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Il leur répondit gaiement que, « si- leurs vœux étaient exaucés, son fils serait obligé de régner à la chandelle » .
Éternité, du latin œiernildton.
Censorinus la définit : une durée indéfinie, qui est. qui a toujours été et sera toujours.
Platon dit que la vie est un point entre deux éternités
Pascal a reproduit cette pensée, qui est sublime, quoique fausse dans la rigueur raétapiiysique.
Éternuer, du latin slerniierc, par xtenmiarc.
(Yoy. Dieu vous béni.^s(\)
Ethnographie, du grec ethuo.% nation, graphù, je décris.
Klude des types, des mœurs et des coutumes des difîérentes nations : la géographie appliquée à riiumanité.
Étiage, de œstivatlciuu: ou du vieux verbe eslier. passer Tété.
Niveau d'une rivière pendant l'été. Le zéro de l'bydromètre.
L'étiage de la Seine a été établi au Pont-Royal en 1730.
On marque par un zéro le point le plus bas où soit descendue l'eau dans une période déterminée, et l'on part de là pour mesurer les crues.
Etiquette; germanique stich, pique.
Quelques-uns en font la contraction de est hlcquœstio. inscription qu'on mettait sur les sacs de procès.
D'où : « juger sur l'étiquette du sac » , c'est-à-dire sans approfondir,
et '( vider un procès... »
On n'écouta ni les si, ni les mais :
Sur l'étiquette on me fit mon procès.
{\\ l.C Gl.KRC.)
De re incognita judicare. (Cicéron.) Sage est le juge, qui écoute et tard juge.
— Cérémonial des cours, qui règle les devoirs extérieurs d'après le rang.
Dans les cérémonies, les juges ont le pas sur les médecins, de même que, dans les exécutions publiques, le voleur marche devant le bourreau. (Agrippa.)
— En novembre 1863, le successeur d'Othon au tr(tne de (irèce. lils du roi de Danemark, écrivit à son père pour lui annoncer son arrivée dans ses États. Sa lettre commença par ces mots : « Monsieur mon Frère. » Telle est l'étiquette ; avec elle, la nature perd ses droits.
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— Un roi de Castille faillit mourir de soif, parce que le grand échanson n'était pas là pour lui donner à boire.
Etoile, du latin stellain : d'où constellation.
Les étoiles les plus rapprochées de nous sont à une distance égale au moins à deux cent mille fois celle de la Terre an Soleil. (Chazalon.)
La lumière d'une étoile de première grandeur met au moins trois ans pour parvenir à la Terre.
La lumière des dernières étoiles visibles au télescope de six mètres, met au moins 2.700 ans pour le même trajet.
Les dernières nébuleuses, visibles dans le télescope de quarante pieds de Herscbel, n'ont pu être visibles sur la Terre qu'au bout de deux miUions d'années, à raison de 73.000 lieues à la seconde. (Humbold, Cosmos.)
— La lumière de l'étoile de la Chèvre, une des moins éloignées de la terre, met soixante-quinze ans à nous arriver.
Si nous supposons qu'un vieillard qui vient de mourir à soixantedouze ans (18GG), se trouve subitement transporté dans cette étoile, et puisse voir ce qui se passe à la surface de la terre, il verrait l'Europe en 1794.
Une imagination guidée par une saine physit^ue, pourrait édifier sur ce fait le plus ingénieux des romans : car ce vieillard pourrait reconnaître son pays, ses parents et suivre toutes les phases de sa propre existence.
— L'Étoile du Berger : la planète de Venus.
— Coucher à la belle étoile : en plein air, sub Dio.
— Né sous une heureuse étoile. Locution empruntée à l'aslrologit'. S'emploie pour exprimer qu'une personne doit être heureuse,
parce qu'elle est soumise à l'inlluence de tel astre. De là le mot désastre, pritation d'astre favorable. En provençal, on dit : désastrat, infortuné privé de son étoile.
— Voilà son étoile qui file. (Voy. malotru.)
— Nous avons vu son étoile eu Orient, et nous sommes venus pour l'adorer. (Mathieu, II, 2.)
Attribula sunt sinr/ulis sidéra. (Pline.)
Nalas amico sidère.
Astro malo natus. (Pétrone.)
— M"'e de Gourvillé parlait un jour de son étoile devant Segrais. Il lui dit : Madame, pensez-vous avoir une étoile à vous toute seule ? Savez-vous bien qu'il n'y a que 1.025 étoiles. Voyez s'il peut y en
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avoir une pour tout le monde ! « Il dit cela, ajoute M'"" de Sévigné, si plaisamment, que la Gourville en fut toute déconcertée. ><
— Eu argot de coulisses, on appelle étoile, une actrice en renom qne l'on met en vedette sur rafticlie. Lorsqu'elle est mal accompagnée, c'est une étoile sans satellites.
Etonner, du latin attonarc, frapper de la foudre.
Rabelais (Y, 2) dit :
Ce noble gueux ma plus fort estonné Que si le ciel en automne eust tonné.
Et .Ma rot (Épiireau RoiJ :
Incontinent, (jui fut Lien estonné.
Ce lut Mai'ot, plus (jue s'il eust tonné.
— Étonné comme un fondeur de cloches.
Ce proverbe encore usité vient de ce que les fondeurs de cloches sont, en effet, très étonnés et consternés quand ils ne réussissent pas, et qu'il faut recommencer.
— Synonymes : tomber des nues, de la lune, être pétrilié. Les liras m'en tombent : je n'eu reviens pas.
— Plus étonné qu'un évèque sans mitre. {Moyen de parvenir.) Il ne faut point s'étonner, qu'on ne voie sa tète au bas de ses
pieds, (kl., cliap. 24.)
Etouffoir, dérivé de étou/J'er. Etymologie incertaine. Table dhôte où l'on joue après diner. Maison de jeu clandestiiu'. où tout e3t fermé, par crainte de la pohce.
Etoupe, du latin stupam, aussi éteuf (balle du jeu de longue paume).
La partie de l'écorce du chanvre la plus voisine de la tige.
Etourdi, vient peut-être de turduni, grive.
(]et oiseau était pris comme type de la sottise, de même (pie l'étourneau et la linotte sont celui de la légèreté.
P^tourdi comme le premier coup de matines. (Rabelais, II, 28.)
Étourdi comme un hanneton.
Etre, du latin ^/«r^ : ou bien iilul(tt du bas-latin essere, stare ayant donné ester (en justice).
Ce verbe est irrégulier dans la plupart des langues.
— Il faut s'etïorcer d'être ce que l'on veut paraître. (Socrate.)
— Au pluriel, sulistantivement. les diverses parties dune maison. L'étymologie la moins douteuse est dire, le foyer (la partie pour
le tout) ; latin atrium.
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Savoir les êtres d'une maison : en connailre les détours. On l'écrivait aussi aitres.
Ils cloiToyont huis et fenestrc.
Si en seront plus ohault leur estre.
(Roman de In Roue.)
Lors s'en vint droit à la ïeneslre.
Con eii (jui bien en savoil l'eslre.
{Roman de Rcnart.)
Etrennes, latin strena, augure, présage.
Suétone dérive ce mot de strenuus, brave.
— Tatius, roi des Sabins, qui partageait la royauté avec Romulus, reçut comme présent, le premier jour de l'année, quelques brandies vertes coupées dans le bois consacré à Strenna,. déesse de la valeur. 11 y vit un présage de la prospérité de Rome, et voulut que ce présent fût renouvelé tous les ans sous le nom de Strenœ.
— Ovide, dans ses Fastes ou Calendrier poétique, a décrit le mouvement qui se faisait à Rome au commencement de janvier. On se visitait, on se portait des cadeaux.
— Lorsque Caligula eut une fille, il annonça par un édit qu'il accepterait, au commencement de l'année, les étrennes qu'on lui donnerait, pour élever et doter cette fille.
Edixit strenas ineunte anno se recepturum. (Suétone.)
— Le premier de l'an est une charmante journée, où chacun mange des bonbons et embrasse des demoiselles.
— On appelle aujourd'hui étrennes, épingles, pots de vin, des gratifications pour services rendus. C'est la bonne-main des Italiens (la manche), le para gantes des Espagnols (pour les gants).
Étrier. Provençal estrieu. vieux français estrief: du vieil allemand streban, s'appuyer avec effort.
— Roire le coup de l'étrier : avant le départ.
En 1002, Rassompierre fut envoyé par Henri lY en ambassade à Rerne, pour renouveler avec les Suisses l'aUiance de 1582.
Après avoir remph sa mission, an moment du départ, les députés des treize cantons, tenant chacun un vidercome de la contenance d'une bouteille, l'entourèrent, et, portant un toast à la France, vidèrent leur verre d'un trait.
Rassompierre leur rendit raison en faisant vider dans une de ses bottes treize bouteilles de vin, qu'il but à la prospérité des treize cantons.
Etriller, du latin striyilis, brosse dure.
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Synonymes : battre, donner une volée, une raclée.
— Le strirjilis était un inslruinont dont les Romains se raclaient la peau après le haiii.
Vt'iit-il quii lï'lrilliT ma main un peu s'applique?
(Mût.iÈRK, Ampliitryon.)
— Être logé à Thôtel de C Étrille: être écorclié, payer extrêmement cher ; être plumé.
Étrivières (donner les) : proprement frapper avec la courroie (pii tient suspendus les étriers.
Étude, du latin sfudium.
Le jeu le plus simple exige au moins deux personnes ; l'étude trouve du plaisir dans la solitude.
Il y a des heures choisies pour étudier la Vénus et la Minerve antiques : il y a des heures folles, que l'on consacre aux potiches, aux porcelaines et aux magots. (J. Janin.)
Étymologie, du grec étumos, vrai, logos, sens. Cicéron l'appelle veriloquium, le mot propre.
— La science des étymologies consiste à analyser les mots, pour en découvrir la racine et le sens absolu.
Elle en fait connaître la signification, d'après leur origine et les éléments de leur composition.
Cette analyse a pour but de dégager l'idée primitive qui a servi à leur formation, afin de ne les employer que pour exprimer l'idée qu'ils représentent, et de pénétrer la métaphysique des langues, pour en connaître le caractère et le génie.
— Les principaux étymologist es sont : Ménage, Ducange, Somaize, Yossius, Ferrari, Caseueuve, H. Estienne, Tripot, Borrel, Nicod, Roquefort, etc.
Christine de Suède disait de Ménage, auteur du Dictionnaire des origines de la langue française : « Il veut non seulement savoir d'où vient le mot, mais où il va. »
Les étymologistes sont exigeants : ils veulent que chaque mot ait en lui sa marque de fabrique.
L'histoire des mots français modernes est dans le français ancien, qui se parle encore dans les patois provinciaux. C'est une vérité incontestable, tellement claire et logique, qu'on s'étonne qu'elle n'ait pas été reconnue à priori, avant que les études philologiques modernes l'aient rendue évidente; et qu'on ait cherché si longtemps les étvmologies du français dans l'hébreu, l'iudou et les autres