FAL
— On a dit qu'il full;iit écrire ce mot /'au cet, \mre qu'il déri\e de faiiccm, «orge. Mais la voi\ de poitrine emprunte bien aussi le serours de la gorge.
— La voix de fausset, appelée aussi voix de tête, est un son donnant des notes aiguës, moins naturelles à l'homme que les notes graves, et qui ressemblent à la voix féminine.
C'est, par opposition à la voix naturelle, une frua^se voix.
Faut, de fallit, il manque.
Il faut faire : faire manque, est nécessaire.
C'est le cliasteau de Tout y fault. (Vieux théâtre français.")
Faute, anciennement /aile, de faillir : latin fallere. Faute d'un moine, l'aljbaye ne manque pas.
— Dans le sens de délif, se disait autrefois coiilpe (culpam) et le coupable se disait fautier.
— Les fautes sont personnelles.
Le déshonneur d'un individu ne rejaillit pas sur le corps dont il fait partie. J.-C. était Dieu, il n'avait que douze apôtres, et il s'y trouva un traître, un Judas.
— Au sujet de la mort du duc d'Enghien, Fouché dit: « C'est plus qu'un crime, c'est une faute. )'
Fauteuil, m\ç\Qm\Qm.Q\\ifaudesteul; ou faldesleuf. (Voy. faude.) De l'ancien allemand f'alden, plier, et stiiol, siège. Le fauteuil fut primitivement un siège pliant. (Littré. )
El fauâcttcaf niât lés le roi/.
(RKNAr,T.)
Une chaise en manière de faudesteuil. {Incent. de Cha/'lcs V.)
Faux, du latin falcem.
La faux du temps : le Temps, Saturne, la Mort, sont représentés avec une faux, parce qu'ils semblent faucher les hommes et les choses.
— Adjectivement, faux vient dGfnls/(?n. D'où aussi : faussaire, fallacieux, falsifier.
Faux comme un jeton.
Plaider le faux pour le vrai : émettre une affirmation fausse, pour se faire contredire et savoir la vérité.
— Faux-bourdo7i, musique simple à plusieurs parties sans dissonances. Composition de plain-chant, où le médium exécute le chant, tandis que les autres voix chantent en contre-point.
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Faveur, du latin favorem (de faveré).
Fait de fari bona, dire des choses agréables : ou de favonius. le zéphir, appelé aussi aura, le vent qui pousse. Au7'a popiilaris. (Cicéron.) La faveur populaire.
— Ruban étroit. Au temps de la chevalerie, les dames donnaient à leurs champions des rubans et autres ornements de leur costume.
On trouve dans le Roman de Perceforcst la preuve qu'au milieu des tournois, elles jetaient des faveurs à leurs chevaliers.
— Grâce, marque d'amitié, de bienveillance.
Se dit particulièrement, au pluriel, des marques d'amour qu'une femme accorde à un homme : les dernières faveurs..., lej plus orandes marques d'amour qu'elle puisse donner.
Fayence ou Faïence, de Faenza, ville d'ItaUe, où furent fabriquées au xvi« siècle, les premières terres cuites recouvertes d'une glaçure stannifère.
Fèces, fécales (matières), de fœcenu lie.
Dép(U des hquidcs troubles.
11 se dit aussi des excréments, des déjections humaines.
Fée, du latin fada ou fat a, qui fait des prédictions.
Etre fantastique du sexe féminin, doué d'un pouvoir surnaturel.
Astruc le dérive des deœ fatuœ des Romains, qui étaient les femmes des faunes, et prédisaient l'avenir.
Les Romains appelaient fafœonfadœles devineresses des Gaulois et des Germains.
De là : féerie, farfadet.
Il y avait des fées bienfaisantes et des fées malfaisantes.
Il n'est pas besoin qu'on vous die Ce (luétail une lée en ces bienheureux temps ; Car je suis sûr que votre raie ^ Vous l'aura dit dès vos plus jeunes ans.
(Pkiuial-i,t.)
— Adroite comme une fée. Dans les légendes du xMoyen-Age, les fées sont des êtres merveilleux, des femmes douées, comme les génies arabes, du pouvoir de créer des merveilles d'un coup de leur baguette magique. Elles sont les héroïnes de contes aimés des enfants, et de pièces de théâtre, appelées féeries, qui ont eu tant de succès de nos jours.
Féliciter, du latin fellcem, heureux.
Balzac, pour introduire ce mot et le faire accepter par l'aréopage
de riiôtel de Hanihoiiillel, sulliciUt le siilTra.ye de Vau.uelas: « Si le mot féliciter n'est pas encore franf-ais, il le sera l'année qui vient, et M. de Vaugelas m'a promis de ne lui être pas contraire, quand nous solliciterons sa réception, i
Fellah, nom générique des paysans et des laboureurs, en l^gypte et dans certains pays de l'Afrique du Nord. Arabe />/ffc//, laboureur.
Femelle, diminutif fetnellam. de feminam, femme.
Le père mort, les trois femelles Courent au testament sans attendre plus l;inl...
(I.A iMAMAlNi;, U, l'O.)
M"oses-lu bien eiicur parler, l'eineile iui(|ue !
Femme, du latin feminam.
Synonymes : la plus belle moitié du genre humain, le beau sexe. Divinité visible. {Dictionnaire des Précieuses.) Féminin de hominem. On a trouvé dans les vieux auteurs latins heniina, dont le h s'est changé eu /".
— La femme est nue idole, que l'Iiomme encense jusqu'à ce qu'il l'ait renversée. {Rabelaisiana.)
La femme est une Heur : une rose... ou un souci. L'amour des femmes, comme .besoin, produit l'homme: comme sentiment, le perfectionne ; comme passion, le détruit.
— Saint Augustin, dans une prière à la Vierge, appelle la femme « le sexe dévot » : Intercède pro decoto fcmineo sexu.
Nota : Il faut entendre ici les femmes consacrées à Dieu. Sequior sexus. (Apulée.) Le sexe inférieur.
— Alexandre Dumas fils divise les femmes en trois ordres : les vestales, en haut : les matrones, au milieu ; les hétaïres, en Itas : la femme du temple, la femme du foyer, la femme de la rue (1872).
— Les paroles aliondent sur les femmes, surtout les provei'bes satiriques :
Les plus l)elles femmes sont en Flandre. — Ce dicton du siècle dernier ne saurait se justiher. Aucune contrée ne saurait revendiquer le privilège exclusif de la beauté. C'était l'avis d'Apelle, qui, pour modeler sa Vénus, avait pris des éléments épars, sur les plus beaux types que lui eut fournis la Grèce.
Feuiuie fort belle, Rude el rebelle.
Celui qui a femme johe, vigne sur le grand cliemin, château sur la frontière, ne manque jamais de guerre.
On passe à une jolie femme d'être sotte, à un homme d'esprit d'être laid.
L(i donne c corne In castarjna,
Belld di fiiori e dcnlro ha la magagna.
Femme bonne vaut une couronne.
Une femme belle, spirituelle et bonne est le chef-d'œuvre de la création.
Femme bonne, bon renom,
Patrimoine sans parangon.
Une bonne femme commande à son mari en lui ol)éissant : Cas/a nd virutn matrona parendo inipcrat.
Domi mansit, lanam fecit. Cette inscription placée sur la tombe d'une matrone, pouvait servir de devise à toutes les femmes laborieuses, avant que la machine eût arraché à leurs mains délicates laiguille et la quenouille.
Cette femme a toutes les vertus de la fourmi, et tous les charmes de la cigale.
J'ai dans l'esprit une femme comme il y en a peu, qui me préserve des femmes comme il y en a beaucoup.
On a appelé une femme bonne, une chatte sans gritîes.
— A la bonne femme sans tête. — Cette enseigne satirique, dit Quitard, est due à ce que, au xvi^ siècle, on disait famé pour renununée, du lalin fuma. (Cf. mal famé.)
Mais la famé, ((iii vole et parle librement...
(Ronsard.)
Certains marchands, qui avaient pour enseigne : .4 la Renommée, faisaient peindre sur leur boutique": A la bonne Famé.
Les peintres du temps ont pu, d'après Virgile {Enéide. lY, 177), peindre la Renommée ayant la tète voilée dans les nuages ; d'où l'erreur du vulgaire et l'interprétation maligne.
Une rue de l'ile Saint-Louis porte le nom de la femme sans tète.
— Faible femme, se dit par opposition au sexe fort, ou barbu. (Le latin mulier correspond à mollis, déhcat.)
Car je suis une faible femme.
Je n'ai su qu'aimer et souffrir; Ma pauvre lyre, c'est mon âme.
(DESBOUnES-VAI.MOUE.)
— Une femme doit être sous la garde de son père pendant son enfance, de son mari pendant sa jeunesse, et de ses fds pendant sa vieillesse : jamais elle ne doit être indépendante. (Maxime indienne, Hilopadesa.)