‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 2 sur 336 · BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIE

Avant de rien dire de louvrage, il nous a paru convenable de présenter aux lecteurs une notice biographique sur M. Grandjean ; et nous avons pensé ne pouvoir mieux faire que- de l'emprunter entièrement à M. Ginoux, exécuteur testamentaire du défunt et son ami, qui a bien voulu nous y autoriser. Nous le prions d"a,oréer nos remercîments.

Voici donc in-exfenso ce que nous trouvons, concernant M. Grandjean, dans Tintéressant volume intitulé : Peintres, sculpteurs, architectes et autres artistes nés à Toulon {1366-1893), jmr Charles Ginoux, peintre, correspondant du Comité des Sociétés des Beaux-Arts à Toulon, ofpcier de Vlnstruction publique. — In-8". Paris, Cbaravay, 1895.

Grandjean (L.-M.-E.), né à Toulon, le 3 septembre 1811, mort à Paris, le 3 septembre 1889. Il était fils de Nicolas Grandjean, oflicier supérieur d'administration de la Marine, cbevalier de la Légion d'honneur. Entré à douze ans au lycée de Nîmes, Marius Grandjean en sortit à l'âge de dix-huit ans, après avoir été reçu bacheber. Il n'avait pas négligé l'étude du dessin, aussi était-il devenu un des jjons élèves de cette classe, comme il l'avait été dans les autres.

En 1830, il se rendit à Paris, en compagnie de sa mère, et, après trois mois de séjour dans la capitale, il prit sa première inscription de droit : mais, au bout de quelque temps, changeant de résolution, il se fit inscrire à la Faculté de médecine. Il passe ses vacances de 1831 et 1832 à Toulon, oîi son père meurt eu décembre de cette dernière année. Après la mort de son père, le jeune Grandjean, que Raynaud, chirurgien en chef de la Marine, avait, dès le mois d'octobre 1831, fait inscrire comme élève-chirurgien de l'hôpital maritime, fut chargé, en février 1833, d'un service au bagne de Toulon. Il avait pris, on juillet 1832, sa sixième inscription de médecine à Paris.

Pendant les années 1833-1834, notre élè\e chirurgien fréquente.

en amateur, les ateliers des peintres Sénéquier et de Clinchamp, et la peinture devient sa passion dominante. En mars 1834, il quitte Toulon pour se rendre à Paris, où, en juin, il entre à l'Académie de dessin tenue par Boudin, qui servait de modèle aux peintres, et, le 18 août, se fait inscrire à l'École des Beaux-Arts pour le « concours des places ». En janvier 1836, après en avoir reçu l'autorisation de sa mère, il s'adonne entièrement à la peinture. En mars 18.35, il avait fondé, ^wec Jules Duval-le-Cumus et Guerrij. l'atelier DrolUng, qu'il abandonna peu après, ses ressources pécuniaires ne lui permettant pas de contribuer aux frais d'atelier. En septembre 1836, il revient à Toulon, où il s'occupe de peinture pendant quelques mois. En avril 1837, il repart pour Paris en compaiinie de Gh. Ginoux, qui va continuer dans la capitale ses études de dessin. Après avoir occupé, en commun avec ce dernier, un logement dans la maison n'^ 8 de la rue des Marais-Saint-Germain, il prend pour lui seul une cliambre rue Poupée, 11. La pension de 800 francs que lui fait sa mère étant insuflisante pour vivre et se li\rer à l'étude, Grandjean, afin d'augmenter ses revenus, a recours à des travaux peu rémunérés, qui absorbent la plus grande partie de son temps ; en 1837-1838, il fait des dessins d'bisloire naturelle pour M. de Mirbel, directeur du Muséum du Jardin des Plantes : il peint un Baptême du Christ, pour une église de province, et un autre tableau représentant la Cè/ie pour le curé de Pospoder, qui lui est payé 400 francs. Mais ses études soufïrent de ces ouvrages de peinture anticipés et du peu d'Iieures qui lui reste dans la semaine pour copier le modèle vivant dans l'atelier d'élèves de Paulin Guérin, où il est admis gratuitement.

Revenu à Toulon, après un séjour de près d'un an dans cette ville, du mois d'avril 1839 au mois de mars de l'année suivante, il retourne à Paris et sollicite, au mois de juillet, une place de dessinateur au Ministère de la Marine. En attendant qu'une vacance se produise, M. Bernard, inspecteur général des Travaux hydrauliques, l'envoie à Toulon pour travailler dans les bureaux des dessinateurs de cette direction et se préparer ainsi à l'emploi qu'il a sollicité. Va\ janvier 1841, il est de retour à Paris, et entre, le iiO de ce mois, au Ministère, où une place va se trouver disponible. En elïet,. en mai, il reçoit de l'amiral Dupcrré, minisire, une lettre qui lui

Vlll NOTICE.

annonce sa nomination à cette place, à la paye de 1.200 francs par an, paye qui est portée, un an et demi après, à 1.500, puis, en 1845, à 1.800 francs. Au mois de juin 1843. aussitôt après avoir été prévenu que sa mère est très malade, il demande un congé et part pour Toulon : mais il arrive trop tard, sa mère était morte la veille. Revenu à Paris, il reprend ses occupations habituelles au -Ministère, et, pendant ses moments de loisir, il fait, comme auparavant, des aquarelles d'après nature et d'après les maîtres en ce genre.

A la mort de sa mère, se trouvant dans une aisance relative, et depuis longtemps désireux de voir l'Italie, Grandjean, après avoir obtenu un congé, part, le 1" août 1845, accompagné de son ami Zoppi, pour Rome, où il arrive le 14. Après quinze jours de séjour dans cette capitale, les deux amis se rendent à Naples, puis à Florence. et à Pise. Ils vont ensuite à Livourne, où ils s'embarquent pour la France et sont de retour à Paris le 23 septembre de la même année. Nous retrouvons Grandjean à Toulon en 1852, à l'occasion de la mort de Jules, son seul frère et son aîné, et encore en 1853 et 1855. En 1850, il fait un voyage circulaire en passant par Rordeaux : il vient jusqu'à Marseille. De retour à Paris, sa vue ayant beaucoup fail)li, il demande une retraite proportionnelle pour ses quinze ans de services au Ministère de la Marine; et, en septembre, cette retraite est fixée à G07 francs. En janvier 1860, il apprend par dépèche la mort de sa belle-sœur, et part immédiatement pour Toulon, où il arrive à temps pour le convoi.

Complètement libre depuis que sa retraite a été réglée, et possesseur d'une jolie fortune, son frère en mourant lui ayant laissé en nue-propriété une somme de 40.000 francs, dont l'usufruit vient de s'éteindre à la mort de sa femme, somme qui, ajoutée à celle à peu près égale venant de la succession de ses père et mère, et à d'importants bénéfices et économies réalisés par Iqi, Grandjean se décide à louer un petit appartement dans la maison portant le n'^ 81 de la rue de la RépubUque, où .son camarade Ginoux babite depuis une dizaine d'années, et prend possession de cet appartement le 3 mai'S 1800. A partir de ce moment jusqu'en 1880, notre artiste, qui a conservé à Paris son ancien logement de la rue Hautefeuille, a un pied à Toulon et l'autre dans Ui capitale: il iiabite

alternativement ces deux villes. Il s'occupe, pendant cette période, de peinture et de littérature ; il complète des ouvrages manuscrits commencés depuis longtemps. En août 1881, il fait, à Paris, un premier testament olographe, par lequel il laisse tous ses biens à la ville de Toulon, à la condition qu'elle servira des pensions viagères, s'élevant au total à 5.000 francs, à sa sœur et à ses deux nièces, à sa gouvernante et à un camarade et ami qu'il n'a cessé de fréquenter pendant cincpiante ans.

A partir de celte année, on ne le voit plus à Toulon ; il a renoncé à se déplacer, paraît-il ; mais ce renoncement n'est pas définitif, puisqu'il a conservé dans cette ville son logement jusqu'à sa mort, arrivée huit ans après. En 1889, il fait un second testament olographe, sans rien clianger aux dispositions principales du premier, par lequel il lègue à sa ville natale une somme d'environ huit cent mille francs, dont les revenus, après avoir servi lesdites rentes viagères, seront employés pour les arts et la littérature. Cinq mois après le second testament, il meurt. (Ch. Gi.xoix.)

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