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FLA

Dans Rabelais (IV, 12), Panurge jure par saint Thiltault, qui était ermite au xii" siècle, et se flagella beaucoup.

Flageolet, du latin flaf/ellam. petite baguette ; ou plutôt de l'ancien fîajol, de flautiolum, dérive de flare.

— On appelle flageolets, les baricots nouvellement écossés. Ce nom présente un exemple de corruption assez plaisant.

Du latin j^huseolus, on a eu fayol, fasol : d'où le diminutif fasolet. Le langage des balles cbangea fasolet en flageolet.

Flagrant délit (11 n'y a pas de feu sans fumée), de flagrante delicto : le délit est brûlant.

Flairer, c'est aspirer l'odeur ; fleurer, c'est l'exbaler.

C'est dans ce sens que Molière appelle son apothicaire « M. Fleurant » .

Il y a dans fleurer, une réminiscence de fleur, qui ne se trouve pas ûnns flai7'er.

Le peuple dit encore fleurer pour flairer.

Flamber, probablement de flambe, du \aiin fia mmulam, petite flamme.

Jeter des flammes : brûler. D'oii flaml)eau.

— Un bomme flambé : qui n'a que peu à vivre, perdu. Vient peut-être de l'ancien usage de brûler les morts.

Flamberge. Étymologie allemande: défense du côté. Mettre flamberge au vent : tirer l'épée pour se battre.

— L'épée de Renaud, l'un des quatre fils Aymon, s'appelait Flamberge, nom qui est resté longtemps à une sorte de grande épée de combat, et qui a aujourd'hui un sens ridicule.

Flanc. Étymologie incertaine. Flaccus, mou?

Les deux côtés du corps, du défaut des côtes jusqu'aux bancbes.

— Se battre les flancs. Le bon se bat les flancs avec sa queue pour s'exciter au combat.

— Ironiquement : faire de grands efîorts pour n'arriver qu'à un maigre résultat.

Flandrin, de Flandre, flamand.

Sobriquet injurieux qu'on donne à un bomme grand, maigre et mal tourné. C'est le lojigus homo de Catulle. Notre grand flandrin de vicomte. (Mobère.)

— Les maquignons appellent flandrins, les chevaux flamands, maigres et allongés.

FLI^ 48o

Flatter, du vieil MiliMiiaïKl /Uri . j)i;)l. ;i|il;ilir (|)liit(»t que du fréq. (la tare, entier).

— Qui llatte, gratte.

— La flatterie est une maladie de l'aniitié.

Si la peste était sur le InJue, les llatteiirs la feraient descendre de la santé. (Napoléon.)

Si rcmperenr faisait un pet, Geoffroy dirait qu'il sent la rose.

Et le Sénat aspirerait...

A l'honneur de prouver la cliose.

Quand tu rencontres un personnage puissant sur un âne, dis-lui : « Monseigneur, quel bon cheval vous avez là ! »

Tout flatteur vit aux dépens de celui (pi l'écoute.

{La Fo^•rAI^E.)

L'amour-propre puise sa ïorce en ce qu'il nous flatte toujours.

La flatterie est comme la fausse monnaie : elle appauvrit celui qui la reçoit. (M""^ Woillez.)

Le flatteur est vil, le flatté est s^t.

La flatterie est un poison pour les faildes. un sujet de défiance pour les forts, un grand danger pour tous. •

Aninas asinum fricaf. Un âne en flatte un autre, m. à m. gratte. Gela se voit tous les jours, et la vieille gaité française ne s'en plaint pas.

— Jadis, on appelait un flatteur casnard, qui est devenu canard, dans le sens de tromperie.

Fléau, du latin flagelhnn. D'abord fléel.

On appelle les conquérants les « fléaux de Dieu ». C'est une insulte à Dieu. Il faut dire « fléaux » tout court ; et, si l'on doit leur reconnaître une mission extra humaine, c'est « suppôts de l'enfer » qu'il faudrait les nommer.

Flegme, du grec phlegma, pituite (ce qui est brûlé). Par antiphrase : esprit, caractère froid.

Mais ce flegme, monsieur, qui raisonne si bien. Ce flegme pourra-t-il no s'échauffer de rien ?

(Molière.)

Fleur, du latin florem ; d'où : faire florès.

— La fleur de l'âge : la jeunesse.

— La fleur des pois : l'élite de... (ironique).

— Le plus beau fleuron de la couronne : la plus belle province.

486 FLE

— Qui peint la fleur, n'en peut peindre lodeur.

Qui pinijH florem, non pinyit florin odorem.

Allusion aux hypocrites, dont les qualités simulées se trahissent à l'ahsenre du parfum agréahle de la vertu.

— Fleur d'orange. On a critiqué cette expression, sous prétexte que la fleur n'étant pas sur l'orange, mais sur l'oranger, il fallail dire : de la fleur d'oranger.

On peut répondre' que fleur d'or«;(r/e se dit pour Deur d'oran{/er, parce que orange s'est dit pour oranger, comme olive pour olivier, dans l'expression Jardin des Olives, et dans l'ancienne locution rameau d'olive.

On a dit aussi fleur de grenade pour Heur i\^ grenadier. Un liouquet do jasmin, de grenade et d'orange.

(Corneille, Mcnleitr.)

Orange, pour oranger, nous est resté dans cette expression, qui se dira longtemps encore, quand même la locution ne serait pas justifiée, et ne fût-ce que par respect pour nos anciens, qui n'employaient pas les mots sans en Connaître la valeur. àS'ous pouvons, sans nous compromettre, user d'une expression qu'ont employée Malherlje, Fénelon, M""" de Sévigné et Voltaire.

Rahelais (lY, 7), dit que « les truyes en leur gésiue ne sont nourries que de fleurs d'orangiers ». Il veut parler de la fleur elle-même.

Mais dans la locution fleur d'orange il ne s'agit .pas de la fleui-. mais du fleur, i)Our senteur, qui ne désigne pas fïorem, nuiis odorem.

ri.KlHS F.:\IBLKMATIQUKS 01" ALLK(;OnioUKS :

Alors, amertume. xXarcisse, égoïsme.

Amandier, étourderie. Olivier, paix.

Amarante, immoralité. Pâquerette, innocence. •

Auhépine, espérance. Pavot blanc, souvenir.

Balsamine, impatience. Pensée, pensée.

Blé, richesse. Réséda, mérite modeste.

Fenouil, force. Rose, beauté.

Grenade, valeur. Sauge, estime.

Immortelle, génie. Sensitive, pudeur.

Lierre, amitié. Soleil, fausse riciiesse.

Lis, majesté. Souci, chagrin.

Marronnier, luxe. Tubéreuse, ivresse.

Myosotis, souvenir. Valériane rouge, gaîté.

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