CUL
La vanité est le défaut de la mirasse humaine.
Cuisine, du latin cocpiina.
Cuisine de petit ménage: Pot-bouille.
« Petite cuisine agrandit la maison. » La tempérance a le double avantage de conserver la santé et la bourse : les économies les plus sérieuses sont celles qui portent sur les dépenses de tous les jours.
On dit encore : «Grasse cuisine, de maison ruine. »
Cuisinier, autrefois f[ucux [roquns) et coq. qui désigne encore un cuisinier de navire.
D'où aussi coquin, gueux, cuistre (voir ces mots].
Au même radical remontent encore : précoce, biscuit, et confitures de Cotignac dont parle Rabelais (?).
Le feu aide le queux.
•Les maîtres queux souvent lardent perdrix. (Rabelais.)
Isamberî était grand queux de France, sous Louis IX...
— Mauvais cuisinier : empoisonneur, gâte-sauce.
Entre un mauvais cuisinier et un empoisonneur, il n'y a de ditîérence que dans l'Lntention. (Président Héuault.)
C.ar Migaol, c"e.st tout dire, et dans le monde entier. Jamais empoisonneur no sut mieux son métier.
(Bori.KAi-, Satirr \\\.)
— Cuisinière excellente : cordon-bleu (Voy.)
Lors(iiriine cuisinière quitte une place, elle dépose... son tablier.
Cuistre, sol. pédant ; du latin cof/iiistrti?>i.
Allez, cuistre liei'l'é !
(Moi.iÉRt:, Ffinm. Sar. 111, 2)
Cul, latin cuhim : grec kouleos. p. koleos. (Voy. dern'rrc.) De là, les dérivés: culotte, reculer, culbuter. En provençal se dit taphnnari, du grec taphos (?). Synonyme : face du Grand Turc. (Rabelais.^
— Dans le Malade imaginaire, M. Fleurant, apothicaire très brusque et insolent, vient, une seringue à la main, pour exercer son ministère. Le frère du malade, outré de ses impertinences, lui dit: « Allez, Monsieur, on voit hien que vous n'avez coutume de parler qu'à des culs. »
Cette phrase, à la première représentation, n'eut [)as l'approbation du pul)lic. et Molière la modifia comme suit : « On voit bien que vous n'avez pas accoutumé de parler à des visages. >■
— Cul-de-sac : rue sans issue, impasse.
CUL :wi
Sur les réclamations do Voltaire, on a remplacé par i/iipuss»', le mot cul-de-sac.
Dans Jacques le Fataliste, de Diderot, Jacques dit : « Je me suis fourré dans une impasse à la Voltaire, ou vuluaii-ement dans un cul-de-sac. »
L'éditeur (1821) ajoute en noie: - Comuient peul-on donner, dit Voltaire dans son Dictionnaire pliilosopliique, le nom de cul-de-sac à Vaiif/iportus des Romains ? Les Italiens ont pris le nom A'anyiporto pour signifier strada senza uscita. On lui donnait autrefois le nom (ï Impasse, qui est expressif et sonore : c'est une grossièreté énorme cjue le mot cul-de-sac ait prévalu. »
On lit encore, dans une lettre de Voltaire aux Parisiens, qui précède l'avertissement de \ Ecossaise : « J'appelle, impasse, Messieurs, ce que vous appelez cul-de-sac. Je trouve qu'une rue ne ressemble ni à un cul, ni à un sac. Je vous prie devons servir du mot impasse, qui est noble, sonore, intelligible, nécessaire, au lieu de celui de cul, en dépit de Fréron, ci-devant jésuite. »
— Cul de basse-fosse. Nom donné a\ant 1793, aux oubliettes.
Ce mot, inditl'érent pour nousaujourd'liui, n'a plus le sens terrible qu'il avait avant que la Révolution eût aboli la chose.
— Cul-de-bœuf. Il y a, à Marseille et à Toulon, à l'extrémité du port, des ruelles resserrées qu'on appelle cul-de-bieuf. (Cuou-de- Ijuou.)
Cul-de-l)œuf était une expression méprisante, comme l'indique le proverbe : a II perd sou alléluia, qui a cul-de-bœuf le cbante. »
— Mettre à cul, à quia : réduire son adversaire à l'impuissance. 11 tint contre tous les régents et orateurs, et les mit tous à cul.
(Ral)elais, II, 10.) C'est-à-dire les obligea à s'asseoir sur la paille.
C'est lorsque Pantagruel, soutenant des thèses contre tous les professeurs de l'école de Paris, les eut réduits au silence par son savoir, et obligés à quitter la cbaire pour s'asseoir sur la paille de la rue du Fouarre (Voy.) qui jonchait alors les écoles.
— Baiser le cul de la vieille. (Voy. baiser )
— Montrer son cul : faire banqueroute.
Cette locution vient de l'ancienne coutume de Montpellier, de faire faire cession de biens aux banqueroutiers, dans l'église de Saint-Firmin, en tenant une main sur le verrou de la porte, et de l'autre montrant leur derrière avec ces mots : Par/a te aquit.
Cette coutume était la parodie de celle des Romains, oi'iledéi)iteur insolvable disait: Csdo boiia (J'abandonne mes biens), en frappant