‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 239 sur 336 · FOR · texte numérisé non relu

FOR

quelque chose à l'autre. moyeiiiKi ni un [ti-ix lixr ;i Trivonre et qui ue pourra être dépassé.

Forfanterie, de fortUi fari.

Fortia dicta : paroles-pleines de jartanre. (Propcrre.)

Ou de l'italien furfante, hâl)lerie.

Forger, du latin fabrlcare, devenu fnurcare.

— En lorgeant on devient forgeron : en faisant, on apprend. Plutarque dit -qn'Apelle ne laissait jamais passer un jour sans

manier le pinceau : NnUa di^s sine h'nen.

Forligner, de foris et de iineruii. Sortir de la bonne voie.

Dégénérer des vertus de ses ancêtres. Se disait au propre du noble qui se mésalliait.

Es deu (jardar de forUgnar : Il se doit garder de forligner.

Je l'étranglerais de mes mains, s'il fallait qu'elle forlignàt. (Molière, Georges Dandin.)

Forme, du latin formam, moule ; grec mof-phê.

De là : formule, fromage, réformer, conforme, uniforme, etc.

Fort, du latin fortem, de fero.

D'oi'i : fort de la balle; fort comme un Turc; il assommei'ait un lioucber d'un coup de poing ; il n'est pas mancbot.

La raison du plus fort est toujours la meilleure.

(L,\ Fontaine. )

— Force passe droit. Dans les sociétés naissantes, c'est le droit du plus fort qui règne ; chez les civilisés, c'est le droit du plus fin.

Contre la force, point de résistance ; et mieux : contre la i-ésistance, il n'y a pas de force ; demandez à la iemme.

Oii est la force, là est la justice : Id œquius qiiod validius. (Tacite.)

Les gros poissons mangent les petits.

Synonymes : fier (un fier coup) ; carabiné ; rude (un rude lapin).

— Trop fort : c'est trop fort de café, ou de chicorée.

Le café, trop fort, irrite le système nerveux ; la chicorée, qui n'a pas la même vertu, parait avoir voulu continuer son rôle frauduleux, en s'introduisant dans la locution. (L. Larchey.)

Fortune, du latin fortunam; de fors, hasard. Déesse a\eugle et capricieuse des païens. Nous avons détourné ce mot de son sens primitif, pour lui donner cebii de richesse. C'est ainsi que Srribe l'a emitloyé dans sa devise

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en miuivais lutin : Inde fortuna et iihcr/as. iicconipagnée d'un encrier avec deux plumes en sautoir.

Les Latins l'employaient aussi quelquefois dans ce sens, surtout au pluriel ; mais le mot fortuna signiliait la bonne ou la mauvaise fortune, comme quand nous disons : « faire contre fortune Ikui cœur » ; et surtout dans l'expression : « à la fortune du pot » .

Les chrétiens rapportent tout à la Providence; mais, dans le malheur, n'osant se plaindre directement de Dieu, ils s'en prennent à la fortune, au hasard, au destin, à la chance, des maux dout ils sont souvent eux-mêmes la cause.

La Fontaine s'est moqué de cette ridicule manie :

Elle (la Forliiiie) est prise à garant do toutes aventures: Est-on sot, étourdi, prend-on mal ses mesures. On pense en être ([uitte en accusant son sort. Bref, la Fortune a toujours tort.

{rnhles v, n.)

I^e bien, nous le faisons : le mai, c'est la Fortune.

(hi.. vu. 14.)

— On dit : fortune brillante, aveugle, inconstante. Pacuvius l'appelle bvuta. stupide.

Un bandeau aveugla la Fortune : mais la cassette a de beaux yeux.

Non solum ipsa Fortuna creca est, sed etiam crecos efficit... (Gicéron.)

— La fortune est femme, elle aime les jeunes, et ne se montre aveugle et insonsiljle que pour la vieillesse.

Foiiunii citren c-il : luiii quitm splcnilel frnngilur.

(P. Svra-..)

Godeau, évéque de Vence, et Corneille, dans Poli/eucte. ont ti-aduit :

Et comme elle a l'éclat du verre Elle en a la fragilité.

— Fortune honnête : c'est-à-dire honorable, qui permet de vivre honorablement, de faire honneur à ses atïaires.

Edmond About a dit : « On l'appelle honnête, sans doute parce qu'elle nous dispense de faire des bassesses, et qu'elle nous permet de faire des honnêtetés à nos amis. »

Une fortune honnête n'est pas toujours une fortune honorable ; mais rien ne rend vertueux comme cent mille francs de rentes, honnêtement acquis ou non.

Balzac (/a Peau de chagrin) dit : « Cent mille francs de rentes

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