‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 144 sur 336 · CUL · texte numérisé non relu

CUL

trois fois du derrière sur la pierre du scaudale, placée devant le portail du Capitule.

— Dans le jeu des <( jiages touchés », il y a une pénitence qui s'appelle « Trois petits pâtés, ma chemise hrùle ».

Elle consiste à prononcer ces mots en frappant trois fois le derrière à terre.

C'est encore une parodie de la coutume romaine. « Ma chemise hrûle » est sans doute une allusion à létat de nudité réelle où l'on mettait le patient, en le dépouillant de tous ses biens.

— Péter plus haut que le cul : avoir des prétentions exagérées, au-dessus de son état.

Froid a le pie, qui plus l'estend que H coure}'foit\s n'a de lonc.

— Se trouver entre deux selles le cul à terre : manquer deux affaires à la fois.

Luy commanda s'asseoir entre deux selles le cul à terre, là préparées. (Rabelais, Y, 44.)

Culotte, se dit en provençal et en roman hraia: mot par lequel les Gaulois désignaient le vêtement qu'a remplacé la culotte, et qui est resté dans débraillé.

Les Anglaises rendent ce mot par inexpressible.

— On dit d'une femme qui commande à son mari, qu'elle « porte les culottes » : par contre, on dit du mari qu'il « se l)Outonne avec des épingles ».

Un proverbe dit : « Ne donnez pas la culotte à votre femme, mais aussi ne lui prenez pas la jupe. »

Aujourd'hui, on dit « la culotte » ; autrefois on mettait le pluriel, en souvenir des chausses. Il convient \le conserver le pluriel dans l'ancien proverbe, par respect pour la tradition.

— Culotte ou culot, en terme de boucherie, signifie le cul du bceuf.

— On appelait culot, à cause de sa ressemblance avec un croupion bien gras, un bout de chandelle, conmie les écoliers en faisaient souvent chauffer pour s'en frotter les parties endommagées par le fouet.

C'est peut-être ce qu'entend Raltelais (liv. II, ch. 7) par le culot de discipline, titre d'un ouvrage à l'usage des moines, trouvé à la bibbothèque de l'abbaye Saint-Victor.

Le livre qui vient à la suite, dans le catalogue, est la savate d'humilité. Il rappelle les chaussures des moines, en même temps qu'une punition claustrale appelée sapatade, parce qu'on y frappait d'un soulier sur les fesses en manière de discipline.

cru :v.v.\

D'où le provençal patade, coup sur les fesses donné y un enfant.

Cultiver, du latin cullum, cidte.

Cultiver les arts, les lettres, raniitié.

11 a la passion, le respect, je dirai même le culte de son art.

Cumulard, de cinnuler: latin citnmhun, comide. Celui qui cumide les appointements de plusieurs emplois. Tel employé de ministère est le soir musicien, et le matin teneur de livres. (Yoy. Mafire Jacques.)

Cumulus, nuage de dimension moyenne, arrondi irréoulièrement.

Curare, poison très actif, tiré d'un arbre. Les Indiens d'Amérique y plonoent l'extrémité de leurs flèches. Le curare a une action très rapide, quand il est introduit dans la circulation du sang: il n'agit pas sur les voies digestives.

Cure, curé, du latin curatum, pour curatorem, qui a soin. Même radical : incurie, procurer, sécurité. Anciennement cure, curer, sens de nettoyer. Curas ton oil per Deu vecer. Nettoie ton ceil pour voir Dieu. (Traduction de Bède.)

— Cure s'est dit, avec le sens latin, pour souci, peine :

Le meunier n'en a ciu-e.

(La Fo.ntaine.)

— En provençal, curer signifie creuser, approfondir.

— Avoir affaire au curé et aux paroissiens : aux deux partis. C'est Gros-Jean qui en remontre à son curé. (Voy. apprendre.)

Curée, du latin corium, cuir ; anciennement cuirée : ou de cœur corata. le cœur ei les parties voisines.

— Terme de vénerie : ce qu'on donne aux chiens des dépouilles d'un cerf forcé ; c'est-à-dire, les entrailles, renfermées dans la peau ou le cuir.

Curieux, latin curiosum.

Curieux comme une lorgnette.

Si je ne suis pas trop curieux..., préamtiule de toute question indiscrète.

Curiosité, latin curiositafeni.

Montaigne a employé incuriosité.

Sous Louis Xin, on appelait « curieux » un amateur de tableaux et d'antiquités, de « curiosités », comme nous disons.

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Un rurieiix re.srarde tout, quoique tout ne le reearde pa?.

La rnriosité est une qualité, quand elle ne va pas à rindiscrétion.

Cuver, du latin capere ucam (?), contenir le raisin pour la fermentation. (Vient simplement de cure, latin nipam, qui a aussi donné coupe.)

Cuver son Ain : s'endormir profondément dans 1" ivresse.

Obdormire crapulam. (Pétrone.)

Sitôt que leur vin fut cuvé... (Scarron, Virgile travesti )

Cycle, du ,arec kuklos, cercle.

Période ou révolution continue et uniforme d'un certain nnm1)re d'années pendant lesquelles s'accomplissent les mêmes phénomènes célestes.

Le cycle solaire est de 28 ans.

Cygne, du latin ci/cnus : grec kuknos.

Le chant du cygne. (Voy. chant.) Les derniers vers d'un poète.

— Les anciens prétendaient que le cygne chantait d'une manière mélodieuse au moment de sa mort.

En réalité, le « chant » du cygne est fort désagréahle. et l'on peut lui appliquer ce qui a été dit du paon : Ut placeat, taceat .

Ovide dit que le roi de Ligurie, ami de Phaéton. fut changé en cygne avant de mourir, et qu'il fit entendre, sur les hords de l'Eridan, un chant mélodieitx.

■S'ic ubi fata vocant, udis abjectus in licrbia. Ad voda Meandri concinit albùs Olor.

Jupiter, transformé en cygne, séduisit Léda par ses accents mélodieux.

Sui\ant la tradition conservée par Platon, Oi-phée avait été changé en cygne, eu vertu des lois de la métempsychose. C'est pour cela que les Grecs attrihuaient au cygne un chant harmonieux.

— On appelle Virgile le « Cygne de Mantoue ».

Les nnisiciens et les poètes qu'on traite de cygnes auraient droit à des dommages-intérêts: le cygne est surfait. Ce palmipède lamcllirostre, connue disent les savants, ne saurait faire entendre qu'une voix des plus désagréahles.

Molle va ut a dit :

Le cygiif frapfM' l'air do ses rauiiucs accoiils.

Delille. tout en faisant l'éloge du cygne, lui refuse le chant :

Le cygno, à qui lÏTrour prête des clianfs aimal»les, Kl (jiii n"a pas besoin du mensonge des fables.

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.M;illiérliP osih'm'O cliMUtei" iiiiciix i|iriin cvûik' :

Cl' sera là i|tif ma l\if.

Faisant un doi-nicr effort.

Kntri'pi'cndra ili' niiciiv dire Qu'un cygiie près de sa mort.

Ou s'olistiiie néaniiioins à qualifier de i. ryones » renx qui ont donné les plus l>elles mélodies.

Cynégétique, mot sirec kiuu'(jéllk(K qui courernela chasse aver chiens.

Locutions cynéoéliques couramment employées: Etre au\ ahois. l)racouner, revenir bredouille, aller sur les brisées, faire buisson creux, prendre le change, rompre les chiens, clabauder, chien couchant, à cor et à cri. chasse à courre, curée, en découdre, détaler, détraqué, llùté. rendre gorge, faire des gorges chaudes, harreler, holjereau, bouspiller, huer, leurre, madré, être niais, donner dans le panneau, piller, piper, piste, pouniiasser, etc.

Cynisme, itnpudeuce.

Nom donné à la secte des cyniques: grec kunihof(, de luùn, chien.

Le tombeau de Diogène le Cynique fut oimk'' d'une colonne surmontée d'un cbien en marbre.

Le chien, cbez les Grecs, était le symbole de l'impudiciié.

Le cynisme est le fumier de la francltise.

Cyprès, du latin cupvessum, du grec Kupros (Chypre).

Arbre de la famille des conifères, de forme pyramidale et allongée, dont les rameaux, pressés contre la tige, sont d'un vert très foncé, presque brun. Sou aspect funèbre l'a fait choisir pour oriUM- les tombeaux.

— La Fable raconte que le jeune Cyparine tua par mégarde un cerf qu'il aimait beaucoup. Il en mourut de chagrin, et Apollon le changea en cyprès.

— Changer les myrtes en cyprès : la joie en douleur.

— Le cyprès était le symbole funèbre des Grecs et des Romains. Il était consacré à Pluton : on le plantait près des tombeaux, et les

poètes nous ont fait part du sentiment de répulsion qui s'y attachait. Cependant, son port, sa verdure perpétuelle, sa longue durée. l'incorruptibiUté de son bois, le rendent précieux.

— Le cyprès, de forme conique très effdée, portant son ombre autour de lui comme un style de cadran solaire, servait à Kugène Fromentin, dans le Sabel. à connaître les heures.

'm> DAM

Cythère, nom grec.

Hésiode dit que Vénus étant née de l'écume de la mer, fut portée à Cytlièi'e sur une concjue marine.

Da, origine incertaine; anciennement cfea : certainement, dans oui dà.

Ménage le dérive de Dia, par Jupiter (?).

D'abord, adverbe ; aussitôt.

Si tii vas de ce pas, tu seras d'abord arrivé.

Jf n'en ai pas douté, d'ahord (juo je Tai vu.

(Moi.iÈRt, Ecole (let Femmex, V. 9.)

Dada, mot enfantin ; clieval.

C'est son dada : sa manie.

Ainsi ce maître dada :

Aussi grand que le mont Ida.

(ScARRo.N, Virgile iravexti.)

Avoir un dada, c'est-à-dire une idée fixe, un but que l'on cbercbe sans cesse et vainement à atteindre. Allusion ironique à Pégase (?) que les grands génies seuls peuvent monter sans être désarçonnés.

Dagobert, nom bistoriciue.

Comme disait Dagobertà ses cbiens : « Il n'y a si bonne compagnie qu'il ne faille quitter. » Se dit trivialement. Son esprit est comme la culotte du roi Dagobert : à l'envers.

Dam, du latin damniim, détriment, dommage.

Per castre pro avez fcuj lo lur ihnii.

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