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COT

La Fontaine a dit (Fables IV, 12.) :

...Corsaires à corsaires L'un l'autre s'attaquant ne font pas leurs affaires.

On dit aussi : A chair de loup, dent de chien. Nos aïeux disaient : « Un Roland pour un Olivier. » Attrapi qu'attrapa, disent les Berrichons : c'est-à-diré, attrapé qui attrape.

Fin contre fin ne peuvent servir de doublure.

Il a"\ a si fin renard Qui ne trouve plus finard.

(G. .Mei:rif.r. XTie siècle.)

Corset, diminutif de corps, anciennement cors;. Prison, oi'i souvent il n'y a pas de prisonniers.

Corvée. Ménage dérive ce moi ^Q,curDare, courbé parle travail. Mais, comme on a dit corvaglum pour corvée, il est plus proljable qu'il vient de coi^v, pour co)yus, et de agere ; c'est-à-dire faire travailler personnellement, payer de son corps.

Il y a le has-latin corvata, semblant venir de corrogata, ce qui est exigé, la tache à exécuter pour le seigneur :

...Le créancier et la corvée Lui font (fun malheureux la peinture achevée.

(La Fo.ntai.ne.)

Cossu, riche, ample, luxueux; du latin cossus, gros (?).

Ou bien peut-être vient-il de cosse (?).

Les Romains de l'empire appelaient co^a^?^»; un ver du chêne, qu'ils faisaient servir rôti sur leurs tables, comme un mets exquis.

— Cossu est trivial, à moins de s'employer dans un sens comique pour désigner une personne vêtue avec un luxe de mauvais goût, couverte d'habits bien étoiles, comme les pois et les fèves.

Pline appelle .s-///7?/r?/?AÇ,, un homme liien hahillé.

Nous disons : vêtu comme un oignon, c'est-à-dire qui a plusieurs vt*tements, comme l'oignon plusieurs pelures.

L'Académie se borne à dire au mot cossu : « Qui est à son aise; riche, opulent. » Définition incomplète.

Costume, même mot que coutume; du latin consuetudinem. Le costume est la coutume ou habitude de se vêtir de telle manière.

Cote, jadis quote : du latin quotus, combien, a donné aussi quotepart.

C'est le chiffre indiquant la quantité qui revient à cliacun sur une somme.

— La cote des fonds publics.

— Se cotiser, parties aliquotes, quotidien, quotient, sont de la même famille.

— Dans la locution : cote mal taillée, cote vient peut-être de rotî^et, bois {?)•

Côté, de côte y costa en latin.

On disait costé ou couslé.

Provençal cousta.

Nagtoit en profonde eau, à l'endroict, à l'envers, de cousté. (Rabelais, I, 23.) Coton, en arabe kotton.

— Porte-coton, épitbète appliquée à un vil llatteur, capalde de s'abaisser aux plus lâches complaisances.

Dans cette expression, il s'agit de coton naturel, ou ouate, du vieux mot oile, qui est dit pour oie, oison.

Ralielais en loue fort les propriétés détersives, dans le célèbre chapitre XIII de son premier livre.

— Filer un mauvais coton : être bien malade.

Si le lil de la vie était en mauvais coton, il casserait vite, sans attendre les ciseaux des Parques.

— Le coton se fde depuis 6.000 mètres jusqu'à 300.000 par demi-kilogramme de matière. Les divers échantillons de lil sont numérotés de n^ à ii° 300.

— Un général anglais, après la prise d'une ville, s'écria : « Maintenant, faites entrer les cotons ! »

Cotret, du latin constrictum, petit fagot lié. Ou peut-être du nom de la forêt de Yilliers-Gotterets (?). A signilié d'abord un paquet, une i)ûtte, puis un fagot. Huile de cotret : coup de bâton. (Cendre non brûlée.)

Cotte, du celtique et de l'anglais coat, jupe, vêtement.' Doù cotte-de-mailles, cotillon.

Cou, latin coUum: anciennement col.

On a dit aussi licol avant licou (lie-cou).

Col s'emploie encore pour désigner la partie du vêtement qui enveloppe le cou, et dans quelques autres cas.

En un vase à long col, el d't-lroite omlioiichnro.

(La Fontaine.)

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Cou de cigogne, de girafe : long et mince. Cou-de-|1ied : articulation de la jambe avec le pied.

Couard, du latin cauda, queue : provençal couart. Celui qui porte la queue basse comme les animaux qui ont peur : ou qui tient à sa queue (?)•

Couart est le nom du lièvre dans le roman de Renart. (Littré.)

— Jamais couard n'eut belle amie.

Couard signifie qui traîne la queue pour s'enfuir.

— La fable des amours de Mars et Vénus montre que les femmes n'aiment que les braves.'

Couchant. Cbien coucbant, c'est-à-dire cliassant. En provençal couchar signifie chasser, expulser. Couchar leis mousquos : chasser les mouches.

— Chien couchant signifie un vil flatteur.

Coucher à la belle étoile, à renseigne de la lune, rue des quatre vents : c'est-à-dire n'avoir pas de domicile.

Sub Joie frigido.

Sub Vio.

(HoRACh.)

Théophile a dit d'un soldat en campagne :

Et son lit ne saurait liranler Que par un tremljlement de terre.

Comme on fait son lit, on se couche.

Coucher dans son fourreau : tout hat)illé.

Se coucher en chien de fusil, en Z : se pelotonner dans le Ut.

Coucheur, de couche?^ : latin coUocare.

Mauvais coucheur : homme difficile à vivre.

L'amour est un mauvais couclieur.

Car la nuit sans cesse il frétille.

(La Fontaine.)

Couci-couci, fait comme cosi-cosi des Italiens. Ni bien, ni mal : entre le ziste et le zeste : tellement quellement : cahin-caha.

Beau comme ci, riche comme ça.

— A la première représentation d'Âdé/a'/de du GuescUn. de Vohaire, lorsque l'acteur dit: « Es-tu content, Gouci? » un plaisant s'écria : « Couci-couci ! »

Coucou, du latin cuculus, onomato[)ée.

Oiseau qui va pondre dans le nid des autres.

Par antiphrase, il se dit pour cocu.

Le coucou est une espèce d'épervier qui ne fait pas de nid. Il pond un seul œuf dans le nid d'un autre oiseau, alouette ou verdon. qui le couve, le fait éclore et le nourrit.

Vossius dit qu'il a le sang trop froid pour couver lui-même ses œufs.

— Juvénal (YI, 276) appelle curruca, verdon (?), un mari trompé.

Coude, du latin cubitum: anciennement coule. La partie de l'articulation du bras avec l'avant-bras, qui est opposée à la saignée : de là accoudé, coudoyer, coudée.

— Jouer des coudes : écarter les obstacles ou les personnes avec les coudes pour arriver à son but.

Avoir ses coudées franches : vivre sans gène. Il faut avoir de bons coudes pointus pour se faire jour dans la foule.

— La coudée est l'étendue du bras, du coude au bout de la main. Elle valait 1 pied 1/2.

Coudre, du latin consuere, même sens.

C'est bien taillé, mais il faut coudre.

Couette, aussi coite ; du latin culcita, matelas.

Couillon, qui engendra Gayotïe, lequel avoyt les coudions de peupher et le v... de cormier. (Rabelais, II, 1.)

Autres temps, autres mœurs ! dit l'abbé de Marly, commentateur de Rabelais. Aujourd'hui telle comédie de Molière ou de Dancourt ne passerait pas à la police à cause de certaines expressions qui touchent à l'obscénité. Du temps de Rabelais, les^ obscénités les plus crues se disaient et s'imprimaient avec privilège. Il y a plus, le motc... n'était point autrefois obscène. Ciiose étonnante ! plus les hommes sont corrompus, plus ils deviennent délicats; mais cette fausse pudeur que nous alïectons, n'est que l'hypocrisie de la vertu.

Couleur, du latin colorem, même sens.

La lumière Idancbe, qui nous éclaire, est composée de sept couleurs (spectre solaire) dont l'énumération forme le vers mnémonique suivant :

Violcl, iiuligo, bien, vert, jaune, orangé, ronge.

Quand tous les rayons qui composent un faisceau lumineux sont rédéchis, l'objet réllécbissant est blanc. Si certains rayons sont réfléchis, les autres non, l'objet est coloré.

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Si tous sont absorbés, l'objet est noir.

— Couleurs emblénia tiques. (Voy. blason.)

— Couleurs nationales françaises. Le 15 juillet 1789, la gard»'. nationale de Paris reçut de la municipalité les couleurs de la \ille (bleu et rouge). A quelques jours de là, le roi étant venu assister à la célèbre séance de l'Hôtel de ville, on ajouta, en signe d'union, la couleur Idancbe, qui était celle de la famille royale. Après la mort de Louis XVI, le drapeau tricolore fut adopté officiellement par les armées françaises.

— Sainte-Foix (t. II des Essais historiques sur Paris) dit que le bleu était la couleur de nos rois, le blanc la couleur nationale, et le rouge la couleur de la robe des rois quand ils tenaient cour plénière. C'est pourquoi la livrée royale contenait les trois couleurs.

— Les couleurs adoptées pour représenter les saisons, sont : printemps, vert tendre; été, j^iune ; automne, rouge; hiver, blanc.

— Coiffeur s'emploie, par métaphore, pour faux prétexte :

J'inventai des couleurs, j'armai la calomnie.

(Raclne, Esther, W )

Colores rhctorici. (Quintilien.) — Langage coloré.

Nimium ne credc coJori.

' (ViRClI.E.)

(Ne vous tlez pas aux apparences.)

— La locution sous couleur de, est souvent employée par les classiques, avec la valeur de sous prétexte de :

Sous couleur de les protéger et de les défendre. (}3ossuet.)

— On ne saurait disputer des goûts et des couleurs. Si l'on peut n'être pas d'accord sur les sensations, à plus forte raison sur les sentiments.

La couleur est l'impression que fait sur l'œil la lumière réllécbie par une surface.

On dit qu' « il ne faut pas disputer des couleurs » , parce que l'impression que chaque individu reçoit est en raison de l'organisation de son œil, et du point de vue où il se place.

Le mot distinguer, qui siguilîe teindre de diverses couleurs. \ ient donner raison au proverbe.

De cette indécision, il est résulté que la langue s'est atlubléc d'une foule de périphrases pour désigner les nuances et les tons divers des couleurs, en les comparant à des objets colorés existant dans la nature.

M. Chevreul, en 1858, a inventé une échelle de tons, passant [)ar

toutes les nuances que peuvent prendre les couleurs en se combinant entre elles, et qui, désignant une couleur par un chiffre, a pour résultat de supprimer les locutions très variées, et souvent bien l»izarres. employées jusqu'à ce jour, telles que : couleur hleue du bleuet, dn ciel, lapis, d'ou(re-mer, de Prusse, de roi. bleuâtre, etc..

Coup, du latin mlpum, pour co/aphiun.

Coup de grâce. (Yoy. grâce.)

Coup de .larnac. (Yoy.)

Faire d'une pierre deux coups. (Yoy. pierre.)

Coups de bâton : huile de cottret. Locution cruellement ironique, qui confond l'instrument avec le remède de la blessure.

Coup de pied au derrière : coup de pinceau dans la giberne.

Beaucoup, l)eau coup : belle quantité.

Boire un coup. Ici coup est une abréviation pour coupe (?) : une coupe profonde, comme certains vases à boire des Grecs, imités des cornes du bœuf. {Cornu copia, corne d'abondance.)

On disait "autrefois : à planté, de ple?iitale7n.

Coupe, latin cuppam, de capio (?).

De la coupe aux lèvres, il y a loin...

Couper, même origine que coup.

De là coupon, coupure et copeau (anciennement coupeau).

— Couper dans le pont : être dupe.

Terme de jeu, venu de l'usage qu'ont les grecs de pratiquer, en mêlant les cartes, une pression sur une partie du jeu de cartes. Elles sont alors soulevées en forme de pont, de sorte que le partenaire coupe à la partie soulevée.

Couplet, dérive de couple: latin copula. Couplet de chanson, de vaudeville. C'est proprement la couple de vers qui termine une strophe de poésie lyrique.

— Les Anglais appellent triplet trois vers qui se suivent en rimant.

Coupon, dérivé de couper, morceau, fragment.

— Le mot coupon est usité en banque depuis la création de la Compagnie française des Indes, sous Louis XY.

Ce sont des bons à payer, que l'on détache (coupe) des tAtres, à époques déterminées, pour recevoir de la Compagnie les intérêts échus. Ils ont pour but de faciliter à l'actionnaire l'escompte de ses

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valeurs et de le dispenser de dresser des quittances à chaque échéance.

Cour, du bas-latin coi-tcm.

Delà : courtille, courcelle. ...courtois, courtisan.

Espace Hbre attenant à une maison. Ce fut cVahord une habitation rurale, puis Thahitation rurale des seigneurs francs; doi'i les dilîérentes acceptions : cour de maison, cour de roi, cour de justice, etc.

— Cour du souverain. Se disait en latin aida. A. chez nous, la même origine que la cour domestique.

Jadis, ceux qui composèrent l'entourage d'un prince, ce qu'on nomme aujourd'Iiui sa maison, étaient des domestiques attachés au scr\ ice de la i»asse-cour ou de l'écurie.

— Cour de justice (en latin car ta). On appelle, dans le centre de la France, cour de justice, étahle de justice, la fourrière où Ion retient les animaux surpris à errer, ou abandonnés de leurs gardiens.

C'est sans doute une tradition des premiers temps de l'âge pastoral, où les cours des souverains étaient des étables et où ils rendaient la justice sous des chênes (?)■

Courage, du latin carat icum.

S'oppose à couardise.

C'est une sorte d'exaltation, tandis que la bravoure est un sentiment raisonné.

Le courage du lion : courage stoïque.

La fortune aide les courageux. (Yoy. audace.)

Diirate, et vosmet rébus sercate secundis.

(Virgile.)

Ta ne cède malis, sed conlra audentior ito.

(VlKGILE.)

Forliaque adver.ii.'i opponile pectom rébus.

(Horace.)

Courante.

Do parler elle reffraya.

Dont il eut iiicn fort la courante.

'ScARRo.N, Virgile trai-esli.)

Courbette, mouvement du cheval qui élève les deux pieds de devant en lair.

Faire des courbettes : s'humilier devant quelqu'un, faire des bassesses.

Coureuse,, de courir ; latin currere.

Femiiie débauchée.

Millier vaga, est le nom donné par Salomon à la courtisane. {Proverbes VII, 9.)

Non est illa raijis similis collnla puellis.

(Puoi'ERCK, Elégies, 1, o.)

(Celle-là ne ressemble point aux coureuses.) De ce vaffa est venu le provençal baga, d'où bagasse, prostituée.

Fille ïenestrière et troUière Rarement bonne ménagièrc.

— Une lille inconnue qui fait le métier de coureuse. (Molière, Fourberies.)

La femme est toujours mineure et ne saurait se conduire seule : aussi une coureuse est une femme perdue.

Courir, du latin currere, aussi courre.

De là : cours, course, curseur, carène, de carina, pour

currina (?), partie du vaisseau sur laquelle il court.

Courir les bals, les rues, les ruelles ; courir comme un Basque.

Courir à sa perte : comme un chat maigre.

Courir la prétantaine. (Yoy.)

Mieux vaut tenir que courir.

Aller à pied, comme un chat maigre. (Ral)elais. II. 14.")

Il court si vite que son ombre a de la peine à le suivre. (Th.

Gautier.)

Rien no sert do courir, il l'aiil partir à point.

(La Foxtai.ne, Fallcs VI. 10.)

— Courir la poste. Cette locution est un exemple des inodilications que les langues doivent subir par suite du progrès de la civilisation et des découvertes de l'industrie.

Courir la poste, qui a si longtemps rendu parfaitement l'idée de grande vitesse, n'a plus aujourd'hui de raison d'être. L'ancienne malle-poste rampait, si on la compare à la locomotive, qui elle-même ne fait sans doute que trotter...

Couronne, du latin coronam : grec korone, courbure.

— Les couronnes décernées aux vainqueurs dans les jeux de la Grèce étaient de diverses sortes :

Aux jeux Pythiques, de laurier et de chêne. Aux jeux Olympiques, d'olivier sauvage et d'or. Aux jeux Isthmiques, de pin.

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Aux jeux Xéméens, d'ache.

Un plaçait aussi des couronnes de narcisse et d'ache sur la tète des morts.

L"ache, nom du céleri sauva.ae, était décernée aux vainqueurs dos jeux Néméens. institués en mémoire de la mort d'Acliémorus. lils du roi Lycurgue.

On en répandait sur les tomlies, et Ion disait d'un malade désespéré : apio eget. (Il ne lui faut plus que de l'aclie.)

Les chrétiens placent sur les tombeaux des couronnes dimmortelles, emblème de la vie éternelle.

Outre la couronne, les vainqueurs recevaient une palme, qu'ils portaient à la main droite.

Les Romains, pendant les festins, se couronnaient de Heurs.

César se lit décerner une couronne de laurier, qu'il portait toujours en public, pour cacher la nudité de son crâne.

— Couronne de fruits, ;^oy/?o.v« corona (Properce), couronne faite de rameaux charsés de fruits, comme en portaient les Bacciiantes.

— Chez les Romains, la couronne murale était décernée à celui qui montait le premier sur le rempart d'une ville assiégée.

La couronne obsidionale s'obtenait pendant un siège.

La couronne rostrale, ornée de proues ou d'éperons de navires, était décernée aux capitaines qui avaient vaincu dans un combat naval.

— Couronne papale. (Voy. tiare.)

— Couronne de fer, conservée à Monza, près Milan, est une couronne d'or, ornée de pierres précieuses.

Elle doit son nom à un petit cercle de fer, forgé d'un clou de la vraie croix. (T. Gautier.)

Courre, latin currere.

Se dit pour courir, en terme de chasse.

Dans la chasse à courre on emploie une meute de chiens pour poursuivre le gibier.

— Se retrouve dans le futur counmi.

Courroie, du latin corrUjia, venu de corium, cu-'r.

Faire du cuir d'autrui large courroie : être libéral di bien d'aulrui.

Vos mi pafjatz d'autrui Itor&eL (Cercamons.)

i)c meo lrr(in ilniitur corium.

(I>L.VLrt.)

(Le cuir est pris sur mon dos.)

Hélinard, poète contemporain de Louis YII, dit :

Faire son preu (profil) dautrui don) mage Et dautrui cuir large correies (courroies).

Dans une fable ancienne, le Renard, médecin du Lion malade, lui ordonna de se ceindre les reins de la peau du Loup. Ayant coupé au Loup une longue et large courroie, le patient hurlait et se plaignait en disant : « Vous faites du cuir d'autrui, large courroie. "

Courtaud de boullque: dérivé de (■oiirt.

(À' mol est l'ail comuie courtier, qui vient de cursilorius {f) (Vo\ . courtier.)

Courtaud se dit dans le sens de galopin, trotlin, saute-ruisseau.

Les garçons de bputique, s'appellent courtauds parce que le maître les envoie précipitamment après l'acheteur qu'il a surfait, et qui ayant offert un prix s'en est allé. Le Itoutiquier attend, pour voir s'il reviendra, et quand il ne revient pas sur ses pas, il dit à son garçon : « Cours tôt après lui. » (Mercier, Tableau de Paris, chap.

Courte-pointe, pour coûte: cu/cita puncta. Culcita est un matelas, un lit de plume. Il a signifié depuis une couverture fourrée de laine et de coton, piquée (puncta).

Courtier, du latin cursilorius, qui court çà et là (?).

Rabelais donne courratier. Cette forme ancienne montre que l'étymologie remonte à curatarius, dérivé de curare, avec le sens de curator.

Courtille, de courtil.

On appelait jadis coultures (cultures), les terrains cultivés d'une grande étendue ; et courtilles, les jardins maraîchers des environs de Paris. Un courtil était un petit jardin clos, une cour close de murs, du latin cohors, cortem.

— En roman, courtille signifie jardin, métairie:

Palais ten per cortil. (Aimeri.) Tient palais pour métairie. L'uis a ouvert de son courtil.

(Rom. w. RtNART.)

(Il a ouvert la porte de son jardin.)

— Courtille est fait comme villettc, diminutif de villa, petite ferme, petit jardin.

Courtisan, de coliors ou cors, cortem.

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A l'origine, (voir cour), les familiers du prince étaient ses domestiques.

Courtimn, aujourd'hui, signille : qui fréquente les cours; comme autrefois paladin, qui liante le palais.

— Synonyme : porte-coton, vil courtisan, du genre de ceux que RaJjelais a personniliés dans les seigneurs de Baisecul et de Humevesne.

Le même auteur, au prologue du livre III, appelle les courtisans Domphages, mangeurs de présents, de cadeaux, comme les gens de justice, qui alors ne recevaient que des épices.

Principibtis jjldciiissc ciris non iillima luus est.

(Hoi^ACK, Eiiili-rx I, 17.)

Rabelais traduit (Prol. du liv. IV) :

t^e n'est louange populaire

Auv princes avoir peu complaire.

— Un courtisan est un [lersonnage odieux, dont le féminin est courtisane.

« Un courtisan doit être sans humeur et sans honneur », disait le

régent d'Orléans.

Un courtisan disait : « Ne se brouille pas avec moi qui veut. » Les courtisans qui passent leur vie auprès des grands, ressemblent

aux veilles des grandes fêtes, qui supposent beaucoup de jeûnes et

de mortitirations.

Courtisane. Sous la Régence, on appelait ces femmes des " impures » .

— Aspasie de Milet, courtisane et sophiste célèbre, vint enseigner léloquence à Athènes. Périclès répudia sa femme pour l'épouser.

Son iniluence contribua pour une grande part à l'essor que prirent à Athènes l'éloquence, la poésie et les arts.

— Laïs, née en Sicile, courtisane à Corintbe, fut la maîtresse d'Alcibiade. Elle fut assassinée dans le temple de Vénus, par les Thessaliens. 40 av. J.-C.

— Epitaphe d'une courtisane romaine :

Qiueso, vialor, ne nie tmndiu cakatam amplius cakes.

(Revue des Deux Mondes, 1?57.)

Courtiser, poursuivre une femme de ses assiduités, lui faire des déclarations exagérées comme: « .levons aime: aimez-moi, ou je me tue ! "

Synonymes : En conter, conter fleurettes.

En Provence, pour « courtiser une femme », on dit : lui parler. Chez les Anglo-Américains, « conter fleurettes » se dit: llirter.

Cousin, du latin ron-sobrinKs : provençal cosin .

Ils ne sont pas cousins : ils sont lirouillés.

Tous gentilsliommes sont cousins, et tous ^ ilains compères.

Le fils d'un cousin germain est un neveu à la mode de Bretagne.

Coussin, vient de conseil, car on disait autrefois : la nuit porte conseil (?).

(En réalité, il ^ient do culcithium, diminutif de ciilcUa, coite.)

Couteau, du latin cultellum: diminutif de cultî'um.

— Synonyme: Eustaclie.

Voici d'après le Courrier de Vaugelas, l'étymologie de ce nom qu'on applique à certains couteaux communs :

Eustaclie n'est que la moitié de son nom : pour l'avoir tout entier, il faut ajouter Dubois.

En elïet, on lit ce qui suit, page 306. (}i\m^\ç Manuel du coutelier, de la collection Rorel :

« Ces couteaux (les jamhettes), sont connus dans une partie de la France sous le nom d'Eustaclie Dubois. C'est le nom d'un coutelier de Saint-Etienne, qui avait acquis une grande vogue pour cette fabrication. Pendant de longues années, ses descendants ont joui de la même réputation. »

— Le couteau de Jeannot. (Voy. Jeannof .)

— Donner un couteau coupe Tamitié, dit-on. C'est pour cela qu'on donne en écbange une petite pièce de monnaie, de sorte que le cadeau devient une vente, et que le sort se trouve ainsi conjuré.

« Nous lui feismes présent d'ung l)eau petit couteau perquois (de Perche.) » (Rabelais, V, 8.)

C'est pour faire entendre que Pantagruel ne voulait conserver aucune amitié avec des hypocrites, d'après l'ancien proverbe : « Les couteaux coupent l'amitié. »

Coûter, du latin constare : pro>ençal coslar.

A prix coûtant (à bas prix). Une femme âgée laissa en mourant son bien à un homme qu'elle aimait. Une parente de la morte, jeune et jolie, lui dit : « Vous ne l'avez pas payé cher. — Je vous le laisse à prix coûtant », répondit l'iiéritier.

— Une courtisane faisait vendre les bijoux qu'elle avait reçus de ses adorateurs. Des dames les trouvant trop chers : « Je vois bien à

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