‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 245 sur 336 · FRO · texte numérisé non relu

FRO

Froid noir : d'où le nom de bise donné au vent du Nord, du celtique bis (noir). Le vent des tempêtes couvre, en effet, le ciel de nuages épais et noirs.

A brebis tondue. Dieu mesure le froid (xvi« siècle) : Dieu aide les mal vêtus.

— Battre froid à quelqu'un : lui faire mauvais accueil, le recevoir froidement.

M™*' de Tracy dit : fraîcbement.

\fme dg SéAigné avait pris pour devise : « Le froid me cliasse » ; juste expression de son cœur aimant.

— Être en froid.

Fromage, autrefois formage: de formai Icum.

Le lait caillé placé dans une forme où il s'égoutte, s'épaissit, a amené ce nom.

— Tromage, pain et vin, repas de vilain.

Fromage sans yeux, pain rjui ait des yeux, vin qui saute aux yeux.

Fromage est bien sain, qui vient de cbiche main :

Caseiis ille bonus, quem dat ucara manus.

(Ecole de Salerne.)

De femme et de fromage, qui en prend moins est plus sage.

Entre la poire et le fromage : au dessert, en mangeant.

Le fromage est le complément d'un dîner, comme élément digestif, et Brillât-Savarin a dit : « Un dessert sans fromage est une belle femme à laquelle il manque un œil. )>

Froment, du latin frinnentum, pour fragimeiidim. D'oii fromentée, bouillie de farine de froment : ou froment crevé dans du lai^. C'était le couscoussou des tribus celtiques. Sur la lin otfroient ris, grueau, fromentée. (Rabelais, IV, 60.)

Frondeur, de fronde: latin fundam. ■

Le conseiller Bacbaumont donna, en 1648, le nom de Fronde, à un parti formé dans le Parlement, en opposition au gouvernement du ministre Mazarin.

Le mot frondeur est resté pour désigner un critique systématique.

— La rue des Frondeurs (Palais-Royal) doit son nom aux amateurs du jeu de paume, qui se livraient autrefois à ce jeu dangereux dans ce lieu, alors isolé, et voisin du rempart. La police s'y opposait: mais ils s'en moquaient, ou frondaient les agents.

FRIT o07

Front, du latin froiUem ; d'où elïronté.

— Front d'airain : qui ne sait pas roupir, frons f'rmifa.

— Avoir le front (le toupet), c'est-à-dire la hardiesse.

Oiioi ! NOUS avez le front tle trouver cela Jieaii ?

(Mor.iKiiK. Mhanthropf.

...Je ne suis point de ces iVmnies iiardies

Oni, K'^ùtant dans le ci'inie iiiir Iranfiuille paix.

Ont su se [aire un Iront qui ne rougit jamais.

(lUciMi, P/tiJdrc.)

— Frons illl pcriil : il a perdu tonte honte. (Perse.)

Son front large est armé de cornes menaçantes.

(Racine, Plùilrc.)

Cette expression de « large front » a été souvent employée dans la littérature moderne, pour désigner un homme de génie, depuis que Gall a inventé la science des protubérances crâniennes ; science qui n'a rien d'absolu.

Mais on a-voulu renchérir, en disant « uu vaste front », sans réfléchir que vaste signifie ckle, et que « vaste front « équi\aul à « tète sans cervelle ».

Frotter, de fricAare, fréquentatif de fricare. En provençal frustar.

— Qui s'y frotte, s'y pique.

— Le frottement produit l'électricité et la chaleur. Au point extrême arrive la lumière.

Fruit, du latin fructum, de frul, jouir.

Jouir du fruit de ses économies : avoir gardé une poire pour sa soif.

De frurtus viennent : frugal, fructueux, fructifier et frugivore.

— D'une pyramide de fruits, Balzac ne laissait pas un pour conter des nouvelles de leur défaite.

— Fruit défendu.

Quod licel, iiK/rnliiiii est: qiioil non liccl, arriits ii.ril.

((IVlhl.)

— Fruit sec : raté, flétri sur la planche de la médiocrité.

Tous les « forts-en-thème » ne sont pas destinés à être phis lartl des imbéciles, ainsi que le prétendent les « cancres », [)0ur se consoler de leurs insuccès.

C'est un fruit sec; être dans les fruits secs, se dit des élè\es d'une école qui, par insuffisance d'instruction aux exanuMis de sortie, se trouvent exclus de la liste des admis.

o08 FUR

F. Géiiin raconte ainsi Torigine de cette locution : Un élève venu à l'école Polytechnique, d'une province du Midi, où son père faisait le commerce des fruits secs, travaillait peu ; et, lorsque ses camarades lui disaient qu'il s'exposait à perdre sa carrière, il répondait: « Eh bien ! je serai dans les fruits secs avec mon père ! »

L'expression est restée, et s'emploie au pluriel : « C'est un fruits secs (?). ))

— En argot de nouveautés, la marchandise démodée, appelée autrefois rossignol, s'appelle aujourd'hui friige, par ironie ou antiphrase, td^v fnige signifie gains, profit. Ce serait ici un fruit sec.

Frusquin, ou Saint Frusquin (Rabelais) : avoir, pécule, bourse, le fruit du travail, le bagage.

En argot pelures, c'est-ù-dire la peau, ce que l'on a de plus précieux, à quoi on tient le plus.

Fumée, dérivé de fumer, du latin fumum.

Il n'y a pas de fumée sans feu \Nemo gratis malus prœsumilur.

Fumier, du latin fimarium: autrefois femier.

Trouver des perles dans un fumier. Virgile disait qu'il n'y avait pas de lecture qui n'eût quelque profit ; et en lisant le vieux poète Ennius, il tirait de l'or de son fumier.

Rotrou a écrit environ trente pièces de théâtre. Saint-Genest et Venceslas sont les perles de ce fumier bttéraire (?).

F unambu\e, àe f unis, corde, ambulo, marcher ; qui marche sur la corde. Comme acrobate, qui marche en l'air, danseur de corde.

Somaize a trouvé dans un vieux manuscrit cette énigme sur les funambules :

Yidi liominem pendere cum via, Cui latior erat planta quam semita.

(J'ai VU un bomme suspendu en l'air avec son cbemin, et dont la plante des pieds était plus large que la route.)

Fur (à mesure). Le sens de ce mot s'étant obscurci, on y a ajouté l'expression synonyme « à mesure » ; ce qui constitue un pléonasme.

Fureter, de furet, vieux français fuiron. '^

Cbercber à la manière des furets.

...Qui furètent de tous côtés pour voir s'il n'y a rien à voler. (Molière, l'Avare.)

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