‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 134 sur 336 · GON · texte numérisé non relu

GON

Je connais un lionime qui ne dit jamais oui ; qui dispute toujours, qui contredit tout le monde, et qui cesse de vouloir ce qu'il veut, dès qu'un autre le veut comme lui. (Scitdéri.)

Je ne pense jamais comme les autres, et quand on est de mon avis, je n'en suis plus. (Scril)e.)

Contralto, mot italienr

La plus basse des voix ai.uuës, et la plus .urave des voix de femmes, qui correspond à la voiv de baryton cliez l'iiomme et a la même étendue une octave plus liant.

Contrepèterie ou rontrepeltcrie, contre et péter dans le sens de rendre un son.

Transposition de la lettre initiale de deux mots dans une plirase, de manière à changer le sens.

Hasard par lequel les lettres interverties forment un sens nouveau.

On en trouve plusieurs dans le Moyen de imrvenir de Béroalde de Yerville, et dans Rabelais, qui les appelle « équivoques » :

Un pot sale, un sot pâle ; il tiendra une vache, il viendra une tache ; fort de main, mort de faim ; goutteux, tout gueux ; tendez votre verre, vendez votre terre. Coupe gorgée et gorge coupée, sont une contrepetterie finale de -Rabelais.

Contrôler, jadis contre-rôler.

Ronsard fut des premiers à souder les deux mots.

Car, il contrôle tout, ce critique zélé.

Et tout ce qu'il contrôle est fort bien contrôlé.

(Moi.iKRE, Tnt-tulJ-e, I, 1.)

Convers, du latin conversum, converti.

Frère convers, sœur converse — frère lai. laïque, récemment admis, sans études, n'ayant pas reçu les ordres sacrés et remplissant les humbles offices dans la maison. Les sœurs converses de même.

Cette institution est due à Jean Gualbert, au xr' siècle. (Yoy. Ini, ordre.)

— Avant le XI* siècle, on appelait « convertis » (ronrersi), ceux qui embrassaient la vie religieuse après Page déraison, pour les distinguer de ceux que leurs parents y avaient destinés dès l'enfance, en les offrant à Dieu, et que l'on nommait « oblats » (où/ati, offerts.)

Conversation, de conver.sari, se trouver ensemble. Sa conversation est un pugilat. (G. Sand.)

Voilà la conversation qui m'arrivo, disait X..., en voyant entrer un visiteur aimable.

Conversion, du latin cu7n et iwlere, tourner. Dieu se réjouit plus de la ron version d'un pécheur que de la persévérance de cent justes.

— Les grandes et sympathiques conversions sont, aux yeux du monde, celles des grands lil)ertins et des grands orgueilleux.

Celles de saint Paul, de saint Augustin, de Charles-Quint : celle d'Ignace de Loyola, quand blessé grièvement à Pampelune, la pensée de l'éternité se présenta à lui tout à coup ; celle de Rancé, lassé des vanités mondaines et inventant, pour s'en punir, les austérités de la Trappe, voilà quelques unes des conversions les plus célèltres.

Convicts, du latin convictus, convaincu de crime. Nom que l'on donne en Angleterre aux condamnés des deux sexes que l'on déporte à Botany-Bay.

Copeau, jadis coupeau, de couper.

Y\\\i coupeau d'oignon. (Rabelais.)

Coq, mot fait par onomatopée du chant de cet animal, (pii fail coqaei'ico.

Borel le dérive du mot breton ^07. rouge, à cause de la couleur de sa crête.

On le tire aussi de caJcare, pro\ euçal cnucar, fouler, parce qu'il coque ou coche souvent la poule. Qiiod cani sippius <yilro( : idée d'oppression, de peser sur, qui se retrou\e dans cauchemar il).

— Le coquelicot doit son nom à sa ressemblance avec la crête du coq, dont le chant est coquerico.

— On a remarcpié que ce mot. dans sa double acception, de mâle de la poule, et de cuisinier, est, avec cinq, le seul mot français terminé par un q.

— Synonyme : Pendule à plumes.

— Le coq gaulois, comme emblème de la France, a une origine très ancienne, qui provient tout simplement d'un jeu de mots latin : Gallus signiliant à la fois coq et r/aulois.

Vers le xv siècle, cet emblème commença à se généraliser et servit à la France d'armes parlantes.

Sons Louis XIY, il hgure souvent snr les médailles et les monnaies.

En 1789 et en 1830, la France adopta le coq gaulois pour symboliser ofliciellemenl la nation.

— De même on a adopté le peuplier comme emliléme de la liberté des peuples, parce que, chez les Romains, populus avait la douhle signification de peuplier et de peuple.

— La crc'/e du coq est le symliole de la fierté : levei- la cr-tMe : cl la cocarde est sans doute ainsi nommée à cause de sa ressembla me avec la crête de l'aninuil.

— Le coq du clocher, co(i-uirouette qui surmonte le clocher des églises, est une malice innocente que se permit le xMoyen-Age contre saint Pierre, qui avait toiii-iié avec le vent et renié son maitre, avant le chant du coq.

Les fidèles y voient un emblème de la vigilance des ministres de Dieu.

— Coq se prend pour homme : le coq du village.

La poule ne doit pas chanter devant le coq. (Voy. chanter.^

C'est cliosf <|ui moult déplaist, Ouaiid iioiili- clianli' ut co([ se tait.

[Roman de ta Rose.)

— Coq-à-Vâne, discours où l'on passe, sans aucune transition, d'un sujet à un autre : comme ferait celui qui passerait l)rusquement du coq à l'àne.

Marot a fait des satires intitulées Coq-à-ldne.

Je Ut' \is j.imais tant sauter du coq à l'âne. {Moyeii de parvenir .)

Rabelais dit : sauter du coq à lasne, pour passer d'une chose à une autre qui n'y a aucun rapport.

Cela justifie l'application de l'expression à certaines phrases amphigouriques, à des phrases qui n'otTrent aucun sens.

Coquard. Rabelais désigne sous ce nom, un galanlin. un godelureau.

Il vient de coq, comme coquet.

Coquecigrue. A la venue des coquecigrues, c'est-à-dire jamais. Rabelais désigne sous ce nom un oiseau imaginaire : mot composé do co<i, cygne, grue.

Coqueluche. On appelait coqueluche ou capuchon un vètenu^nt qui couvrait la tête et les épaules.

C'est la coqueluche du quartier : il est recherché de tous.

C'est comme quand on dit : tout le monde en est coilïé.

La coqueluche des moynes. (Rabelais, II, 7.) Raillerie sur le capuchon des moines et sur leurs dévolions nocturnes, qui leur

engendraieut des coqueluches, sorte de mauvais rhume qui ne les quittait pas plus que leur capuchon. (Le Ducliat.)

— Mézeray rapporte qu'en 1414, un étrange rhume, que Ion nommait coqueluche, tourmenta toute la population et rendit les voix si enrouées, que le harreau, les chaires et les collèges, en lurent muets. On voit par une note, sur les registres du Parlement, du G mars 1413. qu'on n'a pas plaidé ce jour-là, à cause de la coqueluciie.

Coquetterie, de coquet, petit coq : qui cherche à plaire.

La coquetterie hien entendue est véritahlement désir de plaire.

Ovide a dit : « Soyez aimahle, et vous serez aiitié », et Martial : « Ul arneris, ama. »

La femme la moins coquette sait qu'on est amoureux d'elle, un peu avant celui qui en devient amoureux. (Florian.)

La vertu d'une femme paye souvent les frais de sa coquetterie.

La coquetterie est une luxure platonique.

Une femme qui renonce à la coquetterie, est une reine qui ahdique : elle se voit ])ientôt délaissée de tous ses courtisans.

Coquille, du latin conclin : diminutif de coque: synonyme à' argent.

Marot dit de Coquillart. qui mourut de chagrin pour s'être ruiné

au jeu de la mourre :

A ce médiant jeu, Coquillart Perdit la vie et ses coquilles.

— On appelle « monnaie de Guinée », en conchyliologie, une petite coquille univalve, qui sert de monnaie aux naturels des côtes de Guinée.

Les Anglais appellent ' guinée » une monnaie de compte qui vaut 2o francs.

De là peut-être est \enue la locution de coquille^i, pour argent.

— Coquilles d'imprimerie :

Contre-animal, pour contre-amiral. (Alman. Didot, 18G7. p. 142.)

Les hêtes couronnées, pour têtes.

Chamailleries diplomatiques, pour chancelleries.

L'administration du port de Toulon va passer un marché pour la livraison de 600.000 litres de vin de Champagne, pour campagne. Le journal de Marseille qui fait cette singulière annonce (1867), supposait sans doute que le Champagne était destiné à fournir heaucoup de « mousses » à la marine.

On a volé les cuisses (caisses) des veuves.

Dans un missel : Ici le prêtre (Ue sa culotte (calotte).

La compagnie a redoublé de zèle pour empocher (empêcher) des liénéfices iUicites.

Belle femme (ferme) à vendre, de l)on rapport, avec dépendances cl terrains .aiheyeux.

Avec beaucoup de foin (soin) le malade a repris des forces.

L'amiral Folichon (Fourichon). (Toulonnah, 2 mars 1867.)

Les monstres (ministres) étaient tous à la Chambre.

Les gredins (sradins) du centre ont applaudi.

Les fonds ont été volés (votés).

Les versements se feront au piège (siège) de la société.

M. X... qui vient de mourir, est le père de ses (seize) enfants. (Indépendance belge, 31 janvier 1867.)

Un incendie s'est déclaré chez les sœurs (sieurs) Miciiaud frères.

La prima dona est soûle (seule) en scène.

Coquin, du latin roquiniis, cuisinier.

Homme vil. méprisable.

C'est le confrère de gueux, venant de roq/nis. Plante appelle un yoleur coquus.

— Coquin vient certainement de coquus. connno l'indique le vieux proverbe : Il n'est vie que de coquins.

C'est de même que fripon vient de friper, manger gloutouncluent.

Frippe, signifie ce qu'on met sur le pain, depuis le beurre jusqu'aux confitures.

— Le coquin est comme une machine dans laquelle logerait un diable. (Gœthe.)

— On a donné le nom de Coquinville à la colonie des déportés de Cayenne.

— Coquin prend parfois le sens de gentil : c'est un petit coquin.

Cor, du latin cornu, corne.

De là cor de chasse, cornemuse, corner. Corner aux oreilles, corner l'eau.

Cor aux pieds : excroissance cornée.

Appeler à cor et à cri. (Locution cynégétique) : poursuivre la bête en criant et en sonnant du cor.

— Un Concile défend aux prêtres de chasser eu m cornu et claniorc.

Coram populo, locution adverbiale latine : devant le peuple, en public.

Corbillon, jeu de salon, où il faiil répondre en rimant et sans

hésitation.

Je iiriMciKls i|ue ma foniivn', en darlrs jumi snldimc. Mémo ne sache pas ce (jue cesl (iiriuie rinii-: Et, s'il faut quavec elle on joue au corbillun. Et (ju"on vienne à lui dire à son tour. qn\ mel-on .' .le ^eu\ (ju'elle réponde : une tarte à la ci-ènie.

(MdLiKlu:, Ecole i/c:! /•'c/lillics. I. 1.)

Corde, du latin cliorda, boyau : par extension corde.

La corde a joué, jusqu'à l'invention du D'' Guillotin, un très grand rôle dans l'exécution des hautes-œuvres, et l'on remarciuera que tous les proverbes faits sur ce mot sont relatifs à la pendaison :

Avoir de la corde de pendu.

Espoir de pendu : que la corde casse.

Cet habit fait peur aux voleurs : il montre la corde.

Il ne faut pas parler de corde dans la maison d'un pendu.

A<l rcstim rcs rciliil.

(Tkrf.xcil, Phorniioii, fiS6.)

(Nous n'avons plus cju'ànous pendre.)

Gens de sac et de corde : qui méritent les châtiments de la jiLStice.

Les Scapins, les Grispins, les Mascarilles, sont assez ordinairement gens de sac et de corde. (Sainte-Beuve.)

— Sous Charles YI, les agents de l'autorité s'emparaient des ennemis du pouvoir, et, après les avoir enfermés dans des sacs cousus ou liés par le haut, les jetaient de nuit dans la Seine, sous le pont au Change ou devant la tour de Billy.

Quant à la corde, elle jouait fréquemment son rôle à cette époque. Villon en donne la preuve.

Corde de bois. Corder, en roman, signilie mesurer. ...Que/ co/iipradar puesca cordar si vol. (Lexicpie roman.) Que l'acheteur puisse le mesurer, s'il le veut.

Cordelier, religieux qui a les reins ceints d'une corde. Avoir la conscience large comme la manche d'un cordelier. Gris comme un cordelier. (Le gris est la couleur de leur robe.) Parler latin devant les cordeliers : parler d'une chose de\aiit ceux qui la savent mieux que vous.

Cordial, qui vient du cœur, qui touche au cœur.

Médicament excitant, qui a la propriété d'anomenter la ciialeur uénérale du corps et l'action du cœur, ou plutôt de l'estomac.

Cordon-bleu, si.unc dislinclif des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit, institué par Henri 111.

— Cordon-bleu : excellente cuisinière.

Le commandeur de Souvré, le comte d'Olonne et d'antres gentilshommes qui tenaient tahle ouverte avec distinction,, étaient des cordoiis-i)leus, c'est-à-dire chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit, et l'on disait alors d un bon dîner : un repas de cordon-ldeii ; d'une bonne cuisinière, une cuisinière de cordon-bleu ; puis, par al)ré- ^ialion, un cordon-bleu.

Cordonnier, jadis cordouanlcr, qui travaille le cordouan, cuir de Cordoue.

— Les Maures d'Espagne, dont Cordoue était la capitale, travaillaient le cuir dans la perfection.

Lorsque Ferdinand les eut chassés dEspagne. ils portèrent leur industrie au Maroc, et le cuir qu'ils y falu'iquèrent s'appela « maroquin ».

En 1733, Béranger, chirurgien de marine, importa en France le procédé de fabrication des Arabes.

— Une sorte de cuir qui s'appelait « brodequin », a laissé son nom à une chaussure.

— Les cordonniers sont les plus mal chaussés.

Cette locution s'applique surtout à ceux dont les actions ne répondent pas à l'austérité de leur profession, qui ne pratiquent pas la morale qu'ils enseignent.

— Dans la classe des ouvriers, on appelle « crépins » les cordonniers (disciples de saint Crépin).

Les outils dont ils se servent, s'appellent aussi des « crépins » : et « marchands de crépins » les fournisseurs pour cordonniers.

— Le maitre cordonnier s'appelle pontife, l'ouvrier fjnnf, l'apprenti ingnouf.

Pontife vient de la mode inaugurée au commencement du xvii" siècle, de porter des souliers à pont :

« Les bourgeoises, non plus que les dames, ne vont nulle pai't maintenant, qu'avec des souhers à pont. (Discours nouveaux sur la mode de Paris, 1(313.)

Le II iiaquet de science » est le seau où trempent le cuir et la poi\:.

Corinthe, ville célèbre autrefois par ses courtisanes, comme

l'indique son nom. formé de /.or^'', fille. e\ anf/ios, flenr : la fleur des tilles.

Il n'est pas permis ;i tout le monde d'aHer à Corinthe. (Ce n"est

pas comme à Rome ; où tout chemin conduit.) ^

Xoïi cuicis homini conlinyil adiré Corinihum.

(HouACE, Ep. I. 7, 36.)

A cliacnn n"est octroyé entrer et habiter Corinthe. (Rabelais.)

— Corinthe fut, après Athènes, la ville la plus riche, la pins polie et la plus commerçante de la Grèce antique. Sa position sur deux uiers donna aux habitants le moyen d'acquérir des richesses immenses. Le luxe et les plaisirs de toute sorte faisaient de celte ville un séjour délicieux, mais coûteux. "

— Le prix élevé que Laïs, courtisane de Corinthe, mettait à ses faveurs, donna lieu à la locution : « A^on Ucet omnibus adiré Corinihum », et au mot de Démosthènes : « .le n'achète pas si cher un repentir. »

Corne, du latin cornu. (Voy. cor.)

— Corne d'abondance {cornu cojyia) ; corne de la chèvre Amalthée.

Jupiter, qui avait été allaité par elle, dans l'île de Crète, la mit. par reconnaissance, au nombre des constellations, et donna aux nymphes qui l'avaient nourri une de ses cornes, qui avait la vertu de leur fournir tout en al)ondance et à souhait.

— Avoir, porter des cornes : avoir une femme infidèle.

Les cornes sont un ornement ridicule qu'on place sur le front des maris trompés, parce que le bouc souffre patiemment la rivalité d'un autre bouc. i

Les Grecs appelaient « houe » un mari trompé, et <• fils de chèvre » l'enfant né de sa femme.

Les Latins avaient aussi l'expression Vu/crmus corneus, qui répondait à « mari cornard».

Horace dit, mais dans un autre sens :

Frons Inrgida cornibus.

Alc/ue mitritornm capili non cornua dcsunt.

(Ovide.)

(Les tètes des maris ne manquent pas de cornes.)

Sganarclle est un nom qiVon ne me dira plus, El l'on m'appellera Seisiiieur Cornélius.

(Moi.iinE. Cocu imng. 0 )

Avant Molière, l'évêque de Belley disait à un mari qui se plaignait

hnutemeiit do l'infidélité de sa femino : « Taisez-vous donr. il vaut mieux être Cornélius Tacitus que PuMius Cornélius. »

On montrait au maréchal de Saxe la rlieminée par laquelle le dur de Richelieu entrait chez sa femme. Il dit: <- Je n'ai pas encore vu d'ouvrage à corne comme celui-là. «

Un muet demandait du bœuf à un garçon de restaurant en faisant le geste de placer deux doigts sur le front : « Que demande Monsieur ? dit la maîtresse de la maison. — Je crois, Madame, qu'il demande le patron. »

— Dans l'antiquité, les cornes étaient le symbole de la dignité, de la puissance. Jupiter Ammon, Isis, Astarté, Bacclius, Diane portaient des cornes.

— De corne en coin, signilie : de coin en coin, en diagonale. En roman, corn signifie coin.

Los IV corns de la maijo. (Ev. de Nicodème.) Les quatre coins du monde.

AI dextre coni de l'altar. Au coin droit de l'autel. . — Ecorner, c'est l)riser le coin ou l'angle.

— Eu terme d'eaux et forêts, cornier est un arltre désigné, dans une haute futaie, pour marquer l'angle d'une figure d'arpentage déterminant une partie du ])ois qui doit être coupée.

En architecture, on appelle cornier \m pilastre placé à l'angle d'un édifice, et cornière une pièce de tôle, placée en angle, une corniche.

En blason, cornière désigne une anse de pot, qui se trouve dans plusieurs écus, entre autres celui de l'Isle-Adam.

Corner l'eau (Rabelais.)

Dans les grandes maisons, lorsque le dîner était prêt, le majordome faisait sonner du cor pour avertir les convives de venir se laver les mains avant de se mettre à talile.

Cornichon, littéralement petite corne, à cause de sa forme.

On appelle co;vî/cAo;i un homme d'esprit borné., qui n'a jamais rien vu, qui est comme un cornichon dans son liocal. un empoté. (Voy. melon.)

— Le cornichon, de la famille des cucurbitacées, pris par le vulgaire comme l'emhlême de la sottise, est un exemple de la répugnance qu'inspire la cousonnance chon à la fin des mots.

On s'expbque ;:insi la susceptibilité de ceux dont le nom se termine par ce son. Les Berrichons tiennent à être appelés Berruyers.

Les liabitants du Nivernais préfèrent le nom do Xivoniistos;i celui de Niverniclions. Ils ont tort, car la désinence iste s'apiilinue aux noms de sectes, on de partis. Les Nivernistes seraient plnl(')t les partisans du duc de Nevers.

Corridor, mot espagnol : provençal courradour. Endroit où Ton passe en courant, rapidement.

— On appelait coureau ou courail, un anneau de fei', tordu en vis, enfermé dans une poignée allongée, tordue de même, et fixée à l'extérieur de la porte, comme on en voit encore dans le Midi.

On frottait fortement cet anneau contre la poignée poui- ajipeler le portier, comme on fait a\rc la sonnette ou le marteau. La course de haut en bas de l'anneau sur la poignée produisait un bruit strident.

« J'en serai bien fort tenu au courail de vostre buis. « (Rabelais. IV, G.) C'est-à-dire je serai très attacbé à votre maison... et à votre personne.

Marot a employé coureau dans la même acception :

D'avoir jusqu'aux coureaux Brisé d'airain les portes Et de fer les barreaux Rompus de ses mains fortes.

(l'saunie 107.)

Corriger, de corrigere, cum et rcgerc, régler ; ou de rourrole(l).

— Albutius faisait battre ses esclaves d'avance, pour les fautes à venir.

— Corriger le Magnificat : critiquer une chose parfaite.

C'est une folio à nulle autre seconde

De vouloir se mêler do corriger le monde.

{.MoLiKRE, Mi^nnlhrnpp, I, {.)

Corsaire, de l'italien corso, course ; coureur de mer.

Navire armé en course, c'est-à-dire pour donner la chasse aux autres et les capturer.

Les écumeiirs de mer se nomment aussi forbans, pirates, toujours en mauvaise part.

(lor-mri sfirazi qu'es ter nn (ipbtlat Els e.scuels de la viar.

( 17e de saint Honorai.)

(Des corsaires sarrazins qui se tenaient cachés aux rochers de la mer.)

— A corsaire, corsaire et demi : on trouve toujours plus malin que soi.

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