COI
L'absence n'atïaiitlit pas lamilié: elle n'agit que sur les passions lirùlautes. comme ramoiir et la haine.
L'absence est à ramour ce (ju'cst au feu le vent, Elle éteint le petit et rallume le granit.
(B. R.MirilN.)
Coffrer, mettre en i)rison, de coIVre, cop/iinnm. Ton affaire allait bien, le drôle était coffré.
(Moi.iKKE, Etourdi.)
Cognée, du latin cuneus, coin (caneafa.)
Aller au l>ois sans cognée : vouloir la lin sans les moyens.
Jeter le manche après la cognée : al)andonner une affaire par
dépit.
Coi, de qniedim, tranquille : jadis qiioL (juolsier, arcoiscr.
Les mots savants correspondants sont : quiétude, inquiet.
inquiéter.
Si Aulontiers se tenait ([noy.
Je vous dirai raison pour(iuoy.
Enfin la rutneur commença un peu à se racoiser. {Satire Ment ppée.)
Coiffer, de. coi /[e, du grec kép ha l c (l), on dn hiiiû allemand hnppha, mitre.
Haltillement. ajustement de la tète.
11 est né coilïé : constamment heureux. Allusion à la memhrane appelée coiffe, qui enveloppe la tète des enfants au moment de leur naissance, et qui a été regardée dans l'antiquité comme un présage de honiieur.
Être coitïé d'une personne, d'une opinion : en être engoué. (Voy. c'est la cociueluche du quartier.)
Coin, du latin cuneiim : grec gônia, angle. Marqué au bon coin : qui possède d'excellentes qualités. Toi, ffui sais à (luel coin se marquent les bons vers.
(BUM.LA.-.)
Dans ces locutions, coin est pris dans le sens de la matrice qui sert à frapper les monnaies, et du poinçon dont on marque les hijoux.
Coing, du latin cydonia : provençal codoing. Si l'estomac pouvait crier, il dirait : coing ! coing ! c'est-à-dire que le coing est un fruit excellent pour l'esloniac.
Colère, du grec kholê, bile; latin choiera.
On appelle un homme colère : grognon, grincheux, quinteux.
On dit encore que c'est un m«, un hérisson.
Quand il est en colère, il semble vouloir sortir de sa peau.
La moutarde lui monte au nez.
Il est dans ses états !...
Colères Itlanclies : très violentes. On rougit do honte, on pâlit de colère.
On dit cependant : se lïichcr tout rouge : et aussi des colères bleues, par allusion à la teinte que prend le visage, quand nue vive émotion y fait afiluer le sang.
//•(( ^nrnr brcna est.
(Horace.)
La colère est une courte folie.
Ira, ni ait Ennim, at iniliuin ins(in)(v.
(CicKiio.N, Tiisvii/rine,i.)
Craignez la colère de la colombe : la colère rend cruels les gens les plus doux.
La fourmi aussi a sa colère : f?iesf et formicœ bilis.
Quoique votre ennemi ne paraisse pas plus qirune fourmi, craignez-le comme un éléphant. (Max. orientale.)
Les Italiens disent : « Garde-toi du vinaigre fait avec du vin doux. »
Nil cM super iram muiieris.
[Efclés., XXV, 2:j.i
XntuDiquc furcns qnjd fcinina possit.
(Vllii.lLE, V, 6.)
Ce que Corneille a traduit :
Sais-lii liiea co que peut une femme en fureur ■?
— C'est la colère du père Duchèiu>. Cette locution a signifié d'abord la colère, plus ridicule que redoutable, d'un homme facile à apaiser: mais elle prit une nuance sinistre pendant les mauvais jours de la Révolution, lorsque le fameux démagogue Hébert puhlia. sous le titre de Père Duclicne, un journal qui avait pris pour mission de désigner à l'échafaud ses victimes.
La colère du père Duchène était devenue alors bien redouta Me. et fit verser beaucoup de sang.
Enfin, après avoir prêché le meurti'e ]iondai!t près de dix-huit mois, cet homme terrible périt lui-même sur l'échafaud. où il avail fait tomber tant de têtes innocentes.
Colin-IYlaillard. Jp;in Colin, uiierrier du pays de Liège, aux" siècle, fui siiinoiuiiié Maillai'd, parce qu'il se servait d'un maillet pour assommer les ennemis. Dans une action, il eut les deux yeux crevés ; mais, guidé par ses écuyers, il ne cessa pas de combattre.
On atti-ihue à cette anecdote l'origine du jeu de Colin-Maillard.
— Maillard est l'ait comww Ma lllôiini^, factieux sous Charles VI, qui assommaient avec des maillets les commis des douanes.
Colin-Tampon, sobriquet donné aux Suisses par les soldats français à la bataille de Marignan. par onomatopée du bruit de leurs tambours.
On dit : Je m'en moque comme de Colin-Tampon.
Collaborateur, cum laborare (travailler avec).
Synonymes : l»in(nnes. copains de laboratoire à l'école Polytechnique ; allusion au binôme algébrique, qui est une quantité composée de deux termes.
Collatéral, du latin cum et latus. côté.
Parents qui ne descendent pas les uns des autres, mais seulement d'une souche commune : frère et sœur, cousin et cousine, oncle et neveu, sont collatéraux.
Collation, du latin collai la, de collai us, participe de conféra, s'entretenir; d'où aussi conférence.
Repas qui était accompagné, dans les couvents, d'une lecture de commentaires sur les textes saints : Le(/at anus collationes, dit la règle de saint Benoit.
Le nom de la lecture s'est appliqué auVepas.
C'est ce qu'on appelle aujourd'hui lunch, goûter.
Collège, latin coller/ium, de coUiriere, réunir. Colleçjium mercalorum, réunion des marchands, à Rome.
Collégiale, se dit d'une égUseou d'un chapitre de chanoines qui ne relève pas d'un siège épiscopal.
Coller, latin colare, couler à travers.
On dit pbis souvent llltrer, de fUlruin ou (cil ruai, feutre, et sasser. ressasser, passer par le sas. tamis de soie.
Colmatage, de l'italien colmare, combler.
Opération agricole, qui consiste à exhausser le niveau d'un terrain trop bas ou marécageux, et aie fertiliser par le limon d'un cours d'eau détourné à cet elïet.
Colombe, du latin columba.
La colombe est le symbole de la douceur, de l'innocence, de la pureté, de la science supérieure. Elle personnifie FEsprit-Saint et J.-C. lui-même.
Dans les bcstiairea sacrés, elle joue un des rôles importants : Noé l'envoie comme messagère. .Elle apporte pour Glovis la Sainte Ampoule. L'âme des martyrs retourne vers Dieu, sous la forme d'une colombe.
Isaïe semble lui attribuer le don de la méditation. MedKabor Kt columba.
Des colombes, dans la mythologie, étaient attelées au cliar do Vénus.
Elle était aussi l'emblème des plaisirs sensuels.
— La colombe de l'arche. L'arche de Noé s'étant arrêtée sur le mont Ararat, lorsrpie les eaux du déluge eurent commencé à baisser, la colombe, envoyée par Noé, à la découverte, rapporta dans son bec un rameau d'olivier ^ert. gage de la paix faite par Dieu avec les liommes.
Colonel, jadis rorom^f : du latin roroiia. couronne; ou plut()t de columna, colonne.
Les Espagnols disent encore coronel.
On disait de même autrefois corporal pour caporal.
En provençal corpouraù, de corpuii.
Le capitaine est le chef, mais le colonel est le chef suprême.
La dénomination de ces deux vosfres coronels Rillandouille et Tailleboudiu... (Rabelais, lY, 37.)
— Sous l'ancien régime, on achelait une charge de colonel comme un autre office.
« Cette vénalité, dit Saint-Simon, est une grande plaie dans le mihtaire : c'est une gangrène, qui ronge depuis longtemps tous les ordres et toutes les parties de l'Etat. »
La jeunesse du candidat n'était pas un obstacle.
Le petit-llls de M'"" de Sévigné devint colonel avant 18 ans : ce qui fit dire à son aïeule : « C'est une a (Taire à cet âge, décommander à d'anciens officiers. » (22 janvier 1690.)
L'opinion publique protestait contre cet ai)us. et dans sa comédie
à' Esope à la Cour, représentée vers la lin du règne de Louis XIV,
Boursault, introduit un de ces officiers, qui dit naïvement :
Je lU' suis point soldat, et nul ne m'a mi rèlrc : .)(■ suis i)on colonel, cl (iiii sers Mcn l'Elal.
Le public applaudit à la réponse d'Esope :
Monsieur le colonel, (|ut n'êtes point soldat...
Louvois comliattit l'alms. Ou eu a la preuve dans la lettre de M'ne de Sévi.uné, du 4 février 1681) :
« M. de Louvois dit l'autre jour, tout haut, à M. de Xo.uent : Monsieur, votre compagnie est en fort mauvais état. — Monsieur, dit-il, je ne le savais pas. — Il faut le savoir, dit M. de Louvois : l'avez-vous vue? — Non, Monsieur, dit Notent. — Il faudrait Tavoir vue, Monsieur. — Monsieur, j'y donnerai ordre.— 11 faudrait laNoir donné : il faut prendre un parti, Monsieur, ou se déclarer courtisan, ou s'acquitter de son devoir quand on est officier. »
Colonnes d'Hercule. Après avoir mis en communication la mer Méditerranée avec l'océan Atlantique, en séparant les monts Calpé et Al) via, Hercule, dit-on, avait élevé une colonne sur chaque rive.
L'une des colonnes est le promontoire dé l'extrémité méridionale de l'Andalousie, dont l'élévation est d'environ 350 mètres au-dessus de la mer. C'est le mont Calpé des anciens, sur lequel est construite la forteresse de GihraUar.
L'autre est Ceuta. promontoire africain, éloisné de 20 kilomètres environ.
Colosse, du latin colossus. {\o\. pi/mmide.) On a a}ipliqué ce mot à des hommes, à des animaux, à des statues d'une grandeur extraordinaire.
Dame Fourmi trouva le Ciron trop petit, Se croyant pour elle un colosse.
(La Fontai.ne, I, 7. La Besace.)
— Le colosse de Rhodes, placé sur deux jetées, de manière à laisser passer les navires entre ses jambes, était une statue d'Apollon en bronze repoussé. ChaiTS, disciple de Lysippe, mit douze ans à le modeler. Il avait 70 coudées de haut, ou 3o mètres. Il avait été érigé après la levée du siège de Rhodes par Démétrius.
En Go2, les Sarrazins prirent Rhodes, et vendirent le colosse à un juif, qui le mit en pièces et en chargea 900 chameaux.
— Le grand cirque de Rome, bâti par Vespasien, appelé aujourd'Iiui Colisée, jadis colossée, ou colosseum, avait pris ce nom dune statue gigantesque de Néron, placée dans son voisinage. Elle avait 110 pieds ou 32 mètres de haut, et se trouvait dans la Voie Sacrée.
— Les Euyptiens avaient fait des statues colossales avant les Grecs et les Romains. Stadicrate proposa à Alexandre de tailler le mont