ESS
L'esprit et le bon sens vont rarement d'accord.
L'esprit sans le bon sens est un ballon sans lest.
La raison est une abeille, l'esprit n'est qu'un pa[)illon. (Joubert.)
L'esprit ^it plus d'illusions que de réalités.
L'esprit convertit en monnaie courante les lin.uots d'or acquis par l'étude.
L'esprit consiste principalement à saisir les ressemblances; le jugement, plus utile, s'applique à saisir les différences. (Locke.)
On est plus sociable par le cœur que par l'esprit. (La Bruyère.)
— Présence d'esprit.
Il n'y a rien de si absent que la présence d'esprit. (Rivarol.) Les intelligences méditatives possèdent rarement la présence d'esprit. (Proudhon.)
On s'aperçoit après coup qu'on aurait pu dire des clioses cbarmantes ou très spirituelles ; mais il n'est plus temps, on est déjà sorti du salon... Cela s'appelle 1' « esprit.de l'escalier ».
— L^ esprit est l'opposé de la bêtise; Vâme, de la matière: la raison, de la folie: le bon sens, de la sottise: le jugement, de Vétourderie : la conception, de la stupidité: \ intelligence, de \ incapacité.
Esse, suffixe, du latin itiam.
S'ajoute au radical d'un grand nombre de substantifs, pour ajouter l'idée d'état ou de qualité. Ainsi : faiblesse, état de ce qui est faible ; finesse, de ce qui est lin.
— Faire des S : faire du feston, marcber en zigzag, être ivre.
Il gagna riiuis, faisant des osscs.
(SCAURON.)
Deux gamins observaient, devant l'Institut, un vieillard qui décrivait sur le trottoir des zig-zags capricieux. « Tiens, vois donc... un académicien ! — Eb ! c'est sûrement lui qui est cliargé de faire les S dans le dictionnaire : il étudie. »
Essence, du latin pbilosopbique essentiam, de esse, être. Ce qui constitue la nature d'une cbose, qui est absolument nécessaire pour qu'elle soit.
« La solidité est l'essence de la matière », dit Gassendi.
— Du bois d'une bonne essence, c'est-à-dire d'une bonne espèce.
— Les essences sont des builes odorantes extraites des produits naturels. (Voy. quintessence.)
Essor, substantif verbal de essorer : du latin exaurare.