débet. »

— La gloire s'achète au prix du bonheur ; le plaisir au prix de la santé; la faveur au prix de l'indépendance. Le soldat achète de l'honneur avec du courage ; l'ambitieux obtient des distinctions et de la fortune au prix de sa liberté, et quelquefois de son honneur : le sage acquiert du bonheur en échange de la vertu : l'amour et l'affection sont payés par le dévouement et la sympathie : tandis que les procédés égoïstes et haineux ne reçoivent que le mépris et la vengeance.

— Le commerce le plus lucratif a toujours été de vendre du plaisir, de l'espérance et du bonheur : c'est celui des femmes, des prêtres et des rois.

Commis, latin commiasum, mis à la tète d'une affaire.

Commis de boutique : courtaut.

Commis d'octroi : gabelon.

Commis des droits réunis : rat-de-cave.

Commis-voyageur : chevalier errant de l'industrie.

Commode, adjectif, du latin commodum, d'un usage facile.

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