‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 219 sur 336 · KK.M · texte numérisé non relu

KK.M

— Feiiinie galante.

Femme de la petite vertu. {Dictionnaire des Précieuses.)

On l'appelait à Athènes hétaïre ; à Rome, nieretrix.

Les prostituées [liipœ, fornicatrices) , habitaient en commun

dans le quartier Suhurra.

Autrefois on appelait les femmes galantes : filles folles de leur

corps.

(Jiii de nuit met sa fenie liors Selle fait folie de son corps...

(Recueil de fablex et contes.

Avec un niuine avait fait la folie...

(Mahot.)

— Très nombreux sont aujourd'bui les noms appliqués à ces sortes de femmes :

Biche (voy.) ; cocotte (voy.) : coureuse ; courtisane ; dame facile: femme du demi-monde (depuis la pièce de Dumas fils) ; tille de marbre (du titre d'une pièce de Th. Barrière); impure, sous la Régence : lorette (nom donné en 183o, par N. Roqueplan, rédacteur au Figaro, aux femmes de mœurs équivoques du faubourg Montmartre, qui fréquentaient l'église de Notre-Dame de Lorette) ; sœur de charité dn mal : vendeuse d'amour ; Vénus au rabais ; femme perdue... dans les chemins où il y a des pierres précieuses.

— Plante a dit de la femme galante : Corpus alit corpore.

Le moindre défaut d'une femme galante, est la galanterie. (La Rochefoucauld.)

— Anciennement les femmes débauchées étaient quah liées </o?'es (truies).

Les Parisiens avaient surnommé Isabeau de Bavière : la Grand' Gore.

Les femmes galantes et les prostituées sont, dit-on, nécessaires dans l'état social... Nécessaires comme les égouts, les dépotoirs. Les civilisations ont besoin de se purger, comme les individus.

Soit ! 11 faut se servir quelquefois de ces choses-là, comme on prend de la magnésie : mais il ne faudrait pas s'en nourrir exclusivement.

— D'une femme dont la vertu est entamée, on dit : elle a nMi le balai: elle a \u le loup : elle a fait parler d'elle: elle a passé le Rubicon, ...jeté son bonnet par dessus les moulins.

— Parmi les femmes galantes, l'avancement ne s'obtient pas à l'ancienneté.

— Femme honnête.

Une honnête femme peut tout voir et tout entendre.

La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés, qui ne sont en sûreté que parce qu'on ne les recherche pas. (La Rochefoucauld.)

Livie ayant aperçu un jour des hommes qui se haignaient dans le Tihre, dit qu' « aux yeux d'une honnête femme, les hommes étaient connue des statues ».

— Presque toutes les dévotes aiment à entendre dire des gaudrioles, autorisées qu'elles sont par leur grande vertu à contempler des abîmes sans y clioir, et les embûches du démon sans s'y prendre.

— Duclos se mit un jour, étant chez M"'e de Mirepoix, à entamer une série d'histoires des plus lestes. « Prenez garde, Duclos, lui dit la comtesse de Rochefort, vous nous croyez aussi trop honnêtes femmes... »

— Un président de cour d'assises, au moment d'appeler une affaire scandaleuse, dit : « J'engage toutes les honnêtes femmes à se retirer. » Pas une ne sortit. « Huissier, reprit-il, maintenant que toutes les femmes honnêtes sont sorties, faites sortir les autres. » (I80G).

— Femme inconstante.

Souvent femme varie; mal luibile qui s'y (le !. (François I".) Les femmes ressemblent aux girouettes, elles ne se fixent que quand elles se rouillent.

Feinnie, forliuio et vent, Cliangent aussi rapidement.

Temps, vent, femme, fortune, Giiangent comme la lune.

La femme c'est l'onde. (Shakespeare.)

Il ouvre des sillons dans l'onde, il sème sur le sable, il veut enfermer le vent dans ses filets, celui qui fonde ses espérances sur le cœur de la femme. (Sannazar.)

Qui se fie à la femme, se fie au voleur. (Hésiode.)

— Une femme léfjêre, dit l'abbé Girard, ne s'attache pas fortement ; une inconstante ne s'attache pas pour longtemps : une volage ne s'attache pas à un seul: une changeante ne s'attache pas au même. . .

— Y\\ proverljc latin dit : ^ Qu'y a-t-il de plus léger que la pierre ponce ? — Le liège. — Que le liège ? — La plume. — Que la plume? — La femme. — Que la femme? — Rien. «

— Femme libi^e. M'"" Olympe Aiidoiiard demande les droits politiques pour la femme yiiin 1867). On objecte qu'une Chambre où il y aurait des femmes, serait une chambre à coucher. Mais, dans les discussions orageuses, les femmes apaiseraient le tumulte en disant : « Embrassons-nous ! »

— La femme, esclave de tous les préjugés, atteinte de toutes sortes d'hérésies morales etphysiques, sera la pierre d'achoppement de tout progrès. (Bebel, 1871.)

— Femme méchante. Synonymes : dragon, pie-grièche, harpie, mégère.

La femme est un tyran déguisé en esclave. (Laurent Jan.) Heureux riiomme dont la femme n'est sei'pent qu'à moitié. (Henri Heine.)

Tout à femme qui prie : rien à femme qui crie!

La femme ii"est qu'humour, elle lait nos tourments ;

Elle a pourtant deux bons moments :

L'instant où son (.'\iq\\\ la reçoit dans ses bras

Et le moment de son trépas.

t.\ntholiifjie.\

Dieu s'est fail homme, soit ! Le diable s'est fait femme.

(V. Hi.,o, niiy-Blax.)

Salomon dit que « de mille hommes, il en a trouvé un bon. et de toutes les femmes pas une » .

— Femme d'ordre. La femme d'ordre se devine dans l'arrangement des tiroirs de la commode de la jeune tille.

— Femme savante : bas-bleu, précieuse.

Il faut distinguer entre une femme de lettres et une femme lettrée. Ce sont les ignorants, qui ont peur de la supériorité d'une femme : ce sont les imbéciles, qui demandent une compagne bornée ; ce sont les sots, qui veulent jouer le rôle de pacha, et jeter le mouchoir à des odahsques dégradées. Un homme de cœur et d'esprit veut vivre avec son égale. (G. Sand, Jean de la Radie.)

— Femme sale: gouine ; graille, sentant le graillon de cuisine. Louis XV apphquait à une de ses filles ce nom ultra-familier:

Torchon, sale comme un torchon de cuisine.

M"'e Adélaïde, que son royal père, Louis XV, a[q)elait « cliitïe », signait elle-même ses lettres intimes : « Madame Torchon ».

— Femme prude .■■ciiipie.

— Fennne récolutlonnuire : tricoteuse (1793).

— Femme sensible, entends-tu le ramage ? (Holïmann.)

On dit aussi : « C'est comme si vous chantiez femme sensible sur l'air de la Godaqui. » C'est-à-dire : je ne veux pas vous écouter. Femme rit quand elle peut, et pleure quand elle veut.

...Qu'une fpinmo pleure, une autre pleurera; Et toutes pleureront tant ipril en surviendra.

(Destouches.)

n flercnl nntlos erudicre .s'i/rw.

(Oviui.)

- Les femmes, dans le partage des sexes, eurent une case de moins dans la tête et une fibre de plus dans le cœur. (Sévigné.)

— Femme volontaire.

Ce que femme veut, Dieu le veut.

Ce que A eut une fennne est l'crit dans le ciel.

(La Chm-sske )

L'entêtement des femmes est passé en ju-overbe, et Montaigne, à ce sujet, raconte l'anecdote de cette femme qui appelait son mari « pouilleux ». Pour la punir il la jeta à l'eau ; mais, ne voulant pas en avoir le démenti, elle élevait encore les mains au-dessus de l'eau. faisant le geste de tuer des poux.

Une femme impérieuse s'appelle virago, mot latin qui signilie « je fais Tbomme », surnom de Minerve et de Diane.

On dit aussi qu' « elle porte les culottes ». •

— La nature se trompe quelquefois, en donnant aux femmes une énergie toute virile.

Les Autrichiens appelaient Marie-Tbérèse « notre Roi ». Voici un distique qui peint bien l'opposition des caractères d'Elisabeth d'Angleterre et de son successeur Jacques :

Rex fuit Elmiheth, nunc est regina Jucohus ; Error natnrœ sic in utroque fuit.

Ne souffre a ta femme, pour rien.

Mettre son i)ied dessus le tien ; Le lendemain, la bonne Irète Voudra le mettre sur ta tète.

— L'homme a une valeur numérique qui a l)esoin de la femme pour se décupler. Si l'homme est seul, il n'est que 1. Joignez-y la femme ; vous avez la famille, il devient 10. Mais si vous placez la femme au-dessus de l'homme, vous intervertissez l'ordre, et au lieu de 10, vous avez 0,1.

Femmelette, diminutif de femme.

Homme eiîéminé. Expression de mépris. (Voy. petU-mailre )

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